Jan
30
Le Barreau de Paris se bouge !

Madame la Ministre Christiane Taubira nous a reçus avec Madame Isabelle Goanvic, Conseillère chargée des professions judiciaires, aujourd'hui pendant une heure.

Nous lui avons d'abord dit combien nous sommes sensibles à sa stature d'avocat de certaines grandes et belles valeurs de la République.

Puis nous avons abordé les sujets qui concernent le barreau de Paris en particulier et la profession d'avocat de façon plus générale :

Les cotisations familiales et URSSAF, dans la suite de l'annonce du Président de la République et du Premier Ministre, afin d'aider nos structures professionnelles à se libérer de l'asphyxie fiscale et parafiscale qui pèse sur elles ;

La justice du 21ème siècle, pour laquelle le barreau de Paris est spécialement bien armé parce qu'il s'est préparé, d'une part à l'exercice de la justice participative qui permettra de pallier le non-renouvellement du corps des magistrats (en créant à l'EFB une école de la médiation) et d'autre part avec une génération de jeunes avocats qui sont formés pour conquérir les marchés à l'étranger (en particulier en Afrique, en Amérique du Sud et en Chine) parce que Paris est la principale place qui allie la pratique du droit continental et de la common law ;

L'aide juridictionnelle qui sera remise à niveau, tant en ce qui concerne la compétence que le financement, par la mise en place à Paris d'un mécanisme permettant de compléter, à hauteur d'un million d'euros dès l'année prochaine, l'enveloppe allouée par l'Etat ;

La gouvernance, avec la nécessité de « mettre le poing sur la table » pour imposer de l'extérieur un régime électoral au CNB, qui ne peut être qu'un scrutin uninominal majoritaire par circonscription dans le cadre duquel un élu représentera 1 000 confrères, plutôt que le maintien de deux collèges qui rend illisible la représentation des avocats en France, laquelle doit être unitaire. Il faudra alors passer, par analogie, de la IVème République à la VIème République en veillant à créer une séparation des pouvoirs entre l'Assemblée (le futur CNB), l'exécutif (les ordres et leurs bâtonniers qui sont des institutions qui fonctionnent parfaitement bien) et le disciplinaire (au niveau des barreaux de cours d'appel) ;

Nous avons, enfin, demandé à la Ministre de nous donner les moyens de sortir, sans délai, du blocage « Avoclé », ainsi que d'obtenir des modifications du décret sur la profession qui permettront de moderniser l'actuel système de dauphinat et l'organisation des élections ordinales à Paris.

Pierre-Olivier SUR, Bâtonnier de l'Ordre Laurent MARTINET, vice-bâtonnier de l'Ordre

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Commentaires

et je félicite Paris qui prouve qu'on peut obtenir des choses en se battant contre l'inertie des Pouvoirs Publics.

Sauf pour une chose : il n'appartient pas au Barreau de Paris de décider du sort du CNB qui est notre patrimoine commun, Paris et Province confondues.

C'est toujours pareil avec les Bâtonniers de Paris : le passage du périph n'est destiné qu'à se rendre dans leur résidence secondaire de Dordogne ou de la Creuse...

Pi bon, question exemplarité, on va gagner un point godwin facile, mais le Barreau de Paris, pendant la guerre, c'est quand même celui qui a été le plus outrageusement Pétainiste et a chassé ses membres juifs sans état d'âme, voire avec délectation pour beaucoup.

A Montpellier, nous on a résisté et même jusqu'à l'arrivée de de Lattre...

Alors poupougne, des fois, avant de donner des leçons de Démocratie, msieur le Bâtonnier de Paris.

le problème de la gouvernance est réel. La proposition faite me parait intéressante. Pour l'instant je trouve méritoires les efforts du CNB qui est le seul organisme unificateur mais je trouve qu'il tire vers le bas et qu'il est lent et peu impliqué dans nos contraintes quotidiennes... et éloigné de nous.

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