Sep
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Le C.N.B et puis c'est tout...

Vous êtes un peu curieux et au moment des élections professionnelles vous avez consulté internet pour comprendre quelles sont les compétences respectives de votre Ordre, de la Conférence des Bâtonniers et du Conseil National des Barreaux. Accessoirement vous avez appris qu'il existe un Conseil Consultatif des Barreaux Européens, une Association Internationale des Barreaux et une Conférence internationale des Barreaux. En regardant bien n'importe qui peut se rendre compte que toutes les institutions marchent sur les plates bandes des autres et que par exemple la Conférence des Bâtonniers est un bidule associatif de gens qui se sont autorisés à s'autoriser à contrôler un rôle dévolu au CNB, que l'Ordre du Barreau de Paris voudrait bien être l'interlocuteur des pouvoirs publics, qualité qui ne revient qu'au C.N.B. Le même Ordre se considérant comme le gardien de valeurs universelles, ce qui ne fait pas partie de ses attributions stricto - sensu, le conduit à avoir une activité débordante pour nourrir un rayonnement international afin d'exister dans un espace qui est aussi celui d'Amnesty International, la Ligue Internationale des Droits de l'Homme, ou encore l'Association Internationale des Barreaux ou de la Conférence Internationale des Barreaux et de la Conférence Consultative des Barreaux Européens, j'en passe et des meilleures parmi toutes les institutions; autant d'organisations au sein desquels de nombreux avocats du Barreau de Paris sont actifs. On comprend bien qu'il y a là autant de redondances possibles. Certains de nos confrères pouvant d'ailleurs adhérer et être  acteurs de plusieurs de ces organismes, organisations et institutions, cumulent les titres puis sont "has been" de postes de responsabilité d'autant de ces institutions. A.M.C.O., Ancien membre du CNB, ancien bâtonnier, président d'honneur  successif d' associations  ou de syndicats locaux, fédéraux, nationaux et plus...tiens pour une fois, ceux - là, je les avais oublié. Clairement, j'ose le dire après cet énoncé, il est temps que chacune de nos institutions  se concentrent sur l'essentiel de leur mission, ce qui implique que leurs responsables arrêtent de se disperser mais il existe un petit jeu de l'oie malsain selon lequel pour accéder à certaines fonctions il semble qu'il faut faire partie d'une organisation qui empiète sur la compétence de celle dans laquelle vous voulez prospérer. Ainsi par le fait même de l'ambition de ses animateurs l'institution dans laquelle vous êtes entré bravement passe une bonne partie de son temps à concurrencer l'activité  ( on dira compléter ou s'associer) celle d'une autre. Ainsi le président d'un syndicat sera membre d'un Conseil de l'Ordre puis membre du CNB, et s'il ne devient pas Bâtonnier ou son Vice, il pourra convoiter après de nombreux congrès, rentrées solennelles et autres symposiums internationaux en anglais atteindre un pinacle. Juste retour des choses, la courte - échelle de la cooptation existe. Ce qui fait que les interactions deviennent une méthode de vases communicants permettant à cet aréopage qui se connaît bien de se passer les fonctions et d'assurer la continuité des marchepieds.  Cela devient particulièrement fatiguant pour l'électeur de base de la pyramide des ambitions qui doivent pouvoir conduire éventuellement  j'imagine  au rang de défenseur des droits, à un poste dans une institution onusienne, bruxelloise, ou un bidule des droits de l'homme tarte à la crème,   pendant  que vous vous escrimez à tenir à flot un Cabinet. Ne vous trompez pas: je ne dis pas que pour beaucoup ils ne sont pas sincères et que leurs ambitions ne sont pas légitimes. Je professe même que leurs  efforts sont meritoires et utiles. J'ajoute que je suis admiratif que l'on puisse être avocat et faire autre chose de chronophage en même temps. Mon propos est de dénoncer simplement une campagne électorale ordinale où l'on prétend s'attaquer à des problèmes qui ne relèvent pas de la compétence d'un Ordre et que pendant ce temps ce qui est dans sa sphère de responsabilité n'est pas perçu comme résolu dans des conditions qui ne soient pas perfectibles. Reste que laisser au CNB son rôle le contraindra à le remplir et à s'en donner par conséquent les moyens. C'est le plus sûr moyen d'accéder à terme à un Barreau national. Ce qui implique que celui de Paris concoive autrement ses relations avec les Barreaux de Province et donc son rôle dans la profession. A méditer.

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