Mar
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Le Covid-19 a changé temporairement le monde.

D'abord les parents se sont découverts dès la troisième semaine de confinement, feignants, lâches et gourmands. Ils ont trouvé que leurs enfants étaient des tyrans suractifs. Beaucoup de nos concitoyens ont été dessilés par le chômage partiel ou les arrêts maladies : Benoît Hamon, candidat incompris à la Présidentielle avait raison.

En plus, j'ai quelques vieux copains qui ont trop longtemps médité avec un bon whisky ... A mon avis , la cirrhose du foie fera plus de ravages que le Covid 19.

Moustapha Dahleb la plus belle plume tchadienne, a écrit:

"L'HUMANITÉ ÉBRANLÉE ET LA SOCIÉTÉ EFFONDRÉE PAR UN PETIT MACHIN."

"Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète.

Quelque chose d'invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l'ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.

Ce que les grandes puissances occidentales n'ont pu obtenir en Syrie, en Lybie, au Yémen, ...ce petit machin l'a obtenu (cessez-le-feu, trêve...).

Ce que l'armée algérienne n'a pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (Hirak a pris fin).

Ce que les opposants politiques n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (report des échéances électorales..).

Ce que les entreprises n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (remise d'impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d'investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques. ..).

Ce que les gilets jaunes et les syndicats n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu ( baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée...).

Soudain, on observe dans le monde occidental le carburant a baissé, la pollution a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu'ils ne savent même pas quoi en faire.

Les parents apprennent à connaitre leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n'est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d'une vie réussie.

Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.

Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres.

Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l'argent n'a aucune importance.

Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus. Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.

Quelques jours seulement ont suffi à l'univers pour établir l'égalité sociale qui était impossible à imaginer.

La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète mars et qui se croient forts pour cloner des êtres humains pour espérer vivre éternellement.

Puisse cela servir à réaliser la limite de l'intelligence humaine face à la force du ciel.

Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pouvoir devienne solidarité et concertation.

Il a suffi de quelques jours pour que l'Afrique devienne un continent sûr. Que le songe devienne mensonge.

Il a suffi de quelques jours pour que l'humanité prenne conscience qu'elle n'est que souffle et poussière.

Qui sommes-nous ? Que valons-nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ? Rendons-nous à l'évidence en attendant la providence.
Interrogeons notre "humanité" dans cette "mondialité" à l'épreuve du coronavirus.

Méditons sur cette pandémie.

Aimons-nous vivants !"

A la fin de ce petit texte d'un humanisme bienpensant, zen et bêlant, je rappelle que le pays se remet au travail avec les mêmes contraintes de productivité et contradictions idéologiques relevant de la quadrature du cercle que nous adorons, toujours non résolues.

Après se posent des questions sur les causes des dysfonctionnement subis pendant la pandémie et pas uniquement, comme le voudrait nos élites contestataires, sur les seules conséquences supportées.

Pour nous en empêcher et faire écran de fumée sur la sclérose du pays qu'elle a construite pendant des décennies, la gauche a lancé tous azimuts des actions judiciaires après avoir réécrit la chronologie de la pandémie, en omettant ses prises de postion avant, tout autant que ses comportements. Au passage, ces donneurs de leçons feignent de ne plus se souvenir comment ils ont géré la catastrophe du sang contaminé.

Si les politiciens ne sont pas lâches, ce qui serait étonnant, on devrait assister lors la sortie de cette crise sanitaire à des remises en cause profondes (comme la fin de la rémunération du corps médical à l'acte, la gestion administrative des hôpitaux publics, ses 35 heures, leur recours aux agences d'intérim et le rôle perdu, on se demande comment, de la médecine de ville, bien sûr, qui devra revenir à sa pratique des années 70 des gardes le week-end et de nuit ainsi qu'aux visites à domicile notamment) et un sérieux coup de torchon partout pour en finir avec les sureffectifs administratifs. Ce qui ne sera pas très utile dans le secteur économique privé dont les canards boiteux devraient être éliminés par la tourmente. Seuls les plus compétents et les plus performants devraient subsister si la sélection peut jouer son rôle sans entrave. Autrement dit, pas grand monde. Ce qui n'arrivera pas et ça va coûter très cher.
On peut être totalement rassuré. On restera les meilleurs. On pourra continuer à s'admirer. Avec un peu de chance on verra que nos politiciens mettront en oeuvre la même politique de relance que celle qui a raté en 2008 pendant laquelle ils ont compté sur les banques au lieu de financer directement les entreprises. Ceci étant, même s'ils le font cette fois, ils sont capables de le faire mal et insuffisamment. Alors qu'il fallait refinancer les entreprises directement de la moitié de leur marge brute pendant le confinement, il a été mise en place un chômage partiel.
Mais qui a rempli le dossier en ligne pour sa prise en compte, conçu et pensé pour que personne ne puisse y parvenir sans l'aide d'un expert comptable et énormément de patience ?
Est-ce que les ministres en charge du chomage partiel s'est rendu dans une PME faire l'exercice concocté par leurs services pour le rendre impossible pour le commun des mortels ?

En plus le résultat final donne un montant d'indemnité brute dérisoire car l'assiette est calculée sur une fraction du smic horaire et la base des 35 h. J'ajoute que le nombre d'heures indemnisables globable accordé à chaque entreprise est ridiculement faible. Résultat : les arrêts de travail pour cause de maladie ont suppléé le chômage partiel. Toujours la même politique de gribouille.

J'avais retenu que le Président de la République avait déclaré que personne ne perdrait de rémunération et qu'aucune entreprise ne déposerait le bilan du fait de la pandémie. Il n'en sera rien. Comme d'habitude, il nous est raconté des histoires. Et les administrations ministérielles n'en font qu'à leur tête, les ministres en permanente représentation, otage consentants des syndicats de la fonction publique, n'ayant aucune prise sur leur administration, inamovible, statutaire et en pratique, autonome.

Déjà nos politiciens n'avaient pas anticipé la crise de 2008 dont le signal de départ était lisible dans "La Tribune" en avril 2007 révélant les 30 000 premières défaillances des d'emprunteurs hypothécaires américains, ils n'ont pas mieux vu arriver la pandémie du Covid-19 en imaginant qu'ils pourraient nous refaire le coup du nuage de Tchernobyl. On a revécu "Juin 40" du 20 décembre 2019 au 16 mars 2020.

Bien entendu alors que le Président de la République nous a averti que nous étions en guerre contre la pandémie, la CGT a déposé des préavis de grève et incité à la mise en oeuvre du droit de retrait tous azymuts. Le but étant plus d'aggraver le chaos que d'en protéger la nation. Cependant au fil du temps on a appris que 84% des personnes hospitalisées du fait du Covid-19 étaient des personnes obèses, faisant du diabète ou/et de l'hypertension. Comme d'habitude, il n'a pas fallu stigmatiser la population qui occupe nos services de dialyse, la bienpensance interdisant de dénoncer des comportements alimentaires culturels.

De même les décès causés par le Covid-19 ont été la plupart du temps des personnes âgées victimes de facteurs de morbidité aggravants. En fait de guerre, il s'agit de sélection naturelle. Ce qui est au même titre que la sélection économique absolument insupportable au 21e siècle.

Ce que nous a appris le Covid-19 est que nous avons un dispositif hospitalier géré comme la taille des autoroutes. Nous gérons les problèmes en terme de flux. Nous gérons les pandemies comme l'étalement des départs en vacances.

D'autres épidémies viendront. Est-ce pour autant la mise en place prochaine d'un début de gouvernance européenne, et pourquoi pas mondiale de la sécurité sanitaire ?

L'enseignement que je tire de toute cette affaire est que le livre de Bertrand Soubelet, "Tout ce qu'il faut pas dire" publié en 2015, dénonçant la sclérose, le dogmatisme et le choix de l'inefficacité qui paralyse notre fonction publique notamment judiciaire et tous les rouages de l'État en écrasant et bloquant l'économie privée n'a pas pris une ride. Je retiens également que les causes qui sous Louis XVI ont conduit à l'élaboration de la Déclaration des Droits de l'Homme étaient moins graves que les conséquences de leur application dogmatique au 21e siècle.

Évidemment tous les avocats et magistrats devraient lirent le livre de Bertrand Soubelet , y compris les militants des métastases du Mouvemant d' Action Judiciaire créé en 1968.

Je gage que rien ne changera de sitôt pour la bonne raison que l'on gardera les mêmes prébendiers de la pensée collectiviste et moralement incontestable, partout et à tous les niveaux des causes de nos échecs accumulés.

Reste à espérer que l'amorce de réformes esquissées dans les Ordonnances prises dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire pour moderniser et rendre plus efficaces des pratiques seront élargies et deviendront définitives.

Ce n'est pas gagné, je vous rassure.
Comme il n'est pas assuré que les impôts de production soient supprimés et qu'il soit mis fin à un système de garantie sociale ruineux et déresponsabilisant. Les modèles ne manquent pourtant pas, voir le dispositif Portugais ou Suisse entre autres.

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