May
20
Le droit constitutionnel au recours à un avocat…Vous vous croyez où ?

Cela conduirait à des exigences concernant le respect le plus strict de la déontologie par les membres du Barreau, la qualité de la formation initiale et de la formation permanente. 

Un respect sans faille des qualités cardinales énoncées dans notre serment.,c'est sur ce terrain que nous devons asseoir notre légitimité.

Après la dictature à laquelle les avocats brésiliens s’étaient opposés, ils ont acquis une réputation égale à celle des infirmières et des sapeurs-pompiers. Aux Etats-Unis, la popularité de nos confrères est dans l’échelle des professions les mieux appréciés, « quelque part entre les vendeurs de voitures d’occasion et les politiciens, qui arrivent juste avant les gangsters ». Ce n’est pas qu’une blague de cabaret. Mais les avocats américains sont aussi craints que détestés. En plus, beaucoup de ceux qui sont sortis des meilleures universités font des carrières politiques. L’ENA, qui nous vaut au fil des décennies d’avoir atteint cette année 57% du PIB de charges,  n’existe pas aux U.S.A.

Au Brésil, les avocats sont 800 000, chaque Etat a un Ordre, et ils sont représentés au niveau fédéral, pour une population de 200 000 000 d’habitants. C’est la seule profession qui se voit constitutionnellement reconnue. Elle a le droit de saisir le Conseil Constitutionnel, et les avocats ont le droit de visiter n’importe quand les édifices publics, d’avoir accès à un juge qui ne peut se dérober, de se faire remettre tout document administratif.

Dans d’autres Etats, qui ne sont pas communistes ou d’ancien pays communistes gouvernés par les ex-membres de leur police politique, le droit constitutionnellement reconnu d’avoir un avocat existent aussi.

En France, la jurisprudence a réduit à pratiquement rien le secret des communications des avocats avec leurs clients, et des propositions législatives visent directement la fin du secret de la défense, prévoyant même l’impunité pour des lanceurs d’alerte au sein des Cabinets…

A une autre époque, des avocats seraient morts sur des barricades…mais aujourd’hui bien que notre image dans le publique n’est pas mauvaise, à défaut d’être excellente, le « leadership » qui emmènerait la profession d’élever le ton manque au niveau national.  Il faut dire que dans un pays économiquement sinistré,  où la pratique de l’Aide Juridictionnelle et son financement sont autant d’épines dans le pied du métier, où que quoique l’on en dise le financement de la formation professionnelle et des actions ordinales par les revenus des fonds des clients n’est pas d’une légitimité intellectuelle sans équivoque, il n’est peut-être pas très aisé de relever le menton. Ce qui explique peut-être, sans être une excuse, que la campagne actuelle de communication « Jamais sans mon avocat », si elle justifie l’existence du Conseil National du Barreau, n’est pas un combat à la hauteur politique des enjeux. On en est même très loin.

Le pays des droits de l’homme n’est pas à la hauteur dans ce domaine comme dans bien d’autres, faute de se donner déjà les moyens moraux, intellectuels et politiques qui permettraient d’accéder aux moyens matériels. C’est une société de gribouille où rien n’est affirmé, rien n’est clair, où l’on veut tout et son contraire. L’avocat est respecté mais un coup de matraque dessus s’il s’avise à protester contre un texte inique pour sa profession, pourquoi pas ? Le droit à l’avocat, oui absolument, cependant on ne l’inscrit pas dans la Constitution, et il ne faut pas que cela dérange plus que cela le déroulement de la fonction administrative de la justice, et si c’était gratuit, ce serait mieux, en plus le secret de l’avocat au profit de son client, c’est gênant pour les enquêtes, le mieux ce serait de pouvoir prendre connaissance directement des éléments du dossier de l’avocat…d’ailleurs si sa secrétaire pouvait dénoncer ses clients, ce serait bien.

Cela suffit.

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Commentaires

Tu fais maintenant du KRIKORIAN avec son statut constitutionnel de l'avocat défenseur.

Compliments.

Nom: 
Gilles Huvelin

J'ai découvert le statut des avocats brésiliens en participant au Campus international du Barreau de Paris à Rio en 2015. Et je soutiens la volonté de Frédéric Sicard, notre Bâtonnier qui a fait campagne notamment sur le thème de la protection constitutionnelle de la profession. Je suis content que Paris et Marseille et réciproquement fassent écho.

bonjour est-t-il possible de porter une action de la part d'un collectif contre l'Etat dans la mesure où il ya une impunité (je pense à l'impunité présidentielle) le collectif doit-t-il dans ce cas être approuvé par la préfecture obligatoirement  ?

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