Sep
03
"Le modèle allemand est mort." Pourquoi ?

Et bien je vais vous le dire. En premier lieu parce que l'endettement de l'Allemagne sera à son niveau d'avant Covid dès 2028,  alors que nous ne savons pas si nous y parviendrons dix ans après. C'est inacceptable. Un tel résultat est issu d'un système qui doit donc être disqualifié. La distance entre l'économie d'outre Rhin et la nôtre s'est creusé quand ? Quand les 35 heures payées 39 ont été mises en place sous Mitterrand. Pendant que nos voisins entretenaient des formations courtes répondant aux besoins de leur industrie et l'apprentissage, celui-ci était massacré par la gauche française dans le même temps comme étant "l'école du patronat" et il a été créé un "ministère du temps libre". Les statistiques ont démontré que le temps passé chez nous devant les téléviseurs a augmenté de 2 heures par jour dans la foulée de la réduction du temps de travail. Dans les années 50 la formation et la promotion se faisaient dans les services publics et en entreprise. Ainsi le Gardien de la Paix pouvait parvenir en fin de carrière au rang de Commissaire divisionnaire ou préfet, un technicien pouvait devenir ingenieur. Dans les années 60,  le choix de progresser recevait une réponse dans les cours du soir. Un employé de Banque pouvait devenir un Expert-comptable et Commissaire aux comptes diplômé. C'était une démarche ambitieuse fondée sur une volonté personnelle. Nous en sommes où ? 95% et plus de notre économie est constituée de petites voire de très petites entreprises. Celles où l'absentéisme est immédiatement insupportable lorsque une personne en arrêt maladie représente un dixième, un tiers ou la moitié de l'effectif. Il faut savoir qu'aucune industrie ne peut supporter plus de 3% d'absentéisme, une des raisons pour laquelle la part de l'industrie dans le PIB de notre pays est passée en dessous de 11 %,  moins qu'en Italie (dont le PIB est supérieur à celui de la Russie qui terrorise l'E.U..Heureusement que Merkel a décidé de sauver l'économie russe et Poutine avec le Nord Stream 2, ce qui va donner à ce dernier, en plus, la possibilité d'étrangler l'Ukraine. Un agent russe n'aurait pas fait mieux.) Résultat, aucun employeur ne peut laisser son personnel, ici, faire sa formation pendant le temps de travail. Il est impératif que celle-ci soit faite le soir et le samedi. Globalement, en France, c'est non, les salariés ne le veulent pas. Donc la législation fait peser sur les employeurs la responsabilité de l'employabilité, comme le reste et cette totale prise en charge des salariés constitue un poids devenu insupportable dans l'absolu et pas seulement en terme de concurrence, pour les entreprises qui ne peuvent pas s'autofinanccer et croître dans ce contexte. La solution pour y remédier est aussi simple que la lutte contre le cannabis. Il faut libéraliser. En supprimant des articles du Code pénal, on supprime des délits. La suppression du salariat, c'est pareil. Sauf que dans le premier cas, c'est une lâcheté donc, on le fera et que dans l'autre c'est un acte de courage politique, économique et social indispensable, donc on ne le fera pas. Pourtant il est indispensable de supprimer le salariat pour en finir avec l'irresponsabilité statutaire, et l'effet cliqué des avantages acquis. Aujourd'hui peu de salariés démissionnent parce que beaucoup de ceux qui ne veulent plus travailler dans une entreprise attendent de se faire indemniser sous une forme ou une autre pour partir puis pointer au chômage.  C'est un racket bien rodé que la tarification du licenciement a bien facilité. D'ailleurs, même la gauche ne combat plus le dispositif. En supprimant le salariat, nous supprimerons les conséquences. Le système social s'en trouvera mieux: les gens responsables de leur fins de mois tombent moins malades. Voire pas du tout, paient leurs congés, constituent leur retraite avec des Caisses autonomes mieux gérées avec moins d'administration avec un meilleur rendement malgré le prélèvement annuel au titre de la solidarité au profit de régimes déficitaires. Les libéraux s'assuraient très bien pour les autres risques avant que notre collectivisme mette la main sur leur Caisse sociale. Depuis ils cotisent beaucoup plus cher avec le régime général, disposant toutefois moins de droits puisqu'ils ne sont pas éligibles au chômage. La suppression du salariat, c'est la liberté des travailleurs, la liberté, c'est la responsabilité. La responsabilité, c'est se prendre en charge, c'est assumer des devoirs pour avoir en retour des droits et une rémunération.  Nous n'avons plus les moyens, non seulement d'être socialistes, mais aussi tout simplement de faire du social, sans accumuler plus de dettes. La première chose à faire serait de supprimer les allocations familiales. Fonder une famille ne se conçoit pas à charge de la collectivité même si dans notre pays 10 personnes, à peu près, sur 10 sont d'accord pour recevoir l'argent des autres. Ce n'est pas un projet de société que j'énonce, c'est une exigence pour sauver ce qui reste de notre économie et de notre système social au même titre qu'il convient de prôner le retour de l'autorité, du coup de pied aux fesses et la contruction massif de prisons qu'exigent les conséquences de "tolérances" humanistes depuis une dizaine de lustres. Ce qui ne signifie pas que nos gouvernements successifs avaient pour autant la lumière à tous les étages. Nous pouvons aussi continuer à faire le contraire. L'inaptocratie pour conduire le destin de la médiocratie est une perspective encore très séduisante dans notre société. C'est ce qui permet de nourrir le discours selon lequel le modèle économique exportateur allemand est dépassé puisque nous ne savons plus le faire depuis 17 ans consécutifs, au profit de la consommation subventionnée notamment par les transferts sociaux non financés. Ne me dites pas que personne dans les ministères ne s'en est aperçu, même si nos élites dirigeantes ne lisent pas les rapports de la Cour des comptes ou les analyses de l'IFRAP. Chez nous une PME, c'est 50 employés. En Allemagne, c'est 200. Dans nos deux pays, l'épargne n'a jamais été aussi abondante. Et bien savez-vous ce que la nouvelle partition de l'Orchestre rouge du 21e siècle en tire comme conséquence pour la France ? "Il faut augmenter les salaires". Ce qui ne peut conduire qu'à augmenter l'épargne puisque bien entendu la confiance n'est pas prête de revenir.. Alors, comme le but est de flinguer nos outils de production et le "néoliberalisme" tout en permettant de ramasser plus de taxes, prélèvements et impôts, tous les économistes atterrants et nos politiciens réclament en chœur de l'inflation. Ce qui obligera les salaires à courir après la hausse des prix et nous donnera la chance de ne plus pouvoir exporter du tout puisque nous ne pourrons pas dévaluer l'Euro. Mais "le modèle allemand est périmé, sinon il faudrait que tout le monde exporte. Il suffit simplement d'augmenter les déficits". Évidemment seuls les meilleurs exportent ! D'ores et déjà il nous est claironné que la consommation reprend et cela est mesuré au montant global des paiements par cartes bancaires. 5% pour les restaurants. Évidemment, leurs prix ont augmenté de 5% et les tickets sont bien plus chers encore en ce qui concernent les produits alimentaires ou de consommation courante chaque année depuis cinq ans. Il y a donc du rattrapage de marge dans l'air et les conséquences de la météo aussi sur l'agriculture. Vous avez aimé le sort de la Grèce ? Vous allez adorer celui du Venezuela et avec un peu de persistance, juste un peu plus de corruption et de clientélisme nous pourrons même parvenir au sort du Liban. Pas nesoin de faire d'efforts, il suffit de ne pas en faire. Aucune importance, nous avons le meilleur système social. Et, gloire ultime, en 2024, notre production agricole sera déficitaire en terme de balance économique. Ce secteur, fleuron français, sera à son tour importateur. Et tout est fait pour ne pas louper l'échéance annoncée. C'est le plus beau sabordage depuis celui de Toulon où la flotte s'était elle-même livrée. Il y a eu aussi Mers-el-Kebir. Quand je vous dis que nous sommes toujours les meilleurs, le génie français, aucune raison que ça change.

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Commentaires

Nom: 
Pascal

Beaucoup de choses très intéressantes dans cet article. En effet le Kurtz Arbeit a fait ses preuves en Allemagne, en 2000 le chancelier Shroeder déclarait que le meilleur cadeau fait à l’industrie allemande était les 35 heures en France. Sur la question du salariat, je pense que la période du Covid a changé le modèle du travail et que le code du travail explosera en vol. Le contrat de travail sera progressivement substitué par la logique des missions. Je pense aussi le télétravail favorisera l’externalisation de missions y compris à l’étranger. Des métiers comme ceux du chiffre ont déjà externalisé une partie du traitement des données au Maroc ou à Madagascar. Notre société est à repenser. 

35 heures payées 39, la retraite à 62 ans, cinq semaines de congés payés par an, des usines peu robotisées, j’entends dire que les salariés français sont très productif. C’est faux. C’était vrai il y a 20 ans ça ne l’est plus et quand on travaille 20 % moins que les autres le résultat est sans surprise. Les socialistes ont cassé le modèle français du XXe siècle et la droite convertie aux idéaux de la révolution française n’a pas fait mieux.

Nom: 
Gilles Huvelin
Site: 
scphuvelin.com

Pascal Perri pour vos commentaires et analyses. Il est impossible de bonne foi de ne pas y adhérer.

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