Dec
05
Le péril et les menaces nous manquent et pourtant des avocats du Barreau de Paris sont en danger

La Rentrée Solennelle du Barreau de Paris et de la Conférence nous a appris encore une fois que de nombreux confrères dans le monde sont objets de menaces, sont emprisonnés, maltraités et trop souvent assassinés. Nous ne subissons rien de tel. Et j'affirme que ce carburant nous manque. Les avocats ne sont jamais aussi grands que lorsqu'ils ont un pouvoir auquel ils doivent s'opposer. Il faut aux hommes sinon des ennemis, des raisons d'être debout et pour cela ils s'inventent des adversaires. C'est certainement une grande faiblesse car nous n'avons pas à justifier notre existence.
Mais reconnaissons, quelle force nous puisions sous des temps moins respectueux des droits de la défense, lorsque nous acceptions de prêter un serment déshonorant devant le président d'une juridiction d'exception. Nous avions dès la sortie de la 1ere Chambre de la Cour d'appel des raisons de batailler au Petit Parquet et aux audiences des flagrants délits pour défendre une application élevée de la loi sans ménager nos efforts, ni les institutions auxquelles nous avions fait formellement allégeance dans notre serment qui nous a valu longtemps une pointe de culpabilisation.

Aujourd'hui notre rébellion de cour de récréation paraît bien dérisoire et des postures bien pathétiques mêmes si elles ont permis de bousculer les mauvaises habitudes et les politiques, en faisant progresser peu à peu le respect dû à tout justiciable et la qualité de la justice. Déjà nos aînés ramassaient des lauriers que nous pensions avoir récoltés. Aujourd'hui pourtant nos risques dans l'exercice de notre métier ont considérablement augmentés mettant même nos vies en danger. Nos confrères parisiens sont victimes de burn out, d'infarctus, ou d'accidents de scooter, ou de dépression,  d'un stress constant, mettant leur santé, leur vie et leur Cabinet en péril, mais c'est moins glamour que d'avoir reçu des coups par un policier d'une dictature ou d'être persécuté sans motif par des communistes ou des militaires.
Certes, ils ne sont certainement pas les seuls en France, en Europe, mais bien que 9 commissions ordinales parisiennes et autant de ce d'aucuns nomment des "Ducs de Bourgogne" viennent au secours des confrères en difficulté avec un succès inévaluable, nous ne disposons pas de statistiques publiées des dangers encourus par nos confrères de la Capitale. Nous savons précisément combien d'avocats chinois sont menacés par la dictature communiste. Paradoxe. La défense des confrères en danger n'est intéressante de toute evidence que si elle est politique. Ce qui doit laisser un goût particulier au 30% des confrères sinistrés économiquement du Barreau de Paris et aux dizaines de confrères victimes des "accidents de la vie" alors qu'ils sont victimes des conditions de l'exercice de leur métier. Le déplafonnement des cotisations de l'URSSAF est à l'égard des professionnels libéraux une agression largement aussi violente que n'importe quelle mesure de coercition exercée dans une autre république encore plus démocratique qu'elle est socialiste, par exemple.
"La Corrèze avant le Zambèze" est une formule qui était révolutionnaire face aux symboles manipulés par l'Empire du Bien.
Réformons le dispositif de soutien à nos confrères en organisant un guichet unique directement auprès du Bâtonnier ou du Vice Bâtonnier avec une seule "commission" plus préoccupée d'une solution que de paraître faire quelque chose.
Pensons à nos confrères en danger, ici et maintenant, c'est aussi important, c'est concret, loin des spots et des grandes déclarations de principe et certainement plus difficile, aussi utile sans doute mais plus nécessaire que jamais.

Commentaires

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

parle avec justesse de la détresse de nombreux avocats français qu'il ne faudrait pas oublier !

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