Jun
29
Le panneau à 80 km/h cache celui à 120.

Notre excellent confrère Frédéric Sicard était sur le plateau de CNews hier après-midi au moment où je cherchais des informations sur l'incendie parti de la terrasse sous le 3e container de l'architecture du Tribunal de Paris, dont personne n'a parlé hors de réseaux sociaux bruissant d'un espoir à peine voilé de voir la Justice immolée après avoir souhaité la voir couler. Alors que les lecteurs de dépêches qui recrachent leurs commentaires pré- mâchés, intitulés journalistes et chroniqueurs, déversaient une nouvelle fois tous les éléments de la polémique sur la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, déplorant encore que la France ne soit pas à feu et à sang, je lus une sévérité dans le regard patient de notre confrère. Il expliqua que cette mesure était inévitable car demain, autour de 2040, le défaut d'hydrocarbures nous conduira à rouler avec de l'électricité ou de l'air. Qu'il fallait avoir conscience que nous ne roulerons plus aux vitesses que nous connaissons. Il prédit avec me semble-t'il, beaucoup de lucidité, la disparition des pompes à essance. C'est tout juste si son interlocutrice ne l'a pas taxé d'être le communicant du gouvernement. Ce qui prouve que les centres d'intérêt des médias sont dramatiquement limités. En dehors du fait que nous avons besoin impérativement des hydrocarbures pour la chimie et que c'est idiot de les brûler, regardons que les britanniques ont depuis longtemps limité leur vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, et à 120 sur leurs autoroutes pour rouler plus économiquement. Bien évidemment nous ferons pareil. Le virage pour passer à l'économie verte annoncé depuis 1974 par le Club de Rome et que nous négocions trop tard est de fait maintenant une épingle à cheveux. Nous allons manqué de production électrique dont la consommation croît chaque année. Les compteurs Linky vont permettre de mieux connaître et contrôler sa distribution mais ce n'est pas la panacée. En plus avec la cession d'Alstom aux américains nous leur avons remis le contrôle de la fabrication des turbines des centrales nucléaires. Entre nos journalistes et nos politiciens, on peut dire que la courte vue triomphe. Ajouter à cela que notre génération freine par archaïsme devant le numérique ainsi que toutes les évolutions au nom des alibis moraux habituels pour sauver ses petits avantages matériels et sociaux, et le tableau sera complet.

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