Jan
21
Le Parquet me désole.

L'attitude du Parquet me rappelle le show que les autorités avaient opéré après le crash d'un avion précédé d'un piqué de plus de 6 000 m, dans un endroit inaccessible, en plein massif des Alpes. Tout le monde savait qu'il ne pouvait pas avoir de survivant. Mais comme les médias internationaux avaient rappliqué, "on" a rassemblé pour les caméras plein de véhicules et établi un camp de secours pour donner un décor à leurs correspondants. Tout le monde a salué la mobilisation des nos moyens rassemblés, qui n'ont pas bien entendu bougé.
"L'affaire" Olivier Duhamel n'existe pas, alors le Parquet fait de la com'. Ce mal du siècle : la communication et les commentaires qui vont avec. Le Parquet a la faiblesse de tomber dans ce panneau. Il se déconsidère.
En 2011 dans le cadre de la recherche des causes de la mort de Marie-France Pisier, la Police a trouvé une correspondance avec sa soeur au sujet des rapports allégués entre Duhamel et son beau-fils. Il a été constaté que la prescription était déjà acquise à l'époque. Fin de partie. 
Sous la pression du bruit que le petit milieu médiatique du microcosme intellectuel parisien a fait récemment à l'occasion d'un livre dont il est apparu que tout le milieu en question connaissait son contenu avant sa publication depuis belle lurette, le Parquet, qui a été taisant pendant vingt ans sur les écrits et propos des intellectuels de gauche en faveur de la pédophilie, a réouvert une procédure. Des policiers, qui eux aussi n'ont que cela à faire, procèdent à des interrogatoires, mais pas sur les signataires de la pétition de 1977 qui défendaient les pratiques sexuelles sur des mineurs, ce qui aurait d'ailleurs aucun intérêt judiciaire, mais à propos de "l'affaire" Olivier Duhamel.  Sauf que nous savons donc qu'elle est prescrite depuis des lustres également. En apprenant cela, tout juriste doit s'étonner de la façon dont fonctionne le Parquet.  Mais notre Garde des Sceaux ne bouge pas. Le Barreau est taisant. Que n'aurions-nous pas entendu si le Parquet avait réouvert une enquête sur des faits prescrits d'un terroriste communiste que nos intellectuels tiennent en haute estime. Je me souviens du comportement de nos confrères militants, qui tiennent notre Ordre en otage moral, lors des procès des Brigades rouges, de la Bande à Baader et de l'affaire Croissant. Donc je sais de quoi ces consciences sont capables.
Ici le Parquet "répond à l'opinion publique. Quelle opinion publique ?  Celle des chaînes d'information et des diners en ville. Le livre qui a déclenché ce coup médiatique de publicité malsaine pourrait valoir une procédure en diffamation. Sauf erreur de ma part qu'un lecteur attentif relèvera,  l'excuse de vérité me semble en l'espèce irrecevable, même en imaginant que des faits puissent être prouvés,  ils sont prescrits, ils sont dans l'acception classique de la prescription, juridiquement effacés. Le passé appartient au passé. C'est la raison de la prescription. Faire ressasser le ressentiment et l'entretenir est un procédé toxique. Pour certains, c'est un véritable job. Ils sont tellement nombreux que notre pays est le plus gros consommateur de psychotropes, sans compter un nombre conséquent de TDS dont un bon nombre malheureusement réussies.
Pour revenir à notre sujet, j'affirme que la confiance que l'on a dans une institution s'arrête à la complaisance de ses membres. Celle que j'avais à l'égard du Parquet en a pris un coup. Sauf à apprendre qu'une information à l'occasion de la réapparition d'un fait ancien donne un nouvel éclairage sur un autre non encore prescrit. Vous voyez que mon espoir de sauver l'honneur du Parquet me fait écrire une hypothèse farfelue. En détournant une citation de Michel Rocard , je conclue en affirmant que si l'on cherche une cause entre l'intelligence et la bêtise, il faut mieux parier sur cette dernière car elle est plus facile à rencontrer que la première qui est moins commune et partagée. Observateur du bien bien-fondé de la loi de Murphy, je sais aussi que s'il y a une bêtise à faire dans une circonstance donnée, elle sera commise. Ça n'a pas raté. Et comme cela devient une façon de faire semblant, c'est le tour de Richard Berry de se trouver dans les filets d'une enquête après une plainte pour des faits dont personne n'ignore que s'ils ont existés, ils sont largement prescrits également. Mais là je gage que le Tribunal médiatique se calme rapidement. D'ailleurs c'est déjà le cas.

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