May
25
Le ressenti révèle ce qui n'est plus supporté.

Alors que des policiers ou des magistrats expliquent que c'est irrationnel et que par conséquent il était inutile de s'en soucier au-delà de la manifestation de leur condescendance de professionnels.
J'affirme que l'évolution de la société fait qu'il ne suffit plus qu'une loi soit respectée par 80% de la population pour tolérer que 20% ne l'appliquent pas. Jusqu'ici en effet nos énarques et nos polytechniciens considéraient qu'un texte était bon si 8 personnes sur 10 le respectaient et peu importe que cette perception est à contre-courant de ce que pense 75% des sondés. Donc le non-respect de la loi, reste pour les terroristes de la bonne conscience, de la redistribution sociale implicite et du désordre tolérable. Sauf que cela ne l'est plus du tout, tolérable, pour nos concitoyens mais nos ministères continuent à faire comme si parce que leur capacité d'inefficacité est au maximum. Ce qui rend le tout encore plus insupportable, c'est qu'ils balayent l'exigence demandée de rigueur et d'autorité d'un revers de main pour le masquer, incapables autant de se remettre en cause que de modifier l'Etat de droit arrivé dans l'impasse de la tolérance imposée de l'insupportable. La société du 21e siècle est hygiéniste et sécuritaire. Les politiciens estiment que ce qui se passait dans ces domaines au XXième est encore suffisant aujourd'hui. La réponse de l'opinion publique est non.

À la suite d'un meurtre d'une femme par son conjoint, il est apparu que la plainte de la victime contre la violence de son compagnon était restée dans la pile de celles en cours au Commissariat.  Ce qui veut dire que la dangerosité de la situation n'a pas été appréhendée immédiatement.
À minima, au moins 20% des plaintes restent sans suite dit-on officiellement mais comme il est dit que 80% des plaintes pour violences conjugales restent en rade, je considère que beaucoup plus rejoignent le même sort que les "mains courantes": elles ne sont jamais transmises à la Justice. La main courante, c'est de la psychothérapie de Commissariat.
Un porte-parole du Syndicat de la Magistrature a déclaré sur un plateau de télévision qu'il faut saisir le Procureur de la République en téléphonant au Tribunal Judiciaire le plus proche. Cette personne n'a certainement jamais tenté de joindre au téléphone un Tribunal.  S'étant rendu compte au regard incrédule d'un interlocuteur de l'énormité qu'elle avait proférée, bien que militante des droits de l'homme vivant en Théorie, ce pays où tout va bien et en pensant sans doute soudainement au souffle dont des parquetiers allaient remplir ses bronches, elle a déclaré qu'il fallait plutôt écrire. (Ce qui conduit le Parquet à saisir le Commissariat. La boucle bouclée en quelque sorte.)
A l'heure de l'informatique et de l'intelligence artificielle, qui permet de déceler les risques de récidive et de cerner les comportements criminels, les plaintes devraient systématiquement remonter au Parquet et les OPJ devraient disposer de plus de latitude. Les intervenants institutionnels devraient aussi systématiquement avoir accès à toutes les informations actualisées concernant une personne ayant un casier judiciaire, simplement par exemple lorsque le nom des personnes impliquées est indiqué au moment de la réception de la plainte ou lors d'un suivi de l'exécution des peines.
Ce n'est pas le cas. En France les administrations travail en silo et en concurrence, dans un climat d'indépendance et d'irresponsabilité. C'est devenu une méthode: c'est pas moi, c'est l'autre, moi j'ai vissé l'écrou selon le protocole syndical agréé par la commission chargée d'empêcher toute initiative. Ce qui permet au Ministre de déclarer qu'il n'y a pas eu de faute. Ce n'est plus tenable.

L'absence de recrutement massif hors des corps issus des écoles chausse-pied de fonctionnaires et l'absence de passerelles en cours de carrière privée/publique fabrique l'entre-soi, la mainmise syndicale et une sclérose hiérarchique satisfaite. Il ne faut pas faire de vague et maintenir les citadelles conformément au plan de carrière. Nous en sommes encore là.
Tout le monde est consterné d'apprendre qu'un réfugié politique condamné 9 fois puisse rester sur notre territoire.

Les principes ne servent à rien pour résoudre les conséquences de leur mise en oeuvre.

Tant que nous refuserons de prendre conscience de cette évidence, notre société déraillera dans l'inefficacité et le désordre consenti sur le dos de notre quotidien un peu plus chaque jour.

Pensons que lorsque un bracelet électronique peut se briser ou s'il est retiré par un délinquant, la police peut ne pas s'en apercevoir. De toute façon il n'est pas géolocalisable. Droits de l'homme ? RGPD ? CNIL ?
Comme pour le reste, l'absence d'autorité fait dans la dissuasion mais concrètement, ça ne fonctionne plus.

Les leçons infligées à nos précédentes Républiques, nous en sommes tout de même à la 5e en deux siècles, devraient nous dessiller. Comme nous sommes les meilleurs par principe et que nous avons les bienpensants les plus intelligents, l'éclair de lucidité permettant de voir l'iceberg n'est pas pour demain.

Rendez-vous en 2022. Levons nos verres aux réformes mal faites, éludées, mises sous le coude et à nos actes manqués. Lorsque l'on crache en l'air, ça retombe toujours. La loi de la gravité même en politique reste une constante fiable.

Et pour le ressenti, je vous laisse apprécier le vôtre en lisant le tableau ci-dessous et en regardant ce qui se passe dans la rue que la Police ne voit plus parce que le Parquet ne veut pas s'en occuper lorsqu'elle lui met sous le nez.

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