May
21
Le sort de Vincent Lambert met en cause la dualité de notre système judiciaire et les causes de son existence.

Le sort judiciaire de Vincent Lambert est dramatique mais il n'est pas inutile. Il nous dessille. Il apparaît clairement aux yeux de tous que les décisions contradictoires de nos deux ordres juridictionnels, dualité qui est une exception française (ce qui signifie que c'est dispendieux, inutile et en plus généralement néfaste) mis en place par Napoléon sur des prémisses posées sous Louis XIV, les deux n'étant pas des modèles de démocrate, est une aberration.
Il s'agissait de prémunir l'Etat de l'application du droit commun, ce qui peut s'entendre par exception, en posant des règles de droit administratif de protection de la puissance publique. Depuis, le droit public est devenu un moyen pour l'administration d'empêcher tous les gouvernements de donner des ordres et à se faire obéir par la fonction publique, qui a ses propres écoles chausse-pied pour des carrières toutes tracées, et offre à ses membres des prébendes ou sinécures à vie, avec des promotions à l'ancienneté soumises à l'affiliation syndicale, politique où philosophique, empêchant le "spoil system" et l'efficacité de la gestion privée partout où c'est souhaitable, afin de permettre l'entre soi et l'immobilisme des conservatismes permettant de dépenser toujours plus de budget sans rendre des comptes ni sur sa productivité ou son efficacité, avec un effectif pléthorique, globalement toujours en augmentation depuis la seconde guerre mondiale. L'Administration a ses lois, remplit un tiers du Journal Officiel de texte complexifiant la vie de ses rouages autant que de ses administrés, imposant des millefeuilles administratifs, la décentralisation se doublant de services déconcentrés sans faire disparaître les services centraux, et dictant des procédures, normes et contraintes absurdes, malveillantes, conduisant à des délais de gestion et de décision 4 fois plus longs qu'en Allemagne, par exemple.
Les syndicats qui n'existent plus du fait de leur sclérose idéologique que dans la fonction publique où ils peuvent exercer leur capacité de nuisance à l'appui de leur racket social, s'opposent à toutes les réformes du structure et de carrière, ayant réussi au fil du temps à doubler les instances qui devraient être de décision, de leur propres échelons de contrôle de l'autorité. Ayant loupé sous des gouvernements pourtant complaisants et démissionnaires à leur égard par clientélisme, à imposer le modèle du statut des fonctionnaires au secteur privé, ils défendent bec et ongles un modèle de gouvernement de notre société où des administrations se font des guerres d'influence à des fins budgetivores. Les montants obtenus étant une démonstration de pouvoir permettant des perspectives de carrière et de médailles, autorisant les membres de la "haute administration" à s'autoriser, au seul profit de leurs égos et de leurs prés carrés.
Il est impératif de soutenir le courage d' Emmanuel Macron d'en finir avec ce modèle. Pour cela il doit dissoudre l'ENA et l'ENM, car nous sommes entrés dans une ère économique et social qui dépend de la connaissance de technologies imposant dynamisme, réactivité, responsabilisation en phase avec la société civile et le monde économique. Nous changeons à la fois de culture, d'outils et de mode d'action comme de mode de pensée.
Ce que le monde judiciaire n'a pas pour une large part encore compris, contrairement à celui de la médecine qui est pourtant marqué par le conservatisme. Nous ne pouvons pas attendre qu'une génération, encore au manettes, passe. C'est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre après plus de 80 années de collectivisme rampant.
A défaut de l'avoir compris, la demande d'un homme fort au pouvoir va finir par s'imposer. Déjà 38% des moins de 35 ans le demandent, et 31% verraient bien que ce soit l'armée qui s'empare du pouvoir.
Si nous voulons éviter cela il va falloir refonder les structures de l'Etat et son mode de fonctionnement, ses missions, ses moyens.

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