Dec
27
Les mégots sont une affaire politique.

Les mégots des cigarettes sont une plaie pour l'environnement. Jetés sur la voirie, ils sont balayés et emportés par l'eau des caniveaux dans les égouts. Ils passent dans les bassins de décantation mais ne peuvent pas être filtrés avec les boues ultimes. C'est donc une calamité pour le retraitement des eaux usées. Ce que l'ont appelle encore les "autorités", alors que nos administrations n'en sont plus, ont tout tenté selon leurs critères d'inefficacité habituelle, pour stopper la sale habitude des fumeurs de jeter leurs mégots dehors depuis qu'ils n'ont plus le droit d'intoxiquer leurs contemporains, dedans. D'abord nous avons vu passer des campagnes de sensibilisation. De celles dont notre bienpensance nourrit des budgets de communication dispendieuses dont elle se flatte de l'intelligence appelant au sens civique leurs concitoyens en pure perte pour nos impôts. Après nous avons vu fleurir la menace d'une amende de 68 euros pour tout mégot jeté à terre. Campagne massive de dissuasion. A 68 euros le mégot par terre, le déficit budgétaire de la Ville de Paris aurait été éradiqué et l'Hôtel de Ville plaqué or. Totale inefficacité de la "dissuasion" puisque la verbalisation n'existait pas. La municipalité de Paris a provoqué, ce faisant, une réaction électoralement dangreuse d'électeurs mécontents de l'absence de toute répression, et pas seulement des jets de mégots sur la chaussée mais de toutes les incivilités. La mairie a donc créé une police municipale. Rapidement, leur absence de pouvoir de contrainte et le fait que l'on puisse les voir arriver à 100 m a rendu la verbalisation très aléatoire pour la masse des fumeurs aux comportements négligeants. L'arrivée de bleus municipaux ont même provoqué un comportement asocial de résistance à l'ordre public.
Rapidement il est apparu que les Municipaux se concentraient sur les automobilistes, dont l'identité et la solvabilité sont plus fiables.
Si vous expliquez au quidam que le mégot est un problème de traitement des eaux usées, il vous répond que ça donne du travail au service d'entretien et subsdiairement qu'il en a rien à foutre, on n'avait qu'à le laisser fumer à l'intérieur.
Que faire ?
Les mégots sont tous des bouts filtres de cigarette. Donc, ne vendons que des cigarettes sans filtre ! En plus on se débarrassera ainsi des fumeurs plus vite. Traitons les causes pour supprimer les conséquences. Sachant que la cigarette sera jetée, on peut aussi imposer un supplément de prix de 68 euros par cigarette. Pourquoi attendre de recouvrir le montant de la contravention après que la cigarette soit tombée par terre alors que l'on pourrait le faire avant ?
Plus sérieusement, concrètement comment en est-on arrivé à ces comportements inciviques passés dans les mœurs et comment les stopper ?
Le moment du croisement des courbes ont été un électrochoc: le coût pour la Sécurité Sociale et de dégâts collatéraux du tabagisme dépassa un beau matin le montant des taxes payées sur le tabac. La différence augmentait au fur et à mesure que les femmes fumaient de plus en plus.
On "s'aperçut" aussi que le tabagisme passif était cancérigène et on décida l'interdiction de fumer dans les lieux publics fermés, cafés, restaurants, magasins etc. et dans les entreprises. En même temps, il fut décidé d'augmenter progressivement les taxes de telle façon que celles-ci restent supportables et puissent compenser les frais médicaux. La cancérologie, la chirurgie, les laboratoires, les hôpitaux, sont aussi des activités économiques. L'allongement moyenne la vie pose aussi des problèmes de toute sorte. En conséquence les fumeurs se sont retrouvés dehors. La compétence transversale n'existant pas et la main droite des ministères ignorant ce que fait leur main gauche, personne n'imagina ce qui allait se passer. Aucune mesure ne fût prise pour obliger les employeurs, les cafés, les copropriétés, de disposer des cendriers à leur porte. Aucune campagne éducative ne fût envisagée simultanément. Tout bonnement parce que personne n'imagina quoique ce soit et pas plus que les fumeurs, consommateurs de brasseries, se retrouveraient dans des terrasses chauffées, passé l'été. On est les meilleurs. Pas besoin de penser. Or c'était le moment où il fallait informer le public des méfaits des mégots pour le traitement des eaux usées. Sauf que personne ne prit conscience non plus du problème et lorsqu'il devint encombrant et coûteux, les mauvaises habitudes étaient prises.
Et pas question de mettre en place une police civique comme il existe une police religieuse dans des pays où les coups de bâton tombent généreusement.
En milieu fermé, il est encore difficile de faire respecter l'interdiction de fumer; car le tabagisme est perçu par certains comme un droit au même titre que celui d'être communiste, puisqu'il s'agit de pomper l'air et de piétiner l'aorte de ses contemporains. Tout ceux qui ont pensé appeler le Commissariat pour faire respecter la législation ont renoncé. Faire respecter la loi est un objectif subjectif pour la Police qui obéit à des hiérarchies politiciennes bienpensantes. Comme d'habitude, il revient dans la réalité aux employeurs de faire le boulot à la place des "autorités".
Nous avons tous adoré passer dans les nuages de fumée des groupes qui font leur pose cigarette sur les trottoirs. Le coût économique de ces "breaks" tabagiques doit coûter aux entreprises ce que le "tea time" coûtait à l'économie anglaise avant Thatcher. Qui n'a pas apprécié marcher derrière un fumeur qui balance sa cigarette au bout de son bras? Vous aspirez trois bouffées de tabac quand ce promeneur en fume une seule.
Il y a qu'une solution en réalité pour solutionner à la fois le problème de traitement des mégots dans celui des eaux usées et le coût sanitaire des conséquences du tabagisme actif comme du tabagisme passif: l'interdiction de fumer partout dans tous les lieux publics. Et cela se pratique déjà dans d'autres pays...Singapour, Hongkong, l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique etc... Là encore, nous sommes en retard. Là encore, l'autorité fait défaut. Nos politiciens sont toujours, disons-le tout net, défaillants. Lâchement, ils testent à titre expérimental une interdiction de fumer dans quelques squares. Ils sont décourageants.

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