Jun
25
Les policiers ne sont pas là pour ça.

Il est quelque chose autour de 12 heures 50. Je passe devant le Théâtre du Châtelet  et le feu pour les voitures étant rouge, celles-ci s'arrêtent. Je traverse le Quai de la Mégisserie lorsque sur la deuxième file une berline noire passe en me rasant les pieds. Une scène de la vie parisienne. Sauf que de l'autre côté du Quai, le long du trottoir, une dizaine de fourgons de CRS sont stationnés, soit une compagnie à 60. Personne ne bouge. D'ailleurs ceux qui sont visibles depuis l'angle du Quai et de la Place sont sur leur téléphone ou bavardent entre-eux. Je trouve tout de même que c'est un peu fort de café. Je me décide après avoir traversé à dire bonjour à trois des policiers à côté du deuxième fourgon et leur narre le fait. Dans un premier temps, ils ne comprennent pas. "Oui, mais pourquoi vous avez failli être écrasé ?"  Je leur rappelle que ça s'est déroulé à côté d'une compagnie de CRS et qu'à tout le moins, ça ne me parait pas normal. "Oui mais nous sommes en mission de sécurité."  Autrement dit, le reste n'est pas de notre compétence. Mes cheveux plutôt blancs et mon costume cravate m'autorise à leur raconter qu'il y a pas si longtemps, quand un policier était quelque part il accomplissait toutes les missions. De toute évidence, ils ne sont pas émus. Je suggère que si un automobiliste se permet de brûler un feu rouge à côté de plusieurs dizaines de policiers, c'est sans doute qu'il sait qu'il peut mépriser leur autorité. La réponse est un silence pas gêné. Je crois même qu'un des trois s'est retenu de rire. Que s'est-il passé depuis le moment où un gardien de la paix au carrefour pouvait être requis parce que le cafetier du coin avait facturé n'importe quoi à des touristes ?  Vous ne savez pas ? Et bien je vais vous le dire. Le syndicalisme et le socialisme sont passés par là. La hiérarchie s'est allongée devant. Elle même a préservé ses fesses en adhérant même à des obédiences philosophico-syndicales. Qu'une mutation ou un avancement n'est accessible que s'il est admis par des commissions dans lesquels des syndicats s'échangent des avantages.
Le niveau du recrutement et de la formation sont tombés. Être policier n'est plus un métier noble et respecté qui force l'admiration des concitoyens pour la fonction régalienne.
C'est la faute des hommes politiques. C'est leur responsabilité. C'est celle des citoyens. C'est celle des électeurs. Et parmi eux, il y a aussi les membres de l'Éducation Nationale.

Regardez ce qui se passe: ce ne sont pas les chefs et responsables de la police qui répondent aux questions des journalistes. Ce sont uniquement des syndicalistes. Et c'est la même chose pour l'Éducation Nationale soit dit en passant.
Le plus scandaleux est que cela ne choque personne. Où est passé l'autorité et la réalité du pouvoir ?

Remerciement en passant à Sarkozy qui a supprimé l'îlotage et les policiers aux carrefours tout en finissant de supprimer la polyvalence de l'action en mission de la Police. Finalement, gauche ou droite, on comprend mieux le vote blanc devenu abstention.

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