Sep
30
Lettre ouverte à nos confrères Autain, Lepetit.

Jamais l'élection au Bâtonnat et au Vice-Bâtonnat du Barreau de Paris n'a eu autant de portée symbolique.
Jamais l'exigence d'unité de la profession n'a été aussi forte depuis les cinq dernières décennies. Il y va de notre solidarité avec les plus faibles des membres du Barreau et avec les justiciables, acteurs économiques ou non, en cette période troublée par une pandémie persistante.

Il y va aussi de nos libertés autant que du sens et la portée de notre serment dans nos débats avec la magistrature sur notre place dans l'oeuvre de justice et avec la Chancellerie et le Parlement pour notre rôle de garant des droits dans la société du 21e siècle. Cette fois, il ne faut pas que notre Bâtonnier et Vice-Bâtonnier soient élus par une majorité de 30% de votants divisés entre deux binômes candidats. Il faut un véritable plébiscite, une élection référendaire affirmant haut et fort notre unanimité.

Oui, je considère que cette année il faut un plébiscite. Une élection référendaire pour affirmer notre unité qui ne peut se traduire que par l'expression de porter une représentation indiscutable par nos interlocuteurs. Si nous n'y parvenons pas alors que la profession est en danger politique, économique et social, je doute que l'on puisse me dire que je me suis trompé lorsque l'on en fera l'autopsie.

Jamais la nécessité de nous réunir autour de candidats qui sont déjà soutenus par ce que notre métier a de plus emblématique me parait utile et vivifiant non seulement pour notre Ordre mais aussi pour les avocats qui ont besoin de se retrouver fortement ensemble.

Et il n'est pas possible de réunir la profession en se prévalant de partager les choix de forces politiques qui défilent habituellement avec l'UNEF, la France Insoumise et le Syndicat de la Magistrature. Ni de considérer que jouer la mouche du coche sur fond de discours bienpensant peut aider à résoudre ou même aider notre métier. Il s'agirait là que d'utiliser notre profession comme caution à un choix politique. Ce n'est pas la vocation d'aucune de nos instances professionnelles.

Nous avons le même serment et nous avons les mêmes défis à relever. Cette élection n'est pas celle de la gauche contre la droite. Elle est uniquement celle de la représentation de la force morale de notre Barreau pour la défense des droits.

Julie Couturier et Vincent Nioré sont les meilleurs d'entre-nous. Je partage en tous points les commentaires élogieux de nos confrères soutiens de leur candidature. Par leurs engagements, leur parcours, leur mode d'exercice, ils sont proches de la façon dont une très large majorité des avocats travaillent aujourd'hui.
Ils incarnent parfaitement notre profession dans ses préoccupations quotidiennes. Nous nous reconnaissons en eux. Nous les avons côtoyé un moment ou un autre. Ils n'ont jamais été avares de leur conseil que leur expérience nous recommandait, Julie Couturier pour les voies d'exécution, Vincent Nioré pour la défense pénale.
Ils seront les candidats élus pour le Bâtonnat et ĺe Vice- Bâtonnat qui enverront le meilleur signal à toutes les institutions.

Pour ce faire, ils doivent être portés par nous tous. Nos confrères Autain et Lepetit ont certainement compris que leur candidature (devenue plutôt politique de mon point de vue, au fil de leur campagne) n'avait plus de sens dès le moment où celle de Julie Couturier et Vincent Nioré s'est manifestée, même si celle-ci est postérieure.

Des candidats potentiels se sont abstenus pour soutenir ainsi de facto Julie et Vincent.

Il revient à Xavier et Clotilde de faire ce choix et de symboliser ainsi notre unité et de la porter à la face de tous, au lieu de tenter de rameuter une sensibilité d'extrême gauche politicienne en adoptant une posture pour se maintenir en contruisant une opposition dans cette élection qui devrait rester professionnelle.

Elle ne comportera qu'un tour puisqu'il n'y aura pas d'autres candidats pour les raisons que je viens d'exposer et leur maintien jusqu'au boutiste n'est pas souhaitable pour exprimer un soutien totale à une représentation indiscutable de notre métier.

Le retrait de Xavier et Clotilde avant le scrutin leur aurait valu un crédit pour les élections à venir après avoir nourri un débat d'idées nécessaire à la vie de nos principes et pour relever nos défis communs. Il leur est encore temps de ne pas manquer à notre Barreau.

Il ne faut jamais se priver d'un geste décisif pour la profession, pour son unité, qui ne peut peut-être que l'expression d'une claire unanimité pour cette élection qui ne connaitra, je le répète, qu'un seul tour par ailleurs quoiqu'il arrive.

Je suis certain que nous avons besoin de cette unanimité sans faille pour porter un message fort face à toutes les institutions. Xavier et Clotilde seraient bienvenus d'apporter avant le scrutin leur soutien qui scellera l'élection de Julie et Vincent pour incarner cette unité au soir du 1er tour des élections ordinales.

Se maintenir dans le contexte actuel ne serait pas une erreur mais une faute.

Force doit rester aux droits.
Soyons unanimes à le dire fortement en votant ensemble pour l'affirmer.
Les avocats doivent être patriotes pour leur profession et personne ne doit manquer le rendez-vous !
Je dis avec Yourcenar :"Poignardons l'ego." Et soyons tous capables de nous comporter au moment où notre métier est en danger, politiquement, économiquement et socialement, comme des Hommes d'État.

Commentaires

Cette lettre n'engage que moi. Pas la peine de s'en prendre à mes proches, mes amis ou mes anciennes associées comme je l'ai vu faire par une meute anonyme que certains ont cru bon d'approuver comme s'ils étaient candidats au poste de représentant d'une classe de 6e spéciale dans une cour d'école.

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