May
19
L'Ordre du Barreau de Paris n'est pas un marigot ou une pataugeoire

Et nous devons remercier les MCO d'en faire la démonstration chaque mardi matin lors des séances du Conseil de l'Ordre.

Les "corps intermédiaires" n'existent que parce que les "corps" qui ne le sont pas, ne font pas où plus leur office. Peut-être faute d'avoir pas su s'adapter ou par démission.  De ce fait on a vu fleurir une multitude d'associations qui gravitent par exemple autour de la justice qui leur délègue des missions mal subventionnées que l'Etat abandonne après les avoir négligées. Des syndicats et des partis politiques se sont imposés historiquement comme les relais de la démocratie qu'ils ne représentent, ni n'incarnent plus. Tout cela est devenu bancal, inadapté, et obsolète. Pour tout dire cela est devenu peu à peu insupportable. Ceux qui n'adhèrent pas pour des raisons propres voient leurs impôts néanmoins affectés au fonctionnement des partis politiques et financent indirectement des syndicats. Ils n'ont pas assez de militants donc ces organisations se financent sur les fonds publics, et par pour les associations ou des syndicats par le biais de subventions qui sont à la charge soit des contribuables en définitive ou des consommateurs. C'est un peut fort de café.

En ce qui concerne le Barreau de Paris, nous sommes dans une situation différente. Nos cotisations permettent de versées 70 000 euros de subvention à l'UJA,  10 000 au SAF plus 25 000 à titre exceptionnel pour son congrès qui se tiendra cette année à  Paris. Le CNA et l'ACE vont participer à  la distribution mais en moindre proportion, selon des  critères  arrêtés par la Commission financière de l'Ordre parmi lesquels les plus importants sont les divers services rendus à la profession (cf réunion du Conseil de l'Ordre du 3 mai 2016). Nous devons aux MCO sous l'impulsion de notre Bâtonnier d'avoir une information transparente sur le sujet et c'est bien. Nous avons appris ainsi qu'aux sommes versées par exemple s'ajoute des mises à disposition de salles de la Maison du Barreau, ce qui est une aide matérielle  chiffrée conséquente, aux organisations syndicales. Personnellement j'eusse aimé que les MCO disposent tous des dossiers de demande de subvention avant d'approuver les sommes proposées. On est encore dans le schéma selon lequel la Commission a fait son boulot  ( et c'est un gros travail objectivement ) donc les MCO n'ont qu'à s'en rapporter à ses conclusions. Et on vote pour ou contre après avoir répondu aux questions. Mais le débat sur la question de fond, à savoir pourquoi l'Ordre à besoin des Syndicats et de les subventionner, n'a pas eu lieu. Sauf que nous apprenons, et c'est bien de le savoir, c'est que les syndicats des avocats, font de choses pour et donc à la place de l'Ordre. Notre Bâtonnier a, très justement de mon point de vue, demandé à ce qu'une délégation soit mise en forme en ce qui concerne l'UJA et soumise au Conseil de l'Ordre en ce qui concerne notamment ses actions multiples en faveur des collaborateurs. Cela va du livret d'entrée dans la profession, la recherche de collaboration, l'aide pour résoudre des conflits entre "Pas trop rond" et "Collab'raleur" ( C'est moi qui l'ecrit), de la formation professionnelle,l'aide à installation, des événements festifs...Ce qui mobilise beaucoup d'énergie et nécessite des moyens. Ce sont ceux des adhérents et des militants de l'UJA et un peu les moyens de tous les avocats de notre Barreau.

Est-ce à ce point iconoclaste de se poser toutefois la question de savoir pourquoi l’Ordre ne reprendrait-il pas la main ?

Finalement, qu’est-ce qui s’oppose à ce qu’il consacre les 120 000 euros des subventions aux Syndicats, et je ne parle pas des aides aux multiples associations culturelles, sportives, religieuses, pour mener lui-même les tâches que ces organisations réalisent pour l’Ordre ?

Un livret pour expliquer aux jeunes confrères ce qu’ils doivent faire en entrant dans la profession en ligne dans La Grande Bibliothèque du Droit, pourquoi pas ?

La recherche de collaboration.  Je me suis toujours demandé (c’était en 1975) pourquoi je devais dans une salle de la Bibliothèque attendre chaque semaine que le Président de l’UJA, nous jette les noms des « patrons » potentiels ? L’Ordre devrait avoir sur son site une liste des propositions de collaboration, et permettre aux avocats qui le souhaitent de proposer leur collaboration, ponctuelle ou non, aux dossiers, ou pour des vacations (Je renvoie au dispositif mis au point par notre Confrère Arnaud LIZOP dans la cadre d’AVOCAP 2.2)

La formation professionnelle (EFB et Commissions ouvertes) existe déjà et il n’y a pas de raison que des confrères qui veulent en prodiguer ne l’inscrive pas dans la formation existante.

L’aide à l’installation, cela devrait à mon sens devenir une préoccupation cardinale par excellence des patrons et de notre Ordre.

Reste la résolution des conflits entre les patrons et les collaborateurs…Tiens, cela nous renvoie au programme de SICARD#ATTIAS qui prévoyait la mise en place d’un médiateur…auquel le Conseil de l’Ordre s’est opposé.

Le fait qu’un quart des MCO et certains anciens Bâtonniers sont des membres de l’UJA et qu’une bonne partie du reste ont été élus avec l’appui d’autres syndicats est sans rapport avec leur opposition. D’ailleurs, Jean-Louis BESSIS, qui a fait voter pour SICARD#ATTIAS , pour cette réforme est lui-même un ancien de l’UJA…

Donc « Honni soit qui mal y pense ! »

De mon point de vue, la réponse au problème posé est simple : Où les syndicats remplissent des missions ordinales et c’est à l’Ordre de les assurer, où ce ne sont pas des missions ordinales et dans ce cas il n’y a pas lieu à délégation.

En fait, c’est le terme délégation qui prête à confusion.  Les actions des Syndicats, notamment le lobbying, s’ajoutent ou complètent les fonctions de l’Ordre.

Il est normal que si l’Ordre estiment que ces actions sont positives et nécessaires à l’ensemble des confères, il puisse prendre en considération une demande de subvention, dont le principe en tant que tel n’est pas contestable. Reste le montant. Cette année, l’enveloppe budgétaire a été respectée, et elle est plus faible que celle de l’année passée.

La convention à intervenir entre l’Ordre et peut-être utilement avec chaque Syndicat qui demande une subvention permettra de mieux savoir qui doit faire quoi pour les subventions à venir.

Pourquoi pas ?

Mots-clés: 

Commentaires

Tu nous fais du Kuchukian.

Et comme tu le fais bien.

Nom: 
Gilles Huvelin

Pas mieux....

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA