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Même inutile et inefficace, on peut nuire...

J'ai cessé de commenter les choix des militants de notre profession et j'avais décidé de m'y tenir tant qu'ils se comportaient comme "la mouche du coche" ou que nos opposants dogmatiques systématiques agitant pour alibis politiques, principes universels et Droits de l'homme, me donnaient matière à rappeler le choix du pragmatisme et de l'efficacité en dénonçant l'hypocrisie des paravents usés à des fins sans rapport avec les buts que ces défendeurs de l'idéal démocratique avaient annoncés. La lourdeur des protestations fondées sur la seule volonté d'être contre quelque chose ont été perçues comme autant d'impostures et ont fini par fermer des portes à la profession, ce dont j'avais prévenu, inaudible au milieu des flots de la bienpensance belliqueuse, prenant nos institutions en otage. Premier effet, ces dernières n'ont pas été conviées à participer à la Commission Nallet. 

N'ayant plus d'objet de tapage, le Conseil Constitutionnel ayant versé son obole aux partisans du droit de nuire des criminels et délinquants en censurant des dispositions du PLJ, nos consciences ont trouvé une nouvelle source pour renouveler leur indignation: le sort des enfants de djhadistes au Moyen-Orient.

Si je reviens sur ma décision de façon tout à fait momentanée, c'est que dans cet autre domaine, quasiment les mêmes ( je mets à part nos institutions ) ont fait le choix de nuire à ceux qui dans l'ombre des Cabinets ministériels et/ou sur le terrain dans des situations difficiles oeuvrent pour parvenir à obtenir ce pour quoi des confrères se répandent à grand bruit en dénonçant autant l'inaction de notre Administration que des attitudes supposées malveillantes d'autorités étrangères par définition barbares.

Ce qui était contre-productif est devenu insidieusement un handicap, autant psychologique pour nos acteurs que politique pour des démarches dont l'objectif est de parvenir à des résultats où la subtilité doit tenir compte d'équilibres; le respect de modes de pensée, de valeurs étant  aussi indispensables. Pour initiation bassique lire Jean-François Deniau. Concrètement cette part du Barreau a provoqué urbi et orbi, un sentiment de rejet de la profession de principe dont elle aura du mal à se défaire. En gros pour faire court autant que descriptif, en off, les analyses de nos tapageux comportements individuels ou collectifs se résument par des propos qui furent d'abord peu amènes, puis ensuite désabusés mais définitifs, pour finir par des sentences lapidaires à l'égard de la profession, considérée pour le coup comme unie et à mettre dans le même sac. Sauf que vu de loin, ce qui devient "notre" agitation est interprétée. Elle radicalise des positions qui nuisent à des bienveillances qui sont marginalisées et contraintes. Et c'est vrai pour d'autres sujets de préoccupation à l'international pour lesquels le rôle de nos institutions professionnelles est essentiel, il s'exercent d'ailleurs là aussi avec mesure et responsabilité. La mesure et la qualité des messages sont là règle.
En résumé: laissez faire ceux dont c'est le métier, ou qui disposent des réseaux ou du pouvoir, ou des leviers.
Pour le reste, qu'importe à ceux qui sur les réseaux dits sociaux ou devant des caméras se drapent dans la défense des principes puisque de ce fait ils n'ont pas la responsabilité des conséquences de leurs postures d'une rare élévation médiatique.
Jusqu'ici la profession se tirait une balle dans le pied tous les matins. Maintenant elle tire dans les pieds des autres. Je sais que je ne serai pas entendu aujourd'hui plus qu'hier et peu me chaut après tout, j'ai dit ce qui devait  l'être

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