Jul
13
Nous avons des ayatollahs des Droits et de la déontologie (Billet dédicacé à l'ami Bernard Kuchukian)

Drapés dans les droits dogmatisés et une déontologie ringarde pour justifier leur existence sur Terre, nos institutions et des militants ne visent ni l'efficacité ni aucun pragmatisme, et fossilise la profession autant que la société avec laquelle nous faisons corps. Leur conservatisme ne vise pas à trouver des solutions mais à créer des problèmes et faire en sorte que rien ne change qui serait contraire à leurs principes qui ne sont que les alibis de leurs intérêts présentés comme intellectuels, et ceux materiels d'autres dont ils vivent, en culpabilisant le reste de la planète d'un sort qui est l'effet de causes qu'ils ne veulent pas attaquer, car ils seraient obligés de se remettre en question et parce qu'elles sont sources de leur prébendes. Celles-ci sont, sauf pour ceux à qui la manipulation procure des apparences de pouvoir et surtout une force d'inertie, de petites rentes misérables auxquelles s'ajoutent parfois des médailles, des distinctions, passe-droit et invitations que la capacité de nuissance, parfois purement médiatique, de leur réseau octroie. L'intérêt général est absent d'une démarche exclusivement orientée vers l'individu et en son nom, pour la remise en cause constante de l'Etat autant que de la Nation sans autre vision que d'instaurer le chaos économique soutenue par une idéologie d'extrême gauche qui nie la dette publique, réclame plus de déficit afin de développer de structures périmées et des corps intermédiaires dépassés, anachroniques . Pour notre métier, leur combat au nom des principes maintient les plus faibles dans la marginalisation, permettant de les faire vivre dans une condition revendicative sur les tarifs de l'A.J. ou l'état indigne de nos prisons par exemple, laissant aux Cabinets anglo-saxons s'organiser d'autant plus librement qu'ils n'ont pas besoin de la profession pour faire ce qu'ils veulent, tout en donnant aussi à nos consciences de quoi dénoncer la main mise des grosses structures sur le marché du droit. Il n'y a pas de combat idéologique sans inégalités entretenues. Dans ce contexte, n'est noble que le droit pénal dont la mise en oeuvre doit permettre de rejeter toute preuve de culpabilité et le droit du travail s'il conduit automatiquement à la condamnation de l'employeur ("voyou" et "exploiteur" voir "esclavagiste moderne").
Vous les reconnaîtrez aisément car ils sont le sel de la Terre: Leur procédé est simple. Prendre un droit, en faire un symbole pour l'élever en dogme pour parvenir à une solution dialectique paralysant à la fois le droit initialement pris comme prétexte (voir pour exemple le billet qui suit à propos de la liberté de la Presse) mais aussi les autorités en contestant l'ordre public au nom de principes absurdes (Ex.: "c'est le métier des policiers de prendre des coups, donc on va pas les plaindre".)
Leur but est politique au sens le plus inconséquent. Alors que depuis le constat de Michel Rocard, l'Etat est en faillite, ils s'opposent à toute remise en cause ou réforme au nom des droits, sans jamais évoquer de devoir, à toujours disposer de plus pour demander , non pas encore davantage d'argent, ce serait vulgaire, mais de moyens. Ce fut la stratégie suivie pour s'opposer à la réforme de la Justice... et à celle de la procédure pénale, puisque tout ce qui peut permettre de confondre un coupable est forcément contraire aux droits.
Ce sont des humanistes à la charge des autres. Ils se fâchent sur le sort de l'Afrique, corrompue jusqu'à l'os, au nom de la responsabilité coloniale, alors qu'il s'agit d'un tonneau des Danaïdes dans lequel le nombre de milliards engloutis est tabou. Elle est indépendante depuis 60 ans mais rien y fait. Ils veulent que nous accueillons ses affamés dont la démographie est exponentielle mais ne rien entreprendre même culturellement pour juguler la surpopulation dont les conséquences sont des prétextes de culpabilisation permanente et d'actions humanitaires sans fin. Ils veulent que l'Afrique, qui n'a pas fait son Moyen-Age, sur laquelle ils imposent la démocratie, ait la modernité de l'Europe que celle-ci a acquise avec 700 ans d'avance sur elle. Imaginer l'électricité, des kalachnikovs et une république chez nous au XIIIe siècle avec des villes réalisées par une puissance du 21e siècle. On est en plein délire. C'est là-dessus qu'ils font du droit de l'hommisme. Pourquoi pas y élever des vaches normandes pendant que l'on y est ?
Ils protestent contre le manque de moyens pour éviter la noyade des exilés mais ne tiennent pas à ce que l'on ouvre une ligne de ferries, ce serait choquant, ni leur interdire de prendre la mer ou les refouler sur les côtes. En fait l'immigration est une arme dont les munitions sont des êtres humains. Les financements des ONG ne sont pas disponibles sur internet.
De même ils s'élèvent contre les conditions de rétention des exilés au nom du principe devenu constitutionnel de Fraternité mais sont aux abonnés absents pour demander au nom des principes de Liberté et d'Egalité leur élargissement et qu'ils reçoivent également une Carte d'identité selon les principes de la Révolution Française qui faisaient de tous les étrangers sur son territoire, un français. Il ne faut pas aller jusqu'au bout de ses idées, elles finiraient par créer un effet repoussoir. Le but est de pouvoir s'indigner ad vitam aeternam sans jamais résoudre un problème en amont.
Cela les priverait de leur source de protestations. Ce sont des tartuffes. Sur le plan de la politique étrangère, ils veulent la réconciliation avec la Russie et passent la politique impérialiste de Poutine et sa dictature sous silence, dénoncent celle d'Erdogan, défendent le régime Iranien qui ne vaut pas mieux et condamnent les démocraties à l'Ouest en faisant flèche de tout bois pour leur dresser des bûchers.
En ce qui concerne notre profession où on retrouve peu ou prou les mêmes caractéristiques d'activistes de l'immobilisme bien pensant abrités derrière des principes dévoyés qui leur servent de boucliers. La réalité est que notre déontologie et la législation qui sclérosent notre métier est une usine à gaz de complexification archaïque, complaisante pour les plus conservateurs d'entre-nous et une arme pour empêcher les plus dynamiques de travailler. Il suffit de voir l'épaisseur du Code Dalloz de l'Avocat pour se rendre compte que nous sommes tombés sur la tête. Eux ne voient que l'admirable empilement paralysant de textes dont ils sont les auteurs ou leurs complices.
On trouve les mêmes ressorts pour la défense de la perpétuation de près carrés, au nom des mêmes principes et les mêmes alibis. La dialectique est parfaitement transposable. Exemple: on déplore le sort des collaborateurs libéraux mais on ne veut surtout pas faire disparaître leur statut, objet de justification d'existence syndicale subventionnée et tremplin pour le contrôle de la profession. On ne va pas quand même renoncer à un fond de commerce idéologique et la capacité d'indignation électorale que ça génère. Peu importe que 75% des avocats ne votent plus aux élections professionnelles puisqu'avec 25% on peut continuer comme si de rien n'était.
La nature humaine ne change pas à travers l'Histoire et à l'aune de cette constatation rien de méprisable ne devrait changer demain.
Mais je suis optimiste car nos finances publiques sont dans un tel état que nos corps intermédiaires vont devoir subvenir à leur besoins par l'adhésion et plus par les subventions ou les taxes. Immanquablement les associations, journaux, syndicats et, on peut rêver, les partis politiques devraient bientôt ne plus pouvoir ponctionner l'argent des contribuables ou racketter les entreprises. Ils vont donc disparaître.
Par ailleurs les hochets de la République comme l'ordre du Mérite et la légion d'honneur sont annoncés comme devant être moins galvaudés par automatisme de carrière, copinage, cooptation, lobbying identitaire, culturel ou social. Encore que la dernière promotion du 14 juillet fleure encore bon les anciennes bonnes vieilles pratiques des lots de consolation.
Une petite révolution morale forcée faute d'argent, est en cours qui exposera des médiocres à une forme d'éradication faute de moyens de nuire au nom des principes les plus élevés.

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