Aug
19
Nous

La rhétorique a un sens.
Ici nous entendons :
-" Le gouvernement a décidé de procéder à la vaccination des enfants à partir de l'âge de 12 ans, ce qui inquiète des scientifiques et les parents..."
Au Portugal, il est dit: -"Nous vaccinons les enfants à partir de 9 ans."
Point barre.
En France, l'État, c'est quelque chose à part. Ce n'est pas l'incarnation de la nation. D'où l'État peut payer. Ou la cantine scolaire, c'est gratuit, elle est payée par la commune. L'Etat, la commune etc., sont démembrés de la nation.
Dans les autres pays, c'est "nous". Que ce soit la Couronne ou la République, c'est la nation. En fait, délibérément, la dialectique imposée par le langage perverti de la révolution, a opposé notre relation à l'État et par conséquent à son autorité dételée méthodiquement de la conscience des citoyens. Le "bobby" anglais comme le policier portugais fait ce que son concitoyen n'a pas le temps de faire en faisant respecter la loi. Au Portugal, personne ne discute l'autorité du policier. Si après vous avoir demandé de reculer parce qu'au feu rouge vous empiétez sur le passage clouté, vous n'obtemperez pas, il frappe à coups de matraque sur votre capot de voiture jusqu'au moment où vous avez respecté la bonne distance. Et personne ne s'aviserait de discuter. Le non port du masque obligatoire y est sanctionné 950 euros d'amende. Soit plus d'une fois le salaire minimum. Et c'est appliqué. La rébellion est sévèrement puni. Le refus d'obtempérer vous expose à une réponse physique immédiate. Idem pour l'injure à un policier. Et tout le monde trouve cela normal.
Ici vous ne voyez plus de policier dans la rue, sinon en mission de dissuasion qui ne fonctionne plus depuis belle lurette. Récemment deux policiers contrôlaient Boulevard Sébastopol à Paris les conducteurs de deux roues pour leur signifier qu'il est interdit de porter des écouteurs en roulant. Pendant ce temps une voiture remontait le Boulevard à contre-sens, empruntant la voie des vélos pour contourner les véhicules venant dans le sens inverse. La vidéo est passée sur les réseaux sociaux. Ici les policiers font une chose à la fois et en plus tout le monde s'en fout car ils n'ont pas le droit de gifler ceux qui les insultent. On est les meilleurs. En plus il n'y pas de sanction certaine et immédiate. Aux États-Unis, où le refus d'obtempérer comme la moindre rébellion est un délit qui vous expose a minima à une contrainte violente immédiate, une contravention constatée vous conduit au commissariat. Un officier vous colle une amende qui est converti en détention immédiate après présentation au juge dans la foulée si vous ne la payez pas sur place. La reconduite à la frontière y est aussi une réalité. En Russie, en Chine ou tout autre pays "démocratique", c'est simple, vous n'entrez même pas. Essayez même d'entrer dans un pays d'Afrique et de vous y maintenir illégalement. Ici quand un policier arrive à maitriser un délinquant dans la rue, c'est un scandale d'un niveau près du génocide.

Pour le reste, les politiciens, les institutions qui tournent sur elles-mêmes, les corps intermédiaires qui s'admirent, les forces de progrès autoproclamées qui vivent en parasite sur le dos de notre société qu'elles vomissent, contribuent chaque jour à séparer "la société civile" (dénomination inventée par Rocard) du secteur public qui est devenu un champ clos ponctionnant son budget sur le privé.

A un moment ou à un autre se posera la question des équilibres entre nos ambitions et les ressources dont nous disposons. Pas temps que le privé ne gouvernera pas. Ce qui n'arrivera pas temps que les prébendiers de l'immobilisme n'auront pas ruiné ce pays. Entre irresponsabilité assumée et militante des uns, la lâcheté des autres, ce qui se passe chez nous en considération de notre rapport à l'autorité, ne s'imposent-elles à nos propres institutions et nos rapports professionnels ?

En résumé,  il n'y a qu'un cas où nous utilisons le "nous". C'est pour dire: "Nous sommes les meilleurs."

La France sombre mais quel panache.

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