May
03
Paris - Rome, voyager ne rend pas indulgent.

"Fais attention à Rome, il y a des pickpockets." "Rome est sale, ils n'ont pas de local poubelle dans leurs immeubles et il y a des dépôt d'ordures partout qui stagnent même dans la chaleur de l'été, et là-bas, ça tape." "Les rues sont défoncées, il y a des fondrières partout." "L'économie italienne est en chute libre et ça se voit."
Désolé mais, je rentre de la Ville éternelle, et j'ai vu tout autre chose. D'abord, Rome dispose de l'aéroport international le mieux noté d'Europe. Il y a du personnel, souriant et efficace y compris pour enregistrer vos bagages. Le cadre est agréable. On s'y sent bien. Un bémol, une musique d'ambiance de lavabos. La ville est propre, en tous les cas plus que Paris. Pas de tags, pas d'affichage sauvage, pas de parfum de cannabis dans les lieux publics, une population plus homogène que dans notre Capitale, on se comporte à Rome comme les romains. Les adultes admonestent les enfants ou les adolescents indisciplinés comme si c'étaient les leurs, et c'est normal, ici ce serait un scandale. Ayant perdu mon portable dans un voiture de golf dans le parc Borghèse, je l'ai retrouvé 4 heures plus tard entre des mains romaines qui attendaient mon retour, surpris que je puisse penser devoir les gratifier. Peu de SDF, qui se réfugient sous le portail des églises, et pas de dépôts sauvage d'ordures, pas d'embouteillage derrière les véhicules de la voirie. La circulation automobile est réglementée dans le centre de la ville et fluide partout. Les rues y sont défoncées mais ce n'est pas une catastrophe. La municipalité hérite d'une situation difficile sur ce point, mais moins apocalyptique qu'on me l'avait racontée. Les habitants sont souriants, si par mégarde vous bousculez un romain, il s'excuse. Quand vous entrez dans un magasin, vous n'avez pas le sentiment de déranger. La mode à Rome est talentueuse, gaie et accessible, comme les arts, et les touristes mieux traités. Les taxis sont nombreux et moins chers qu'ici, comme le reste d'ailleurs. Les samedis et le 1er Mai romains sont un vrai bonheur, et les magasins ouverts, et pas tous fermés le dimanche. Pas de schizophrènes en liberté dans les transports publics. La police romaine et les Carabiniers sont visibles et bien présents partout, et ne nous assourdissent pas avec le volume maximum de leur deux tons pour montrer qu'ils roulent, par contre les habitants n'ont pas de sentiment d'insécurité, quant à vigie pirate, il est autrement plus également présent que chez nous. On ne construit pas moche à Rome sous prétexte de faire dans le social. Et on n'y construit pas un immeuble outrageusement moderne entre deux constructions anciennes. On n'y a pas bâti un horrible empilement de trois containers, en criant au génie, pour élever un Tribunal. L'air est léger, et il y a beaucoup moins de poussières à Rome. Bref, Paris s'enfonce dans l'autosatisfaction alors que les autres Capitales européennes progressent. Mais nous, on est la Capitale du pays des droits de l'Homme et pas des coups de pied aux fesses. Et depuis plus de 50 ans, la complaisance, la lâcheté et l'inefficacité sous couvert de tolérance et de multiculturalisme ont fait le reste, pour acheter la paix sociale, complaire au communautarisme, en refusant de faire régner l'ordre et le respect de la loi. Nous avons entretenu l'idée que la liberté de nuire était légitime lorsque le mobile étaient syndical ou politique, que la prévention et la dissuasion permettaient de se dispenser de réprimer. De même lorsque la sanction après d'innombrables rappels à la loi, peines avec sursis, alternatives, voire oubliées, on arrive à une peine de prison ferme, personnalisée, aménagée, exécutée à moitié, pour accéder à la réinsertion et à la réhabilitation, on a exclu du Code Pénal que la prison était faite pour protéger la société. Personne ne jette de détritus par terre, tague un mur ou pisse dans les rues à Rome. Cherchez les erreurs accumulées sur lesquelles nos politocards n'oseront même pas avoir le courage de les regarder en face, et encore moins les traiter. On s'enfonce dans la médiocratie des gens qui font carrière sans aucune expérience professionnelle en sortant d'écoles chausse-pied en venant directement de l'Université, dont l'avancement à l'ancienneté, dépendra largement de leur appartenance syndicale, militante ou philosophique.
Nous sommes les meilleurs !

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