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Poutine et le Tsar.

Le chef de la mafia du Kremlin va pouvoir faire deux nouveaux mandats à la tête de la nouvelle URSS qui a dépecé la Géorgie (vous l'aviez oubliée ?) et l'Ukraine. Pour cela il a obtenu spontanément à la demande de la Douma son appui sans faille pour modifier la Constitution qui lui interdisait de diriger le pouvoir plus longtemps. Seuls les députés communistes se sont abstenus. Je ne comprends pas cette volonté de faire un ou deux mandats de trop. Faut-il que les dictateurs craignent pour leur vie s'ils s'arrêtent ? Cela expliquerait-il qu'aucun ne quitte le pouvoir absolu autrement que les pieds devant et bien sûr le plus tard possible. S'agit-il simplement de céder à cette drogue qu'est le pouvoir ?
Poutine pouvait éviter cette pantalonnade de révision constitutionnelle. Il suffisait de faire plaisir à l'Église Orthodoxe en remettant un Romanov sur le trône en conférant au Tsar qu'un rôle symbolique de chef de l'État. Poutine pouvait sans problème rester ainsi indéfiniment un premier ministre sans limitation de durée en gardant le même contrôle sur la Douma. L'avantage aurait été donc double car une large frange de la population comme en France n'a pas accepté l'élimination de son souverain. Ne riez pas, un sondage de 2014 indique que 17% d'électeurs souhaitaient le retour du Roi chez nous et que 27% d'entre eux se disaient prêts à voter pour un candidat monarchiste à la présidentielle. C'est bien plus que les communistes, l'extrême gauche et même nos écologistes rouges peuvent chacun encore rêver d'atteindre, et dieu sait qu'avec des résultats électoraux lamentables, ils nous pompent l'air et nous piétinent l'aorte. L'idée que la boucle soit bouclée et que l'on retrouve les fondamentaux : un peuple, une terre, un roi, permettrait de tirer un trait sur un épisode idéologique dramatique qui fût une atroce chape de plomb de 70 ans sur la Russie. La dictature du Kremlin se serait donnée une aura à peu de frais en tournant une page sombre de son histoire, flattant en même temps la fibre nationaliste qui parcourt toujours le peuple russe.
Il existe chez nous un courant patriotique en manque d'incarnation. Quoique mieux que de se pouvoir d'un Roi. Regardons en Suède, en Norvège, au Danemark, au Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, en Grande-Bretagne, en Espagne, comment une monarchie parlementaire cimente une population et stabilise les institutions. Au passage, je relève que ce sont les monarchies constitutionnelles européennes qui sont les pays les moins corrompus. Cherchez l'erreur. La France est toujours depuis 2015, en 23e position pour la part de la corruption mesurable. Me dites pas que vous êtes surpris.
En plus de la permanence et la continuité de l'incarnation de l'Etat, la monarchie constitutionnelle évite le conflit entre deux moitiés du pays tous les 5 ans pour la conquête de la Présidence de la République, qui comble de l'ironie est taxée d'être dans la forme très monarchique. Le régime parlementaire s'il assure une majorité stable est le plus démocratique et le plus efficace si le Premier Ministre dispose de solides pouvoirs. Si nous devions changer de Constitution alors qu'en 2019, 30% de nos concitoyens en âge de voter déclaraient vouloir un homme fort, peu embarrassé des droits de l'homme, à la tête du pays et que plus d'un tiers des 18-35 ans étaient déterminés à faire le choix d'un militaire, il ne serait pas idiot de réconcilier nos concitoyens avec notre Histoire et entre eux en rétablissant une monarchie parlementaire. Nous avons en 200 ans, changé 14 fois de régime constitutionnel. L'adaptation aux exigences de l'époque est donc une constante. Ce que nous en avons appris à l'aune de l'expérience des pays européens, c'est que la permance de l'incarnation de l'Etat est gage de respect de ses institutions et de leur stabilité. Il reste à choisir au suffrage universel le premier maillon d'une monarchie héréditaire laïque constitutionnelle. Je verrai bien un Bonaparte pour le job.

Commentaires

A te lire, POUTINE ferait du FRANCO qui avait préparé le reetour de la monarchie en Espagne en s'établissant régent. C'est audacieux. Cela dit, le bonhomme POUTINE (je regrette l'occasion ratée que j'ai eue de le rencontrer) est attachant-, avec un ministre des affaires étrangères sans changement depuis 16 ans d'origine arménienne, et un actuel premier ministre de père juif et de mère arménienne.

Et ca marche...
 

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