Oct
21
Prévention de la délinquance juvénile: donner un nouvel élan

Jean-Marie Bockel a présidé les Assises de la prévention de la délinquance juvénile, le 14 octobre à la cour d'appel de Paris. Le mot d'ordre de cette journée : "se mobiliser autour de nouvelles réponses", dans l'espace public, à l'école et auprès des parents.

"Donner un nouvel élan à la politique de prévention de la délinquance", c'est l'objectif des Assises de la prévention de la délinquance juvénile, exprimé par le gouvernement.

Le secrétaire d'État à la Justice a plaidé pour ne plus opposer prévention et répression qui sont au contraire deux démarches complémentaires. Qu'il s'agisse de la politique de prévention qui vise à encadrer le jeune en amont ou la politique répressive, le but est bien de guider les jeunes sur la bonne voie. "Il s'agit de restaurer les sujets dans leur dignité et face à leurs responsabilités afin de leur permettre de se mettre sur les bons rails de la vie en respectant les règles et les valeurs de la République", a déclaré Jean-Marie Bockel. Et de préciser, il faut considérer "comme complémentaires les réponses qui vont de la détection la plus précoce [...] à la gamme des sanctions applicables." Les expériences menées sur le terrain démontrent que la réussite repose sur des démarches équilibrées.

Une politique qui repose sur trois piliers : la reconquête de l'espace public, l'acquisition de la citoyenneté et la réaffirmation du rôle parental.

Vivre ensemble dans l'espace public, reconquérir l'espace public grâce à une politique de proximité. "La restauration de la paix publique passe par la réintroduction dans les quartiers d'un travail social plus performant et par une présence accrue au quotidien de l'autorité publique", a déclaré Jean-Marie Bockel qui a préconisé :

-un nouvel élan pour la prévention spécialisée avec le développement de véritables services d'éducateurs de rue ;

-le développement du travail social avec une valorisation accrue du rôle des travailleurs sociaux, des juges pour enfants, des professionnels de la protection de la jeunesse ;

-l'articulation du travail social et de l'activité judiciaire dans une démarche globale.

L'école, creuset de la citoyenneté.

"La citoyenneté est le socle de notre appartenance à la République. La transmission des valeurs qui fondent la citoyenneté est une priorité", a déclaré Jean-Marie Bockel. C'est à l'école que se forge le futur citoyen.

L'absentéisme et le décrochage scolaire sont les premiers signes de l'échec social. "60 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire", déplore Jean-Marie Bockel. Parmi les réponses à la réinsertion scolaire, le ministère de l'Education nationale a mis en place des dispositifs relais accueillant temporairement des élèves en voie de déscolarisation, mais aussi les micro lycées et les Etablissements de réinsertion scolaire (ERS). Jean-Marie Bockel préconise également "la réintroduction du travail sanitaire et social à l'école, ce qui implique le redéploiement de la protection de l'enfance au sein des établissements"

Les parents, acteurs majeurs de la transmission des valeurs

La famille est aux avant-postes de la lutte contre la délinquance car elle est le premier maillon de la prévention. Or, aujourd'hui, "[...] l'autorité parentale peine à trouver des repères", constate Jean-Marie Bockel qui souhaite "construire une politique publique de la responsabilité parentale".

Pour y parvenir, le ministre souhaite mettre en place un programme national de soutien parental en s'appuyant notamment sur les expériences conduites à l'étranger. Jean-Marie Bockel a également mis en relief les stages de responsabilité parentale consacrés par la Loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance. Il faut notamment donner un nouvel élan au Contrat de responsabilité parentale "un instrument novateur [et] tout à fait performant", a plaidé Jean-Marie Bockel.

"Dans le cadre de la mission qui m'a été confiée par le président de la République, je remettrai dans les prochains jours un rapport au chef de l'Etat", a annoncé le ministre.

Le contrat de responsabilité parentale. Il est proposé aux parents en cas d'absentéisme scolaire, de trouble porté au fonctionnement d'un établissement scolaire ou de toute autre difficulté liée à une carence de l'autorité parentale.

Le contrat rappelle les obligations des titulaires de l'autorité parentale et comporte toute mesure d'aide et d'action sociale de nature à remédier à la situation.

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