Jun
01
Révolution, dictature ou la réforme.

Nous sommes le seul pays à avoir eu 5 républiques au milieu de 13 régimes constitutionnels en deux siècles. Les 4 premières se sont effondrées au bout d'un cheminement plus ou moins rapide vers l'inefficacité. La source de nos malheurs politiques est issue de la Révolution de 1789. Nous sommes encore dans les mêmes errements. Nous n'avons selon la formule de Napoléon, "rien appris et rien oublié."

L'extrait ci-dessous de " l'Histoire en citations", publication que je vous recommande vivement, est une bonne lecture pour nous rappeler d'où nous venons et en tirer une réflexion sur nos perspectives "sociétales" :

"Girondins contre Montagnards. L’épilogue approche et chaque camp joue son rôle : les Girondins, « légion de penseurs », face aux Montagnards, ce « groupe d’athlètes » (Victor Hugo, Quatre-vingt treize).

« Hommes de la Gironde, levez-vous ! […] Si vous développez une grande énergie, vous forcerez à la paix des hommes qui provoquent la guerre civile. »

Pierre Victurnien VERGNIAUD (1753-1793), appel au secours du 4 mai 1793

Histoire de Bordeaux (1839), Pierre Bernadau.

Marat est revenu plus fort qu’avant à l’Assemblée. Dans cette atmosphère sanglante, Vergniaud demande soutien à son département, usant de l’anaphore (répétition) : « Frères et Amis, vous avez été instruits de l’horrible persécution exercée contre nous et vous ne nous avez abandonnés ! Hommes de la Gironde, levez-vous ! La Convention n’a été faible que parce qu’elle a été abandonnée, soutenez-la contre tous les furieux qui la menacent […] Hommes de la Gironde, il n’y a pas un moment à perdre ! Si vous développez une grande énergie, vous forcerez à la paix des hommes qui provoquent à la guerre civile […] Nous ne craignons pas la mort, mais il est cruel, alors qu’on se sacrifie, de ne pas emporter au tombeau la certitude qu’on laisse au moins quelques regrets à ceux pour lesquels on s’immole. »

Ses Frères et Amis de Bordeaux vont envoyer des pétitionnaires à Paris, pour faire comprendre à l’Assemblée que la région ne supportera pas longtemps que ses députés soient persécutés, que si la Convention ne condamne pas les démagogues, elle lèvera une armée pour la combattre… Ces menaces vagues ne servent à rien : le temps de voir arriver ces secours, les députés Girondins seront déjà à la merci des émeutiers parisiens !

« Ne craignez rien des départements, je les connais : avec un peu de terreur et des instructions, nous tournerons les esprits à notre gré. »

HASSENFRATZ (1755-1827), propos rapportés par Lanjuinais à la Convention, 30 mai 1793

Autodidacte (charpentier), il réussit de brillantes études (physique, chimie), mais choisit d’entrer en politique avec la Révolution. Membre très écouté du club des Jacobins, il parle ici en meneur de la Commune de Paris et il voit juste : la province ne bougera pas, à l’annonce de la proscription des Girondins. C’est lui qui demande leurs têtes, le 31 mai – cet acte lui sera reproché plus tard. Sauvé par l’amnistie et renonçant à la politique, il reprendra une carrière scientifique.

« Dis à ton f… président que je me f… de lui et de son Assemblée et que si dans une heure elle ne me livre pas les vingt-deux, je le fais foudroyer. »

François HANRIOT (1761-1794), à l’huissier de la Convention, 2 juin 1793

Chef de la section des sans-culottes lors de l’émeute du 10 août et des massacres de septembre 1792, promu commandant général provisoire de la garde nationale, en mai 1793. L’insurrection populaire du 2 juin est programmée, Marat y a veillé personnellement : c’est le Paris des sans-culottes et les Montagnards, contre les Girondins et la France modérée. Une foule de 80 000 hommes armés de 150 canons investit la Convention. Un cortège de députés qui sort pour parler à la foule se heurte à Hanriot, qui menace de faire tirer les canonniers sur eux.

« Nous voulons les traîtres ! À la guillotine, les Brissotins ! »

Cris des gardes nationaux, 2 juin 1793

La Révolution française (1928), Pierre Gaxotte

Convention assiégée par les sections parisiennes de sans-culottes, encerclée par la garde nationale. Les députés, sortis pour adjurer les manifestants de rentrer dans leurs sections, renoncent. Ils rentrent… et votent la mise en état d’arrestation de 29 des leurs, ainsi que l’exige l’insurrection parisienne. C’est le tournant de la Convention, et de la Révolution.

« Oui, la Gironde était républicaine […] Oui, sa proscription a été un malheur. »

LEVASSEUR de la Sarthe (1747-1834) reconnaissant plus tard l’évidence, dans ses Mémoires (1830)

Bilan : 29 députés et deux ministres girondins décrétés d’accusation. Certains s’échapperont, quelques-uns, réfugiés en province, susciteront une révolte fédéraliste sans lendemain contre la dictature de la Montagne. Deux se suicideront (Buzot et Pétion). 21 seront jugés, guillotinés (dont Mme Roland et Olympe de Gouges).

« Je meurs le jour où le peuple a perdu la raison ; vous mourrez le jour où il l’aura recouvrée. »

Marie David Albin LASOURCE (1762-1793), mot de la fin, 31 octobre 1793

L’ancien pasteur, acquis à la Révolution, défendant toujours ses convictions avec courage, décrété d’accusation, est jugé avec les Girondins auxquels il s’est rallié, la dernière semaine d’octobre 1793. Cinq charrettes les mènent à l’échafaud le même jour. Dans la dernière, le corps de Valazé qui s’est plongé un stylet dans le cœur, à l’énoncé du verdict. Certains, qui croyaient pouvoir échapper à la mort, se sont défendus, plutôt médiocrement.

« La mort des Girondins, demandée tant de fois, fut le calmant qu’on crut devoir donner à la fureur des violents. »

Jules MICHELET (1798-1874), Histoire de la Révolution française (1847-1853)

Tragique épilogue. Mais la mort des Girondins n’arrête pas le cours d’une Révolution emballée. Les Montagnards ont les mains libres, ce sera bientôt la Terreur, sous la dictature du Comité de salut public, dirigé par Robespierre. « Quand donc finira cette boucherie de députés ? Il est temps de faire cesser la terreur contre les représentants. » Claude Basire, au club des Jacobins, 10 novembre 1793. Comme d’autres, il devient modéré, ce qui lui sera fatal dans les mois à venir."

En Absudistan bureaucrate, nous sommes au bout d'un système étatique ruineux, inefficace qui tue l'économie, le développement, la recherche et lamine sous l'impôt et les prélèvements les ressources du pays. Le dispositif social qui en est l'alibi ne survivra pas longtemps à cette aberration.

Un exemple pour illustrer mon propos pris dans l'actualité du jour, vous pouvez en trouver quotidiennement de la même veine:

En retard dans ce domaine comme dans tous les autres sans rechercher pourquoi parce que ça dérangerait, le transport sans accompagnement transmanche va commencer à partir de Calais, grâce à une compagnie maritime danoise.

Nous avons, en plus, dans ce pays un ministère en charge des transports.

En continuant ainsi ; distribuant revenus de substitution au travail et installant des déficits structurels pour tout, camouflant, avec les conséquences de l'irresponsabilité, la démission de l'autorité ; soit le peuple descendra dans la rue pour demander plus de confiscation jusqu'à la faillite, soit il exigera une dictature.
En même temps le délabrement de notre Santé Publique sous son propre poids et l'évolution de notre Education Nationale qui ne veut plus éduquer et se trompe de siècle tout en renonçant à donner une culture générale réussie, devraient dessiller nos politiciens.

Entre les deux, révolution et dictature, il y a les réformes que toutes les personnes concernées refusent.
Une pensée pour Maupéou, Calonne, Necker, Turgot, Louis XVI et Emmanuel Macron qui en fait tout de même avancer à bas bruit dans l'organisation de l'État et la fonction publique, bien trop lentement face à beaucoup d'inertie et de résistances syndicales archaïques.

Je termine par une dernière citation:

« Le brigand qui persécute, l’homme exalté qui injurie, le peuple trompé qui assassine suivent leur instinct et font leur métier. Mais l’homme en place qui les tolère, sous quelque prétexte que ce soit, est à jamais déshonoré ! »

Manon ROLAND (1754-1793), Lettre au ministre de l’Intérieur, 20 juin 1793, prison de l’Abbaye.

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