Oct
21
Regardons.

Ceux qui sont sortis de nos frontières et ceux qui entrent chez nous sont unanimes: notre pays est fabuleux. On peut y travailler ou pas, nous avons une médecine, une prise en charge, un système scolaire qui nous sont enviés par 3/4 de la planète et nous sommes non seulement toujours en train de râler mais en plus nous ne savons pas quoi faire pour bousiller ce pays. Nous nous accordons à dire que nous sommes un peuple ingouvernable. Mais au juste pourquoi ? Faisons un tour d'actualité et un bref inventaire. Dernièrement la Cour des Comptes dénonce la sclérose qui s'empare des recrutements hors statut et du régime légal des agents contractuels que l'Administration rigidifie à toute vitesse ! On la vire par la porte, elle revient par les lavabos. De même si on arrive à créer une vraie police municipale, n'oublions pas qu'elle avait déjà réussi précédemment à la faire intégrer à la Police Nationale. Et aucun ministre n'a jamais réussi à fermer la Préfecture de Police de Paris qui reste un Etat dans l'Etat. Ce fut grand cas déjà de supprimer le Quai des Orfèvres et de sortir ses brigades de son giron. Je me demande si le déménagement du Tribunal Judiciaire de Paris n'a pas été motivé aussi par ce but. Seule la destruction complète de ce qui constitue le squelette de notre administration nous fera échapper au sort du Venezuela dont nous usons des mêmes recettes. D'ailleurs plus personne ne parle du Venezuela, cela reviendrait à nous décrire la pente sur laquelle nous sommes. Nous pouvons tout dire de notre endettement national qu'il s'agisse du Budget de l'État ou de la Sécurité Sociale pour nous rassurer sur son avenir. L'argent coule à flot coûte que coûte contre les conséquences de la pandémie. La dévitalisation de la motivation, la négation de la sélection économique ont des effets pervers. Nous versons das le collectivisme allègrement avec l'acquisition de la mentalité qui va avec. Les stagiaires que nos universités imposent font de l'absentéisme et les élèves avocats ont des exigences surréalistes, refusant par exemple d'ouvrir le courrier ou de prendre en charge le tri des mails. On est pour le reste dans le "job definition". Si un tronbone tombe par terre, personne n'étant chargé de le ramasser, il restera par terre. Là où le bât blesse, c'est le sort de notre balance commerciale. Nous sommes dans la 16e année consécutive de déficit grave. La désindustrialisation du pays est actée. Relancer l'activité sans le tourisme dont l'absence démontre que notre pays est un devenu un parc d'attractions à l’arrêt, repose sur la relance de la consommation. C'est le moment où notre bien pensance gauchiste et administrative réclame plus de prélèvements sociaux et d'impôts toujours pour plus de moyens pour la fonction publique, la plus lourde des pays de l'OCDE, qui prélève la part la plus importante du PIB au monde, laminant les revenus nets. Elle a généré une administration colossale, notamment celle en charge de la redistribution de 30% du PIB. Elle a phagocyté les politiciens, elle s'auto-gouverne, protégée par la garantie de sa neutralité qu'elle a transformé avec l'action de ses syndicats en indépendance. Elle ne maîtrise et ne contrôle rien. Elle paie. Avec l'argent du secteur privé qui est écrasé par 8000 normes, 72 Codes, 200 ans de législation accumulée. On est arrivé au bout d'un système post seconde guerre mondiale, dirigé par des personnes sorties de l'université pour entrer dans une école de fonctionnaires chausse-pied qui les versent directement dans une carrière fait d'entre soi et hors sol, dont la classe politique est pour 75% d'entre elle issue. Le problème est que ce modèle gangrènent ce qui reste du secteur privé. Là où son Code du Travail fait 3700 pages, celui de la Suisse, ce pays qui va si mal, en fait 70. Et personne ne se pose la question de savoir si ça n'aurait pas par hasard un rapport avec notre chômage, l'atonie de notre économie, la faiblesse de notre compétitivité. Pour la bonne et seule raison que les entrepreneurs n'ont pas droit de cité sur ce terrain. Ce sont des esclavagistes. Et la remise en cause de nos relations au travail dans l’entreprise reste fondamentalement tabou au nom d'une lutte des classes absurde qui depuis la révolution de 1789 reste l'alpha et l'omega des élites ne pouvant être par definition que de gauche. Cela plombe la société française. Ce qui est complètement absurde car peu importe la majorité élue, l'Administration inamovible et ses syndicats restent les mêmes avec les mêmes objectifs, leur ambition de carrière et leur décompte de points de retraite. Que voulez-vous espérer pour dynamiser à nouveau notre pays avec des personnes qui ne sont pas responsables de leur fin de mois ? Quelque soit le sujet nous constatons la lâcheté des autorités. Tout le temps et pour tous les sujets, elles les laissent pourrir jusqu'à l'insupportable. Fermer l'ENA, l'ENM, instaurer le « spoil system », abolir le statut de la fonction publique que les gouvernements ne dirigent plus depuis 50 ans, qui va y parvenir ? Si nous continuons ainsi, nous mettrons en route les mécanismes parfaitement connus des historiens qui mènent à l'émergence d'une dictature. Déjà nous pouvons en identifier les prémisses et nous voyons les jalons. Je vous recommande le livre de Philippe BONNET intitulé "Demain la dictature" paru aux Presses de la Délivrance. il y fait l'analyse depuis l'antiquité des dictatures jusqu'au putsch de Mai 1958 et sa suite. Ne confondons pas la dictature, qui est mis en place par la démocratie et la tyrannie qui résulte d'une prise de pouvoir illégale. Retenons que l’Etat de Droit ne peut pas rester le même en temps de paix et lorsqu’il est nécessaire d’opérer des réformes de fond indispensables bloquées depuis plus de 50 ans et remettre sur les rails un pays qui perd ses repères et n'arrive pas combattre des idéologies religieuses mortifères ou politiques collectivistes. .

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