Jul
19
Retour à La Source.

Je me souviens du Campus de la faculté de droit d'Orléans La Source. La campagne.
La Source avait un endroit de pavillons dans de grands jardins. Les habitants après un changement du P.L.U. avaient agrandi leur maison, pour recevoir leurs grands enfants et leurs amis pendant les week-ends au milieu du calme, la verdure et le chant de plein d'oiseaux. Il ne restait qu'un vaste terrain herbeux occupé par les ruines d'une vieille usine abandonnée, abri pour de petits animaux de toute sorte, hérissons, chauves-souris et chouettes dont les abords auraient fait la joie de Jean-Jacques Rousseau herborisant au mileu des papillons et des sauterelles, criquets et grillons, dans les hautes herbes où se cachaient de petits rongeurs à la vie courte que l'on ne trouve que dans les jachères subsistantes.
Et puis plusieurs décennies après, au lieu de pouvoir convertir le site en Parc, la législation, autant que le clientélisme, l'affairisme bétonnier et la bienpensance démissionnaire, diront des commentaires, a transformé cette friche industrielle qui ne gênait personne en Cité HLM pour population venue du magreb et de l'Afrique sub saharienne. Les pelouses ont été transformées de fait en un clin d'oeil en terrain de jeux et en site pour picnics. Les déchets les ont transformées en dépotoir et le calme du quartier a disparu sous les bruits des musiques, des cris, chamailleries, de jour comme de nuit, avec l'activité habituelle des quartiers devenus, on se demande pourquoi, difficiles. Une réussite totale qui vide ce coin des habitants d'origine qui ont les moyens de partir: leur patrimoine a perdu 2/3 de sa valeur. Je vous laisse imaginer la suite et l'avenir de ce site pavillonnaire. Ça me rappelle la question d'un ami néanmoins socialiste qui résume tout:
-"Ben...qu'est-ce qui se passe ?"
Enfin une bonne question. Et quelque sujet que ce soit, c'est encore et toujours la même question qui revient. C'est beau comme du Ségolène Royale.
Le problème est que des hommes, des femmes, des enfants sont les munitions politiques dont les droits de l'homme sont des armes idéologiques. Les manipulateurs actuels et les prébendiers des conséquences des causes qu'ils ont appelées de leurs voeux agitent les mêmes principes qui ne servent à rien pour solutionner les conséquences de leur application. Et nous, juristes, avocats et magistrats nous nous sommes enfermés dans cette situation intellectuelle. Sel de la Terre que nous sommes. Bonnes consciences, nous passons les "patates chaudes", conséquences de nos idéaux, à la génération suivante ou à ceux qui doivent trouver des solutions plus immédiates, que nous traitons de fascistes pour ne pas pouvoir les trouver matériellement ou avec des moyens que notre conception de l'État de droit réprouve, ce qui permet de ne rien résoudre. Mais nous sommes pas, nous responsables. Je crois néanmoins que nous sommes coupables.

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