Jul
30
Revenus des professions réglementées

Beaucoup ont trouvé dans le montant des  rémunérations mensuelles médianes des quelques professions réglementées le fondement de leur courroux pour justifier qu'elles disparaissent.

Peu nombreux sont ceux qui se sont alarmés de la faiblesse des ressources de certaines de ces professions.

Et en particulier du revenu net mensuel médian des avocats.

Il est de 3 271 euros.

C'est la professsion réglementée la moins rémunérée.

Sachant que la moitié d'une promotion d'avocats passe dans le privé chaque année après avoir reçu par la profession sa formation, un certain nombre de question sur la prise en charge de son financement se posent, autant que sur le maintien d'une frange de notre profession dans le métier.

Il va bien falloir que ces questions soient clairement posées et comme il faudra y répondre, nous pouvons comprendre qu'elles ne soient pas énoncées.... 

 

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Commentaires

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

On se demande encore pourquoi la profession d'avocat (ancienne profession du ministre) a été citée.

Le seul monopole est celui de la postulation territoriale, ce qui n'implique pas grand chose.

C'est semble-t-il ce que le ministre veut faire disparaître.

Dès lors, pourquoi avoir cité notre profession comme "capteuse" ?

Nom: 
Gilles Huvelin

Pourquoi Pas, alors que nous avons aussi depuis la loi de 1971 le privilège d'assister et de plaider, de postuler même si demain la postulation devient nationale, de rédiger des actes sous seing privé et de consulter à titre principal.

Nous avons donc des privilèges Monsieur le Bâtonnier, et dans la chute de l'empire romain tout ce qui sortait de la condition de la plèbe à qui les jeux et le pain étaient livés devait être honni et poursuivi par la vindicte populiare.

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

Pourquoi pas en effet ?

Monsieur MONTEBOURG ira expliquer à toutes les juridictions que le filtre de l'avocat n'existe plus, qu'il faudra que les magistrats s'usent à faire respecter le contradictoire, que n'importe qui pourra rédiger n'importe quoi et que des consultations juridiques fiables seront données dans les rayons des supermarchés par quiconque !

Il ira expliquer, pourquoi pas, que les mineurs n'ont pas besoin d'être assistés d'avocats.

Il terminera, je n'en doute pas, sur l'extravagance d'une indemnisation de 90.00 € HT pour une requête avec audience devant le juge des libertés et de la détention.

J'en passe et des pires mais je pense que Monsieur MONTEBOURG en prendra nécessairement conscience et sera amené à modifier son discours.

Nom: 
Gilles Huvelin

C'est déjà ce qui se passe en Angleterre et au Pays de Galles. Bruxelles ne veut que cela, la fin des corporations à laquelle Turgot avait oeuvré. Les métiers et jurandes ont eu sa peau immédiatement, et perdirent  légalement  leurs privilèges avec la loi Pelletier sur la Loi du commerce,, ils s maintenirent de fait en ce qui concerne les notaires, les huissiers....les avocats furent rétablis dans leur Ordre en 1810 par Napoléon 1er, mais vous savez cela mieux que moi.

 

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

Admettons effectivement que l'on mette définitivement fin à toutes les corporations !

Plus de privilèges, citoyen HUVELIN !

Plus d'avocats !

Ou si peu, puisqu'ils seraient alors en concours avec quiconque y compris des officines douteuses !

Et les personnes poursuivies pour les infractions les plus graves pouvant être condamnées à la réclusion criminelle à perpétuité se défendront seules ou avec l'assistance d'un quidam trouvé dans une pochette surprise !

Comment va-t-on alors créer les astreintes permettant à quiconque d'être assisté 24 heures sur 24 ?

J'en passe et des pires mais à Bruxelles la vision n'y est pas celle du meilleur service mais de celui le moins cher !

 

Nom: 
Gilles Huvelin

notre carrière dans une époque qui était déjà révolue. nous avons perduré en soutenant que nos Cabinets d'étaient pas des entreprises, puis nous avons soutenu que le droit n'est pas une marchandise comme les autres. Nous avons eu tort.

Nous payons pour notre aveuglement. Les temps ont changé, les systèmes expert ferons que les solutions sortiront directement d'une I.A. qui le manque de magistrats annoncé ne permettra pas de surperviser. Et en plus, ce sera inutile de faire appel.

Alors les avocats....peut-être que le CNB fournira un système expert qui pourra donner des éléments complèmentraires, une sorte de contre-expertise d'une I.A. labellisée "défense" que nous contacterions avec une clé USB....

nous avons mis le doigt dedans, immanquablement tout le bras va y passer.

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

Bien évidemment qu'il y a eu du changement !

J'en ai même fait le thème d'une de mes récentes publications avec la magnifique réflexion de Nietzsche.

Rares ont été les avocats à soutenir que leurs cabinets n'étaient pas des entreprises.

Souvenez-vous de la création de l'ANAAFA en 1979; ce n'est pas hier !

Il est vrai qu'une certaine résistance s'est faite à considérer le droit comme une marchandise semblable aux autres.

L'est-elle vraiment dans tous ses aspects ?

Vous savez parfaitement que la réponse est NON au moins pour le droit pénal.

Je rappelle qu'il s'agit de défendre l'honneur et la liberté.

Aucune machine, aucun système expert ne vous permettra de juger celui contre lequel de multiples charges semblent accablantes mais qui clame son innocence, qui est présumé innocent et qui peut réellement l'être.

Nom: 
Gilles Huvelin

Je n'en suis pas si sûr, la police scientifique fait en paralèle de ceux des data center, d'énormes et rapides progrès.

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

Et la machine ne pourra pas alors donner la solution !

Et puis le quantum de la peine prononcée lorsqu'il y a effectivement culpabilité non contestée, ce n'est pas la machine qui va pouvoir résoudre cette difficulté !

Nom: 
Gilles Huvelin

une grille de lecture comme pour les indemnités en matière de préjudice corporelle est mise au point, la réponse sera aussi informatisée. Rappelons-nous que la révolution avait décidé que tout le monde pour le même délit devait recevoir la même peine, choix des "lumières", l'individualisation des peines pourrait bien être rejetée demain pour obscurentisme d'autant plus aisément que les pénitenciers seront automatiquement autogérés par le "Big Data". Plus personne ne se posera de questions philosophiques pour  éviter de regarder que le vrai problème actuel de l'Etat face au manque de prison est essentiellement budgétaire.

Peu importe que ce monde à venir de cauchemar ne nous plaise pas, il reste à savoir comment l'éviter. Est-ce que cet avenir sera cause d'un nouveau terrorisme ?

 

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

Le système que vous nous décrivez aura l'immense avantage d'économiser le traitement des magistrats puisqu'ils seront inutiles mais l'inconvénient d'augmenter considérablement les dépenses pénitentiaires si bien que même dans une pure logique comptable ce serait une catastrophe.

 

Nom: 
Gilles Huvelin

Comparons toute proportion gardée le système carcéral américain et le nôtre. Les Etats-Unis ont des prisons privées, complètement automatisées.  C'est du stockage de détenus sans état d'âme.

Alors que les américains connaissent toutes les formes alternatives de punition des crimes et délits, ils ont 2 000 000 de prisonniers, ce qui ramené à notre population représenterait pour nous 400 000 personnes derrière les barreaux. 

C'est la différence avec la tolérance zéro..

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