Jun
24
Tirole-Blanchard

Gros "brainstorming" des meilleurs économistes mondiaux demandé par Emmanuel Macron. Un tiers d'américains, un tiers de français et un tiers des autres pays européens, d'orientations politiques diverses. Les réformes proposées ne sont pas révolutionnaires et ce sont des redites de ce qui est contenu depuis des années dans une multitude d'études et de rapports. Principalement il sera retenu par les médias, le régime universel de retraite à points, l'impôt sur les successions différé et surtout une taxe sur la pollution (la fameuse taxe carbone) bloquée en France par les bonnets rouges et les gilets jaunes. La nouveauté, dans le discours, réside dans la vieille idée qu'il faut indemniser les perdants des réformes puisque le courage politique manque, alors que nous n'avons pas les moyens de le faire, raison pour laquelle, les réformes ont été déjà éludées. Nous n'avons plus les moyens de dépenser plus aujourd'hui pour faire disparaître les déficits demain. Donc, en ce que nous concerne, on va continuer à faire sombrer tout le pays plutôt que de prendre des mesures dont le caractère drastique est devenu incontournable, alors qu'en réalisant les refontes nécessaires dès l'amorce de leur déficits structurels nos concurrents ont pris une avance considérable.
Reste que la décision appartient au Président de la République d'enclencher avant la prochaine élection présidentielle les réformes, ou pas. L'alternative, après d'avoir abandonné la monnaie métallique pour les assignats, puis toute référence à l'or depuis Bretton Woods, c'est que la monnaie ne soit même plus adossée à la confiance dans l'économie réelle. En réalité, nous y sommes déjà. Un monde frustré avec son lot de traîne-savate, de gardien de murs, de drogués, de victimaires racialistes, est-il encore évitable ?
Précurseurs, nous avions inventé le "Ministère du temps libre" sous Mitterrand, les rires et les quolibets de l'étranger. Depuis on a fabriqué de la misère et de la marginalité par tous les moyens pour y parvenir en chargeant le bateau à l'arrêt, davantage, toujours avec la bonne conscience pour alibi d'irresponsabilité. Merveilleuse époque. Et nous voudrions que plus de 25 % du corps électoral votent ? Le plus drôle, c'est que les mêmes plus beaux esprits qui nous ont conduit dans l'impasse, pensent que la solution pour résoudre nos problèmes est de rendre le vote obligatoire. Toujours casser le thermomètre plutôt que de regarder la température.

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