gilles.huvelin

Par gilles.huvelin le 13/10/19
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"Si la vérité vous choque, faites en sorte qu'elle devienne acceptable, mais ne bâillonnez pas celui qui en dénonce l'absurdité, l'injustice ou l'horreur."
Et retenons:
« Il y a deux histoires, l’une que l’on enseigne et qui ment, l’autre que l’on tait parce qu’elle recèle l’inavouable » (Honoré de Balzac)
Bien, nous sommes à même de lire maintenant un florilège à propos de la révolution annoncée de la voiture électrique.

Carlos Tavares (patron de PSA):

"Le monde est fou. Le fait que les autorités nous ordonnent d'aller dans une direction technologique, celle du véhicule électrique, est un gros tournant.

Je ne voudrais pas que dans 30 ans on découvre quelque chose qui n'est pas aussi beau que ça en a l'air, sur le recyclage des batteries, l'utilisation des matières rares de la planète, sur les émissions électromagnétiques de la batterie en situation de recharge?

Comment est-ce que nous allons produire plus d’énergie électrique propre ?

Comment faire pour que l’empreinte carbone de fabrication d’une batterie du véhicule électrique ne soit pas un désastre écologique ?

Comment faire en sorte que le recyclage d’une batterie ne soit pas un désastre écologique ?             

Comment trouver suffisamment de matière première rare pour faire les cellules et les chimies des batteries dans la durée ?

Qui traite la question de la mobilité propre dans sa globalité ?

Qui aujourd’hui est en train de se poser la question de manière suffisamment large d’un point de vue sociétal pour tenir compte de l’ensemble de ces paramètres ?

Je m'inquiète en tant que citoyen, parce qu'en tant que constructeur automobile, je ne suis pas audible.

Toute cette agitation, tout ce chaos, va se retourner contre nous parce que nous aurons pris de mauvaises décisions dans des contextes émotionnels."

 STÉPHANE LHOMME: 
(Directeur de l’Observatoire du nucléaire) 

"- Le cycle de vie d’un véhicule électrique le rend aussi polluant qu’un véhicule thermique.

Le subventionner n’a pas de sens, explique le directeur de l’Observatoire du nucléaire, Stéphane Lhomme.

La fabrication des batteries est tellement émettrice de CO² qu’il faut avoir parcouru de 50 000 à 100 000 km en voiture électrique …. Pour commencer à être moins producteur de CO² qu’une voiture thermique.  Soit 15 à 30 km par jour, 365 jours par an, pendant 10 ans !"

DANIEL ROLAND/AFP

"Or, contrairement à ce que croient la plupart des gens, soumis à une propagande continuelle des politiques et des industriels, la voiture électrique n’est pas plus vertueuse pour le climat que la voiture thermique, essence ou diesel.

Ce sont là les conclusions d’une étude, déjà ancienne, de l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (Ademe),ignorées délibérément par le gouvernement (Élaboration selon les principes des ACV des bilans énergétiques, des émissions de gaz à effet de serre et des autres impacts environnementaux induits par l’ensemble des filières de véhicules électriques et de véhicules thermiques à l’horizon 2012 et 2020, (novembre 2013)

Sachant que ces voitures servent essentiellement à des trajets courts, il est probable que le kilométrage nécessaire pour s’estimer « vertueux » ne sera jamais atteint.

De plus, tout le CO² émis par une voiture électrique est envoyé dans l’atmosphère avant même que ne soit parcouru le moindre kilomètre.

Alors qu’il est partout prétendu que la voiture électrique n’émet pas de particules fines, comme le signale le magazine Science et Vie (janvier 2015), « les pneus, les freins et l’usure des routes émettent presque autant de microparticules que le diésel ».

 La voiture électrique émet certes moins de particules que la voiture thermique, puisqu'elle ne dispose pas d’un pot d’échappement, mais elle possède bien des freins, des pneus, et roule sur le goudron !

Au final, la voiture électrique n’est pas plus écologique que la voiture thermique.

L’argent public consacré à son développement est donc totalement injustifié.

Or, il s’agit de sommes astronomiques :  

– Le gouvernement a lancé un plan d’installation de 7 millions de bornes de rechargement à environ 10 000 euros pièce, soit un cout d’environ 70 milliards d’euros.

Il est d’ailleurs poignant de voir les élus de petites communes, croyant faire un geste pour l’environnement, casser la tirelire municipale pour s’offrir une borne ;

– Le bonus « écologique » à l’achat d’une voiture électrique dépasse       

10 000 € par véhicule, souvent complété par une prime de la région.

La quasi-totalité des acheteurs sont des ménages aisés, car ces véhicules sont très chers : une fois de plus, l’argent de tous est offert aux plus privilégiés.

En réalité, au pays de l’atome, tous les moyens sont bons pour « booster » la consommation d’électricité, en baisse continue depuis des années.

Car la voiture électrique en France peut être considérée comme une « voiture nucléaire » : la quasi-totalité des bornes de rechargement installées sont branchées sur le réseau électrique ordinaire, à 80 % nucléaire.

Il ne faut pas se laisser abuser par les certificats mis en avant par M. Bolloré et ses Autolib (Paris), Bluecub (Bordeaux) et Bluely (Lyon), assurant qu’elles sont rechargées aux énergies renouvelables : il ne s’agit que de jeux d’écriture ; l’électricité utilisée est la même qu’ailleurs.

Nous ne faisons pas ici la promotion de la voiture thermique, elle-même une calamité environnementale.

Mais, justement, personne n’aurait l’idée d’offrir 10 000 euros à l’achat d’une voiture diesel, de lui réserver des places de stationnement et de remplir son réservoir à prix cassé…

C'est une très bonne analyse démontrant que nos politiques (et les verts) nous font du spectacle:
La paranoïa du diésel ne concerne que les automobilistes !
Les Poids lourds, Autocars, Navires, sont exclus !

 Juste pour situer le degré de paranoïa des plus virulents détracteurs du véhicule diesel,  il faut leur révéler les données de l’industrie maritime qui a démontré qu'en considérant la taille des moteurs et la qualité du carburant utilisé, les 40 plus gros navires-cargos du monde polluent autant que l’ensemble des 760 millions d’'automobiles de la planète.

Vous savez, ces porte-conteneurs qui nous alimentent en produits que l’on fabriquait dans nos usines délocalisées, aujourd’hui, ils brûlent chacun 10.000 tonnes de carburant pour un aller et retour entre l’Asie et l’Europe.

Ces malheureux 40 navires font partie d’une flottille de 3.500, auxquels il faut ajouter les 17.500 tankers qui composent l’ensemble des 100.000 navires qui sillonnent les mers.

Pour ne pas quitter le domaine maritime, rappelons que la flotte de plaisance française est d’environ 500.000 unités, dont 5.000 yachts de plus de 60 mètres, et que le plus moyen de ceux-ci brule environ 900 litres de fuel en seulement une heure, alors que les 24 % de foyers français qui se chauffent au fioul ont du mal à remplir leur cuve pour l’hiver.

Pour continuer sur le chemin de la schizophrénie paranoïde, prenons en compte toute la flottille de pêche et les 4,7 millions de poids lourds en transit à travers la France et les milliers d’avions qui sillonnent le ciel.

Pour compléter cette petite fable, n’oublions pas l’indispensable domaine agricole où la consommation moyenne d’énergie est de 101 litres de fuel par hectare."

J'ajoute que produire des voitures avec des batteries fournies par des pays asiatiques revient à désindustrialiser le nôtre. On a toujours été les meilleurs lorsqu'il s'agit de se tirer une balle dans le pied. Nous sommes tellement devenus doués que nous parvenons à nous en tirer une dans les deux pieds tous les matins.

Ce seul dossier économique et environnemental prouve que les journalistes ne sont pas achetés par le pouvoir pour la boucler et nous laver les cerveaux, mais seulement que beaucoup d'entre-eux ne travaillent pas et qu'ils vont vers le plus facile qui assure la meilleure audience, sous la pression du mal de notre monde, à savoir la précipitation liée à la négligence.

Par gilles.huvelin le 12/10/19
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Un nouveau sous-marin lancé contre le libéralisme, confondant sur fond d'ignorance et de bêtise, causes du réchauffement climatique (axe et orbite terrestres) et causes de pollution (8 milliards d'humains sur la planète) pour prôner la retour à la diligence, a bloqué la rue de Rivoli, la Place au Châtelet, le Pont au Change pendant plusieurs jours et nuits.
Imaginez le cardo maximus de Paris "occupé" par trois tondus et deux pelés lapins crétins genre Nuit Gravement Debout recyclés. Sous les fenêtres du Palais de Justice, à 150 m de la Préfecture de Police et 500 m de l'Hôtel de Ville. Les embouteillages, rive droite, ont prospéré ainsi jusqu'à La Madeleine plusieurs jours; les secours, ambulances des pompiers et les bus ne pouvaient plus circuler. Les quais rive gauche étaient saturés.

On s'est moqué de qui ? A la barbe de toutes les autorités de la Capitale s'est installé ce mouvement "mondial", néanmoins absent de la Place Rouge et de celle de Tiananmen, mais évacué dès le deuxième jour de l'occupation illégale des voies de circulation de Londres. Ici, béa devant une manifestation de rue pacifique, nos journalistes ne se posent pas la question de savoir pour qui roule tout ce cirque de ballots de paille, de tentes, de panneaux solaires et de toilettes sèches. Il n'y a que quelques militants (voir la photo prise depuis le Tribunal de Commerce de Paris ) dont, je l'ai constaté, une poignée de traîne savattes au RSA, d'arrêts maladies, zadistes, d'étudiants qui en 1970 auraient été maoïstes, d'artisans de nom et des habituels intermittents du spectacle, tous ayant besoin de justifier leur existence, ce que personne ne leur demande, menés par des cadres chevronnés des organisations habituelles d'extrême gauche dont on retrouve la rhétorique et la dialectique réécrites en Vert, le nouveau Rouge post élections 2017.
Le Venezuela a perdu 50 % de son PIB en 5 ans et 15 ans de longévité de sa population. Bienvenue "Rébellion Extinction" dans la décroissance imbécile.
Il n'y a pas d'écologie dans les pays sans croissance. Nulle part. Il faut une offre rentable sur un marché solvable.
Ce "nouveau" mouvement n'a rien de neuf. Il s'agit seulement d'un avatar anti-libéral supplémentaire. Les médias et les intellectuels de gauche les adorent.
Greta Thunberg habite le pays le moins pollué de la planète. L'U.E. est la zone économique qui pollue le moins. Mais curieusement les militants verts ne sont pas là où sont les mauvais élèves. La pollution à Rio de Janeiro est une vraie catastrophe. "Extinction et Rebellion" n'y est pas. Greta Thunberg non plus. Mais qui les anime pour quelle finalité ? Ils n'ont pas de chef, ni dirigeants, ni direction. Le mouvement reçoit des dons pourtant. Qui les encaisse, les distribue, paie les factures ? Qui organise ce mouvement mondial et coordonne ses actions ? Nos journalistes ne sont vraiment pas curieux.

Par gilles.huvelin le 11/10/19
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(Enquêtes de l'institut Montaigne et de la Fondation Jean-Jaurès)

-"Il a été tué parce qu'il était arabe et musulman".
-" Il a été tué parce qu'il avait tué quatre personnes, blessé une autre et qu'il n'a pas voulu se rendre aux injonctions du policier qui l'a neutralisé."
-" C'est ce que je dis."
-" Ben, non."
-"Tu raconteras ça dans les banlieues où les femmes ne peuvent plus sortir sans mettre un voile."
-" Ils savent que c'était un radical schizophrène devenu djhadiste passé à l'acte."
-" C'est toute la question. Tant qu'il n'était pas passé à l'acte, il était absolument impossible dans notre bel État de droit de le neutraliser. Le fait qu'il soit passé à l'acte ne change pas le fait qu'il était djhadiste dans sa tête, avant. Et s'il s'est radicalisé c'est parce qu'il n'avait pas la place qu'il devait avoir dans la société. Il est donc allé voir ailleurs pour trouver la reconnaissance dont nous avons tous besoin."
-" Il entendait des voix, le problème est toujours dans ce que l'on a entre les deux oreilles et ce que l'on y met. Y compris le "besoin" de reconnaissance et de justifier son existence, ce que personne nous demande en réalité. En ce qui concerne une politique de sécurité, il est juridiquement impossible d'interner quelqu'un avant qu'il passe au stade de la tentative de l'acte terroriste parce que nous on a les droits de l'homme contrairement aux djhadistes."
-" Il se laisse pousser la barbe, ne serre plus la main des femmes pour leur dire bonjour, porte des habits religieux, fait cinq prières par jour, respecte le ramadan, et fait le voyage à La Mecque. Tu vas le signaler aux autorités et tu vas te faire rembarrer: C'est conforme aux droits de l'homme. Il s'est converti, et même s'il se radicalise intellectuellement entre ses deux oreilles, tu attendras qu'il passe à l'acte."
-"Tu veux quoi ?"
-"J'ai le choix ?"
-" Ben, non. Tu vois que tu as tort depuis le début de notre conversation. En fait, tu vas rapidement t'entendre dire que tu es un islamophobe qui ne veut pas se l'avouer."
-"Ton propos m'explique pourquoi les démocrates ne changeront pas de conception de la laïcité et pourquoi la dictature va frapper à la porte un beau matin. Elles beleront ces belles âmes molles qu'elles n'y sont pour rien. Ceci étant, je ne voterai jamais pour Marine Le Pen, elle n'est pas assez à droite. Bonaparte, reviens !"
-"Je préfèrerais Mustafa Kemal Ataturk. qui lui savait ce que laïcité veut dire. Patron, la même chose, c'est ma tournée."

Par gilles.huvelin le 09/10/19
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Antienne que nous connaissons bien. Les avocats la reprochent aux magistrats, titre réservé au juges professionnels et Juges, dénomination attribuée aux juges élus pour les distinguer des professionnels, les justiciables aux robins et aux tribunaux. Soyons un peu sincères et lucides. Les tribunaux veulent aller plus vite. Sauf en fin d'année lorsqu'il faut passer le cap des vacations de Noël car il faudra attendre la rentrée solennelle du Tribunal ou de la Cour et la nouvelle composition des Chambres qui peuvent fluctuer tardivement. Renvoyée de fin novembre à une autre chambre au mois de février suivant pour suivre un juge ou un magistrat, une procédure ne sera pas sur la liste pour être plaidée et sera renvoyée. Cela tombe bien parce qu'en dehors des vacations, les contraintes des avocats qui doivent recevoir leurs clients, se former, assurer les audiences auxquelles il faut concrètement se présenter bien davantage qu'avant la dématérialisation, mal conçue matériellement (et contra legem dans les procédures orales) et qui seraient utiles devant le Conseiller de la Mise en Etat, les avocats ont peu l'occasion de bloquer une journée ou deux sur une affaire. En considération des contraintes pesant sur les transmissions et l'engorgement des greffes, le lancement des procédures, traiter le fond d'un dossier un peu difficile nécessite du temps qui n'est possible que pendant les vacances judiciaire ,sinon la nuit ou le week-end (cause de divorce). Mais le client est en vacances aussi, puis c'est l'avocat qui prend quelques jours de congés, ou qui en a profité pour déménager son Cabinet, installer un nouvel outil informatique, fait une bonne grippe ou un zona. Ce qui arrive aussi aux juges. Qui n'a pas eu une surcharge de travail du fait de la maladie, la maternité, d'un accident, qui a interrompu l'activité d'un membre de sa Chambre, de sa formation de délibéré ou de son Cabinet. Et puis il y a les normes de travail. Les P.M.E qui travaillent à l'export ou qui font partie d'un groupe international sont soumises à des contraintes que connaissent aussi les Cabinets d'Avocats dit « Anglo-saxons ». Sauf que les contraintes s'additionnent et que pendant ce temps là, le tribunal se pose la question de savoir pourquoi vous insistez pour avoir au moins douze semaines pour conclure. Soyons clairs : la seule application respectueuse du Décret fixant la déontologie et les obligations des avocats (Décret n°2005-790 du 12 juillet 2005) dans le cadre des principes essentiels de la profession suffit largement à paralyser en amont, à coté et après le procès, le travail d'un Cabinet sur n'importe quel dossier. Depuis ce texte, Dalloz a édité un Code de l'Avocat plus épais que le Code des Impôts. C'est bien fait pour les membres du Barreau. Reste que si votre client est une importante société ou dans un groupe structuré, votre interlocuteur est le Directeur Juridique qui attend que le Directeur Commercial et le Directeur Financier lui répondent, ce qui peut mener un comité ad'hoc à se tenir sous réserve que la question n'implique pas une décision de gestion...trois mois de plus. Pour un peu que vous deviez faire sortir les documents d'archives en province, au bout de six mois vous attendez toujours les éléments complémentaires et l'imprimatur de six personnes qui portent bretelles, ceinture et parapluie, qui s'attendent les uns, les autres. Vous avez réussi à mettre en forme des conclusions dont vous êtes un peu fier. Vous attendez la signature du représentant légal et vous vous entendez dire : « Et le commissaire aux comptes il en pense quoi ? ». Si la direction effective est à l'étranger il va vous falloir prévoir d'adresser la traduction des conclusions reçues pour qu'elle n'y comprenne rien car le droit local du siège effectif n'a rien à voir avec celui du for : Essayez-vous à expliquer le droit social français à une direction américaine ou italienne...où la notion de rupture brutale d'un contrat d'approvisionnement, un bulletin de paie, un bail commercial et j'en passe. Mieux, vous allez affronter l'évolution permanente de la jurisprudence dans tous les domaines, et un bonheur n'arrivant jamais seul, justement dans le dossier sur lequel vous aviez travaillé. Sans compter l'arrêt qui est annoncé et que vous attendez, que votre contradicteur ne veut pas attendre. De tout cela retenons que le gros dossier entre des entreprises d'assurances ou assurées peut attendre. La durée des mises en cause successives de sociétés étrangères qui imposent des délais d'ajournement de deux mois et quinze jours avec des actes traduits en serbo-croate ou en coréen ne sont pas exceptionnels en transport international maritime par exemple. Il lui faut, à l'avocat, du temps et du recul. Un travail repris et recommencé plusieurs fois.Si le Client comprend mal que vous n'ayez pas que son dossier, les juridictions ne le comprennent pas toujours non plus. Que le petit recouvrement; qui n'est pas forcément simple pour autant : j'ai eu des injonctions de payer avec deux contrats successifs, des avenants, un carton de correspondances, mails, factures et avoirs. -« Maître c'est une injonction de payer qui porte sur 4 234 euros... » -Oui mais c'est le solde contesté de cinq ans de relation commerciale, et le gérant a changé...) peut être urgent et vital pour la trésorerie d'une micro-entreprise. Ceci dit le référé provision existe toujours et je note qu'il n'est pas autant employé qu'auparavant. C'est donc qu'il existe une contestation sérieuse et dans ce cas ce n'est pas aussi simple qu'il y paraît à ceux qui prétendent vouloir aller vite. Tout est affaire de circonstances, d'où l'importance d'une adaptation pragmatique qui permet de faire du cas par cas dans le déroulement des procédures. Pendant ce temps les délais des tribunaux et ceux des greffes, des avocats et celui des entreprises qui ne sont pas les mêmes se heurtent et ajoutent à la perte de temps. Une décision de renvoi, dont la date peut avoir été changée par le greffe après l'audience du Juge chargé d'instruire, motivée, n'est pas encore distribuée et que la procédure revient, hors liste, à l'audience d'un Tribunal de Commerce, il est possible de s'entendre dire : "Où en êtes-vous Maître ?"... Bonne question je vous remercie de l'avoir posée, je ne savais même pas ce que vous aviez fait de la procédure...pourrait-on murmurer. Il faut savoir qu'un court renvoi, sauf exception en accord avec toutes les parties, est contre-productif en fin de compte et que la partie la plus pressée n'est pas forcément celle de bonne foi. Que les moyens dilatoires sont vite détectables, même fondés en droit. Ne perdons pas de vue que la longueur d'un procès c'est aussi une psychothérapie pour les débiteurs malheureux et de bonne foi. La justice déléguée a été instituée pour favoriser la paix et les relations sociales. La longueur du procès y contribue aussi. Et qu'une dette commerciale doit être provisionnée, ce qui permet de la payer, ce qui implique de passer l'écriture dans un bilan, et donc du temps. J'ai fait "soft" car je n'ai pas évoqué la complexification des lois dans tous les domaines : y compris les procédures pénales, civiles, celle des voies d'exécution -un comble il faut être spécialisé en droit de l'exécution -un code spécifique existe...largement adapté par la jurisprudence d'ailleurs ! pour obtenir l'exécution d'une décision de justice..., des conventions internationales, du droit européen, des Q.P.C....Pour le droit commercial je laisse le soin aux lecteur du BRDA et de la Revue Fiduciaire les éclats de rire nerveux. Une consultation d'un professeur de droit ou un certificat de coutume, cela vous aiderait ? Comptez trois mois. Il m'a été rapporté que le Parquet a pris des réquisitions lors des rentrées solennelles de certaines juridictions consulaires pour souligner que les procès étaient trop longs. Outre que les tribunaux de commerce n'ont pas à rougir de leurs délais pa rapport aux T.G.I., je souligne au passage que le Parquet met souvent, même en matière pénale, beaucoup de temps pour prendre ses réquisitions, ou au Civil, communiquer ses pièces, partie jointe ou principale et qui'il n'est pas mieux placé en effectifs, comme en moyens disponibles pour dire aux autres acteurs de la justice qu'ils peuvent faire mieux. La cerise sur la tarte à la crème qui fera rire tous les avocats du barreau de Paris: Des Premiers Présidents de Cours d'appel déclarent habituellement que les procédures devaient aller plus vite pour permettre la célérité de la Justice...Maintenant nous savons qui se moque du monde lorsque nous regardons les délais dont la Cour a besoin pour vider son rôle. Les parties doivent boucler leurs conclusions et communication de pièces en trois mois, puis la plaidoirie est fixée 16 mois plus tard, la clôture 1 mois avant, ce qui donne la joie de recevoir les nouveaux éléments adverses qui ont été déloyalement gardés en réserve, au dernier moment. Quand une clôture proposée 12 mois avant la date des plaidoiries pour assurer un débat contradictoire en cas de nouveaux éléments ? Il suffit d'un toilettage de texte ou même d'une nouvelle pratique après tout, un peu de courage... Je suis pour une gestion dynamique et pragmatique des procès. Et contre le formatage. Si votre cliente est une petite PME, son dirigeant est un homme orchestre. Il n'a pas le temps de s'occuper du contentieux. Il faut faire le siège pour avoir les éléments du dossier. Le Tribunal ou la Cour sont trop souvent dans la tenue des audiences à des kilomètres des contraintes pratiques de la vie de ses justiciables et de leur avocat. Le bon sens est la seule solution applicable au code de procédure civile. Un procès n'est pas un produit industriel. Mais pour parvenir à l'efficacité du cousu main, il faut faire de la mise en état à la Barre des audiences de procédure. Ce qui exige plus de travail et de temps que tous les acteurs de la Justice ne peuvent s'accorder. Je ne connais pas un avocat digne de ce nom dont le Cabinet survit à moins de 12 heures de travail effectif quotidien. Ou il fait travailler. Ce qui n'est pas exactement conforme à l'idée que je me fais du métier, mais je suis vieux jeu, n'est-ce pas ? Baste, les ordinateurs quantiques ne vont pas tarder à balayer tout ça...En attendant que les juridictions fassent un peu plus confiance à leurs auxiliaires de justice: si le client n'est pas content, ils le perdront. Et ce n'est pas le but des Cabinets d'avocats bien au contraire. Ce sont aussi des entrepreneurs. Les justiciables sont leurs clients et pas ceux des juridictions. A qui il est courtoisement demandé de rendre des jugements et des arrêts. Chacun ses responsabilités. Et tous, nous devons avoir présent à l'esprit que la conciliation qui est gratuite, donne d'excellentes résolutions des différents, notamment dans les contentieux les plus importants. La Cour ne la pratique pas. Elle préfère la médiation qui est payante. Cela n'est pas, à mon avis, normal dans le cadre du fonctionnement d'un service public, ni nécessaire alors que la conciliation est une solution amiable opérationnelle, accessible, efficace et gratuite. Ça gêne qui ? Rappelons que la confidentialité y est une règle d'airain respectée aurant que dans les autres formes de mode amiable de résolution des différents

Par gilles.huvelin le 04/10/19
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Chers confrères,

Voici le lien pour lire ou télécharger le dernier numéro du M@g des avocats qui vient de paraître :

https://www.anased.fr/publications/mag42/index.html

Recevez toutes mes amitiés.

Jacqueline SOCQUET-CLERC LAFONT
Avocat à la Cour de PARIS
Ancien Membre du Conseil de l'Ordre
Ancien Membre du Conseil National des Barreaux
Présidente de l'ANASED
36, rue de Monceau - 75008 PARIS
Tél. 01.42.25.30.22 Tlc. 01.45.63.69.66
avocat@socquet-clerc.fr
www.anased.fr

Par gilles.huvelin le 04/10/19
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Nous avons beaucoup réagi après les premières lectures du rapport Delvoye puis sur les commentaires et des propos tenus par des parlementaires peut-être envoyés en mission commando pour nous sonder les reins. Je confesse être tombé dans le panneau en rédigeant un article le 10 août dernier, même si en le relisant, je ne le trouve pas si à côté de la plaque que ça. Soyons honnêtes:
"On n’est jamais mieux déçu que par soi-même." (Jean-Marie Poupart)
Sur des non-dits, des approximations et une perception floue d'une réforme qui objectivement paraît dans ses buts cohérente, j'ai participé au rassemblement des professionnels libéraux Place de l'Opéra. Là, les militants syndicaux des métiers concernés de toute part, ont monté un soufflé politique avec des arguments que nous avons tous en mémoire, et donc je ne vais pas en faire l'inventaire par charité due peut-être à un fond subsistant de civilisation chrétienne. En effet, las de voir de faux débats se répandre avec des analyses au niveau du triangle d'or de la pensée préférée de nos chaînes d'information, situé quelque part entre Gilets Jaunes, Verts- le nouveau Rouge, et Sud Rail, le Président de la République a pris la parole ce 3 octobre 2019. Ça s'est passé devant 600 personnes, salariées, artisans, agriculteurs, fonctionnaires, la Presse régionale et le Bâtonnier de Rodez, où la reunion s'est tenue, qui est une femme intelligente, dynamique. Elle a posé clairement les bonnes questions sur le sort de notre régime de retraite. La réponse du Président a été aussi claire:
Pas question de toucher aux réserves. Le taux de cotisation est à discuter. La profession aura 4% de moins de CSG. L'entrée dans le nouveau régime pourrait se mettre en place en 15 ans. Il a dit que le rapport actifs/retraités dans la Profession est tombé de moitié en 40 ans passant de 9 pour 1 à 4 pour 1. Il a ajouté que beaucoup de confrères quittaient le métier dans les 10 premières années, souvent des femmes. Notre régime n'a pas d'avenir certain. Beaucoup de revenus dans notre profession sont bas et beaucoup de femmes dans notre métier sont les premières en charge de l'aide Juridictionnelle. Qu'il y avait un problème d'inégalité au détriment des femmes dans l'exercice de notre métier. Ajoutons pour prendre la mesure du côté inadmissible des déclarations du Président de la République qu'il a dit que toutes les simulations "C'est de la flûte" parce que la définition de la valeur du point n'est pas fixée. "On va en discuter aussi". Et cela jusqu'en janvier. Horrible.
Pour terminer, je me souviens qu'il a dit aussi que les droits acquis ne seront pas remis en cause. Tout cela est clairement inadmissible. D'autant qu'il a osé faire la comparaison de l'évolution de notre démographie professionnelle avec celle des agriculteurs dépendants aujourd'hui pour leur retraite de la solidarité nationale. Nous allons redescendre dans la rue. Personnellement, j'ai bien aimé la Place de l'Opéra..
En effet, tout aussi clairement, les réactions militantes sur twitter sont sans équivoque: "on ne lâchera rien". La profession ne se remettra pas en cause. Elle ne s'interrogera pas sur ses modes d'exercice, ni sur son futur, son statut social et sa pérennité de son modèle économique. L'appel à l'immobilisme face à l'innovation technologique, la concurrence et la nécessité de l'excellence que même les chauffeurs de taxi ont maintenant compris, est en marche. Lors des derniers États Généraux de la Profession, les absents étaient les gros Cabinets. Ceux qui ont pris la parole ont défendu un avocat qui n'existe déjà plus. L'idée d'une adaptation de notre profession à un nouveau mode de production n'est même pas envisagée alors que les médecins, qui sont réputés pour leur conservatisme, ont sauté le pas des nouvelles technologies du 21e siècle.
"La réforme des retraites, c'est une réforme aussi de notre rapport au travail et son organisation." Il est évident que le message est révolutionnaire.
Je connais la réponse de nos militants politiques des forces de progrès:
"Tous ensemble, tous ensemble, tous !" contre tout ce qui bouge.
Je n'oublie pas que qu'ils se sont battus depuis 1976 contre le divorce sans juge, entre autres choses, notamment et pas seulement.
Qu'ils ne s'y trompent pas: je les aime bien nos opposants militants pour leur intérêt général à l'immuabilité. Nos institutions aussi. Et ça n'a rien de condescendant. C'est bel et bien le sort de notre métier qui est en jeu.

Par gilles.huvelin le 30/09/19
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21 octobre 2019 de 18h à 20h
Palais de Justice, Ile de la Cité, 4 boulevard du Palais 75001 Paris
Bibliothèque de l'Ordre (Salle Haute) Commission ouverte de droit commercial et économique. Revue d'actualité ! https://t.co/ZYkPNem4Zn

Par gilles.huvelin le 30/09/19
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"Mesdames et Messieurs,

D’abord, je vous remercie de cette invitation.

Même si, à cause de vous, j’ai perdu plein d’amis sans en gagner un seul.

Et même si je suis bien conscient que vous avez tout à gagner à ma présence, alors que moi j’ai tout à perdre à venir chez vous.

Cela dit, ç’aurait pu être pire. J’aurais pu rester chez moi.

J’aurais pu vous attaquer de loin, envoyer des tweets et dormir tranquille.

Mais j’ai préféré essayer quelque chose.

Quelque chose de coûteux pour moi et de déplaisant pour vous.

J’ai préféré, en acceptant cette invitation, rompre avec des habitudes confortables pour vous dire enfin ce qu’ordinairement je dis de vous.

Je suis venu parce qu’il est trop facile d’avoir peur de vous et d’élever des digues à distance en espérant que ça tienne.

Je suis venu parce que la diabolisation a le triple effet de vous rendre service, de vous faire trop d’honneur et de donner bonne conscience à celui qui diabolise. «Nous imaginons parfois, dit Albert Camus dans ses lettres à un ami Allemand, quelque heureuse barbarie, où la vérité serait sans effort.»

C’est exactement cela que font les gens qui vous diabolisent.
Je ne suis là ni pour cautionner votre démarche ni pour vous convaincre - encore moins pour vous faire la morale – mais, plus modestement, pour vous déconstruire

Et qui, en le faisant, vous permettent de penser que s’ils le font, c’est qu’ils sont incapables de vous réfuter. Or, pardonnez-moi, mais vous êtes aisément réfutables.

D’ailleurs, je ne suis là ni pour cautionner votre démarche ni pour vous convaincre - encore moins pour vous faire la morale - mais, plus modestement, pour vous déconstruire. Et vous dire, en tout cas, les quelques raisons pour lesquelles, à mon avis, ce que vous entreprenez, ce que vous esquissez aujourd’hui, ne marchera pas.

Attention: Je ne parle pas de la tentative d’OPA sur «La Droite». Ça, ça peut marcher.

Les Républicains achèvent de mourir sur les questions sociétales ; quant au Rassemblement National sous la forme qu’on lui connaît, c’est un vieux parti corrompu dont chacun sait que la patronne est une adversaire idéale pour le pouvoir en place… Il n’est donc pas impossible que, faute de concurrents, vous emportiez le morceau. Mais à droite. Et à droite seulement.

Ce qui ne marchera pas en revanche - et j’en prends l’avenir à témoin - c’est la tentative d’arriver au pouvoir et de «construire une alternative au progressisme» (sic) en passant par la droite. Et, qui plus est, la droite dure.

Et c’est à ceux qui pensent qu’une telle chose est possible (et je les sais nombreux dans cette assemblée) que je m’adresse ici, d’abord.

Ce qu’ils espèrent, ce que vous espérez, ne marchera pas.

Pour des raisons à la fois idéologiques, stratégiques et métaphysiques.

La première raison pour laquelle ça ne marchera pas, c’est ce que les pédants appellent la «caducité du paradigme droite-gauche.»

Ceux d’entre vous qui, comme moi, ont vécu (probablement dans le camp d’en face) la campagne de 1992 sur le Traité de Maastricht se souviennent peut-être qu’on a vu surgir à ce moment-là, autour de la question européenne, des couples idéologiques dont on n’avait pas l’habitude: Pasqua et Chevènement du côté du non. Fabius et Juppé du côté du oui, etc.

Je sais qu’il y a des gens dans cette salle pour penser que Pasqua, Juppé, Fabius, Chevènement, tout ça, c’était du pareil au même, c’était «l’UMPS»: le problème de cette analyse simpliste, c’est qu’en amalgamant l’UMP et le PS dans un gloubi-boulga libéralo-mondialisé, l’extrême-droite de l’époque a manqué le sens véritable de ces causes communes entre gens antagonistes. Et la leçon qu’il fallait en tirer.

Quelle était cette leçon?

Que lentement, à pas comptés, après la chute du mur, les démocraties occidentales sont passées du diptyque droite / gauche au diptyque que moi, j’appellerais «libéral contre souverainiste» et que, peut-être, vous préférerez nommer «mondialistes contre patriotes». Peu importe le nom qu’on donne à ce nouveau duo.

Ce qu’il est essentiel de comprendre, c’est que le clivage libéral / souverainiste, apparu en 1992, s’est affermi en 2005, et s’est définitivement installé dans le pays en 2017, avec la victoire d’Emmanuel Macron - qui n’est pas une victoire de la gauche, mais une victoire du libéralisme.

Pour le dire simplement: la question aujourd’hui - l’alternative - n’est plus «suis-je de gauche ou suis-je de droite?» mais «ai-je intérêt à m’ouvrir au monde ou bien à me replier sur mon pré carré?» (et dans cette nouvelle répartition, on trouve des deux côtés de l’alternative autant de gens de gauche, que de gens de droite).
Vous avez autant de chance d’arriver au pouvoir en passant par la droite qu’Olivier Faure, en passant par la gauche. Ce qui est peu dire.

Dès lors, en vous appelant «La Droite», en essayant de capter les déçus de la droite et en leur laissant entendre qu’avec vous ils ne seront pas déçus et trouveront un «avenir commun», vous vous engouffrez dans une impasse.

C’est une large impasse, trompeuse parce qu’elle est pleine de gens, mais c’est une impasse quand même. Dans la longue liste des scénarios possibles d’ici 2022, voire 2027, il n’y en a aucun où la droite l’emporte par la résurrection de son identité.

En somme, vous avez autant de chance d’arriver au pouvoir en passant par la droite qu’Olivier Faure, en passant par la gauche. Ce qui est peu dire.

Ou bien d’atteindre la Lune en montant sur une échelle.

Je sais bien que certaines d’entre vous, tout en reconnaissant ce nouveau clivage, persistent à le tenir pour «politiquement inopérant». En cela, vous avez exactement le même discours que le PS. A quoi tient cette étrange communauté d’analyse? Comment expliquer que la gauche et la droite pensent toutes les deux que l’affrontement de demain, c’est la gauche contre la droite? Non parce que c’est une analyse (tous les chiffres la démentent et pas seulement les sondages) mais parce que c’est une question de survie. Et une façon de présenter comme un diagnostic la certitude qui vous arrange l’un et l’autre.

En vous agrippant à la droite comme le PS s’agrippe à la gauche, vous vous condamnez au parasitisme politique (et à l’indécision sur la question européenne).

Aussi n’aurai-je qu’un mot à dire à cet égard: ne changez pas d’avis, car vous avez tort.

La deuxième raison pour laquelle, selon moi, «l’alternative au progressisme par la droite» n’a aucune chance de fonctionner, c’est que, à moins d’être en 1815 et de sortir d’une révolution mondiale puis d’un empire géant, la nostalgie ne fait pas un projet.

Le retour en arrière ne fait pas un avenir.

La restauration n’est pas un plat de résistance.

Le sentiment que tout s’est perdu, l’exhumation idéale de valeurs égarées dans le tourbillon de nos mœurs décadentes… Tout cela ne rassemble que des craintifs. Qui sont nombreux. Mais qui le sont de moins en moins. Et qui vieillissent.

La «défense de la vie» ou de «l’ordre naturel» dans un univers d’IVG, de PMA pour toutes, de GPA possible, de mariage gay, de légalisation du cannabis voire de la prostitution (on peut toujours rêver) ne sert qu’à consoler les gens qui ont le sentiment de s’y noyer.

Il ne faut pas s’y tromper: ce que vous êtes en train de construire n’est pas un paquebot. Du tout. C’est le radeau de la méduse! Ou l’arche de Noé si vous voulez, peu importe. Ce que je veux dire, c’est que c’est un bateau sans moteur.

Et que c’est une opération de survie.

Pas une opération de reconquête.

Le désir «d’ancrer dans un avenir commun des gens issus de toutes les sensibilités de la droite» (sic) ne recouvre, en réalité, que des retrouvailles entre militants innombrables qui communient dans la déploration - ce qui est très agréable, mais politiquement stérile.

Vous avez peut-être vocation à représenter la minorité qui ne retrouve plus ses petits dans la France mondialisée du XXI siècle, mais avec un tel cahier des charges, vous n’avez pas vocation à devenir majoritaires. C’est impossible. Arithmétiquement.

(Les personnes - tout à fait aimables - qui m’ont invité à cette convention ont pris soin de préciser que «ce n’était qu’une convention» et «en aucun cas, la naissance d’un mouvement.» Eh bien, on ne saurait mieux dire: il n’y a aucun mouvement dans ce que vous faites. Juste une addition de fixations.)

Bref. Parce que le paradigme a changé, et parce que la nostalgie ne fait pas un projet, vous avez seulement l’avenir politique d’une force d’appoint. Et à ceux d’entre vous qui espèrent davantage, je recommanderais, comme Descartes, de «changer {leurs} désirs plutôt que l’ordre du monde.»

Attention: je ne présume pas de la qualité des valeurs qui sont les vôtres.

Chacun croit ce qu’il veut et il n’est écrit nulle part que je serais plus que vous le détenteur de la morale.

Mais je parle de l’efficacité de vos valeurs dans un pays qui, majoritairement, leur tourne le dos. Car (et c’est la troisième raison pour laquelle, à mon avis, ce que vous faites ne marchera pas) la société elle-même est incurablement libérale.
On ne revient pas sur une liberté supplémentaire.

Comme elle est majoritairement attachée au droit de disposer de son corps.

Je n’entre pas ici dans le débat sur ces questions. Si vous me réinvitez un jour, on parlera ensemble de la PMA, de la GPA, de la peine de mort, du mariage pour tous, de l’IVG, de l’euthanasie, du porno, du cannabis... De ce que vous voulez.

Mais ça n’est pas mon sujet aujourd’hui.

Ce que je veux vous dire, c’est que ces mouvements-là sont irréversibles.

Pour une raison simple (qui dépasse nos opinions respectives, au-dessus desquelles je vous supplie de vous élever un instant, le temps d’entendre l’évidence transpartisane que je vous donne maintenant): on ne revient pas sur une liberté supplémentaire.

On ne retire pas aux gens le droit de se marier.

On n’empêchera plus jamais, en France, les femmes d’avorter si elles le souhaitent.

Et plus aucun assassin, jamais, n’y sera condamné à mort. «Grâce à vous, dit Robert Badinter, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises…»

A moins d’un changement de régime.

Si demain, les Hongkongais perdent l’ensemble de leurs droits, c’est parce qu’ils auront été mangés par une dictature.

Si demain - ce que je souhaite - après avoir autorisé la PMA pour toutes, la France autorise l’euthanasie, alors on ne reviendra jamais dessus, comme on ne reviendra jamais sur le mariage pour tous, ni sur l’IVG.

Ce qui m’autorise à être si sûr de moi, ce ne sont pas mes convictions. (A titre personnel, vous imaginez bien que je suis favorable à chacun de ses droits. Le «progressisme», c’est ça.) Ce qui me rend si certain de ma prédiction, c’est la nature humaine en personne!
Revenir sur l’IVG ? La PMA ? La GPA (si elle entre dans la loi) ? La peine de mort ? C’est aussi improbable que de retrouver un œuf intact en détournant une mayonnaise.

Ainsi faite que si vous lui donnez une liberté qu’elle n’avait pas auparavant, elle considèrera qu’en la lui retirant, vous l’amputez d’une partie d’elle-même.

C’est la raison pour laquelle on peut parfaitement appliquer la seconde loi de la thermodynamique au cas des libertés supplémentaires: aucun retour en arrière n’est possible!

Vous pouvez le souhaiter tant que vous voulez. Et même vous satisfaire de le souhaiter. Faites-vous plaisir! Mais revenir sur l’IVG? La PMA? La GPA (si elle entre dans la loi)? La peine de mort? C’est aussi improbable que de retrouver un œuf intact en détournant une mayonnaise.

Et pour cette raison, paradoxalement, votre conservatisme est, à mes yeux, une bénédiction… Ne commencez pas à devenir progressistes, s’il vous plaît! Continuez de croire qu’on peut prendre le pouvoir en France au XXI siècle en estimant que les enfants sans père ne devraient pas exister ou (pour certains d’entre vous) que l’IVG est un assassinat. Continuez de penser - si c’est le cas - que le mariage pour tous n’est pas un vrai mariage. Chaque jour, d’honnêtes citoyens (et peut-être parmi vous, je les salue) vous donnent tort. Et s’en trouvent bien heureux.

En vérité, je vous le dis (et je ne vous le dis que parce que je ne crains pas de vous faire changer d’avis en vous le disant): vous êtes beaucoup trop réacs pour gagner quoi que ce soit! Vous préférez le Bien (c’est-à-dire l’idée que vous en avez) à la liberté collective. Et - ce qui est plus grave que tout - vous brandissez des valeurs sans jamais questionner la valeur de ces valeurs.

Par exemple, je sais que beaucoup d’entre vous défendent l’idée d’une famille traditionnelle - comme si c’était un rempart contre le vice. Je sais que beaucoup (souvent les mêmes) considèrent également que la nature commande de faire les enfants et de les élever d’une certaine manière (parce qu’au commencement, c’est plutôt comme ça qu’on faisait).

Or, la nature s’en fout! La nature n’est pas une norme. Son fonctionnement n’est pas une intention. J’en veux pour preuve qu’on trouve la même proportion de crapules, d’incestes et de toxicomanes chez les enfants issus de familles dites «traditionnelles» que chez les enfants de couples homosexuels…

Si la famille traditionnelle protégeait de quoi que ce soit, ce serait parfait. Mais vous n’en faites un rempart que parce que vous en faites une valeur absolue, et qu’à ce titre vous déniez aux autres un mode de vie qui, en lui-même, ne produit pas plus de vices que le vôtre (pas moins non plus).

En un mot, votre conservatisme, si éloigné de ce que le monde est devenu, et tellement inadapté à l’obtention de libertés irréversibles, sera pour vous ce que ses propres atermoiements sur l’Europe ou bien sa nullité en débat ont été pour Marine le Pen. Votre fossoyeur. Alors, encore une fois: ne changez rien! Conservez votre conservatisme. C’est l’assurance-vie du camp d’en face.

Conservez également, s’il vous plaît, la façon que vous avez d’être patriotes. En tout cas pour certaines d’entre vous. Conservez l’illusion qu’on aime son pays quand on veut penser qu’il n’a rien fait de mal. Continuez de voir un exercice de masochisme (et non de lucidité) dans le fait d’assumer les «crimes contre l’humanité» qui ont été commis par la France.

Car en cela, vous donnez à la francité tous les attributs d’un communautarisme.

La façon dont vous êtes fiers d’être Français donne le sentiment qu’être Français est une valeur en soi. Or, l’être-français n’est pas un dispensateur magique de vertu. Et la France, dans l’histoire, s’est souvent conduite comme le féal et le collaborateur de ses conquérants.

Et on en vient à une question fondamentale, et (peut-être) une divergence majeure entre nous.
Dans ses Lettres à un ami Allemand, Camus écrit à un nazi : « Je voudrais pouvoir aimer mon pays tout en aimant la justice. Je ne veux pas pour lui de n’importe quelle grandeur »

Qui aime le mieux son pays?

Celui qui en accepte les zones d’ombre (et les pages sombres) ou celui qui les nie?

Qui, en France, est vraiment patriote?

Celui qui reconnaît que l’État français a profité de l’esclavage et de ses colonies, a organisé des rafles, et ordonné, entre autres, la torture en Algérie? Ou bien celui qui voit dans le rappel de ces faits (tous avérés) les accents de «l’anti-France» et la tyrannie de la pénitence? «Reconnaître les fautes du passé et les fautes commises par l’État, ne rien occulter des heures sombres de notre Histoire, c’est tout simplement défendre une idée de l’Homme, de sa liberté et de sa dignité.» disait Jacques Chirac le 16 juillet 1995, dans le discours magnifique où il a reconnu la responsabilité de la France dans la déportation de juifs.

Mais changeons de pays, un instant:

Qui aime le mieux la Turquie? Celui qui reconnaît le génocide arménien? Ou celui qui brûle des kiosques en France parce qu’il n’aime pas la Une du Point?

Qui aime le mieux la Russie? Celui qui réhabilite le stalinisme ou celui qui en détaille les crimes?

Et la Serbie? Celui qui reconnaît le génocide bosniaque ou celui qui nie l’existence des charniers? Et qui aime le mieux la Syrie? Celui qui reconnaît l’assassinat de sa population par un tyran, ou celui qui se couche devant les Russes?

Vous connaissez peut-être la belle nuance de Romain Gary selon qui le patriotisme est «l’amour des siens» et le nationalisme «la haine des autres.» A cela, j’ajouterais que le patriotisme est un amour exigeant qui regarde en face les crimes de son pays... Alors que le nationalisme - ce communautarisme étendu à la nation dont soudain tout est bien parce que c’est mien - relève, en vérité, de la haine de soi qui, pour ne pas assumer ses crimes, trafique la grande Histoire et jette un voile pudique sur des infamies.

La France n’est pas une vertu en soi.

La France n’est pas seulement un territoire, ou des traditions.

La France n’est pas un ego-trip. Un citoyen n’est pas un supporter.

La France est une histoire tragique et souvent honteuse, mais la France est aussi une ambition qui va plus loin qu’elle-même, ou qui dépérit, à l’inverse, quand elle se cache ses propres crimes et qu’elle cherche dans le confort de son terroir un refuge à sa mauvaise foi.

Dans ses Lettres à un ami Allemand, Camus écrit à un nazi: «Je voudrais pouvoir aimer mon pays tout en aimant la justice. Je ne veux pas pour lui de n’importe quelle grandeur, fût-ce celle du sang ou du mensonge.» Et le nazi lui répond: «allons, vous n’aimez point votre pays.» Mais c’est lui qui se trompe.

L’erreur de l’Allemand (du nazi) est de confondre l’amour de son pays avec l’amour du territoire qu’on nomme ainsi. C’est la même erreur que font tous ceux qui croient défendre la France en se contentant de défendre ses frontières ou d’embellir son histoire. En matière de patriotisme, la vérité qui dérange est de meilleure compagnie que l’omission qui réconforte.
Que les choses soient claires : je ne vous ferai jamais l’offense de penser que vous approuvez les gens qui considèrent qu’à Strasbourg on doit manger de la choucroute.

Pour l’anecdote: l’idée qu’un nationalisme étroit n’est en réalité qu’un communautarisme élargi m’est apparue lors du fameux «couscougate» de Florian Philippot. Vous vous souvenez, bien sûr, de cette affaire et de ces militants absurdes qui étaient tombés sur le pauvre Philippot parce qu’il avait organisé une couscous party à Strasbourg…

Que les choses soient claires: je ne vous ferai jamais l’offense de penser que vous approuvez les gens qui considèrent qu’à Strasbourg on doit manger de la choucroute (ou bien du cassoulet dans le Périgord). C’est trop bête.

Mais si je reviens sur cette histoire, c’est parce que les ennemis de Philippot, en la circonstance, sont des caricatures de ce que j’essaie de vous dire.

En dénigrant le couscous non pour son goût mais pour son origine, en réduisant l’identité au respect d’un folklore ou d’un menu obligatoire, et la France à des rites dont le Français devrait être le militant, ces crétins patriotes ont mis le Français sur le même plan que le noir, le juif, l’homosexuel ou le musulman, c’est-à-dire le plan communautaire. En faisant de «l’être-Français» une qualité en soi, on fait des Français eux-mêmes une minorité parmi d’autres: le patriotisme de la bouffe est un communautarisme!

D’ailleurs, comme par hasard, de l’autre coté de l’échiquier, les indigènes de la République se sont eux-mêmes indignés que Philippot mangeât du couscous, mais eux parce qu’ils y voyaient un symbole criant d’ «appropriation culturelle».

J’aimerais tellement trouver les mots pour attirer votre attention sur le fait que, même si le discours de l’extrême-droite et le discours des Indigènes semblent s’opposer frontalement, ils se ressemblent plus qu’ils ne s’opposent.

Quelle différence entre les adversaires de l’appropriation culturelle qui interprètent la consommation d’un couscous par un blanc comme une survivance de l’ère coloniale, et la droite de l’extrême droite qui choisit d’y voir un signe de décadence?

Quelle différence entre le communautarisme qui interdit au Blanc de manger du couscous, et l’identitarisme qui s’en indigne? L’un dénonce l’impérialisme Français, l’autre redoute «le grand remplacement», mais dans un cas comme dans l’autre, on racialise le débat, on communautarise le débat et, de part et d’autre, on vénère des souches. Or, la souche, c’est le prototype d’une fausse valeur! C’est le modèle de tout ce qu’on aime non parce que c’est aimable mais parce que c’est soi-même. Une souche, c’est un arbre sans tête. Comment peut-on se vanter d’être un truc pareil?
Le sentiment d’avoir une identité, et de se distinguer des autres par l’identité qu’on a, est une double illusion

De façon générale, c’est la notion même d’identité qui marche sur la tête.

Et puisque vous avez invité un prof de philo, on va faire un peu de métaphysique pour finir.

A titre individuel comme à l’échelle collective, l’idée d’identité n’a aucun sens.

A titre individuel, ce que nous appelons le «moi» n’est jamais qu’une addition de souvenirs et de qualités que la mémoire et l’ADN ont cousus ensemble pour nous donner l’illusion qu’en amont de toutes ces qualités, il y aurait un sujet. Mais quand on cherche le sujet lui-même, le sujet tout nu, séparément de toutes ses qualités, on ne trouve rien. Le moi, c’est comme le cœur de l’oignon.

A l’échelle collective, ce que nous appelons l’identitarisme (ou la pensée identitaire, qu’on retrouve indifféremment à la droite de la droite et chez les Indigènes de la république) n’est jamais que la sanctification arbitraire de coutumes ou de couleurs de peau dont on a décrété, un jour, qu’elles étaient un but en soi. Ou une valeur en soi.

Seulement, c’est la même erreur.

Qu’on additionne des qualités ou qu’on sacralise les rites d’un terroir, c’est le vide qu’on recouvre dans les deux cas.

Le sentiment d’avoir une identité, et de se distinguer des autres par l’identité qu’on a, est une double illusion:

1) nous n’avons pas d’identité (autre que nos souvenirs, nos habitudes et les particularités d’un ADN) et ce qu’on se représente comme une souche n’est qu’un tas de feuilles mortes.

2) Pour cette raison, la passion de l’identité n’est pas une passion de la singularité, mais au contraire une passion grégaire, une passion du troupeau. Pour croire à la fiction de son identité, il faut être nombreux (de même qu’il suffit à une sottise en ligne d’être likée 10 000 fois pour devenir une «vérité»).

Pour le dire simplement: c’est à l’illusion de se protéger quand il se replie qu’on reconnaît le tempérament de l’esclave. Ou plutôt: c’est au sentiment d’avoir une identité, d’être l’identité qu’il a, et d’avoir à défendre son identité contre d’autres identités que la sienne, qu’on reconnaît le mouton.

Voilà ce que, loyalement, je pouvais vous dire aujourd’hui, dans le temps qu’on m’a donné.

Et je suis heureux que vous l’ayez entendu.

Parce que vos credo sont désuets, parce que votre projet n’est qu’un rejet, parce que votre patriotisme est un communautarisme, que vos principes sont des fictions et parce que vous auriez l’impression de vous perdre si vous changiez d’avis, ce que vous espérez ne marchera pas… Et je suis bien obligé de reconnaître que, contrairement à ce que j’ai dit d’abord pour justifier ma participation à cette convention, votre projet politique ne m’inquiète pas du tout, car il se prive lui-même, tout seul, de l’ensemble des moyens d’action nécessaires à la conquête du pouvoir.

Merci de votre attention."

Par gilles.huvelin le 25/09/19
Dernier commentaire ajouté il y a 3 semaines 5 jours

Je plagie la formule de la Marine Nationale: "Notre défense commence au large." Et il faut que nous nous en donnions les moyens. Je fais un parallèle avec le slogan de "La Royale" pour affirmer qu'il ne sert à rien de défendre les droits dans le monde entier sans balayer devant la porte de nos Cabinets d'avocat.
Quand je dit "avocat" dans l'article ci-dessous, c'est un terme générique désignant la personne qui exerce le métier, homme ou femme, sans distinction. Petit florilège crescendo de notre quotidien:
Je vois un affichette au Vestiaire des 30 000 avocats de la Cour d'appel de Paris. "Vous devez prendre votre courrier dans votre case qui est sous votre nom." C'est comme cela depuis des lustres mais il y a des confrères de plus en plus nombreux pour se tromper, ne pas regarder ce qu'ils prennent, et ne pas se montrer diligents pour restituer le courrier du voisin embarqué par erreur. Un employé de l'Ordre me dit devant mon étonnement: " Vous savez, j'ai tout vu, mais depuis quelque temps, je reçois des avocats qui viennent chercher leur clé RPVA et ils ne connaissent même pas leur numéro de toque !"
Il est vrai que les mails sont devenus largement plus utilisés que le courriers postal ou du Palais. Mais tout de même. Un tout jeune avocat apporte une assignation à un de ses confrères pour lui confier le suivi du procès. Il lui dit: " Il y a un numéro à côté du nom de mon contradicteur. Je ne sais pas si c'est son numéro de vestiaire ou de sa toque." Son confrère a préféré lui répondre : -" Ne vous inquiétez pas, je vais me débrouiller."
Après tout, tous les avocats n'ont pas d'activité de processualiste et j'en connais d'éminents, populaires auprès des bobos du Barreau et actifs sur les réseaux sociaux qui ne font pas la différence entre contentieux et judiciaire. D'ailleurs, si on insiste sur la distinction, ils considèrent que "la procédure n'existe plus. C'est mort."
Je ne plaisante pas. Je suis atterré.
Passons sur ceux qui s'intitulent avocat conseil et ceux qui ne sont pas à même de dire la différence entre avocat à la Cour et avocat au Barreau. Je vous jure que ça existe. Ne croyez pas que je noircis le tableau. Ça va assez loin tout seul: Un confère a appelé son postulant pour lui demander: -"vous m'avez écrit que l'affaire est renvoyée pour une audience de procédure...Mais c'est quoi une audience de procédure ?" Ne croyez pas que j'invente. Un élève avocat vient à la Barre d'un Tribunal de Commerce avec un pouvoir de...son maître de stage, éminent également confrère d'un Cabinet prestigieux. Un confrère bienveillant lui explique qu'il ne peut pas représenter son avocat de patron. -"Revenez quand vous aurez une robe." conclut-il. 10mn plus tard il voit revenir le stagiaire avec une robe sur le bras. -"Qu'est-ce que vous faites avec cette robe ?" et l'élève de l'EFB de Paris de répondre: -" Mais vous m'avez dit de revenir avec une robe."
Les juridictions consulaires offre des surprises. Un confrère arrive dans une série de dossiers, robe au vent, en fermant son col à l'appel des causes. Il explique qu'il a conclu dans chaque procès connexe et qu'il a communiqué ses conclusions à ses confrères. Le greffier lui dit qu'il n'a pas ses "écritures" (pas la peine d'expliquer qu'il n'y a pas de conclusions devant le Tribunal de Commerce avec les effets de droit que cela peut avoir dans la procédure dont beaucoup de confrères ont perdu de vue qu'elle est orale). Réponse "- Mais je les ai adressées à mes contradicteurs il y a 48 heures." Un confrère habitué des lieux lui dit que les écritures doivent être remises au Tribunal. Réponse cinglante :-" Pour quoi faire ?" (mais il est vraisemblable qu'il ait dit "pourquoi faire"). Un blanc meuble quelques secondes l'espace. Le Président avec beaucoup de tact lui dit: -" Pour nous permettre d'en prendre connaissance." Le vieux confrère présent intervient gentiment: -" un renvoi pour le dépôt des 'conclusions' de notre confrère..."
Je ne suis pas le seul à m'émouvoir de la situation de nos pratiques professionnelles. Une rapporteure (ça se dit) de la Cour Nationale du Droit d'Asile témoigne durement:
https://www.dalloz-actualite.fr/node/cour-nationale-du-droit-d-asile-avo...
Et en "off", de nombreux juges et magistrats ne sont pas plus tendres avec les membres du Barreau, même si on peut relativiser en constatant qu'ils ne sont pas forcément très tendres entre eux.
Si 65 % des sondés ont une bonne image des avocats, 75% de leurs clients disent qu'ils ont été déçus.
"Je viens d'apprendre que mon client est décédé il y a six mois. Qu'est-ce que je fais de son procès ?" À décharge, la procédure n'est plus enseignée dans les facultés de droit. Sans doute la raison pour laquelle les rares Cabinets qui en font, ont reconstitué de fait les missions des avoués de première instance et d'appel ainsi que la fonction d'Agréé devant les Tribunaux de Commerce. Faire et défaire, une éternelle histoire.
Cependant, avant de voter des résolutions pour la défense des droits en Moldavie et d'y envoyer une mission, je suggère à nos institutions de prendre en considération la façon dont ils sont traités devant notre porte. Je dis cela parce que ça fait mal tout de même un petit peu beaucoup trop...
Je relève que nous n'avons rien à envier au fonctionnement de notre Justice en général. Il suffit de lire le "thread" ci-dessous publié et actualisé sur twitter. Mais cela n'éveille pas plus que cela notre profession sur les comportements humains des acteurs de la Justice.
Cependant, qui ne va pas avoir malaise à la lecture de ce threard ? @NBelloubet, notre Justice pense à quoi au juste ? https://t.co/7zjukcdKSM

#LePremierQuiDitLaVeritéSeraExécuté

Par gilles.huvelin le 23/09/19
Dernier commentaire ajouté il y a 4 semaines 23 heures

Imposer les GAFAM, ça s'impose. Ils font leur chiffre d'affaires sur notre pays où ils n'ont pas de siège social et par conséquent ne paient pas l'impôt sur les sociétés. Donc il a été voté, en attendant que l'E.U. et l'OCDE se bougent, que les entreprises du numérique qui font plus de 750 millions d'€ de chiffre d'affaires dont 50 millions en France paieront trois pour cent non pas de leur bénéfice mais de leur C.A. réalisé chez nous en impôt. Oh, la bonne idée. Les espagnols et les italiens pourraient nous emboîter le pas. La Commission européenne non, ce qui peut semble-t'il mettre en cause le fondement légal de notre taxation. Un problème de conventionnalité en somme. Pour ne pas froisser les américains, la taxe est payable par toutes les entreprises du numérique, et bien sûr, les nôtres. Égalité devant l'impôt. Sauf que nos entreprises paient déjà l'impôt sur les sociétés. D'où une évidente distorsion de concurrence à venir. Me dites pas que nos grosses têtes sont passées à côté... Un peu comme pour les Compagnies aériennes. Les françaises paient des taxes que leurs concurentes ne subissent pas. Ce qui est particulièrement sensible dans le "low cost". XL Airways face à Norvegian que l'on a aussi semble-t'-il laissé le gouvernement d'Oslo aider financièrement, est un exemple cuisant. Ne parlons pas des compagnies nationales de pays producteurs qui ne leur facturent pas le kérosène tandis que nos crétins veulent le taxer à nos compagnies aériennes qui paient leur carburant (voir taxe sur chaque fauteuil passager selon la distance)... Le premier adversaire de la politique de redressement de notre économie est Bercy et la haute administration qui veut garder le pouvoir de faire n'importe quoi ou je me fais des idées ? Parce qu'ils ne peuvent par être aussi stupides que cela tout de même ? On a un Ministre de l'économie et un du Budget. Pourquoi faire ?

Quand les politiques sont capables de laisser faire des choses pareilles, c'est qu'ils sont au moins faibles.
Le bonus pour l'achat d'une voiture électrique demeure, mais essayez de trouver une prise électrique à charge rapide ! Le malus pour les voitures neuves s'envole mais les ventes des voitures d'occasion plus polluantes sont sans malus et déjà 2 fois plus nombreuses que les voitures neuves. Et en plus, les batteries sont fabriquées en Asie, ce qui revient à la désindustrialisation de notre pays. Et personne se pose la question de la pollution issue de la fabrication des batteries et ce qu'elles deviendront en fin de vie.
C'est quoi cette politique ?

Pensez, dans le même registre, que le Préfet de Police limogé pour, lors de l'acte 18 des gilets jaunes, avoir été incapable d'empêcher les dégradations et incendies sur les Champs-Elysées, se retrouve, à 66 ans, non pas mis à la retraite, mais recyclé, nommé par le Gouvernement  Conseiller d'Etat Extraordinaire, donc mieux payé pour un temps illimité; c'est que quelque chose est pourri depuis longtemps, très longtemps, dans le fonctionnement de l'Etat. J'avais cru que ces méthodes odieuses de démission des politiques devaient prendre fin... 

Dans un pays où il faut six mois pour changer une porte dans un hôpital ou une imprimante dans un Commissariat, et deux ans pour reboucher un trou dans la voirie, on ne peut guère espérer.
Évidemment que la première chose qui aurait dû être faite depuis 1936 est l'adoption des règles de management du privé par le secteur public. Et pendant ce temps nos politiques n'ont cessé de regarder ailleurs.
Depuis le début de la rédaction de cet article un fonctionnaire européen qui se demandait comment justifier son existence a dû rencontrer un homologue français voulant résorber le déficit budgétaire évalué à 4,5 milliards d'euros pour 2020, vient d'avoir l'idée, après des banquiers suisses et allemands, de "taxer" les dépôts bancaires, "l'argent qui dort". Sauf que normalement votre banque le prête, votre argent. C'est même son job mais les taux sont faibles. Personne n'est choqué par l'idée d'avoir à payer sur de l'argent déjà soumis à l'IRPP et l'inflation, un revenu à sa banque pour un compte bancaire sur lequel nous supportons déjà des frais. Maintenant, il serait envisagé que l'Etat prenne sa part, déjà que les ressources de votre Établissement financier sont soumis à TVA...