gilles.huvelin

Par gilles.huvelin le 17/10/17
Dernier commentaire ajouté il y a 1 heure 49 min
  Il s'agit d'une grille d'analyse qui permet d'identifier les personnes dangereuses et donne à la police la possibilité de travailler de manière plus ciblée.

 

la police, qui croule sous la masse d'informations compte beaucoup sur le système suisse. Image: Keystone
11.06.2017

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Depuis quelques semaines, la police criminelle allemande utilise une méthode mise au point en Suisse pour mieux détecter les terroristes potentiels, notamment les djihadistes. Il s'agit d'une grille d'analyse qui permet d'identifier les personnes dangereuses.

Sur la base d'une série de questions, auxquelles la police peut répondre avec les informations dont elle dispose, le système nommé «RADAR-iTE» évalue le risque qu'un suspect commette un attentat, a indiqué dimanche l'Office fédéral allemand de police criminelle (BKA), confirmant une information de plusieurs journaux. Ce risque peut être «modéré», «supérieur à la moyenne» ou «élevé».

Cette méthode d'analyse a été développée par Jérôme Endrass, qui est responsable suppléant du service psychiatrique et psychologique à l'Office d'exécution des peines du canton de Zurich et professeur à l'Université de Constance (D). Ce scientifique, qui s'attelle depuis des années à identifier les djihadistes dangereux, a collaboré avec le BKA.

Le système de filtrage est élaboré de telle sorte que les deux dernières catégories - risque «supérieur à la moyenne» et «élevé» - représentent un nombre de personnes suffisamment restreint pour que des investigations plus poussées puissent être menées sur chacune d'entre elles. Ce filtrage permet à la police, qui croule sous la masse d'informations, de travailler de manière plus ciblée.

Profil des personnes dangereuses

S'agissant du profil des personnes dangereuses, Jérôme Endrass et ses collègues sont arrivés à un constat surprenant: le facteur déterminant n'est pas le lien avec l'extrémisme ou la religion, mais la relation de l'individu avec la violence.

Pour identifier les cas à risque, le système d'analyse va ainsi prendre en compte une série d'informations qui pourraient indiquer une propension à la violence. Par exemple les éventuels délits violents déjà commis, le fait qu'une personne a été confrontée à la violence dans son enfance ou durant une guerre, des pulsions sadiques ou la fascination pour les armes.

Si l'un de ces critères est rempli, il ne suffira alors que d'une légère affinité avec l'extrémisme religieux pour que le système catégorise une personne comme extrêmement dangereuse. Les maladies psychiques constituent un autre indice de la dangerosité d'une personne.

Poser les bonnes questions

Pour trouver le futur auteur d'un attentat parmi 1000 djihadistes, il faut poser les bonnes questions, explique M. Endrass dans une interview publiée par plusieurs journaux dominicaux. «Si l'on s'en tient à l'âge ou à la religion, on n'ira pas très loin».

Et le scientifique d'illustrer son propos par un exemple: «La police de New York définit des critères comme 'jeune, sexe masculin, musulman et condamné pour de petits délits'. Le résultat de ce modèle sans nuances est une surveillance en masse de la population musulmane de New York».

Interrogé sur l'efficacité des critères de son modèle, Jérôme Endrass répond que «même s'ils permettent d'identifier correctement une personne à risque et que la police la surveille en permanence, on ne pourra rien faire si cette personne décidait soudainement de foncer dans une foule avec sa voiture».

90 personnes «à risque» en Suisse

Pour rappel, en Suisse, quelque 90 personnes sont considérées comme «à risque» dans le contexte du djihadisme. Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) a introduit cette nouvelle catégorie dans son rapport annuel 2017, publié début mai. En Allemagne, 570 personnes sont actuellement considérées comme «à risque», d'après les évaluations du BKA.

Quant à savoir si les autorités suisses envisagent d'utiliser elles aussi la nouvelle méthode d'analyse...

 

Commentaire:

Les défenseurs des Droits vont adorer ! 

Choisir d'empêcher un acte terrorisme plutôt que d'arrêter le coupable une fois l'acte commis est un choix de société.
 

 

 

Par gilles.huvelin le 13/10/17
Dernier commentaire ajouté il y a 3 jours 23 heures

Ce billet qui n’est pas que d’humeur est la suite du précédent intitulé : « L’avenir de la profession en clair ». J’aurais pu donner pour titre à celui-ci : « L’avenir de la profession en sombre ». Aujourd’hui, je voudrais faire tomber un bon nombre de tabous, rien que pour constater le silence assourdissant que cela va produire, au même titre d’ailleurs que l’article précédent.

On y va.

J’ai déjà dit mon émerveillement devant la capacité que des confrères ont de participer dans les colloques traitant de sujets à la mode, de publier parfois en quantité, d’avoir une fonction élective dans nos institutions,d'exercer un sport ou un art, de militer dans une ou plusieurs associations de défense des droits, ou syndicat, et parfois tout cela en même temps, en ajoutant une activité sur les réseaux sociaux, commentant leurs sorties. Certes, certains d’entre nous dorment peu, juste 4 heures, nous ne sommes pas tous égaux et nous ne disposons pas tous de la même capacité de travail. Reste, pour le commun des mortels que 7 h de sommeil est la règle minimum, pour 12 heures de travail quotidien plus des empiétements sur le week-end, auxquels s’ajoutent une vie de famille. Je veux bien tout ce qu’on m’expliquera sur la capacité de disponibilité dans un métier où plus on en fait et plus on peut en faire, mais je crois aussi qu’il y a d’un côté des gérants de Cabinets, des avocats dont la mission est de gérer un carnet d’adresses, des confrères qui sont avocats sur leurs cartes de visite, et ceux qui sont au charbon avec un passeport pour le burn out.

Ces derniers à qui personne ne demande leur avis, sauf pour ne pas en tenir compte ou l’éluder, forment les bataillons d’abstentionnistes à chaque élection professionnelle ou constituent la base d’un vote protestataire contre des institutions de plus en plus éloignées de leur quotidien, donnant par ailleurs un porte-voix à une "élite" hors sol.

On voit bien la distance entre ceux qui représentent des Cabinets dans les réunions et ceux qui travaillent pour ces structures d'exercice d'importance ou de niche et la rupture d'avec les libéraux indépendants individuels. La séparation est cruellement consommée.

Force est de remarquer que le gentil confrère souriant, attentif, candidat plein de bonne volonté, est devenu un MCO ou élu au CNB qui s'est fait phagocyter rapidement. Outre le travail en commission et la lecture de nombreux rapports dont les conclusions sont soumises à des débats clivants, nos élus sont happés par des sujets sociétaux stratosphériques qui laissent pantois leurs électeurs. Leurs activités bénévoles et chronophages leur laissent peu de temps pour un métier que nous savons tous, dévorant ; de sorte qu’ils ne peuvent guère avoir de recul sur leurs travaux ni le temps pour une remise en cause qui leur parait superfétatoire de leur fonction autant que de celle de l’institution à laquelle ils participent.

Quant à l’idée que chaque institution ne doit pas aller sur les plates-bandes de sa voisine, ce n’est pas encore ancré dans des esprits parfois carrieristes et syndicaux. Le déchirement de la profession y trouve ses sources aggravées par la fin de l’unicité du Barreau au delà de ce que j'ai dit plus haut. La spécialisation et même l'hyper spécialisation a eu un effet centrifuge.Les clubs sportifs du Barreau n'étant pas la panacée pour améliorer les choses. Les commercialistes ne fréquentent pas les civilistes, pas plus que les publicistes, et réciproquement, tandis que les pénalistes laissent paraître qu’ils forment un Barreau à part de tous les autres confrères en leur laissant croire qu'ils les considèrent comme des larves laissant d’autant plus indifférent que les feux de la rampe ne les atteindront pas. On ne passe pas entre les stars et la lumière. Je force le trait, ce n’est même plus de la caricature me direz-vous. Sauf que n’ont grâce dans le métier que ceux qui pensent comme les médias et inversement, sachant que seul le bon ton lénifiant d’idées dogmatiques sur les Droits et l’Etat de droit est seul permis comme seul le bon mot avait cours à Versailles sous Louis XVI, à peine d’excommunication, sauf rares protections médiatiques parcimonieuses. Une part de notre Barreau exerce une forme de terrorisme intellectuel de bon aloi, donc de gauche, voire d’extrême gauche. Ce ne serait que drôle si en définitive, ne se préoccupent plus du sort du métier et de ses institutions que de petites coteries de cour de quelques milliers de personnes se répartissant entre conservateurs bornés, modernes indigents ou présomptueux et des défenseurs de prés carrés, ensemble d’où partent des attaques malveillantes contre notre Bâtonnier à qui quelques-uns reprochent d’avoir tenté de réformer le mode de pensée du métier, le fonctionnement de l’Ordre, tout en défendant nos valeurs cardinales, sans laisser faire n'importe quoi à quiconque. Pardon aux rares intelligences et esprits brillantissimes qui ne font pas partie du marigot sus décrié tout en se dévouant pour la profession aux dépens de leur Cabinet et de leur vie personnelle ; ils se reconnaitront. Je les salue bien bas et les en remercie.

Tout cela est sans intérêt, sauf comme je le fais, pour me faire des amis, si la profession ne se donnait la mort avec entrain. Je passe sur quarante années pendant laquelle elle a,, chronologiquement ou pas, nié que nos Cabinets étaient des entreprises, nous a interdit de nous rendre chez nos clients, de faire de la publicité et du démarchage, de se constituer en société commerciale, de travailler en entreprise, toute chose pour lesquelles il existe encore des réticences. Dans le droit fil de cette ringardise l’interdiction de constituer des structures professionnelles d’exercice avec les Commissaires aux Comptes, sachant qu’ils sont aussi experts-comptables, ce qui revient à vider la réforme de son objectif, toujours au nom des grands principes et de la déontologie car c’est toujours comme cela que nos instances guère représentatives en définitive se sont opposées à tout. Laissons la liberté de leur choix à ceux qui veulent entreprendre. Une pensée en passant à notre Confrère Arnaud LIZOP ! Les anciens Bâtonniers et les AMCO qui n'ont eu de cesse de lui mettre les bâtons dans les roues lorsqu'il a créé AVOCAP se reconnaîtront. Merci à ceux qui depuis lui ont prodigué leur soutien....tout en maintenant la "Pépinière" ou son avatar sans autre objectif que de lui laisser un caillou dans la chaussure et plus encore sans doute pour ne pas désavouer ce que leurs prédécesseurs ont commis...Insupportable démarche intellectuelle que de considérer que ce qui ne vient pas de l'Ordre est un désordre. Heureusement ce temps semble s'amender.
Le combat actuel est la négation du marché du droit comme un marché de prestations de services malgré l’affirmation de Bruxelles qui ne veut plus entendre parler de monopoles ou de privilèges corporatifs tout en nous poussant à accepter d’être aussi avocat en entreprise, ce qui se fait ailleurs en Europe depuis belle lurette.

Si nous affichons 60 000 avocats sur le papier en France, je fais remarquer qu’un bon nombre devraient être omis faute d’exercer le métier du tout, ou peu, puisque rien qu’à Paris 10 000 confrères n’ont pas assez de revenus professionnels pour que l’Ordre leur demande de payer leur cotisation. La réalité est donc que le marché du droit ne répond pas aux besoins d’activité de toute la profession et que parallèlement des entreprises commerciales viennent en concurrence frontale.

Je passe sur les confrères qui ont une mission permanente indispensable auprès de l’Ordre à plein temps et sont en réalité des juristes d’entreprise au même titre que les juristes des Caisses Sociales sont des avocats en entreprise qui plaident régulièrement devant les juridictions de première instance. Que dire des représentants syndicaux qui exercent bel et bien notre métier ?

En résumé notre statut craque de partout et le numérique impose un marché commercial du droit que Bruxelles entend dérégulariser. On peut s’y opposer mais pour cela il faut s’en donner les moyens intellectuels et matériels. Il faut avoir un modèle économique, reprendre la défense des plus démunis à notre seule charge, et séparer clairement l’activité judiciaire, du juridique…autrement dit, revenir à ce qui se faisait avant la loi de 1971, le numérique en plus.

On peut ne pas être d’accord sur cette conclusion, et j’attends vos commentaires ci-dessous, qui ne manqueront pas d'animer et d'éclairer nos élections professionnelles du mois de Novembre.

"Représenter les avocats n'est pas un jeu de pouvoir mais un devoir d'entraide au service de l'intérêt général" serait un excellent thème, mais pas seulement.
J'ajoute à la suite d'un échange à propos de cet article avec notre confrère Jean-Pierre Grandjean qui ne partage pas mon point de vue, que les visées de Bruxelles pour une dérégulation du marché du droit pourrait bien faire que l'adhésion à un Ordre ne pourrait plus concerner que les avocats consacrés au judiciaire, les autres pratiquant le commerce du droit n'y aurait pas d'obligation. En définitive même pour l'activité judiciaire l'adhésion à une Ordre pourrait être qu'une forme de label. A y bien réfléchir...Les labels pourraient être délivrés aux adhérents de nos actuels syndicats. Je ne doute pas du coup de leur tentation. ..et de trouver là une nouvelle force centrifuge de désagrégation de nos institutions, à laquelle en définitive beaucoup semblent consciemment ou pas concourir à leur perte.

Par gilles.huvelin le 10/10/17
Dernier commentaire ajouté il y a 1 semaine 3 heures

Quel sera le modèle économique d'un marché commercial numérique juridique et judiciaire ?
Revenons un peu en arrière pour mieux nous projeter dans notre avenir professionnel proche. Nous avions deux fois plus de dossiers à traiter et nous étions tous généralistes. Le droit était affaire de professionnels peu nombreux qui se connaissaient. Les brebis galeuses étaient connues de tous et l'entourloupe exclue car le renvoi d'ascenseur immédiat. Nous avions le temps de déjeuner à la buvette du Palais et les fast food n'avaient pas pris la place des restaurants. Pas de téléphone portable ni tablettes, le courrier postal était bien assez rapide et fiable. Nous disposions de personnel, secrétaires, dactylos, standardiste, clerc d'audience chargé des écritures et clerc du Palais, d'Aide-comptable alors même que la TVA ne nous été pas encore imputable. Nombre de confrères ne manquaient pas en semaine d'aller à une exposition, une vente à Drouot, ou suivre une course hippique...
En deux décennies, tout le monde a basculé dans l'activité dominante puis la spécialité voire l'hyper spécialisation.
Le responsabilité du Barreau face à cette dérive due à l'inflation des textes autant qu'à une jurisprudence legislative, notamment dans le droit du travail, est patente.
Puis depuis 20 ans, les effectifs de la profession ont explosé alors que l'économie ne cesse de ralentir. Nous sommes en stagflation depuis plus de 10 ans. L'augmentation du chiffre d'affaires globale de la profession ne profite qu'aux grosses structures d'exercice selon le modèle anglo-saxon en général. C'est comme l'augmentation du PIB d'1,8% qui nous est annoncé. Il est le fait des entreprises du CAC 40. Pas que mais je suis polémiste pour faire remarquer la captation de l'économie.
Le nombre de procédures de fond à diminué de 60% en un plus d'une décennie au Tribunal de Commerce de Paris. Ce qui est aussi largement la conséquence de la fusion des opérateurs économiques, des compagnies d'assurance et des Banques.
Parallèlement les outils informatiques ont révolutionné le travail des Cabinets. Les avocats tapent leur courier qui sont devenus de simples mails, leurs actes et conclusions, et font leur café tout seul. Ils ont des robots pour standard encore que vous ne pouvez plus joindre qui que ce soit au téléphone et la buvette du Palais est devenu un lieu de stockage d'archives: qui a encore le temps de déjeuner ? Beaucoup d'avocats partaient deux mois l'été, puis ils fermaient leur Cabinet "que" le mois d'août, je n'en connais pas qui partent maintenant plus de quinze jours.
Les journée de travail devenues intenses et stressantes se sont allongées, les week-end sont souvent amputés. L'externalisation des tâches est la règle. Soyons francs depuis la fin des années 70, le métier est incontournablement un métier à plein temps au sens premier du terme. Sauf à gérer un Cabinet ou un carnet d'adresses plutôt que d'exercer, faire autre chose que son métier revient à menacer son activité durablement.
Les Cabinets les plus importants ne faisaient que des fusions, des absoprtions et méprisaient le contentieux, ignorant le judiciaire. Puis, la situation économique ayant basculé ils se sont emparé du contentieux et sous couvert de modernité, ont affirmé que le judiciaire, c'est fini, place à la médiation et au clic sur le mulot pour toute les procédures. Pour l'heure ces Cabinets délaissent le recouvrement qui implique de maîtriser le judiciaire. En plus les marge se sont effondrées rendant ce domaine d'activité moins attractifs que les nouveaux parmi lesquels la fameuse "compliance" découlant de la poursuite de la complexification devenue mondiale du droit qui frappe les entreprises.
Cette fuite en avant des Cabinets d'avocats de structures anglo-saxonnes est la conséquence d'une baisse des prix induit par la baisse des coûts de production de la prestation de services, aggravée par une concurrence accrue, la perte évidente également du prestige de l'avocat dans la société, comme il en est pour le médecin et d'autres professionnels libéraux que nos politiciens d'ailleurs détestent car pour eux le monde du travail se divise en deux, les fonctionnaires qui peuvent faire grève d'un côté et de l'autre les salariés.
Il y a deux conséquences visibles immédiatement: la paupérisation de la profession. 30% de nos confrères parisiens sont dispensés de payer leur cotisation ordinale et 30% de membres de notre Barreau sont des collaborateurs libéraux.  Ces deux tiers ne se confondent pas. Par ailleurs l'unité de la profession n'existe plus. Il y a d'un côté les pénalistes qui seront appelés d'ailleurs à se regrouper massivement, de l'autre les grosses structures d'exercice, et le reste qui est déjà passé par pertes et profits, puisque seule la macro-économie du métier est une approche statistique concevable.
Le numérique nous est annoncé comme notre avenir. Fintechs, plateformes, prédictivité, banques de données, cloud, blockchains et coffre-forts virtuels, le digital est partout mais bientôt il n'y a aura plus que cela. On nous le dit partout et tout le temps depuis cinq ans mais de plus en plus fréquemment et de façon plus urgente et pressante.
Cela s'inscrit dans l'alignement de notre droit sur la modèle anglo-saxon dont nous absorbons les pratiques dans la perspective de la constitution d'une plaque économique tectonique absorbant l'Amérique du Nord et l'Europe.
Donc l'exploitation du marché du droit dans cet ensemble sera commercial et doté d'une grande profession du droit soumis à la dérégulation en réalité parce que c'est l'objectif de Bruxelles. Et cette perspective est inscrite dans la révolution numérique.
Mais vous avez remarqué que les colloques éludent toujours le modèle économique de la profession découlant du choix d'une industrie commerciale numérisée du droit et de la justice.
Le seul modèle pertinent qui s'offre à nos yeux est celui des chauffeurs de taxi à Paris.
Fini, bien sûr, les princes russes des années vingt puis des artisans qui connaissaient Paris comme leur poches et qui savaient vous emmener en sachant où étaient les travaux et à quelle heure il fallait éviter une rue. Ça c'était avant les couloirs de bus. Je passe sur une période de nullités professionnelles imposées par la Préfecture au grand' damme de la profession. Maintenant nous avons deux compagnies de taxis et des uberisés collés à leur GPS. La profession rapportent à ceux qui l'exploitent ou la dirigent dans des bureaux.
C'est ce qui nous attends. Déjà les avocats travaillent isolés chacun devant son écran. Pendant ce temps à longueur d'année nous voyons pérorer une poignée d'happy fews de sénacles dans tous les séminaires, conférences et colloques (le symposium se fait plus rare) qui nous expliquent ce que nous faisons déjà mais pas comment ils vont, à terme, exploiter le marché du droit...Entre-nous soit dit, chapeau bas, je ne sais pas comment ils trouvent la disponibilité avec un métier aussi exigeant que le nôtre.
Toutes les procédures seront sur le modèle de la procédure devant le T.A.. Nous ne verrons plus le juge. Nous ne plaiderons plus. Nous ne verrons plus les clients. Tout sera dématérialisé. C'est ce que veut Bruxelles et c'est déjà décidé.
Seules les structures qui auront réuni les moyens exploiteront le marché du droit à leur seul profit avec ceux, pas tous avocats, qui sont actuellement sur les estrades à raconter les outils numeriques...qui vont leur permettre exploiter la profession juridique dérégulée pour chaluter le marché, mais ça, le fameux modèle économique, on ne nous en parle pas.
On nous parle de management horizontale et qualité de la vie personnelle en rapport avec la vie professionnelle, pour l'emballage.
En fait demain pour le métier ce sera "soleil vert" de Fleisher. Qui sera sur les tractopelles et qui sera sous la bulle en verre avec de l'air filtré au milieu des petites fleurs ?
Est-ce que ce sera vous ?
Pensez-y en votant au mois de Novembre aux élections professionnelles si vous ne voulez pas dans 5 ans vous retrouver devant les tractopelles et ne pas voir notre serment amputé du mot "humanité."
Les avocats sans robes de demain ne sont que des avocats qui se dérobent aujourd'hui face au débat de fond.
Il faut obtenir les moyens juridiques et matériels permettant à 75 % des confrères qui ne font pas partie des grosses strutures, de se regrouper pour le défi annoncé et s'approprier l'évolution du numérique. Seule cette solution permettra de maintenir de fait le rôle de l'avocat dans les principes fondateurs de la profession face à des praticiens uberisés dans un marché du droit capté et asservi par ceux qui auront seuls les moyens matériels de s'en emparer.
Le choix est le suivant: le commerce du droit ou rester avocat.
Être les esclaves des acteurs du marché ou non.
L'avenir de notre profession se joue au mois de Novembre.

« Le désintéressement, l’humanité, l’oubli de soi, c’est d’abord pour cela que l’on devient avocat »
AttiasDominique

Pourquoi allez- vous le rester à l'heure du numérique dans le marché commercial du droit dérégulé ?

Réponse dans les urnes ?

Par gilles.huvelin le 09/10/17
Dernier commentaire ajouté il y a 1 semaine 20 heures

Une relation me confie que le médicament indispensable qu'elle achète sur prescription médicale en France 17 euros, elle le paie 9 euros au Portugal. La différence entre les deux pays ?  Au Portugal il n'y a pas de Sécurité Sociale.
Pas de questions de la mediasphère. Le mondial du foot, c'est plus important
Un rapport scientifique incontesté  déposé au printemps, ce que l'on nous a caché, auprès de l'Agence de la Santé dénonce les effets de l'aluminium et son absence d'inocuité. Une idée établie est tombée: ce n'est pas une question de quantité. Or sur de petits enfants, dont le système immunitaire n'est pas achevé, la campagne de vaccination contre 11 maladies est toujours programmée à partir du mois de janvier prochain. Si les conclusions du rapport sont connues, le rapport lui même n'a pas été révélé. La Presse est taisante et ne pose pas de question. Parler des " mouvements sociaux" qui font "psssicht", c'est plus important.
Il a filtré pendant une journée que 50 médicaments anticancéreux bien qu'onéreux et remboursés sont sans effets. Et après, pourquoi voulez vous que les journalistes ne lâchent pas le sujet ? 
Le nouveau Levothyrox est un pur scandale et la gestion du retour nécessaire de l'ancien autant que sa mise à disposition en est un autre. Après quelques vagues médiatiques psychanalytiques les médias laissent tomber un pesant silence sur la situation de plusieurs millions de malades dépendants de ce médicament.
Depuis plus de 25 ans, "on" nous a dit que la graisse est à proscrire et que le sucre, c'est bon, puis "on" s'est aperçu que le sucre n'était pas aussi bon que les industriels le pensaient. Reste que les mesures d'allègement de la quantité de ces composants au même titre que le sel dont on ne parle plus des effets ne sont pas une action de nos "autorités" la plus dynamique pour utiliser un euphémisme. Coup de tonnerre ce matin, le gras c'est devenu bien à condition de privilégier toutefois les graisses végétales et le sucre que l'on trouve dans beaucoup d'aliments  (céréale, riz, féculents...) doit être évité.
Cela résulte d'une enquête qui a duré un quart de siècle sur plus de 35000 personnes dans 38 pays si j'ai bien suivi.
On reparlera-t-on demain ? Il faudrait parler des produits alimentaires transformés et de l'absence d'action de l'État notamment sur une question majeure de Santé publique.
Reste le Diesel que l'Etat a favorisé pour le combattre mollement par la suite sans vouloir l'éradiquer malgré 40 000 morts par an du fait de la pollution atmosphérique, en faisant tout pour interdire de fait les voitures de rouler à Paris au lieu d'interdire les moteurs diesel progressivement comme Tokyo y est parvenu en 10 ans !
Quant à avoir des espaces verts dans Paris...plutôt bétonner et si possible de plus en plus haut.
A quoi ça sert d'avoir une agence du Médicament, une agence de la Santé, un ministère de la Santé, un de l'Environnement, et des journalistes ?
Les organisations des droits de l'Homme s'occupent de quoi au juste ?
L'Ordre des médecins ? Le défenseur des droits se préoccupe de quoi aussi ?
Le droit à la Santé, qui le défend ?
Et cerise sur le gâteau...on apprend maintenant l'homéopathie est un placebo ! Au moins, si cela ne peut pas faire de mal, cela n'est pas remboursé par la Sécurité Sociale.

Par gilles.huvelin le 29/09/17
Dernier commentaire ajouté il y a 2 semaines 4 jours

Au moins Mélanchon et Édouard Philippe sont d'accord sur le fait que le pays va mal. Je dirai, très mal après avoir entendu que la dette représente 94% du PIB et le coût des intérêts chaque année de 40 milliards, soit le budget de la défense nationale. Avec un déficit de 3%, nous sommes à la merci d'une remontée des taux d'intérêt. Tout le monde le sait, mais tout le monde continue à demander plus d'argent et de déficit. Combien de fois il faudra encore répéter depuis Michel Rocard alors Premier Ministre, que les caisses sont vides ?
Ce qui n'a pas été dit c'est que notre économie est en panne avec une légère inflation et que la relance économique ne peut pas être keynésienne. C'est tout le problème. Nous ne pouvons pas faire fonctionner la planche à billets, ni continuer à faire du social avec un continuel déficit. Relancer l'économie ne peut se faire qu'en ouvrant de nouveaux marchés. C'est le but du lancement de CAP21 et de la digitalisation, du développement de l'intelligence artificielle de la société. La reconversion de l'industrie vers ces marchés nouveaux qui demarrent trop lentement et n'arrive pas assez vite pour relayer l'effondrement plus ancien et rapide des marchés traditionnels tandis que la recomposition des zones d'échange économique est en retard. Notre marge de manoeuvre réside uniquement dans plus d'efficacité avec  moins de moyens. Et ça, ce n'est toujours pas compris. C'est d'autant plus difficile à faire admettre que les réformes qui n'ont pas été entreprises depuis 1974 nous ont laissé maintenant  exsangue, contraignant à un effort d'autant plus exigeant et donc insupportable.  La quadrature du cercle réside dans le fait que la nécessité d'investissements publics n' est plus possible. Les investisseurs seront donc étrangers. Tout un dispositif fiscal et d'amnistie fiscale  doit conduire au retour des exilés fiscaux. Cela passe par moins d'impôts.
L'équation est simple: moins de dépenses, moins d'impôts, moins de fonctionnaires, moins de service publique et plus compliqué encore, un changement de mentalité=un début de relance qui s'accélérera en se cumulant si les efforts ne ralentissent pas. Si on pédale moins vite dans la montée on s'arrête...
Il faudra moins de charges pour plus de compétitivité et si on peut augmenter en conséquence les rémunérations ce sera d'autant plus de pouvoir d'achat pour relancer la consommation et de l'épargne pour investir. Pas évident à court terme. Ménager tout le monde conduit toujours au dérapage. Il faut une ligne forte et la tenir.
Dans le 23ième pays le plus corrompu de la planète qui a la 24ième Capitale la plus sale du monde, il faut commencer par les fondamentaux.  Rétablir le respect de l'ordre public au quotidien. Il y a fort à faire après des décennies de laxisme.
Exemple: Après une longue campagne de communication pour sensibiliser une population qui crachent par terre sans s'en rendre compte et jette n'importe où ses détritus pour des raisons culturelles, il a été  promis 68 euros d'amende par incivilités parmi lesquelles on compte les jets de mégots sur le sol. Résultat ? Le caniveau le plus rempli de mégots que j'ai pu voir est celui de la rue Cambacérès, le long du Ministère de l'Intérieur, où il y a des caméras partout et des patrouilles de policiers ou de gendarmes à pieds et en voiture.
Les droits ne sont plus dans l'application de la loi mais dans la foi dans l'Homme, ce qui en dit long sur le dogmatisme non seulement de ses militants mais aussi dans l'incapacité des pouvoirs publics de réprimer la violation de la loi même la plus basique: on ne pisse pas partout et on ne vide pas les cendriers des voitures par terre. Sauf que la répression par une simple amende est inefficace. Il faut avoir le courage de prendre des mesures de contrainte. Mais en France dès que l'on parle de sanction prompte et effective, et donc d'efficacité, on porte atteinte aux droits.
Nous sommes encore dans des dérives d'une autre époque. Exemple les jeux olympiques à Paris dont personne ne veut plus ailleurs parce que c'est toujours financièrement une boîte de pandore dans laquelle les risques de prévarications ne sont pas non plus à exclure. On a prévu 6,6 milliards d'investissement, le reste n'est pas chiffré et de toutes les façons les politiciens qui auront d'ici 2024 passé les marchés auront laissé la patate chaude à leurs successeurs car nous n'avons pas le 1er euro ne serait-ce que des 6,6 premiers milliards pour la simple raison est que tous les budgets sont deficitaires, municipal, régional, étatique.
Alors imaginer Paris propre et sûre d'ici là...il faudrait rétablir la peine du pilori en  prévoyant le premier déjà Place des Saussaies si on veut pouvoir manger par terre et voir les femmes se promener seules là nuit avec leur sac à main ouvert comme à Singapour.
Autrement dit vous l'avez compris, il va falloir travailler plus pour gagner proportionnellement moins et prévoir de distribuer à nouveau des coups de pied aux fesses pour faire changer les comportements.  Ce qui implique une révolution copernicienne dans les procédures administratives aussi. Pensez qu'il faut 5 à 8 jours à Paris pour voir enlevé un dépôt d'ordures signalé car il est dans un abri piéton au milieu d'un boulevard et que ce n'est pas le même service de voirie que celui qui nettoie les trottoirs qui pourrait s'en charger. Bien sûr les agents de la voirie ne signalent rien car ce n'est pas à eux de faire un signalement. Bien entendu les ordures reviendront aussi vite car ils sont déposés par des vendeurs qui ne sont même plus à la sauvette dans la Capitale: ils ont, de fait, des emprises sur les trottoirs que les pouvoirs publics (si,si, ça s'appelle comme cela) sont incapables de réprimer.
J'ai pris un exemple simple. Imaginez le reste pour des questions un poil plus complexe au niveau d'un ministère ou d'un groupement de collectivités territoriales. Là où en Allemagne le problème est réglé en trois ou six mois, ce qui est déjà scandaleux, il va falloir trois ans ici.
Vous avez compris la révolution intellectuelle que nos administrations et d'abord nos politiciens doivent opérer dans leur mode de pensée bien avant 2024...
J'ajoute que d'ici là une part importante des salariés qui occupent des places pour lesquelles est requis d'avoir fait des études jusqu'à Bac + 2 seront en grande partie remplacés par des robots. Nous aurons donc un défi social à relever dont on n'a pas encore vraiment réfléchi en termes de redistribution des marges avec en plus des populations rarement formées dont il faut bien tenir compte, passant d'un continent à l'autre.
Ceci dit on ne peut pas dire que le Conseil de l'Ordre du Barreau de Paris puisse donner des leçons en terme de révolution idéologique, de management et d'objectifs.
En conclusion, je suis raisonnablement pessimiste sur notre capacité à ne pas nous retrouver dans la situation de la Grèce en 2025.
Dernière information sur Paris: il a fallu que les rats arrivent dans le 17ième arrondissement pour que "Le Parisien"le signale et que l'Hôtel de Ville passent à la vitesse supérieure dans la lutte contre les rongeurs:
https://www.leparisien.fr/paris-75005/les-rats-sont-entres-dans-paris-26...

Par gilles.huvelin le 25/09/17
Dernier commentaire ajouté il y a 3 semaines 19 heures

Philomène, 5 ans, revient de l’école.
Elle a eu sa première leçon sur les bébés.
Sa mère, très intéressée, lui demande :
« Comment cette leçon s’est-elle passée ? »
Philomène répond :
Paul a dit que son papa l’a acheté à l’orphelinat.
Amine, ses parents sont allés l’acheter à l’étranger.
Christine, elle a été faite dans un laboratoire.
Pour Jean, ses papas ont payé le ventre d’une dame.
Sa mère répond en riant : « Et toi, qu’as tu dit ? »
- Rien, je n’ai pas osé leur dire que mon papa et ma maman sont tellement pauvres qu’ils ont dû me faire eux-mêmes.

Par gilles.huvelin le 24/09/17
Dernier commentaire ajouté il y a 3 semaines 2 jours

Le CNAM et l'université (www.univ-paris13.fr )  dans l'amphithéâtre  11 -Jean Prouvé ont tenu un colloque jeudi dernier sur les robots humanoïdes. Faut - il légiférer dessus ? Stephen Hawkins nous promet que les robots seront autonomes, intelligents, et qu'ils pourront bien dominer notre société. Notre confrère Alain Bensoussan suggère non seulement d'y réfléchir mais aussi de se doter d'une législation pour encadrer cette évolution. Universitaires et ingénieurs ont fait le point. Un anthropologue a rappelé que les hommes ont toujours donné aux dieux  des figures humaines ou d'animaux connus. Les masques des sorciers ou les totems ne font pas exception. Les premières voitures empruntaient la forme des coches et diligences et les premiers avions celle des oiseaux. Il est donc normal que nous demandions aux robots appelés à partager nos vies de nous ressembler un peu et parfois aujourd'hui beaucoup, réserve faite du droit des dessins et modèles et du droit à l'image. Reste qu'unanimement les intervenants ont démontré ou témoigné les limites actuelles des robots. Ils ne sont pas autonomes du tout. Le fait qu'ils peuvent exécuter des tâches de plus en plus complexes ne sont cependant  que des tâches d'exécution qui sont encore souvent dans le domaine des prestations de service à la personne limitées. L'aide a l'élaboration d'une décision de justice est ici encore très peu performante.
Certes et pour exemple, les cartes à puce les plus sophistiquées ne peuvent plus être réalisées par un humain et la description complète de la plus moderne n'est contenue actuellement que dans un seul cerveau humain et demain ce ne sera même plus concevable. Nous sommes à  la croisée des chemins dans le domaine de la mémoire assistée . Déjà l'exécution de travaux par des robots nous est indispensable dans beaucoup de domaines. Nous pourrons leur demander plus lorsque nous aurons accès à des ordinateurs quantiques à mémoire photonique. Leur capacité de calcul vont exploser et leur vitesse passera de celle du son à celle de la lumière. Mais quid de la conscience qui sépare l'homme de la machine ?  D'abord nous l'avons nié aux autres mammifères par mépris, facilité et confort intellectuel. Nous savons aujourd'hui par leur fréquentation sociale habituelle autant que par l'observation scientifique que les animaux ont conscience d'eux - même et des autres. Nous sommes  bel et bien des animaux nous - mêmes. Nous sommes parvenus en ce qui concerne les robots à  leur donner des récompenses pour des résultats de choix conforme à nos objectifs programmés.  Bien sûr il s'agit d'un programme qui intègre l'octroi de récompense en terme d'énergie par exemple ou de nouveaux accès pour un résultat conforme à un modèle préétabli de mode de pensée dans un cadre d'objectifs prédéterminés. On a bien compris que tout est donc artificiel et que le robot n'a aucune autonomie. On se fait plaisir en canalisant l'activité du robot par des "barrières programmées infranchissables" mais en réalité l'activité est entièrement programmée, c'est à dire écrite, il n'y a donc pas lieu à une vraie récompense répondant à un effort particulier. Une récompense pour un choix incontournable et donc un leurre pour un spectateur idiot.  Nous sommes en  ce qui concerne les robots qui plus est humanoïdes dans un total abus de langage pour vendre autant les programmes de recherche que le produit. A commencer par les mots "intelligence artificielle" qui associés sont encore du domaine de la science- fiction.
Le jour est arrivé où comme les grands singes, les robots sont capables de faire le tri entre des photos de différents animaux. Au moment de classer son portrait le singe classe généralement celui-ci avec ceux des humains. Les robots le font non pas par identification mais parce qu'ils sont programmés. Il n'est donc pas utile de créer un nouveau régime de responsabilité pour les robots, pas plus que pour les ordinateurs ou autres  objets. La perspective est que les humanoïdes seront loués ou vendus à des utilisateurs soumis à un régime d'assurance obligatoire comme le sont les automobilistes. Pour le reste à venir, donnons - nous le temps. Ce qui est certain, c'est que nous donnerons par fainéantise et facilité autant que par recherche du moindre coût, toujours plus de place aux ordinateurs et aux humanoïdes. C'est une révolution sociale qui est en marche. D'ores et déjà la prospective admet que les personnes dotées de diplôme jusqu'au niveau bac + 2 inclus, seront au chômage. Autre perspective, le formatage et la normalisation des prestations robotisées, ce qui aura pour conséquence un impact encore plus important du mode de pensée dominant et surtout sur le mode de vie de chacun. Vous avez aimé Orwell avec 1984 ? Vous allez adorer Soleil Vert de Fleischer. Il n'avait cependant pas imaginé que les tractopelles fonctionneraient automatiquement...

Par gilles.huvelin le 20/09/17
Dernier commentaire ajouté il y a 1 semaine 3 jours

[Brèves] Modulation des honoraires de l'avocat en fonction de son humeur à l'égard de son client : rappels déontologiques

Ref. : CA Aix-en-Provence, 5 septembre 2017, n° 16/07208 (N° Lexbase : A7565WQA)

par Anne-Laure Blouet Patin

Un avocat ne peut pas faire dépendre ses honoraires de son humeur à l'égard de son client. Il a l'obligation d'informer préalablement celui-ci des modalités de fixation de ses honoraires. Il ne peut pas, dans un premier temps réclamé une certaine somme ; puis devant le refus du client de régler cette somme et la mise en cause de sa responsabilité devant le Bâtonnier, réclamer un honoraire nettement supérieur ce dont il n'a informé son client que par courrier, plus d'un an après la dernière décision rendue dans les procédures où il était intervenu. Tel est l'utile rappel opéré par la cour d'appel d'Aix-en-Provence, dans un arrêt rendu le 5 septembre 2017 (CA Aix-en-Provence, 5 septembre 2017, n° 16/07208 N° Lexbase : A7565WQA).
Dans cette affaire, en limitant ses honoraires aux sommes facturées, l'avocat a tenu compte d'un ensemble de paramètres, dont ses relations de confiance avec le client, sur lesquels il ne peut revenir sans que le client en ait été préalablement averti. Si le client avait pu imaginer le montant d'honoraires qui lui serait réclamé alors qu'il n'avait reçu que des factures raisonnables pour les actes déjà effectués, il n'aurait sans doute pas accepté de continuer à confier ses intérêts à l'avocat. En revanche, selon la cour, les sommes facturées correspondent à une juste rémunération au regard du nombre de procédures dans lesquelles l'avocat est intervenu (cf. l'Encyclopédie "La profession d'avocat" N° Lexbase : E4918E4W).

 

===============================

 

OUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE

Oppositions à taxe

ORDONNANCE SUR CONTESTATION

D'HONORAIRES D'AVOCATS DU 05 SEPTEMBRE 2017

N°2017/342

Rôle N° 16/07208

Philippe Y

C/

Denis Z

Grosse délivrée

le :

à:

Me Maurice FAGOT

Me Laurent CHARLES

Décision déférée au premier président de la Cour d'appel :

Décision fixant les honoraires de Mr Denis Z rendue le

23 mars 2016 par le bâtonnier de l'ordre des avocats de Marseille.

DEMANDEUR

Monsieur Philippe Y

MARSEILLE

représenté par Me Maurice FAGOT, avocat au barreau d'AVIGNON

DEFENDEUR

Monsieur Denis Z

MARSEILLE

représenté par Me Laurent CHARLES, avocat au barreau de MARSEILLE

*-*-*-*-*

DÉBATS ET DÉLIBÉRÉ

 

L'affaire a été débattue le 07 juin 2017 en audience publique devant

Madame Geneviève TOUVIER, présidente,

déléguée par ordonnance du premier président.

Greffier lors des débats : Madame Jessica FREITAS.

Les parties ont été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe
le 05 septembre 2017.

ORDONNANCE

Contradictoire,

Prononcée par mise à disposition au greffe le05 septembre 2017

Signée par Madame Geneviève TOUVIER, présidente, et Madame Jessica FREITAS, greffier auquel
la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.

***

EXPOSE DU LITIGE

Par ordonnance en date du 23 mars 2016, le bâtonnier de l'ordre des avocats au barreau de Marseille
a fixé à la somme de 3.300 euros TTC les honoraires dûs par Monsieur Philippe Y à Maître
Denis Z .

Par lettre recommandée avec avis de réception expédiée le 7 avril 2016, reçue et enregistrée le 12
avril 2016, Monsieur Philippe Y a formé un recours contre cette décision dont il a reçu
notification le 24 mars 2016.

A l'audience, Monsieur Philippe Y a repris ses conclusions aux termes desquelles il
sollicite :

- l'infirmation de l'ordonnance du bâtonnier ;

- qu'il soit dit que Maître Z ne peut plus réclamer aucun honoraire, dès lors que le bâtonnier
n'a pas statué dans les quatre mois de sa saisine par l'avocat ;

- subsidiairement, qu'il soit dit qu'aucun honoraire n'est dû à Maître Z ;

- la condamnation de Maître Z au paiement de la somme de 3.600 euros au titre de l'article 700
du code de procédure civile ainsi qu'aux dépens.

Maître Denis Z a repris ses conclusions aux termes desquelles il sollicite :

- le réformation de l'ordonnance déférée ;

- la condamnation de Monsieur Y à lui payer la somme de 15.000 euros au titre de ses
honoraires sous déduction de la somme de 3.300 euros déjà réglée ;

- subsidiairement, la confirmation de l'ordonnance déférée et la condamnation de Monsieur
Y à lui payer la somme de 3.300 euros au titre du solde de ses honoraires, étant précisé que

cette somme a déjà été réglée ;

- la condamnation de Monsieur Y à lui payer la somme de 3.600 euros au titre de l'article 700
du code de procédure civile ainsi que sa condamnation aux dépens.

Il est fait référence aux écritures susvisées des parties pour l'exposé de leurs moyens.

MOTIFS DE LA DECISION

Les éléments du dossier ne font pas apparaître d'irrégularité du recours principal lequel sera déclaré
recevable. Le recours incident de Maître Z est également recevable.

1- sur la recevabilité de la demande de taxation d'honoraires

1-1- au regard de l'article 175 du décret du 27 novembre 1991

En application de l'article 175 du décret n°91-1197 du décret du 27 novembre 1991, le bâtonnier
saisi d'une contestation d'honoraires d'avocat doit rendre sa décision dans les quatre mois de sa
saisine, ce délai pouvant être prorogé de quatre mois par décision motivée du bâtonnier. En cas
d'absence de décision du bâtonnier dans les délais requis, l'article 176 du décret susvisé prévoit la
possibilité pour le demandeur à la taxation des honoraires de saisir directement le premier président
de sa demande dans le délai d'un mois. Si le bâtonnier a rendu une décision hors délai, la seule
sanction possible est l'annulation de sa décision en cas de recours devant le premier président. Mais
la décision tardive du bâtonnier ne saurait priver l'auteur de la demande de taxation de son droit à
former une nouvelle demande.

En l'espèce, l'ordonnance déférée a satué le 23 mars 2016 sur une demande de taxation d'honoraires
formée par Maître Z le 16 juillet 2015 mais reçue à l'ordre des avocats le 23 juillet 2015,
après une prorogation du délai de quatre mois notifiée aux parties le 16 novembre 2015. Les délais
prévus par l'article 175 du décret du 27 novembre 1991 ont ainsi été respectés.

Monsieur Y soutient qu'en réalité, Maître Z aurait saisi le bâtonnier d'une
demande de taxation de ses honoraires par courrier du 10 février 2015 de sorte que le bâtonnier
n'aurait pas statué dans les délais requis. Mais outre que ce courrier était une réponse à une mise en
cause de la responsabilité de l'avocat par Monsieur Y , il n'a pas été adressé selon les modalités prévues par l'article 175 du décret du 27 novembre 1991 à savoir par lettre recommandée
avec avis de réception ou par remise contre récépissé. Dans ces conditions, ce courrier adressé par lettre simple dans le cadre d'une contestation de la responsabilité de l'avocat n'a pu saisir valablement le bâtonnier d'une demande de taxation des honoraires de Maître Z. En tout état de cause,
la non réponse du bâtonnier à ce courrier dans les délais requis ne prive pas Maître Z de son droit de demander la taxation de ses honoraires.

1-2- au regard de la prescription

La demande d'un avocat en fixation de ses honoraires dirigée contre une personne physique ayant eu
recours à ses services à des fins n'entrant pas dans le cadre d'une activité commerciale, industrielle
artisanale ou libérale, est soumise à la prescription abrégée de deux ans de l'article L. 218-2 du code
de la consommation applicable à l'action des professionnels pour les biens et services qu'ils
fournissent aux consommateurs. Le point de départ du délai de prescription court à compter de la fin
de la mission de l'avocat.

En l'espèce, Maître Z est intervenu pour le compte de Monsieur Y dans un litige l'opposant à la société LOCAM qui a donné lieu à un jugement du tribunal de grande instance de
Saint-Etienne en date du 4 décembre 2012, à une ordonnance de référé du premier président de la cour d'appel de Lyon en date du 24 juin 2013, à un jugement du juge de l'exécution du tribunal de grande instance de Marseille en date du 9 janvier 2014 et à un arrêt de la cour d'appel de Lyon en date du 13 mars 2014. La mission de l'avocat a ainsi pris fin après ce dernier arrêt. Moins de deux ans s'étant écoulés entre le 13 mars 2014 et la saisine du bâtonnier le 23 juillet 2015, la demande de
taxation d'honoraires de Maître Z est recevable.

2- sur le montant des honoraires

En l'absence de convention conclue entre les parties, les honoraires doivent, aux termes de l'article
10 de la loi du 31 décembre 1971, dans sa rédaction antérieure au 8 août 2015, être fixés être fixés
selon les usages, en fonction de la situation de fortune du client, de la difficulté de l'affaire, des frais
exposés par l'avocat, de sa notoriété et des diligences de celui-ci.

Maître Z a établi 7 factures relatives aux différentes procédures dans lesquelles il est
intervenu à savoir :

- deux factures relatives à la procédure devant le tribunal de grande instance de Saint-Etienne, l'une en date du 9 novembre 2010 d'un montant de 1.196 euros TTC et l'autre en date du 7 juin 2012 d'un
montant de 956,80 euros TTC , factures qui ont été réglées ;

- une facture en date du 13 mars 2013 d'un montant de 1.196 euros TTC relative au référé en suspension
d'exécution provisoire devant le premier président de la cour d'appel de Lyon, facture qui n'a été
réglée qu'à hauteur de 600 euros ;

- une facture en date du 2 juillet 2013 d'un montant de 1.196 euros TTC pour une plainte en escroquerie
au jugement, facture qui n'a pas été réglée ;

- deux factures relatives à une procédure devant le juge de l'exécution du tribunal de grande instance de Marseille, l'une en date du 9 juillet 2013 d'un montant de 837,20 euros TTC qui a été réglée et la
seconde en date du 24 octobre 2013 d'un montant de 1.508 euros TTC dont 1.495 euros d'honoraires et 13 euros
de droit de plaidoirie qui font partie des dépens, facture qui n'a pas été réglée ;

- une facture en date du 24 janvier 2014 d'un montant de 2.200 euros TTC pour la procédure d'appel du
jugement u tribunal de grande instance de Saint-Etienne, facture qui a été réglée.

Au total, Maître Z a facturé à Monsieur Y 9.077 euros TTC d'honoraires pour son
intervention depuis 2010, compte non tenu du droit de plaidoirie, et Monsieur Y a réglé
5.790 euros, ce qui fait un solde de 3.287 euros TTC d'honoraires restant dûs.

Monsieur Y prétend qu'il ne doit plus rien à Maître Z puisqu'il lui avait cédé
gratuitement en 2004 une voiture d'une valeur de 4.000 euros à titre d'avance sur ses honoraires. Si la
cession du véhicule n'est pas contestée par Maître Z , il n'en est pas de même de sa valeur et surtout du fait qu'il s'agissait d'un paiement en nature de ses honoraires. Effectivement, Monsieur Y ne démontre ni la valeur du véhicule vieux de 17 ans à l'époque de la cession ni du fait que la cession de ce véhicule constituait un paiement d'honoraires, alors qu'il est difficile d'admettre un tel paiement pour l'intervention de son avocat six ans plus tard.

De son côté, Maître Z veut faire taxer ses honoraires à la somme de 15.000 euros TTC au motif qu'il a sous-estimé ses honoraires en raison des relations amicales et de confiance qu'il
entretenait avec Monsieur Y et que devant le comportement déloyal du client à son égard, il a décidé de faire taxer ses honoraires à leur juste valeur en fonction des diligences effectuées.

Maître Z n'a dans un premier temps réclamé que 3.300 euros de solde d'honoraires et de droit de plaidoirie à Monsieur Y par courrier du 18 juin 2014. Devant le refus de ce dernier de
régler cette somme et la mise en cause de sa responsabilité devant le bâtonnier, Maître Z a alors réclamé 15.000 euros TTC d'honoraires ce dont il n'a informé Monsieur Y que par courrier du 12 mai 2015, soit plus d'un an après la dernière décision rendue dans les procédures où il était
intervenu. Or un avocat ne peut pas faire dépendre ses honoraires de son humeur à l'égard de son client. Il a l'obligation d'informer préalablement celui-ci des modalités de fixation de ses honoraires.
En limitant ses honoraires aux sommes facturées, Maître Z a tenu compte d'un ensemble de
paramètres, dont ses relations de confiance avec Monsieur Y , sur lesquels il ne peut revenir
sans que le client en ait été préalablement averti. Si Monsieur Y avait pu imaginer le montant d'honoraires qui lui serait réclamé alors qu'il n'avait reçu que des factures raisonnables pour les actes déjà effectués, il n'aurait sans doute pas accepté de continuer à confier ses intérêts à Maître Z. En revanche, les sommes facturées correspondent à une juste rémunération au regard
du nombre de procédures dans lesquelles l'avocat est intervenu. Il convient toutefois de ne pas
inclure dans les honoraires la somme de 13 euros correspondant au droit de plaidoirie qui fait partie des
dépens donnant lieu à une procédure spécifique. Dans ces conditions, il convient de fixer les honoraires de Maître Z à la somme de 9.077 euros. Compte tenu des sommes réglées par
Monsieur Y à hauteur de 5.790 euros, celui-ci reste devoir une somme de 3.287 euros TTC. La décision du bâtonnier sera réformée sur ce point.

3- sur l'article 700 du code de procédure civile et les dépens

Le recours de Monsieur Y n'étant que très partiellement fondé et Maître Z ayant persisté dans une demande excessive d'honoraires, il n'est pas inéquitable de laisser à la charge de
chacune des parties les frais, non compris dans les dépens, qu'elle sont exposés pour la présente procédure. Les demande au titre de l'article 700 du code de procédure civile seront en conséquence rejetées.

Monsieur Y supportera les dépens de l'instance.

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, contradictoirement, en matière de contestation d'honoraires,

Déclarons recevables le recours principal formé par Monsieur Philippe Y et le recours
incident formé par Maître Denis Z ;

Déclarons recevable la demande de taxation d'honoraires de Maître Denis Z ;

Réformons la décision du bâtonnier de l'ordre des avocats au barreau de Marseille en date du 23
mars 2016 sur la fixation des honoraires de Maître Denis Z ;

Fixons à la somme de 9.077 euros TTC le montant des honoraires dus par Monsieur Philippe Y
à Maître Denis Z ;

Disons que, compte tenu des règlements effectués à hauteur de 5.790 euros, il reste dû un solde de
3.287 euros TTC ;

Condamnons en conséquence Monsieur Philippe Y à payer à Maître Denis Z la
somme de 3.287 euros TTC à titre de solde d'honoraires ;

Déboutons les parties de leur demande au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;

Condamnons Monsieur Philippe Y aux dépens.

LE GREFFIER LA PRÉSIDENTE

Mon commentaire ne remet en cause ni l'arrêt, ni le commentaire qui le précède en chapeau. Je témoignage seulement que le comportement de certains clients " justifierait " que l'on puisse doubler ses honoraires. Heureusement les règles déontologiques et le bon sens de l'application des règles élémentaires du droit imposent de dominer un geste d'humeur.

Par gilles.huvelin le 19/09/17
Dernier commentaire ajouté il y a 1 semaine 3 jours

Avec la voix de Philippe Noiret, il dit: "La quintessence cosmique du moi transcende l'acte masqué du dessert. Je peux vous faire du Derrida aussi, si vous voulez, hein ?"
La salle d'audience était au pont supérieur éclairée par des hublots qui ne permettaient pas de voir la mer.
-"Sur le plan psychanalytique, c'est signifiant."
Elle était sans siège, comble et bruyante. "Ah vous le faites exprès, non ? Vous pensiez à Barthes. C'est tout de même drôle." Il disparu dans un nuage de fumée de cigare.
Impossible de comprendre l'appel des causes. Les juges en toge et mortier, les avocats en robe et toque s'ignoraient. Un confrère me dit qu'il avait raté sa procédure et qu'elle avait été radiée. "Ah..maintenant vous me faites un petit tour chez Freud..."
Il venait de la faire rétablir et il m'entraina dans l'escalier qui menait aux ponts des voitures comme si nous nous connaissions depuis la maternelle. "Une petite régression insupportablement banale...même pas lacanienne...Vous allez où ?"
Sa voix, celle du confrère, -"Attention à ce que vous dites, hein.." laissait présentir qu'il était évident que mes interventions seraient gracieuses. Son visage était indistinct. J'étais incapable de le reconnaître. Il me parlait comme s'il était acquis que je ne connaissais que son dossier qui n'évoquait rien pour moi. Qu'est-ce que Noiret faisait là ? -"Bah...c'est tout de même moi qui le fait le mieux, non ?"
Tout était peint en blanc sauf les sols qui avaient une couleur différente par étage. Les appliques en cuivre grillagées diffusaient une lumière jaune. -" Ça ne vous fait pas penser à un roman de Simenon..."La neige était sale". Mais si...la lumière, là. "
J'avais oublié mes dossiers et perdu dans les coursives j'étais arrivé en retard à  cette audience incompréhensible lourde de conséquences sur le sort de mon avenir qui n'avait rien à faire sur ce bateau . Le confrère me dit qu'il devait repartir avant que nous soyons arrivés au port parce qu'il n'avait pas son passeport. Évidemment. Je remontais et me perdis encore avant de retrouver a nouveau angoissé  la salle d'audience cette fois vidée des trois quarts de la foule. -"Je vous aime bien mais je dois vous quitter car j'ai mon train à prendre, n'y voyez pas d'allusion..." Large panache de fumée.
Les juges discutaient entre eux et avec leur greffier et l'huissier audiencier. Les confrères continuaient leur brouhaha sans plus en tenir compte qu'auparavant. J'approchais préoccupé du greffier qui s'adressa à moi avec familiarité. Je le reconnus pour avoir assisté à son pot de départ à la retraite dix ans avant. Il n'avait pas changé.  Jouait-il toujours du banjo ? -"Je t'ai fait tes remises. Voilà tes procédures, je me suis bien douté que ce n'était pas normal que tu ne sois pas là". Le Juge déjà débout me sourit et me dit avec la voix de Michel Sevellec, sans attendre une réponse  "-Qu'est-ce qui vous est arrivé Me Huvelin ?"  Tout le monde sortit de la salle par différentes portes que je n'avais pas vu avant. Il était impossible de quitter le navire mais je ne revis personne de l'audience nulle part à bord parmi les passagers au milieu desquels je circulais en robe sans étonner qui que ce soit alors que je cherchais à reconnaître quelqu'un parmi eux. Je n'en vis aucun assis. La passerelle de commandement était en libre accès sans que des membres d'équipage s'en émeuvent. L'absurdité de la situation autant que son inutilité n'avait d'égale que ma vacuité dans ce...quoi au fait. Cette constatation me fit sortir du flou. Le réveil n'a pas sonné. Mon audience n'est pas prête !

Par gilles.huvelin le 15/09/17
Dernier commentaire ajouté il y a 1 semaine 3 jours

On ne dira pas merci à Jean-Louis Bessis sans lequel rien ne serait sorti des  dérives financières de l'entre-soi ordinal ... On est a peine autorisé à le penser. En fait, c'est totalement hérétique.
D'autant que rien ne changera au Barreau de Paris.
D'abord parce qu'il faudra à l'Ordre établi  cautionner ce qui s'est fait avant. Il ne peut pas y avoir de rupture de la part de ceux qui sortent du même sérail et des mêmes organisations. Et si une révolution copernicienne arrive ce ne peut-être que par le respect strict de la seule mission légale fixée dans la loi et les décrets au Bâtonnier et au Conseil de l'Ordre.  Ce qui est impossible car l'institution ordinale appartient à 3 à 4000 confrères qui gravitent dans et autour des "grands Cabinets" qui vivent aussi du rayonnement international du Barreau de Paris et l'alibi intellectuel de ses actions humanitaires et philanthropiques qui ne sont pas de la compétence d'un Ordre. Il y a assez d'associations militantes et d'organisations internationales auxquelles les avocats adhérent pour mener ces combats.
Le tour de passe - passe du Brexit dessillera tout ceux qui ont cru que le statu quo n'est pas l'objectif de nos élites. Ce n'est pas l'imbrication économique qui justifie mon constat. C'est le fait que beaucoup de colloques, de prébendes, de cocktails, de remises de décoration, sont en jeu pour des Chambres de Commerce et des institutions consulaires mais pas que là. Les Cabinets d'affaires de cent avocats et plus en servant de chevaux de Troie à ce que rien ne change dans le traitement du monde marchand international , y trouveront en plus, une perspective de croissance. "Paris place du droit" est un espace réservé. La procédure du Tribunal de Commerce y est vantée pour sa rapidité et son faible coût, mais les avocats qui l'assument ne sont pas conviés, par exemple.
Tout cela s'inscrit aussi dans la mise en application du traité "CETA" et de la mise en perspective du traité TAFTA  qui libéreront le commerce entre l'Atlantique-nord et l'Union Européenne, début de la constitution d'une plaque économique technonique auquel seront ralliés les pays de l'ASEAN et d'autres face à la Chine et l'Inde.  Être dans ou en dehors de l'Union Européenne n'a plus beaucoup de sens dans ce contexte, le reste, politique ou culturel, c'est du niveau de l'intendance qui suivra ou pas, appartenant à l'écume des jours.
Dans ce schéma, personne n'a intérêt à ce que le métier bénéficie comme les huissiers, les notaires, et les autres professions libérales d'une organisation pyramidale. L'Etat a tout intérêt à une représentation éclatée de la profession et maintenir une opposition d'exercice professionnel entre Paris et la Province. L'esprit de chapelle est toujours fortement ancré et je ne suis pas sûr de la volonté de la Chancellerie de bousculer cet état d'esprit pour libérer la profession de ses carcans.
Le CNB, qui n'est pas près de remplir ses habits tant que l'on considerera que "l'excellence parisienne" doit se distinguer, et la Conférence des Bâtonniers, accusée d'être avide d'immobilisme, font la part belle au  Barreau de Paris fort de 42% des membres de la profession...mais à quel prix. 30% des confrères dispensés de payer leur cotisation ordinale et 30% de collaborateurs libéraux précaires; avocats  temporaires,  ou jetables après 5 ou 8 ans de Cabinet.  Le rapport de notre confrère Kami Haeri qui est devenu le credo de notre confrère Marie Aimé Peyron, Bâtonnier élu, qui se révèle ce que j'avais dit pendant sa campagne électorale: la défenseure des Cabinets de culture anglo-saxonne, ne dit pas comment les petits Cabinets généralistes pourraient bien survivre dans le maelström annoncé sans se regrouper...ce qui implique des moyens juridiques et matériels qui ne sont pas prévus dans leur vision d'avenir du métier. Ils pourraient en effet constituer une concurrence notamment dans le domaine du contentieux.
Cela concerne 70...75% du Barreau de Paris...Sachant que 50% ne votent plus aux élections  professionnelles et que  25%, soit un sur deux des votants, soutiennent des candidats de rupture.
La prochaine élection du Bâtonnier va se dérouler entre ceux qui veulent rester avocats et ceux qui veulent les transformer en épiciers du droit "présents partout " mais ubérisés . Les tenants du monde digital  deviendraient les mandants de gérants pourvu d'un carnet d'adresses d'oligopoles de réseaux commerciaux avec legaltechs intégrées, construits sur un proletariat dépendant et soumis à la justice prédictive et robotisée. Notre monde passe de celui d'Orwell  (1984) à celui de Fleischer (Soleil Vert). Aux manettes, ils seraient les dirigeants nominaux  de conducteurs peu nombreux mais sauvegardés des tractopelles. Si nous ne refutons pas ce projet il faut réviser notre serment en y supprimant le mot "humanité". 
Aujourd'hui la rupture culturelle et
politique entre les "grands Cabinets" et le reste du Barreau n'a jamais été aussi évidente sauf pour ceux qui bénéficient d'une activité de sous-traitance, appelée aujourd'hui : externalisation. C'est plus smart.
Le reste est du niveau du baratin de bon aloi avec un slogan: "Il faut changer pour que rien de change."...en omettant de dire pour qui ? 
La réalité est qu'il faut refonder la profession et ses instances.  Cela passe par l'éviction de ceux qui nous ont jusqu'ici gouverné pour que rien ne change justement à leur mesure. Cela passe évidemment et nécessairement par la suppression des subventions aux Syndicats professionnels.
Il en va ainsi de ceux qui demandent plus de moyens pour maintenir une formation initiale aberrante qui n'est qu'un fromage pour les uns, une source d'exploitation de stagiaires pour d'autres, et un lieu de recrutement pour syndicats, et plus grave, une perte d'énergie et de temps pour nos futurs confrères.
Pour tous les sujets, et je dis bien tous, vous trouverez ainsi les mêmes effets pour les mêmes causes: la satisfaction d'egos, autant que la recherche ou le maintien de pré carré, entraînent des dépendances budgétaires sans rapport avec la fonction du Bâtonnier et de celle du Conseil de l'Ordre.
Il faut faire du dégagisme,  et disposer d'un Bâtonnier refondateur. J'affirme que si un prochain candidat à la tête de notre Ordre n'est pas élu sur un programme de refonte, notre Barreau n'existera plus culturellement ni comme entité intellectuelle, pour être détenu par une minorité encore plus réduite réunie autour de ses seules convenances, idéologie et postures.
Rencontrez les justiciables, je parle des quidams, et recevez l'image que le Barreau de Paris véhicule de la profession. Ce qui est malsain, c'est que nos élus, de bonne foi, ne se rendent pas tous compte qu'ils reflètent collectivement ce que beaucoup pensaient de la classe politique nationale avant les dernières élections présidentielles. Les petits arrangements et les dépenses hors fonction légale stricto sensu de l'Ordre, c'est terminé. La représentation de ceux qui ont les mains dans le cambouis par des élus qui ne connaissent pas le sujet concrètement au quotidien, il faut arrêter aussi. Notamment en ce qui concerne le RPVA, la dématérialisation également, autant que les réalités des relations avec les magistrats et les juges, le fonctionnement des juridictions. Mais c'est vrai pour là encore tous les sujets, la sécurité informatique notamment et par exemple. Être élu donne une légitimité, pas une compétence ni une pratique. Il faut arrêter de parler pour les autres sous prétexte que l'on est élu comme le font des politiciens qui ne connaissent pas les réalités et prennent des décisions, en plus d'un conformisme bélant ou selon le mode de pensée du jour.
Le Barreau de Paris a beaucoup de talents et de compétences dans tous les domaines. Il faut cesser de s'en rapporter au sort des urnes pour aborder et résoudre les problèmes du quotidien des avocats de façon toujours hors sol.
Commençons par avoir un budget 2018 établi par mission avec une comptabilité analytique pour chaque mission consultable en ligne par les membres du Barreau.
Pour voir...
On pourrait comprendre quelles missions, pourquoi et comment en sachant qui fait quoi et à quel prix. C'est tout de même les membres du Barreau qui paient les 40 000 000 de Budget annuel, non ?