gilles.huvelin

Par gilles.huvelin le 19/08/19
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« Peur de déplaire, peur de se faire des ennemis, peur de ne pas penser comme tout le monde, peur de peindre la réalité, peur de dire la vérité. Résultat : le mot d’ordre national : Pas d’histoires ! ; la maladie nationale : l’inhibition. »
Henry de Montherlant

Par gilles.huvelin le 10/08/19
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Seriez-vous pour un système de retraite unique pour tous, plus juste, égalitaire et plus fort ? 96% des sondés ont répondu oui avec enthousiasme. Je trouve le procédé merveilleux. "Une lessive plus efficace !" Vous êtes pour ? Le slogan devrait obtenir 100% d'approbation, parce que c'est ce qui est demandé, approuver ou pas un slogan sur un produit de consommation le plus large. Finalement 96% d'approbation sur un slogan pour une réforme de la retraite, cela démontre que 4% peut-être savent de quoi on leur parle...
Sommairement, il y a 4 catégories de régimes de retraite. Le régime des salariés, celui de la fonction publique, ceux des régimes spéciaux (RATP, SNCF...) et ceux des professions libérales. Ce sont 42 caisses de retraite différentes dont une bonne part sont déficitaires. Évidemment, c'est aux déficits et aux déséquilibres financiers structurels des caisses de retraite auxquels le gouvernement doit s'attaquer tout mettant fin aux régimes de retraite qui servent des pensions insuffisantes, faute de cotisants, car ces situations financières et sociales ne peuvent pas perdurer. Tout le monde le comprend. Sauf que ce simple constat est justement trop simple. Il masque six problèmes majeurs, il y a en d'autres mais, arrêtons-nous déjà à ceux-là:
Il faut savoir que si les fonctionnaires paient des cotisations comme le font les salariés, les primes qu'ils perçoivent et qui peuvent constituer une part importante de leur traitement n'entrent pas dans l'assiette sur laquelle est calculée leur cotisation pour leur retraite. Il faut savoir aussi que l'Etat en qualité d'employeur ne verse pas de cotisations de retraite. Aussi, à raison de 60 milliards par an, l'Etat verse à ses fonctionnaires en retraite une pension dont le financement est assurée à 50% par l'impôt. Évidemment si nous passons à un régime de retraite universel avec une caisse unique, cela veut dire que 30 milliards de retraite dus aux fonctionnaires seraient supportés par les cotisations et non plus par l'impôt. Abracadabra !
Toutes les caisses ne sont pas déficitaires structurellement. Il y a des caisses qui ont un déficit technique mais elles ont des réserves qui leur permettent de servir les pensions normalement à leurs adhérents. Elles ont la possibilité d'augmenter aussi le montant de leurs cotisations pour retrouver l'équilibre.
Les caisses bénéficiaires existent. En particulier la Caisse Nationale des Barreau Français. Elle verse une retraite de base de 17 000 euros par an, bien supérieure au régime des salariés, dispose d'une assurance complémentaire de retraite par capitalisation par tranche bien géré, dispose de deux milliards de réserve garantissant 40 ans d'équilibre, et offre une aide sociale d'assistance aux avocats en cas de difficulté. Elle participe à la solidarité en versant aux régimes déficitaires dont notamment le régime agricole, un peu plus de 1300 euros par avocat par an, sachant qu'il y a 60 000 avocats environ, c'est grosso modo 85 millions d'euros reversés par le Barreau au titre de la solidarité, chaque année.
Il est facile de considérer dans ce contexte que les avocats s'opposent à la réforme. Elle impliquerait de contribuer à la prise en charge de la part de l'Etat dans le financement des retraites de ses fonctionnaires, mais aussi de payer plus de cotisation en s'alignant sur le régime général, c'est le doublement à minima des montants qu'il faut prévoir. Et puis, et ce n'est pas rien, le coût de gestion de la CNBF, bien géré est de très loin inférieur à celui du régime général. Toute proportion gardée si les frais de gestion étaient les mêmes, le régime général pourrait économiser 3,5 milliards. Excusez du peu.
Le coût annuel de l'ensemble des retraites est de 316 milliards par an. Soit 14 % de PIB de la France. Soit un peu près le PIB de l'Autriche. Nous avons 1 retraité pour 4 actifs aujourd'hui dans notre profession. Que propose la réforme ? Il est dit que chaque euro cotisé donnera à tous le même montant de retraite. Ce qui est d'emblée inexact. Car le nouveau système n'est pas un système universel par capitalisation mais un régime de répartition. Ce qui veut dire que le prix d'achat du point sera le même pour tout le monde, soyons clairs, mais le prix de revente du point sera déterminé chaque année par la masse des cotisations qui flucturera chaque année, divisée par le nombre de points souscrits. On est toujours dans le mécanisme qui est concrètement une chaîne de Ponzi. On ne comptabilisera plus des trimestres mais des points. C'est plus juste mais la réforme ne fait que retarder les effets de la chaine de Ponzi en mutualisant le risque d'insuffisance de cotisants ou/et des cotisations, en augmentant lourdement à terme le montant des cotisations avec le projet toutefois de prendre en compte les cotisations des retraités actifs pour leur pension contrairement au dispositif actuel.
Il est dit également que les métiers pénibles, les handicapés, par exemple, les mères de famille,.etc... auront des compensations pour leur permettra d'obtenir une retraite à taux plein. Comme toujours le principe énoncé, très vendeur, est un principe. Il y a le principe et les exceptions, les aménagements. Par ailleurs les régimes spéciaux vont subsister. Les militaires ne partiront pas plus tard par exemple à la retraite. Donc à somme égale cotisée, les droits acquis à la retraite ne seront évidemment pas les mêmes. La péréquation avec les régimes déficitaires et les compensations de carrière, considérées globalement vont forcément désavantager ceux qui sont adhérents à des caisses de retraites bénéficiant d'une démographie en hausse, prudentes et bien gérées, au profit des cotisants de caisses qui voient le nombre de leurs membres diminuer et dont éventuellement la gestion n'a pas été des meilleures. Sauf notamment à mettre sur pied une formation professionnelle obligatoire qui conduise les cotisants des carrières courtes à faire une seconde carrière pour leur permettre de travailler jusqu'à l'âge d'équilibre qui sera de fait plus sérieusement 70 ans comme en Allemagne, la réforme ne va pas atteindre son but.
C'est donc un tour de passe-passe, au détriment notamment de la CNBF que l'on annonce, mais à bien y regarder, il peut même s'agir d'un hold-up.
Il peut même être double. D'abord que deviendront les droits acquis ? Il est affirmé que les retraites liquidées ne seront pas diminuées. Retenons que déjà l'augmentation des cotisations sociales et de la fiscalité les ont entamées. Constatons que ces retraites n'ont pas été indexées sur l'inflation aussi minime qu'il est dit, et encore moins sur les salaires. On le promet, mais cela n'engage que ceux qui l'on entendu. Pour les futurs cotisants du regime universel annoncé, en cours de carrière, le gouvernement n'a pas pris l'engagement de ne pas convertir les points acquis de notre régime de base et complémentaire en points du nouveau système universel par répartition, dont on sait que la valeur de vente dépendra chaque année du volume des cotisations versées qui pourra grandement évoluer s'il y a une crise économique, financière ou monetaire, par rapport au nombre de points acquis.
Les réserves de la CNBF sont évidemment vouées à tomber dans le régime global. Ce sera confiscatoire et une atteinte au droit de propriété de la Caisse. Mais si elle est absorbée par la volonté de la loi dans le nouveau régime universel, qui sera le propriétaire des réserves de la CNBF ?
La réforme pose le principe que les caisses de retraites des professions libérales doivent se prémunir des conséquences de la baisse de la démographie de leurs cotisants. Il est vrai que plusieurs d'entre elles sont sur le déclin notamment parce qu'elles ont salarié leurs membres. Pour les avocats, la profession est dans le déni. Statistiquement, nous ne sommes pas assez nombreux. Les avocats allemands, italiens etc...sont proportionnellement plus nombreux que nous le sommes. Apparemment la hausse démographique de notre profession est assurée pour longtemps. Si on y regarde de plus près, rien n'est moins sûr. Le statut de collaborateur libéral est une impasse. Il est exceptionnel dans le paysage du droit social. Le salariat finira par lui être imposé et à terme, si la réforme de la retraite ne se fait pas, il ne faut pas se raconter d'histoire: lorsque les avocats salariés seront nombreux, le régime général demandera au législateur de les affiliés à la caisse des salariés et non plus auprès de la CNBF. Les avocats en entreprise seront salariés. Bruxelles ne veut plus de monopole. Il veut que les justiciables puissent s'adresser directement à leurs juges. Les réformes dans ce sens progressent partout. Si les avocats libéraux qui exercent dans le domaine judiciaire resteront vraisemblablement dans le giron d'un Ordre, ceux dont l'activité est dans le domaine juridique seront confrontés directement à terme à une concurrence commerciale déjà en marche qui les en dispenseront, basculant dans d'énorme structures professionnelles dans lesquelles le statut libéral n'a pas de sens. C'est sans doute en pensant à cela que le gouvernement considère que notre profession et la CNBF connaîtront le même sort que les agriculteurs et leur caisse de retraite. Aujourd'hui, les avocats en moyenne accède à leur première inscription au Barreau à l'âge de 30 ans.
Dans ce contexte, alors même que la CNBF a la maitrise de la revalorisation de son régime d'assurance complémentaire, elle devrait disposer de ses réserves avant que l'on les lui confisque.
Cette reflexion en conduit à d'autres sur le sort réservé à la capitalisation dans la réforme envisagée.
En considération de l'augmentation des cotisations dû à la prise en charge de la part qui était réglée par le Budget de l'Etat pour les retraites de ses fonctionnaires et l'égalité du coût d'achat du point de retraite, les cotisations des avocats vont devoir s'aligner sur celles des salariés. C'est carrément au doublement des cotisations auquel il faudrait s'attendre. Nos syndicats prédisent des dépôts de bilan sachant que 30% de la Profession vont mal. Les avocats feront-ils comme les experts comptables et deviendront-ils les salariés de leur structure d'exercice ? Entre ceux qui déposeront leur bilan et ceux qui préféreront passer avec armes et bagages dans le salariat, est-on sûr que notre Caisse de retraite a un avenir ?
Mais faisons le point concrètement de la réalité financière de ce que sera la retraite de base universelle proposée par le projet. Pour être sérieux, il faut aussi faire une comparaison avec ce qui existe dans un pays comparable.

En U.K. la retraite complète prise à 68 ans est de 750 €. Ici le minimun vieillesse est de 868,20 €. La réforme prévoit une pension minimum de 1000 € pour tous ceux qui auraient insuffisamment cotisé pendant le temps nécessaire à un retraite à taux plein et donc jusqu'à 64 ans.

Les salariés cotiseront 40% du taux à 28,12%. Le reste (60%) est payé par l'employeur.
Ce qui veut dire que les avocats supporteront 11,25% sur la tranche à 40 000 euros de recette nette car le rapport expose que les libéraux ne payeront que la part égale à celle des salariés jusqu'à 40 000 euros et 12,94 % au-delà (jusqu'à 120 000 euros).
Sachant que pour 100 euros cotisés, il est acquis 5,50 euros de pension annuelle, vous pouvez faire votre simulation.

En ce qui concerne notre profession, l'idée du gouvernement selon Mme le député Vignon, serait d'user des réserves de la CNBF pour permettre au membres du Barreau aux revenus les plus faibles d'y puiser une aide proportionnée pendant une période de transition qui se terminerait avec l'épuisement desdites réserves. Je ne suis pas très content de ce projet de détournement qui est une véritable politique de gribouille. En effet, ces réserves, j'ai contribué à les constituer pendant mon activité. Je trouve "fort de café" qu'il soit décidé de m'en spolier. Par ailleurs la constitution des réserves d'une Caisse de retraite est faite pour garantir le paiement des retraites et pas pour subventionner les cotisants défaillants ! Le montant des cotisations aura une assiette calculée par tranche égale au montant du plafond S.S., dans la limite de 3 fois le plafond de la Sécurité Sociale, soit plus de 9 000 euros de revenus mensuels. Concrètement, ceux qui cotiseront le plus paieront pour ceux qui cotiseront le moins. Ce qui veut dire également que la capitalisation ne sera accessible dans le nouveau système qu'à ceux qui pourront cotiser sur la part de leur revenu au-delà de 9 000 euros. Soit 1% de la population active. Parallèlement, une défiscalisation de l'épargne sera la bienvenue...on peut vouloir un régime posant le principe de responsabilité pour les assurés, mais il faut le permettre.
Il me paraît évident que cette réforme est d'ores et déjà ficelée. Elle est certainement dans les cartons depuis des lustres au même titre que le destin de la Profession est ficelé depuis longtemps tandis que nous perdons notre temps à faire de la psychothérapie de masse depuis la loi de 1971 sur une évolution de la Profession qui nous ne maîtrisons pas.
La preuve que la réforme des retraites est actée, c'est que tous les directeurs des Caisses de retraite ont reçu une lettre les informant que dorénavant c'est la Sécurité Sociale qui sera en charge du recouvrement des cotisations. Et la loi n'est pas votée. Soyons honnêtes: avoir un seul organisme collecteur est pragmatique et nous serons sûrs que les cotisations impayées seront effectivement mises en recouvrement avec fermeté.
Ce que la loi contiendra renverra à une Ordonnance et celle-ci s'en remportera à des décrets dits "techniques". En clair, les énarques vont s'en donner à coeur joie...
Cependant, il est évident pour moi que cette réforme globale est un pas de plus vers la disparition des statuts et pour l'avènement généralisé du salariat. Ce qui en soit n'a rien extravagant. Comme je le disais, les experts-comptables ont sauté le pas depuis longtemps.

Certains prétendent que la réforme des retraites pourrait ne venir devant le Parlement qu'après les élections municipales et pourrait même être enterrée. Ce serait une erreur, il faut dire la vérité. Il va bien falloir réformer le dispositif actuel reposant sur 42 caisses au régime différent. A terme, la réforme de la répartition à points en capitalisation sera facilité. Cette refonte à venir est indispensable. L'échéance de la chaîne de Ponzi créée en 1945 au profit d'une génération qui n'avait jamais cotisé arrive à son dénouement, celui de la charge insupportable des cotisations pour un nombre de cotisants insuffisant. Ce qui est certain, c'est que cette annonce de réforme structurelle va provoquer un mouvement psychologique de départ à la retraite avant 2025 ou 2029 selon la date d'effet qui sera fixée pour l'application du régime universel.

Par gilles.huvelin le 08/08/19
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L’AFFIC RECEVRA LE MERCREDI 16 OCTOBRE 2019

 

 

 

Julien SORTAIS

Directeur restructuring

KPMG

 

Pascal BONNET

Associé restructuring

KPMG

 

Antony MARTINEZ

Avocat associé

Cabinet Archers

 

Débat animé par Elisabeth DUVAL

Juge au tribunal de commerce de Paris,

 Administrateur de l'AFFIC

 

Modérateur : Marie-Hélène HUERTAS

Président de l’AFFIC

 

Sur le thème :

le plan de cession : Comment améliorer l’efficacité de cette procédure ?

 

KPMG vient de publier une étude inédite sur les reprises à la barre du tribunal, et plus spécifiquement une analyse statistique des pratiques en plan de cession. Réalisée sur 458 des 483 plans de cessions arrêtés au profit d’entreprises de 20 salariés ou plus en 2017 et 2018, l’étude met en exergue des chiffres éloquents, certains même interrogent.

 

Il apparait que le plan de cession est un formidable outil, permettant notamment de préserver un grand nombre d’emplois menacés, mais que celui-ci nécessite un nombre suffisant de candidats repreneurs pour garantir son efficience.

 

En effet, celle-ci repose notamment sur la concurrence entre les repreneurs, principale garante d’une reprise massive des salariés et d’un prix de cession permettant de désintéresser au mieux les créanciers. Faute d’une concurrence suffisante, il ressort que les prix de cession sont globalement faibles et que le sort réservé aux créanciers n’est pas satisfaisant.

 

La question à laquelle les organes de la procédure vont donc devoir répondre est la suivante : Quelles sont les actions à mener afin d’accroître l’attractivité des entreprises en plan de cession et d’attirer plus de candidats repreneurs ?

 

 

 

                                                                                                                Cercle des Juges Consulaires (2ème étage)

Petit Déjeuner Débat                                                                          Tribunal de commerce de Paris

de 8h30 à 10h00                                                                                       1, quai de la Corse - 75004 PARIS

 

Des attestations de présence sont à retirer sur place et ne seront pas adressées par courrier.

L'AFFIC n'est  pas un organisme de formation.

 

BULLETIN D’INSCRIPTION A RETOURNER AVANT LE 11/10/2019

AFFIC - 1, quai de la Corse – 75181 PARIS CEDEX 04

 

PETIT DEJEUNER DEBAT DU MERCREDI 16 OCTOBRE 2019 

 

le plan de cession : Comment améliorer l’efficacité de cette procédure ?

 

NOM : ..............................................................................................  Prénom : ......................................................

 

Fonction :………………………………………………..........................................................................................

 

Adresse : ..................................................................................................................................................................

 

Tél. : ...................................................  Email :  ……………...................................……………………………

 

Ci-joint règlement à l’ordre de l’AFFIC :

 

r  ADHERENT :      40 €                         r  NON ADHERENT :      50 €

Par gilles.huvelin le 07/08/19
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L'émotion est palpable. Un pont du moyen-âge avec de hauts parapets, composé de trois arches portant deux tours carrées enjambait un canal. L'une des tours ressemblait à une tour d'artillerie du XVe siècle tandis que l'autre avait un aspect renaissance avec des fenêtres à meneaux. Il a été sacrifié sur l'autel de la compétitivité du canal ! Le patrimoine détruit pour le profit économique. Tout est dit. Nos collectivistes revolutionnaires s'emeuvent de la cruauté de notre société européenne rapace. La perte d'un témoin architectural de notre histoire continentale les ravage d'émotions. Un regard même rapide sur l'Histoire nous montrent qui sont les tartuffes !
Ce serait un crime, la destruction de ce pont ? Découvert bien tardivement. Ça fait un bout de temps que nos voisins belges en discutaient et la décision prise, la déconstruction du pont était réalisée quand les consciences médiatiques françaises se sont insurgées contre le triomphe du mercantile sur la culture. De quoi s'agit-il ?
Le pont a été détruit en 1945 sous un bombardement. Il a été reconstruit. Les arches étaient en béton. Le canal était entravé par les piles du pont dont le tablier était trop bas pour les chalands modernes. Le monde est ainsi fait que comme pour Grèce antique et l'Empire romain ou byzantin, il ne restera que des vestiges du moyen-âge. Il reste que quelques maisons du XVe siècle à Paris. Le pont Valentré à Cahors est du XIVe. Nous comptons en France et dans toute l'Europe de beaux châteaux et de belles fortifications, des cathédrales, abbayes, églises et autres bâtisses, de cette époque qui s'étend sur six siècles. Le patrimoine de l'Ancien Régime, honni, sans lequel il n'y aurait plus grand chose à venir voir chez nous si on devait retenir pour les montrer aux touristes, que les monuments érigés sous la République, passera aussi. C'est une question de un ou deux millénaires. Le pont de Tournai érigé en symbole de la destruction au seul profit de l'économie est une posture politicienne. Comme telle, c'est une imposture dialectique. Qui peut soutenir que le développement doit s'arrêter sous prétexte qu'il doit d'abord être économique pour accéder et permettre tout le reste ? Devinez.

Par gilles.huvelin le 28/07/19
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Toute l'activité de l'Homme a pour moteur dès son début de le faire sortir de sa condition. L'art, la science n'ont d'autre ressort que de parvenir à nous élever hors de notre condition animale, dont nous avons en réalité, très peur. Nous n'assumons pas. Au temps de Périclès nous étions 250 millions sur Terre. 1 milliard au 19e siècle. 8 milliards environ bientôt. Pourquoi faire est une question inutile. Notre naissance pour mourir est souvent perçu comme un mystère. Ce n'est que de l'ignorance. Nous sommes de la matière vivante. En tant que telle, sa création, son développement et sa disparition ne sont pas miraculeux. C'est un phénomène dont l'univers dans lequel nous avons peur pour rien d'être seuls, n'a cure. Et s'il y a vraisemblablement ailleurs dans l'espace d'autres formes de vie, grand bien leur fasse. Il est peu probable que nous arrivions à les rencontrer. Nous avons déjà fort à faire de pouvoir parler à nos voisins, ici bas.
Il faut profiter de notre existence, puisque nous avons conscience de vivre. Notre rôle ne va pas au-delà que d'avoir la compréhension de cette réalité, de cette capacité à en profiter. L'évolution de la vie, la nôtre, dépend de la génétique et des acquis de l'épigénétique accumulés, génération après génération. De sorte qu'il semble que l'inné tienne plus de place que l'acquis, bien qu'il soit indispensable, à la détermination de nos comportements durant une vie. Le reste relève de médiocres justifications de notre existence pour chercher des raisons à des ambitions absurdes alors que nous devrions avoir que des curiosités pour meubler notre temps, durer et nous perpétuer, ce qui est la seule raison d'être de la matière. Celle dont nous sommes fait nous confère le luxe inouï de nous permettre d'inventer des passe-temps. Nous ne sommes que ce que nous avons entre les deux oreilles et comment nous nous en servons. Il n'y a pas de quoi écrire un livre. Jean d'Ormesson a eu un doute jusqu'à la fin de vie. Le Sacré et le mystère faisaient partie de son éducation. Il dit son émerveillement et son étonnement dans son livre testament intitulé : " Un Hossana sans fin". On doit s'émerveiller sans aucun doute en sachant que le merveilleux n'existe pas. A-t'il fait son choix définitif avant de mourir, lui qui a douté tout au long de sa trilogie sur le rapport à dieu ? Nous ne le saurons pas. Mais franchement, est-ce important ? Ce qui l'est et je donne raison à cet auteur du bonheur, c'est évidemment l'amour. Nous avons besoin d'aimer et d'être aimé. C'est la grande joie, la quête de notre vie et notre grand malheur peut-être. On peut discourir à perte de vue sur la définition du bonheur. La réalité, c'est sans doute que nous nous le fabriquons et nous en sommes les seuls responsables. Il ne faut pas l'attendre des autres. Ainsi nous ne pouvons pas avoir de déception cruelle car il est fondé sur le don de soi.

Par gilles.huvelin le 24/07/19
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Un petit établissement ravissant dans le coeur de Paris entre La Madeleine, la Place arborée des Saussaies et l'Elysée, à deux pas d'un théâtre, de l'Ambassade de Belgique. C'est encore un village composé d'un carrefour, boulangerie, petits restaurants, artisans teinturier, cordonnier, créateur de luminaire, un petit hôtel adorable à mon souvenir pendant des travaux trop longs, avec des petits-déjeuners inoubliables. Dans la même rue "Le comptoir des tartares" proposait tout un choix créatif de préparation de produits frais délicieux à des prix dérisoires. Il succédait au "Comptoir des risottos " tout aussi inventif et attirant, dans lequel je n'ai jamais eu le temps de m'arrêter midi et soir, courant du Cabinet au Palais et retour, entre rendez-vous, dossiers, téléphone, fax et mails. Et puis les risottos ont fait place aux tartares mais je n'ai pas eu plus de temps, qui est passé, très vite, de plus en plus vite. En définitive, je n'ai pas plus goûté aux risottos qu'aux tartares. Le comptoir a fermé définitivement.

Par gilles.huvelin le 23/07/19
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Je vous communique ci-dessous une affiche vue dans le métro. Il s'agit vraisemblablement d'une campagne nationale. L'été espace les rames et laisse le peu d'esprit que nous avons sous la canicule et dans l'atmosphère saturée de pollution du réseau ferroviaire souterrain, un peu en repos et en roue libre, veille de vacances. Du coup nous avons le temps de lire ce que l'on nous donne à voir. Habituellement, nous n'avons pas le recul, ni la concentration nécessaire. Nos pensées sont dispersées. En cette fin juillet, entre les 40° de la surface, les 17 fois plus de particules et de toxicité du Métropolitain que sur le bitume, une affiche est un refuge visuel pour une forme de vacuité estivale. Celle, située de l'autre côté de la voie, est restée 6 minutes plantée devant mes yeux. Autre moment, en mode ordinaire, je ne l'aurai pas vu. Là, je l'ai regardée. Une association dont la dénomination bien trouvée, a la consonnance approximative d'un nom de plante, très popularisée, elle est maintenant un enseigne moralement inattaquable. De quoi s'agit-il ? D'une merveilleuse idée de santé publique et originellement caritative si ma mémoire est bonne. Nous étions et sommes invités à rapporter en pharmacie les médicaments que nous n'utilisons pas, afin qu'il puisse être donnés à des populations qui n'en n'ont pas, du moins à l'origine et autant que je m'en souviens, à destination de l'Afrique. Mais depuis, la coopération et l'ONU, les fournisseurs de génériques, sont passés par là. Qu'est-ce que cette idée humaniste tout bonnement géniale de bout en bout, cette idée de récupération des médicaments qui encombrent les salle de bains, est devenue ? Ça vous évite des tentatives d'auto médicamentation qui peuvent être désastreuses. Vous évitez aussi de jeter vos fonds de boîte n'importe où. La Tamise par exemple aurait une dose élevée d'antibiotiques et de corticoïdes. La Seine contraindrait une quantité tout aussi remarquable de contraceptifs. Cependant la présence de ces substances dans ces fleuves proviendraient majoritairement des W.C.. Jeter nos médicaments périmés ou pas dans nos poubelles est tout aussi problématique. L'affiche nous invite donc à devenir tous "tri-athlète du tri de médicaments", à rapporter à la pharmacie, sans la parapharmacie, ça ne les intéresse pas. C'est une idée extraordinaire. D'abord parce que cette saine action oblige moralement tous les pharmaciens et leurs fournisseurs à mener une action de service public bien entendu désintéressée et citoyenne. Le client lui a l'image d'un performeur social. Il est visuellement incarné sur l'affiche comme un homme jeune en bonne santé qui est complimenté d'être un tri-athlète depuis 3 ans. Vous entendez les applaudissements dans votre cortex ? Ça fait 3 ans que ce malade se voit prescrire des médicaments en trop grande quantité, remboursés par la Sécurité Sociale , qu'il rapporte à son pharmacien. C'est bien cela que vous voulez devenir ? En pratique, si vous voulez vider votre armoire à pharmacie, ce qui en ce qui me concerne consisterait à me séparer d'une boîte de "Baume du tigre" rapportée d'une activité ancienne sur le Mékong à l'époque où la France n'avait pas abandonné les Mhong dans les montagnes du Laos, vous devez virer les boites et les notices comportant les modalités de prescription et les contre indications. Il ne faut rapporter que le contenu sans les emballages et le reste. Une question vous interpelle: comment font-ils pour redistribuer ce qu'ils recyclent sans emballage ? Débrouillez-vous avec le tri sélectif. Les médicaments ont des codes couleurs pour le spectre que couvre le principe actif contenu dans la gellule, la dragée ou la pillule. Le reste, c'est du baratin. Et à ce niveau d'utilisation on est plus dans la médecine de guerre d'arrière-garde en brousse ou dans la jungle que dans le merchandising commercial ? Par ailleurs, la date de péremption n'a aucune importance. Tiens donc... Donc, la date en question, c'est uniquement pour vous faire acheter de nouveaux médicaments ? Nous savons que 30 % des actes médicaux sont prescrits inutilement, que les médicaments homéopathiques ne sont pas les seuls placebos dans le commerce et en plus les pharmaciens ne nous vendent pas le nombre de médicaments nécessaires pour un traitement mais des boîtes qui finiront dans votre armoire. Dès que l'on se pose des questions on en trouve de bonnes. Au 21e siècle, on ne soigne pas comme à l'époque du Docteur Schweitzer. Donc cette opération a évolué assez rapidement pour ressembler maintenant à la mission de parvenir à un seul but impliquant toute la profession des pharmaciens, leurs fournisseurs, leurs répartiteurs, et leurs imbéciles de clients: le renouvelement accéléré du contenu des armoires à pharmacie prise en charge par la Sécu. Je sais, j'ai mauvais esprit. Évidemment qu'il ne s'agit pas de pomper plus de fric à la sécurité sociale, d'ailleurs, la preuve en est, cette campagne ne vise absolument pas la parapharmacie qui, elle, n'est pas remboursée par l'assurance santé. Ah,ah,ah... En réalité, ces médicaments non utilisés, dits "MNU", sont voués dorénavant à être détruits et plus à être redistribués comme à l'origine. Toute la filière, officines, répartiteurs, labo, concentrent leurs efforts pour parvenir à récolter plus de 10 tonnes de MNU par an un peu partout en France qui permettent de "fournir de l'électricité pour 8 000 foyers". En matière de recyclage, lorsque nous ne produissons pas de l'électricité, on fabrique des matériaux de construction, du revêtement routier... Et cette filière logistique n'a cure de la parapharmacie ( ce n'est pas son objet ) qui elle finit une fois consommée dans nos poubelles, uniquement sous la forme de ses contenants et flacons. Pas de retour à l'envoyeur. La vraie question est de savoir pourquoi en France, pays de la pompe à finances et de la gabegie budgétaire, les médicaments ne sont toujours pas vendus à l'unité. En UK, le pharmacien vous vend le nombre exact de gellules, dragées etc...nécessaire a votre traitement, depuis des lustres, ce qui n'empêche les pharmaciens britanniques de reprendre les non consommés. En France, on est les meilleurs, on ne traite pas les causes des problèmes, sinon il faudrait bannir la ligue des droits de l'homme et le défenseur des droits, mais on dépense à tout va pour traiter les conséquences, pas toutes et pas complètement, parce que cela permet de se plaindre de ne pas avoir assez de budget. Non, pas de budget, c'est vulgaire. On dit "plus de moyens". Si ces actions toujours hautement morales, sociales ou sportives, avaient trop d'effet on pourrait craindre de voir fermer un peu les robinets en considération de l'énormité des tonneaux des Danaïdes des frais de fonctionnement que cela représente. Imaginez, la totalité des subventions aux associations, c'est 42 milliards d'euros par an et cela ne finit jamais. Donc il est important d'être dans un échec relatif mais constant pour faire perdurer le dispositif, et surtout ne pas détruire les causes, origine des désordres qui permettent prébendes et honneurs. Je suis allé demander à un pharmacien de mon quartier à qui j'achète mes brosses à dents, ce que devenait les médicaments que ses clients lui rapportaient et s' il ne serait pas mieux de pouvoir les donner à une population qui n'a pas les moyens de les payer. Outre le fait qu'il m'a confirmé ce que je pensais, il m'a dit qu'il ne les prenait plus mais qu'il avait oublié de retirer le sticker qui fait joli sur sa vitrine. Sinon, j'image que pour collecter et redistribuer, il faut des subventions ou des aides déductibles fiscalement ? Et puis, une si belle idée, aussi belle et moralement encore plus belle, humaniste et désintéressée, ça doit au moins valoir une pelletée de médailles de la légion d'honneur et autres colifichets républicains, ou je me trompe ?

Par gilles.huvelin le 22/07/19
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Sa complexité sans utilité est évidemment faite pour une seule conséquence pratique: Une nette augmentation de la sinistralité de la profession d'avocat. ( Lire Benoît Henry, Avocat. https://t.co/TL08pYIamz )
On peut en finir avec cette procédure d'appel idiote, inutilement piégeuse et avec la plateforme de recours aberrante, la plus mal pensée possible pour la mettre en oeuvre. Sans compter que cette dernière fait supporter aux avocats le travail de saisine qui revient au Greffe. En plus le RPVA est une brouette numérique.
Je vous prie Mmes @feral_schuhl et @NBelloubet de refonder tout cela.
Les confrères sont d'accord avec ces critiques mais la profession se tait ! @Avocats_Paris @Conf_Batonniers etc...vous allez accepter cette situation sans rien dire encore combien de temps ?
Qu'est-ce qui vous rend taisant ?
Comment avez-vous pu à l'époque accepter une telle reforme, une telle solution numérique, puis la laisser en activité aussi longtemps ?
Faut-il que nos institutions soient incarnées par des élus qui ne travaillent pas avec la contrainte de tels textes, d'aussi navrants outils, mais fassent travailler et délèguent sans avoir les contraintes du quotidien de leurs électeurs ? Essayons de ne pas nous arrêter à une critique qui ne doit concerner qu'une petite minorité de nos élus. Et après tout, nous les avons élus.
Le fléau de notre Société est-il résumé à ce constat: ceux qui nous représentent ne délibérent pas sur les sujets de la réalité de la profession. Évidemment, c'est devenu insupportable parce qu'ils sont statutairement hors sol et dans une théorisation du métier sans cohérence avec le vécu qu'ils ne semblent plus fréquenter, phagocytés par la trajectoire stratosphérique de nos institutions. La situation est devenue telle que la déontologie du métier qui était entièrement contenue dans un serment et des usages de bon aloi, a fait l'objet d'un décret. Vous lisez bien. Un décret. Et sur cette injure; fallait-il que nous soyons tombés bien bas ou qu'il était nécessaire de nous inscrire dans une modernisation dont nous n'avons pas encore compris les perspectives; il a été édifié un empilement de textes reunis par les éditions Dalloz dans un "Code de l'Avocat" qui n'a pas grand chose à envier à nos Codes fiscaux. Et de ce fait, notre déontologie est devenue protectrice des crapules et des malhonnêtes, voir de nos commerçants qui sont l'avenir du métier. Les informations qui sont à ma disposition sont sur ce sujet consternantes pour ceux qui se souviennent avoir été des artisans du droit.

Mais en ce qui concerne la procédure d'appel, maintenant, chers élus, vous comptez vous emparer du sujet quand ?

Le sujet a tout de même une autre urgence pour la profession que le sort philosophique des droits de l'homme avec lequel on nous aveugle et nous bâillonne pour ne pas traiter nos problèmes quotidiens, nos lacunes, et les turpitudes du fonctionnement numérique et procédural de notre Justice.

Il n'y a de grand que de bien pratiquer son devoir. "Le bon ouvrier a de bons outils", m'a enseigné devant l'établi un bon Maître. Et la première chose que nos anciens faisaient, étaient de réaliser leurs outils pour une vie. Ils nous les léguer. Bien sûr, cela n'a plus de sens dans notre monde que pour quelques merveilleux artistes.
Je me pose la question de savoir toutefois s'il ne serait pas utile aujourd'hui d'enseigner le bon sens par celui du travail du bois. L'établi est une excellente discipline.

Par gilles.huvelin le 20/07/19
Dernier commentaire ajouté il y a 1 mois 22 heures

En U.K. la retraite complète prise à 68 ans est de 750 €. Ici le minimun vieillesse est de 868,20 €. La réforme prévoit une pension minimum de 1000 € pour tous ceux qui auraient insuffisamment cotisé pendant le temps nécessaire à un retraite à taux plein...

Les salariés cotiseront 40% du taux à 28,12%. Le reste (60%) est payé par l'employeur.
Ce qui veut dire que les avocats supporteront 11,25% sur la tranche à 40 000 euros de recette nette car le rapport expose que les libéraux ne payeront que la part égale à celle des salariés jusqu'à 40 000 euros et 12,94 % au-delà (jusqu'à 120 000 euros).
Sachant que pour 100 euros cotisés, il est acquis 5,50 euros de pension annuelle, vous pouvez faire votre simulation.

Par gilles.huvelin le 18/07/19
Dernier commentaire ajouté il y a 1 mois 2 jours

C'est inacceptable ! L'extrême gauche et donc les écologistes sont vent debout. Un vaste projet éco responsable végétalisé qui associe galeries commerciales, divertissements, loisirs et séjours va bétonner des centaines d'hectares de bonnes terres agricoles alors que les centres commerciaux environnants sont à la peine et les centres villes meurent. Et le pire, le projet est d'autant plus pharaonique qu'il contiendra la réalisation d'une piste de ski indoor qui contribuera à détruire notre atmosphère, comme à Dubaï, affreux pays pétrolier et donc sans scrupules.

Sauf que des pistes de ski indoor, il y en a partout et de très nombreuses en Europe, dont trois en Belgique, et ce projet dans notre region ne sera donc pas un projet dément en concurrence avec un émirat. En France, il y a une piste de ski indoor à Amneville (dans les Ardennes à 350 km de Paris) et c'est tout, pour 67 000 000 d'habitants. Or si tous les habitants de la péninsule arabique n'ont pas les moyens de skier dans les Rocheuses, en Autriche ou en Suisse, tous les habitants de la région parisienne n'ont pas les moyens de se payer 8 jours dans les Alpes en hiver, ou au Canada en été. Et c'est ce qui gêne en premier lieu les "amis du genre humain". Si le niveau de vie des gens modestes augmente, comment leur vendre la Révolution ? Dorénavant, ils vont connaître les joie de la poudreuse toute l'année. Inacceptable. Et en plus, faire du ski à côté de chez soi pour un bassin de population de 10 millions d'habitants, ça produira moins de CO2 que d'aller en faire (et damnation) dans les Alpes.
Il est vrai que les centres commerciaux des années 60 et 70 voient leur activité régresser et il est vrai que les centres ville sont désertés. La méthode stalinienne consisterait à contraindre les consommateurs à s'en contenter. L'autre formule consiste à leur permettre de se rendre en train dans un site inspiré de ce qui fonctionne bien déjà notamment aux États-Unis depuis plus d'une décennie. Un vaste complexe touristique qui offre tous les services et produits. Au lieu de passer deux ou trois jours à Bruxelles ou à Londres, venez vous divertir, vous détendre et faire vos courses à côté de Paris, et vous consommerez moins de CO2. Le niveau du scandale majeur est clairement atteint par " les amis du peuple". Nos nouveaux Marat bouent : le monde change et le mode de vie, les attentes et les désirs aussi, pas question !
D'autant que de nombreux hectares de terres arables vont disparaître avec ce projet. La même chose avait été avancée pour le Parc Disney dans l'est de Paris, avec l'Usine Center, ses commerces et les villes nouvelles. Pour le Parc Asterix, je ne me souviens pas avoir entendu de bruit de bottes vertes. La réalité est que la population a explosé, et qu'il faut pourvoir aux infrastructures et répondre aux demandes sur place. Pour Disney, c'est le seul parc en Europe, c'est moins loin qu'Orlando ou la Californie. Pour le site commercial prévu dans l'Oise, c'est moins loin par exemple que Manchester ou Atlanta et nos voisins bruxellois ou londoniens penseront la même chose. En plus c'est français et comble de l'horreur, cela procurera des emplois.
Les "marabouts" perdent de vue la réalité sociologique et économique. En premier lieu, la perte de surface agraire ne changera rien à notre production agricole. C'est epsilon. La seconde est la disparition de la classe moyenne dans tous les pays post-industrialisés modernes et qu'il faut répondre à la demande sur place.
L'écologie ne peut pas se développer sans être rentable dans un marché solvable. Si elle est subventionnée, elle produit des déficits qui conduisent à l'augmentation des impôts qui augmente les prix. Tout cela conduit in fine à la faillite du type vénézuélien. Je sais bien que c'est le but recherché mais personne n'est tenu d'accepter de tomber dans le panneau pour assurer le chaos qui conduit à une dictature marxiste et à la misère au profit de gangsters et leur mafia. L'écologie ne peut pas non plus arrêter la croissance mais doit en faire partie. Seule la croissance crée de la richesse qui permet le développement de l'éducation et l'amélioration de la Santé.
Ce qui est aussi certain c'est que le mode d'alimentation de demain, du fait de la disparition économique de la classe moyenne en Occident, et bientôt ailleurs, du fait du numérique, des mutations technologiques déjà engagées, ainsi que la croissance exponentielle de la démographique, est acté. Il y aura l'excellence pour les producteurs comme seule issue à forte marge ou le bas de gamme. Pour cette dernière il est clair que la qualité ne sera pas plus au rendez-vous que maintenant. Si aujourd'hui on nous annonce l'importation de viande bovine alimentée avec des farines animales, tous les auteurs de sciences fiction vous garantissent que demain nous mangerons directement ces farines en tablette.
Par contre, nos ayatollahs verts ne vous parlent pas de la réalisation d'une forêt de 1350 hectares sur le territoire de la Plaine de Pierrelaye (Val d'Oise) pilotée par le Maire de Frépillon, depuis 2004. On est en France, tout est plombé par les contraintes que seul un militaire finirait par pouvoir nous débarrasser. Après 14 ans de paperasses et procédures, les premiers arbres pourraient être plantés cet hiver.
Quant à la viande bovine canadienne produite avec des farines animales, personne n'est encore contraint de la manger. La provenance sera toujours étiquetée et elle devra respecter les normes sanitaires européennes et françaises. Ce qui veut dire que sauf fraude, la viande bovine canadienne élevée contrairement à nos normes ne parviendra pas à nos assiettes. Ce ne sera peut-être pas le cas dans l'avenir pour les tablettes de protéines.