gilles.huvelin

Par gilles.huvelin le 01/08/14
Dernier commentaire ajouté il y a 5 années 10 mois

Notre système de communication et de traitement des données opère une mutation rapide dont les  auteurs nous avaient annoncé l’évolution dès les années 80. Les data rooms sont consultées et gérées par des clouds consultés par des serveurs virtuels maintenant ouverts au grand public. Les mémoires personnelles sont en passe de disparaître et la fabrication des « tours » sera bientôt abandonnée.

Nous disposerons plus que d’un clavier et d’écrans. 

Parallèlement il nous est promis qu’au lieu de nous rencontrer nous nous enverrons plus que des envois sécurisés et nous n’aurons plus besoin de quitter nos bureaux, dont l’utilité n’aura plus de sens car leur fonction n’existera plus, le télétravail fait déjà que beaucoup de nos confrères sont injoignables physiquement du vendredi au lundi suivant inclus.

Les progrès constant des I.A. qui entrent dans la sphère de la capacité de s’autoprogrammer,  et de la pensée, vont, après avoir détruits les emplois basiques industriels, détruire des dizaines de millions d’emplois exercés par la classe moyenne. Par exemple, l’informatique a fait disparaître les actuaires des compagnies d’assurance, bientôt les gestionnaires des contrats seront au chômage.  Si les caisses automatiques des banques ont fait disparaître les guichetiers, demain les gestionnaires de comptes n’auront plus de raison d’être. 

C’est déjà le cas pour beaucoup de banques en ligne.

De plus en plus d’hôtels n’ont plus de réceptionnaire. Un guichet automatique réceptionne les clients et leur donne leur clé. Etc…

Les économies générées sur les coûts génèrent des suppressions de postes qui ne se remplacent pas sur place et au même endroit. Le progrès donne de nouveaux emplois à d’autres personnes qualifiées autrement, ailleurs, et en plus petit nombre.

Moins de personnels permet de reconstituer des marges qui permettent d’investir pour un marché transformé pour un public de chômeurs qui n’a plus de pouvoir d’achat, ce qui contraint faute de bénéfices à faire de nouvelles reconstitution de marge en réduisant la voilure qui provoque de nouvelles suppressions d’emplois.

Ce mécanisme bien connu s’arrête lorsque la reconstitution de marge n’est plus possible et que l’économie s’est écrasée comme un avion plaqué au sol, comme cela est arrivé pour les pays de l’Europe de l’Est après l’effondrement du théâtre communiste.

La réalité a ses contraintes.

Notre système développé technologiquement apporte une nouveauté sociale nouvelle qui est la marginalisation progressive d’une part importante de la classe moyenne qui est la frange de la population qui supporte l’impôt direct et sur la consommation.

Ce qui entraîne une baisse des ressources fiscales contraignant l’Etat à faire des économies qui contractent à la fois ses dépenses de fonctionnement et d’investissement au moment même où il doit rembourser un montant faramineux de dettes accumulées en payant des intérêts à des Banques privées au lieu d’emprunter gratuitement à la Banque Centrale.

Le P.I.B. ne croît plus, le pouvoir d’achat diminue, les entreprises n’embauchant plus faute de pouvoir reconstituer leur marge, les importations s’emparent des secteurs marchands disponibles et le secteur exportateur se rétracte face à une concurrence qui ne connaît pas les contraintes sociales et environnementales qui nous avons appelées de nos vœux unilatéralement tout en ouvrant nos frontières.

Parallèlement l’économie dépend de la production électrique, et de son transport, qui alimente la production comme la vie quotidienne de la population.

A la sclérose de l’économie s’ajoute la fragilité de l’approvisionnement énergétique tant au regard de sa sécurisation que des capacités de production alors que d’ores et déjà l’informatique représente 10 % de la consommation d’ électricité nationale face à un parc de centrales vieillissant et des alternatives de productions « vertes » peu crédibles. Et n'oublions pas que nos politiciens veulent que nous roulions en voitures électriques....à la condition heureusement que nous ne demandions pas de prises d'alimentation !  Ce qui démontre bien que notre production électrique n'est pas prête à faire face..

 

Les schémas classiques qui justifiaient notre modèle économique ne sont plus d’actualité tandis que les règles qui gouvernent les monnaies n’ont pas été renouvelées depuis l’accord de Brettonwood, alors même que le cours des changes pénalise à l’exportation l’Europe, que d’énormes volumes de liquidités, et l’accumulation de créances sont suspendues comme une épée de Damoclès au-dessus de l’économie mondiale.

Les concentrations bancaires et de compagnies d’assurances géantes loin de nous préserver d’un nouveau Krach annoncent l’irréparable si l’une d’elles ne pouvait absorber un défaut de paiement massif, Bâle 2 pouvant clairement d’après des analystes se révéler illusoire.

L’utopie d’une redistribution sociale de la plus-value produite pour nourrir la protection sociale connaît son heure de vérité face aux déficits de toutes ses branches.

Les conditions d’un chaos qui ne peut que résulter de ces fabuleux bouleversements sont réunies. Il ne suffirait que d’un hiver très rigoureux, d’une crue catastrophique dans la capitale  pensent certains pour faire basculer notre société.

D’autres considèrent que ce ne sera même pas nécessaire.

J’hésite : cloud ou data-center ?