gilles.huvelin

Par gilles.huvelin le 30/08/15
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"Le passage aux 35 heures a créé 300 à 500 000 emplois." Comment le sait - on ?  Tout emploi créé pendant des années a été  comptabilisé comme la conséquence du passage aux 35 h ? En réalité c'est beaucoup simple: vous prenez la réduction du temps de travail, soit 4 heures par semaine, multipliée par le nombre de salariés et vous diviser par le nombre d'heures légales de travail par semaine, soit 35 h, et vous obtenez un résultat purement mathématique. Ce n'est même pas de la macro - économie, c'est de la pire bêtise dogmatique. Pour vous faire comprendre l'inanité du résultat obtenu je vous donne l'exemple critique que m'a donné un économiste: "C'est un peu comme si vous vouliez augmenter la surface cultivable en France en classant terre agricole les toutes les zones zébrées sur les routes. Vous auriez comptablement obtenu une nombre d'hectares colossal supplémentaires classés comme cultivables. C'est  aussi c...".  Personnellement je me suis posé la question de savoir comment remplacer une secrétaire juridique 4 h par semaine. Même 2 secrétaires pour 8 heures par semaine...Évidemment impossible. Donc j'ai fait le boulot à la place. Comme tous les petits patrons jusqu'à l'assouplissement qui a permis de faire des heures supplémentaires non fiscalisées. Pensons que le passage aux 35 heures s'est fait sans perte de salaire et qu'il a fallu repayer les mêmes personnes à  faire les mêmes 4 h en heures supplémentaires...  Je ne parle pas de l'usine à gaz que le temps de travail est devenu depuis.  Vous pouvez vous retaper les circulaires Aubry I et 2 cet hiver rien que pour rire et la compile des réformes successives car pas question de porter atteinte à un  symbole  créé par un énarque de gauche. Les usines ou ateliers qui tournaient en 3 X 8 heures qui avaient des marges réduites  n'ont pas supporté mais qu'importe. La gestion du personnel  des hôpitaux et des cliniques est devenu ubuesque.  Ils s'en sont sorti en ayant recours à  l'intérim qui est extrêmement onéreux mais ce sont les assurés sociaux qui paient. ..tiens le regime est déficitaire. ..qu'est - ce que se passe ?  Les autres dans le secteur privé  ont bricolé des VSD, vent debout contre les syndicats, avec en contrepartie un coût augmenté de la masse salariale aussi. Autre alternative pour les entreprises lambda:  améliorer  les gains de productivité. La formation professionnelle sur le temps de travail étant impraticable dans les petites structures, rares ont été les salariés qui ont accepté de progresser en suivant une formation en dehors du temps de travail.
"Passons au 32 heures." declare la C.G.T.. Vous vous rendez compte des emplois que cela générerait ?"  Refaites les calculs ci-dessus..on doit bien trouver avec cette règle de trois  un gisement de 300 000 emplois nouveaux....  Bien sûr les 32 heures  doivent être payés 35 heures, elles - même payées 39 h.

Moi, c'est  simple, je vous propose de fixer le temps de travail légal à  10 h payée 35. Vous vous rendez compte du nombre d'emplois que cela générerait ?

Nous n'aurons jamais assez de syriens et d'iraquiens, de kosovars, de lybiens...

Miracle ! Nous avons solutionné le problème de l'immigration !  Merci la C.G.T. !

Bien sûr et vous avez raison: ramener le temps de travail à 10 h est absurde mais le maintenir à 35 h l'est autant proportionnellement, qui plus est, dans une période de marasme économique, il est aberrant de faire plus de social. 

Libérer l'économie a un coût social comme nous assurer un minimun de sécurité à un coût en terme de liberté individuelle.  La roue tourne et les temps changent, comme notre vue, notre ouïe et nos capacités physiques tout au long de notre vie, nous devons nous adapter.

Imaginez vouloir adulte avoir la même vie qu'à dix ans... Et bien c'est ce que font nos syndicats, nos politiciens: ils ne sont pas dans la réalité du moment qui exige de s'adapter rapidement continuellement. Pour cela les entrepreneurs et les producteurs doivent avoir les coudées franches et les outils.

En Suisse le Code du Travail fait 400 articles. Pas d'accord de branche, ni d'entreprise.

Si vous devez licencier vous savez combien cela va coûter à  l'employeur.  Sur les bulletins de paies les charges sont de 8%, le salaire minimun est trois plus élevé qu'ici et chacun s'assure selon ses risques.

Notre confrère Frédéric  Sicard dans l'émission "C dans l'air" sur la 5 à justement, me semble-t ' il, affirmé avec force, qu'il fallait que nous parvenions avec nos voisins européens à mettre sur pieds un législation sociale commune pour assurer un vrai marché du travail européen équilibré.

Inutile de vous dire que tout le monde est prêt à  en discuter...mais sans nos syndicats. "Étonnant,  non?" ( Monsieur Cyclopède)

Raymond Barre a dit avec beaucoup de bon sens: "Il faut que la France cesse de travailler moins, de dépenser plus, et d'emprunter la différence." J'ai envie d'ajouter que tout le reste est baliverne.

Par gilles.huvelin le 30/08/15
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Je n'ose pas croire que des journalistes ont soumis à un chantage un chef de l'Etat,  lui extorquant une somme d'argent contre l'engagement écrit... de ne rien écrire à son sujet.... Ceci étant qu'elle pouvait-être la raison pour laquelle les journalistes n'ont rien dit du cancer de F. MITTERRAND et sa double vie aux frais des deniers de la République ?  Avaient - ils peur ? Étaient -ils des vendus ou avaient - ils été  achetés ?  Quels seront les journalistes qui enquêteront sur les journalistes au- delà des justifications morales de la presse ( arretez de rire, je vous demande de vous arrêtez. ..) à  propos du respect de la vie privée... Cela ne les a pas trop gêné à propos de celle de Monsieur Hollande ( ce qui vous fait encore rire).

La réaction des professionnels de notre désinformation est malheureusement édifiante: "C'est un scandale ! Nos deux confrères ont été piégés..."
Mais il semblent qu'au moins l'un des deux  a accepté de se faire payer pour ne pas éditer le livre.

Oui. Et comment est-ce possible ? 

Parce que les journalistes sont capables d'écrire que les retombées du nuages radioactifs de Tchernobyl  n'ont pas passé la frontière et là où c'est arrivé, c'est uniquement sur les champs de lavandes. A quel prix  peut-on se comporter ainsi ?

A partir du moment où un journal accepte de publier un horoscope, vous devez avoir tout compris sur le sérieux de la profession...maintenant nous savons qu'il est possible d'acheter une information ou la faire disparaître.
"What do you expect ? "
Oui...effectivement. Nous comprenons mieux pourquoi nous ne savons pas ce qui était stocké dans le box de Mr Prouteau perquisionné dans le cadre de l'affaire des écoutes de l'Elysée, ni où sont passés les dossiers du suicidé  Grossouvres..bien sûr vous ne saurez rien, et peu de choses sur la mort de Boulin, ou  les explosions de l'usine AZF, ni dernièrement sur celles de  FOS sur Mer.
Finalement nous sommes bien dans une république sordinement bananière.
Je ne crois pas qu'il existe une quelqueconque autorité déontologique qui soit autorisée à retirer leur carte  professionnelle à deux journalistes  pour avoir accepté de se laisser achetés ou s'être vendus... ou peut-être pire.

Maintenant nous savons aussi pourquoi.

Par gilles.huvelin le 30/08/15
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J'en suis resté incrédule hier matin. C'était un gag ou une mise en scène . Le mug de café à  la main je voyais sur une chaîne d'information en continu tôt le matin, commentaire à l'appui, des pneus brûlés et quelques  personnes bloquant dans les deux sens l'autoroute A 1.  Ce samedi 28 août est un jour de retour de vacances. Depuis des heures cette voie majeure de circulation à  hauteur de Roye était  restée bloquée.  Des "gens du voyage" demandent que l'un d'eux, incarcéré, puisse assister à  l'enterrement de son père. Les forces de l'ordre temporisent. Traduire: elles a attendent des ordres. Sauf erreur de ma part, bloquer une route c'est un délit. Là, toujours sauf erreur de ma part,  c'est un flagrant délit avec destruction de la chaussée... Résultat ? Réunion d'une Cour d'Appel d'urgence un samedi matin pour donner satisfaction aux manifestants qui n'ont pas été interpellés.  Je veux bien que les gens du voyage soient nos amérindiens, mais la cavalerie ça  existe..  N'importe quelle manifestation d'infirmières libérales et hospitalières sous MITTERRAND se serait fait pour le moins bousculer. Bien sûr les pratiques de nos syndicats avaient abrogé la loi de fait à  leur seul profit et on ne compte plus dans leur histoire l'occupation du réseau ferré, de pistes d'aéroport, bretelles d'accès, de barrages routiers et de ports bloqués, de ferries occupés (Sea ferry encore ce dimanche pour bloquer un port) .Mais Bruxelles et nos voisins avaient haussé le ton, rappelant à  Paris que la liberté de circuler était une liberté fondamentale et que la démission systématique de nos autorités commençait à bien faire. Résultat les blocages par des mouvements de  routiers au bord de dépôt de bilan avaient été levés manu militari et réprimés, sous l'air bien connu: c'est pas nous, c'est Bruxelles...

Où  dieu habite....Nous dit le titre d'un film qui sortira ce mercredi sur les écrans.

Certains petits enfants parlent à un ami invisible ou à  leur ourson en pluche. Adultes, ils auront dieu. L'humanité n'a pas d'avenir en dieu ou alors elle a un avenir dans ses oursons en pluche.

Tant que la République n'aura pas le courage d'expliquer que dieu est un problème psychologique voir un trouble  psychiatrique, il n'y aura pas de fin dans les causes des comportements les plus criminels de notre temps.

Dieu est la cause de radicalisme, mais aussi d'identité devoyée pour tout ceux qui assimilent leur foi à leur appartenance à une nation. Dieu est le soutien à des revendications politiques, la justification du communautarisme, et la source des malheurs de notre temps.

Victor Hugo disait haut et fort que chacun en matière de religion devait rester cher soi.  La religion, dans son esprit, devait rester du domaine privé.

Aujourd'hui il faut nommer les choses et arrêter de se voiler la face. Dieu est un problème mental.

Prétendre que nous aurons la paix par la compréhension et l'écoute des religions  revient à  légitimiter une forme de déréglement psychiatrique qui conduit à  des actes de violence et des politiques de provocations à des fins politiciennes.

Il est important de dire que 4 ou 6000 ans d'obscurantisme polyforme fondé sur la nécessité de structurer les sociétés et justifier les guerres, cela suffit.  Inutile de vous dire que je n'attends pas grand'chose de l'Université d'été du P.S. à  La Rochelle  dans ce domaine.

C'est poutant de la responsabilité des hommes politiques du XXI ième siècle de sortir les peuples de leur difficulté à s'inclure dans le monde réél.. 

 
En ce qu'il permet de rire de dieu comme les grecs ont fini par le faire des habitants de l'Olympe, le film "Dieu existe et il habite Bruxelles"  doit impérativement être vu à  l'aune de ce qui vient d'être écrit ci-dessus. C'est drôle et ouvre l'esprit.

Vous pouvez y aller avec votre nounours...
 

Par gilles.huvelin le 28/08/15
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Je reçois d'un ami d'université avec lequel j'ai renoué par hasard il y a peu le billet ci-dessous qu'il m'a autorisé à reproduire car je m'y retouve un peu. Devenu après des méandres d'une longue carrière y compris judiciaire, ancien sénateur de notre république, ses vacances ont été à la fois paissibles et empruntes d'un enchantement distant :

"Au bord d'un affluent de la Dordogne et sous les frondaisons d'un mois d'été devant un verre de Monbazillac doré et frais d'une fin d'après - midi, les esprits sont légers. Les propos le sont également car ils émanent de personnes échouées  milieu d'un repos estival que les réalités troublent peu.

Ce qui rend généreuses et d'autant plus tolérantes les conversations que le lieu est étoilé avant même que le soleil s'estompe.

Le taux de délinquance en devient parfaitement supportable pour ces hôtes qui ne logent pas n'importe où dans Paris, ce qui écarte dans leurs récits de voyageurs des comparaisons peu flatteuses sur l'entretien de la voirie de la capitale.

Comment considérer dans la langueur perigordine d'un été radieux qu'une prison puisse être un moyen d'élimination et de protection de notre société alors que l'éducation et la rédemption sont l'alpha et l'oméga de la pensée de bon aloi entre gens de bonne compagnie ?

La légitimite défense est sujet d'extrémistes par définition dangereux. Ce sont propos vulgaires.

Curieusement il traîne un parfum d'un XVIIIième siècle dont les derniers témoins culturels dissertent sur les écrits de Rameau autant que sur sa musique. C'est un moment  hors du temps où l'on peut entendre jouer une partition de Jean-Jacques Rousseau dont il ne sera pas dit que le charmant philosophe a abandonné ses quatre enfants.

Les génies de leur temps sont inatteignables.

Le neveu de Rameau n'est pas le cousin de nos convives.

Si un sujet politique est abordé en bons républicains sous l'angle des droits de l'homme, portés fraternellement au pinacle laïc, il sera omis de rappeler que se sont les nobles qui les ont écrits. Il ne sera pas dit que les statuts de la Ligue a servi de modèle à  la constitution de l'U.R.S.S....

Nous révisitons le souvenir d'une mémoire et comme les guerriers du désert levés leurs étriers  pour la charge sur les mitrailleuses racontée dans le roman "La ronde" de Le Clézio, nous savons que nous sommes morts,   mais assis sur nos chaises, couverts d'honneur mais sans panache.

Nous savons sans le dire que le  XIXième est mort dans la fin des années soixante du siècle suivant qui a fini lui-même de laisser ses  marques avant même l'avènement du suivant, et que nous périrons dans une époque qui a pour nous une allure de récit de science fiction.

Transfuges d'une époque révolue il devrait y avoir une place "in memoriam" dans une fabrique dressé dans le parc du Pavillon d'Ermenonville  pour le dernier d'entre - eux, à deux pas de celui qu'aimait le promeneur solitaire.

La formation littéraire classique autant que l'apprentissage de l'histoire; qui peut être passionnante et parfois drôle; autant que la géographie moderne, source de pluridisciplinarité, sont devenues affaires d'une élite sans autre avenir maintenant qu'une forme de solitude.

Notre époque est fabuleuse par la globalité atteinte du monde et les avancées constantes de la connaissance autant que les applications dans notre quotidien de ses conquêtes.

Cette époque est la nôtre, nous y sommes, assez confortablement, mais notre regard possède quelque chose de celui de ses anciens monarques en exil, tandis que nous lisons parfois dans ceux des autres qu'ils vous reconnaissent sans vous avoir élus. Nous leur sourions en considérant qu'ils seront ce que nous sommes et qu'ils entrent dans des affres qui nous ont quittés.

Ce qui nous fait  éligibles à participer à moultes colloques, conférences, et tribunes flatteuses car convenant à  la bonne conscience de tout auditoire autant qu'aux organisateurs assurés,plus que nous,d'avoir une référence qui connait son monde.

Libres,  nous pouvons nous permettre des provocations de bon aloi et des remises en cause qui resteront verbales.

Débarrassés des déraisons de la ride  du lion nous pourrions retrouver un rire cristallin si des décennies de bienséance nous avait pas contraints aux seuls sourires de politesse."

La liberté n'est pas naturelle, elle est sociale."

J.-M. D.

Par gilles.huvelin le 26/08/15
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Ref. : CAA Versailles, 8 juillet 2015, n° 13VE02784, inédit au recueil Lebon N° Lexbase : A9277NMK
La TVA mentionnée sur des factures de prestations d'audit d'une filiale peut être déductible même si ces prestations ont été effectuées à l'initiative de la société mère du groupe. Telle est la solution retenue par la cour administrative d'appel de Versailles dans un arrêt rendu le 8 juillet 2015 (CAA Versailles, 8 juillet 2015, n° 13VE02784, inédit au recueil Lebon N° Lexbase : A9277NMK. Lorsque l'administration met en cause la déductibilité de la TVA ayant grevé l'acquisition d'un bien ou d'un service dont la dépense est établie par l'entreprise dans sa nature et son montant, il lui appartient, lorsqu'elle a mis en oeuvre la procédure de redressement contradictoire et que le contribuable n'a pas accepté le redressement qui en découle, d'établir les faits sur lesquels elle se fonde pour soutenir que le bien ou le service acquis n'était pas nécessaire à l'exploitation. Cependant, si elle conteste la déductibilité de la TVA au motif que les frais ont été engagés au profit d'un tiers, il appartient dans ce cas au contribuable d'apporter les éléments de nature à combattre la preuve apportée par l'administration. En l'espèce, une filiale intégrée d'une société mère a fait l'objet d'une vérification de comptabilité. A l'issue de ce contrôle, l'administration a remis en cause la déductibilité de la TVA mentionnée sur des factures de prestations d'audit au motif que celles-ci n'étaient pas nécessaires à l'exploitation. Les juges versaillais ont alors donné raison à la société filiale requérante. En effet, pour contester la déductibilité de taxes figurant sur des factures concernant des prestations d'audit au titre de la période allant du 1er janvier 2005 au 31 décembre 2006, l'administration s'est fondée sur le fait que ces prestations ont été effectuées dans le seul intérêt de la société mère du groupe. Toutefois, en faisant procéder à des opérations d'audit sur les procédures internes de l'entreprise, la société requérante a engagé des dépenses dans le but de renforcer ses procédures de contrôle, alors même que ces prestations ont été effectuées à l'initiative de la société mère du groupe et dans le cadre d'un programme ayant pour objectif de respecter les prescriptions de la loi financière américaine "Sarbanes-Oxley" applicable aux sociétés cotées aux Etats-Unis répondant également à l'intérêt du groupe. Ainsi, dans ces conditions, l'administration ne pouvait regarder les dépenses litigieuses comme n'étant pas nécessaires à l'exploitation de la société requérante (cf. l'Encyclopédie "Droit fiscal" N° Lexbase : E6869AE7 et le BoFip - Impôts N° Lexbase : X3798ALA

 

Personnellement, mais mon opinion n’intéresse que moi et il s’agit ni plus ni moins d’entamer une agréable discussion avec les lecteurs éventuels de cet arrêt, je comprends l’analyse de l’Administration fiscale qui n’a rien à faire de la Loi américaine "Sarbanes-Oxley" mis en place après le scandale de l’affaire ENRON. Il n’y a pas à priori à faire prendre en charge par le Trésor français les normes américaines. C’est tout le problème de l’intégration des sociétés européennes dans un groupe américain, souvent et depuis des années pour permettre à ces dernières , d'avoir aux USA des avantages fiscaux importants.
L’arrêt ci-dessus se comprend naturellement aussi. A partir du moment où une entreprise du fait de son intégration doit se soumettre à des contrôle interne, il est cohérent que cela fasse partie de ses frais de gestion…

 

Tout dépend du prisme du point de vue.

 

Il serait tout aussi logique que l’on offre aux filiales françaises d’un groupe américain un moyen de lui expliquer que la loi Sarbanes-Oxley qui contraint à tout photocopier, certifier conforme, puis stocker est une aberration  comme d’exiger de traduire la comptabilité de la filiale en comptabilité américaine, ce qui est un exercice aussi aberrant que de faire entrer un stylo à huit face dans un taille-crayon.

 

Quant aux audits permanents, dont j’ai pu constater que la qualité pouvait laisser à désirer, et qui font doublon avec le  contrôle permanent que doivent assumer nos commissaires aux comptes, ils peuvent faire penser que dans la réalité, ils sont imposés par les maisons mères américaines pour rémunérer des Cabinets anglo-saxons avec lesquels elles sont en relation d’affaires.

 

La somme de contraintes administratives qui pèsent sur la société civile pour justifier l’existence de la sphère publique peut  dispenser nos entreprises de faire supporter le poids des autorités d’un autre Etat.

 

Ne pas déduire les frais liés à des exigences d’une maison mère étrangère est peut-être un moyen de contrainte économique pour faire passer le message.

Par gilles.huvelin le 25/08/15
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Je ne savais pas que le film "Love" était sorti sur les écrans. Et puis comme mon blog est le 11ième blog juridique le plus lu cet été, j'ai voulu voir qui étaient les dix premiers. Je suis ainsi tombé sur le blog de Philippe Bilger que j'ai rencontré et entendu comme tout le monde dans différentes réunions publiques. C'est comme cela que j'ai lu son billet d'humeur rédigé sur la polémique née du classement du film "Love" interdit au moins de 16 ans, devenu sur le recours d'une association une interdiction aux moins de 18 ans. Ce qui a eu pour effet selon Philippe Bilger de faire de la publicité à ce film, ce qui était à ses yeux assez déplacé car de son point de vu, c'est un mauvais film en plus de cela trop long. Personnellement je ne partage pas toujours les opinions de Philippe Bilger, sauf sur  la légitime défense. Comme c'est encore les vacations et que le cinéma UGC Les Halles, qui possède 32 salles, est sur ma ligne de métro je me suis décidé à aller voir hier "Love" à  la séance de 14h25,  après avoir pris un verre de Guinness à  la terrasse d'un Pub irlandais, tenu comme il se doit par une personne d'origine peut-être pakistanaise, rue du Jour, en face des marches de l'église Saint-Eutache (j'aurais pu imiter la voix de Philippe Bilger, mais vous ne m'auriez pas entendu).
Arrivé malgré tout assez en avance j'ai assisté à  la sortie des spectateurs de la séance précédente. Une douzaine de personnes seules,  majoritairement des hommes plutôt âgés et mal portant, l'un portant encore ses lunettes 3D. C'est à ce moment que je me suis rendu compte que je n'avais pas donné à l'accueil mon bon d'échange d'une valeur de 1euro pour acquérir les fameuses lunettes.

Le film durant 2 h15 la séance précédente n'était que la troisième de la journée,  En revanche celle du début de l'après-midi avait attiré beaucoup de monde sans doute grâce à  la mauvaise critique de Philippe Bilger. Beaucoup de jeunes souvent en couple étaient venus remplir au 2/3 la salle numéro 5 de ce cinéma.  Celle qui porte le numéro 1 faisait salle comble vu la file d’attente avec "Mission impossible".

Philippe Bilger n'a pas apprécié le film "LOVE"au nom d’une vision artistique personnelle et d’une conception  assez moralisatrice de ce que doit être une oeuvre du 7ième art car la forme l'a privé semble-t'il du fond.

Je ne vous parle pas du contexte du récit pour m’en tenir à ce qui m’a semblé en être l’essence : C'est une histoire d'amour et de sexe passionnelle. L'amant qui est le récitant de cette histoire ne s'en remet pas. Tout le film est le récit de son addiction qui conduit à tous les excès. Cette passion amoureuse et sexuelle est, elle-même une drogue, qui le détruit comme celles qu'il a consommé pour la vivre et après pour supporter son état de manque qui le mine et resurgit violemment. Ce film est une description "neurologique" de cette passion qui est une forme de déréglement mental. Les partenaires dans leur immersion sont incapables (faute d'avoir vu un tel film) de gérer leur situation, la cause de leur séparation, leur rupture et ses suites. Les jeunes spectateurs qui ont vu ce film trouveront- ils  pour autant dans le souvenir de celui - ci, les mécanismes qui leur permettront de ne pas être détruit par la fin d'une violente ( par son intensité) histoire d'amour ? Il me semble que pour apprécier ce film, il faut être passé par cet enfer qui est proche de celui d'une sortie de drogue. Philippe Bilger y a peut-être échappé.  S'il est passé par là, il pourrait concevoir l'aspect pédagogique de ce film comme un roman, un essai philosophique, comme toute oeuvre  peut l’être.

La polémique à  propos de l'âge des spectateurs autorisés n'était pas illégitime. Faute d'expérience d'un vécu ce film peut être considéré comme un film, avec ses scènes de sexe, racoleur, qui choquera les plus inexpérimentés. Or elles sont utiles à l'appréhension  de la dimension de la passion. 

Pour le reste, ce que j’en ai à dire  me rappelle  le cas d'une chanson de Jean-Jacques Goldmann pour laquelle il explique qu'elle ne peut pas être comprise avant 50 ans. Ce en quoi il a raison.

La critique de Philippe Bilger me laisse à penser en ce qui concerne ce film que ce n'est pas une question d'âge. Quant à la durée du film elle m'apparaît être utile pour faire percevoir la profondeur de la douleur du manque et de la quête d'un espoir absurde. Ce n'est pas la première fois qu'un avocat n'a pas le même point de vue qu'un procureur. Ni la dernière. Mais ce n'est pas ici une question d'opinion ou d'analyse « sociétale » comme on dit aujourd'hui. . Il me semble qu'il est inutile de s'arrêter au contexte culturel dans lequel les protagonistes sont manipulés dans le scénario.  C'est un parti pris à mon avis de l'auteur qui avait besoin de faire parvenir au paroxisme son propos. A défaut d'excès et de marginalité la montée  en puissance et la déchéance du narrateur dans cet amour, ce qui inclut la sexualité, n'auraient pas été restituées dans toute leur violence. Il fallait trouver un moyen de montrer à  la fois l'intensité et la longueur  autant que le mécanisme de la douleur. D'où 2h15, la longueur du film illustre le naufrage progressif qui tourmente le personnage principal. Reste la relation au temps et au présent qui doit s'imposer à celui-ci comme une bouée de sauvetage dont il n'est pas certain qu'il trouve la force de se saisir. La dernière scène laisse la question en suspens. Personne ne peut souhaiter même à son pire ennemi la souffrance d'un amour perdu et pire une désillusion qui pourrait lui succéder. C'est l'objet du film que tout spectateur peut regarder sous un autre angle en fonction de sa sensibilité et son expérience. Et donc de passer à côté. Cela illustre l'impossibilité de transmettre une expérience comme il est impossible pour un aveugle congénitale d'appréhender une couleur. Il est presque impossible de se poser des questions sur ce que l'on ignore.

. C'est un peu comme quand vous entendez un juge d'instruction poser des questions dans une affaire de légitime défense. On se demande comment ramener tout le monde sur la planète réalité. Si vous ne savez pas ce qu'est une agression passer votre tour a-t-on envie de lui dire...
Ce film vous paraîtra d'autant plus beau si vous avez rencontrer un amour qui vous irradie. Vous avez une chance inouïe. Cultivez-la.
Et maintenant bonne séance en V.O. et 3D.

Par gilles.huvelin le 24/08/15
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C'est une gigantesque escroquerie mais je doute que ce soit le record du siècle et je m'en expliquerai. Ce qui est étonnant c'est son déroulé. Et peut-être encore plus fascinant ses suites.  65 milliards de dollars ont été détournés. Le liquidateur judiciaire qui a été désigné lorsque l'affaire a été soudainement mise à jour n'en a retrouvé que 11.  Que sont devenus les 54 autres milliards ?  Bonne question. Ils ne se sont pas évaporés. L'argent ne disparaît pas. Il passe seulement d'une poche à une autre. L'escroquerie a duré 8 ans. Comment a-t-elle perduré aussi longtemps et comment a-t-elle pris fin ?  Nous allons voir que cette histoire prouve que les mentalités et les mécanismes sociaux ne changent pas à travers le temps. Condorcet, le dernier des encyclopédistes, en charge  pour le Roi Louis XVI des canaux, disait déjà: "Partout où mon regard se porte je ne vois qu'ignorance, incompétence et prévarication". Aujourd'hui nous dirions corruption et complicités. Dans notre affaire l'escroquerie avait été démasquée 3 ans avant son terme. Un enquêteur privé s'était rendu compte que le fond d'investissement qui drainait l'argent de très nombreux épargnants avait un rendement au-delà du marché. Pire que les plus - values s'accumulaient  chaque année de façon linéaire sans aucune variation. Ce qui est absurde. Imaginez que sur un schéma la courbe de progression de la plus- value de votre placement est une droite qui s'élève selon un angle de 45 degrés. N'importe qui se poserait évidemment des questions. L'enquêteur s'en est ouvert aux autorités. Elles n'ont pas réagi.  Il a prévenu le gendarme de la Bourse locale, institution prestigieuse du pays, en vain.  La banque qui gérait le compte personnel de l'escroc et le compte du fond d'investissement ainsi que les comptes du plus gros client a vu passer de très nombreux virements pour des sommes considérables sans que cela attire la moindre demande d'explication ni ne provoque de signalement. De jeunes enquêteurs du gendarme de la Bourse locale ont voulu faire des investigations, elles ont été arrêtées par leur hiérarchie. Vous vous dites, cela a du se passer dans un pays où il y a des palmiers ou mieux des bananiers. Vous en aurez la certitude intellectuelle lorsque je vous apprendrai que l'affaire a explosé parce que l'auteur de l'escroquerie a avoué celle-ci à la Presse, qui n'avait jamais fait la moindre enquête sur la florissante entreprise en cause, rassurez-vous. Que pensez- vous qu'il arriva dans ce pays d'opérette ?  L'escroc d'un âge plus que respectable a plaidé coupable et s'est vu condamné à un siècle et demi de prison. Mieux: sachant que les souscripteurs recevaient régulièrement pendant huit ans des relevés de compte totalement bidon mentionnant des lignes d'actions et de titres  qui n'avaient jamais été acquis, il y avait forcément des employés complices et notamment les fils de l'escroc qui avaient été auparavant  des opérateurs boursiers. Aucunes poursuites. Vous vous dites que les experts-comptables et les  commissaires aux comptes...ne cherchez pas.  Mais le banquier ?  Il a été condamné à  verser à  l'Etat une pénalité de ...2,5 milliards. Mais le pseudo gendarme de la Bourse locale ? Gros spectacle devant la commission parlementaire.  Succès d'audience garanti. Les responsables ont été ridiculisés. Leur légèreté et inconséquence ont été  largement et facilement  démontrés.

Ils ont été virés. Et ? Non rien d'autre. Ah, si, ils ont retrouvé un job dans des entreprises boursières, secteur d'où d'ailleurs ils venaient. Des poursuites contre l'Etat  responsable du défaut démontré de son autorité de contrôle ?  Non.
Vous imaginez la quantité de pots de vin, commissions, avantages diverses, rémunérations qui ont été allègrement répandues pendant des années pour arriver à une telle omerta...pas forcément parce qu'à un moment tout le monde était, au fur et à mesure, mouillé. Y compris ceux qui ont recommandé les excellents résultats du fond d'investissement. Personne ne pouvait se déjuger. C'est un peu le mécanisme des réformes législatives chez nous: personne ne dira qu’un politicard dogmatique doublé d’un énarque s'est bêtement planté. Et donc le texte ne sera pas abrogé. Mais bidouillé, cancérisé et pire qu'avant puisque avec la réforme le texte honni trouve une nouvelle légitimité. Exemple: la législation  obligeant l'entrepreneur qui veut vendre son affaire à informer ses salariés à l'avance. Nous sommes passés d'une…attendez je ne trouve pas le mot publiable… à un mic-mac juridique aberrant.
L'escroquerie que je vous ai décrite ci-dessus, c'est l'affaire MADOFF bien sûr. La banque est une prestigieuse institution financière américaine. Pour le montant de sa pénalité rappelez-vous que la BNP a été contrainte de verser 5 milliards de dollars pour ne pas avoir respecté un embargo bancaire, soit le double. Le gendarme de la Bourse est rien moins que la S.E.C. unanimement respectée . La Bourse est bien sûr le New York Stock Exchange, et l'Etat, les Etats-Unis d'Amérique.  Et pensez que ce scandale est arrivé après une bien plus grosse arnaque en fait : le scandale ENRON qui relevait du même système que celui du scénario du film éponyme: Ce n'était également que du vent ! Comme l'escroquerie géante MADOFF.

Personnellement, je me dis que si cela est possible aux USA, je suis très inquiet pour ce qui peut se passer ailleurs sur le dos des épargnants. Jusqu'où l'épargne ne sert pas de contre-partie aux opérations boursières de banques ?  Est-ce détectable ?  Dans quels pays ?
Les affaires révélées  comme ENRON ou encore le sort de la titrisation des crédits hypothécaires américains n'ont pas vraiment changé le paysage de mon point de vue. Donc si l'affaire MADOFF, entre ENRON et la titrisation des crédits hypothècaires impayés, est la plus grosse escroquerie commise par un individu, j'ajoute: la plus grosse escroquerie connue....parce qu'il l'a avouée. Et ne croyez pas que c'était compliqué. Le montage est simplement une chaîne de Ponzi. Comment cela marche ? Comme les caisses de retraite par répartition.  En 1947 ceux qui n'ont pas cotisé voient les cotisants  leur payer leur retraite. Tous les créateurs de cette chaine après guerre en ont profité.. Les retraités percevront les cotisations des suivants. Évidemment le système tient jusqu'au moment où il n'y a plus assez de cotisants ou qu'ils ne versent pas assez pour ceux de la génération des ayants-droits qui eux ont cotisés pour leurs prédécesseurs... Quand les cotisants ne sont plus assez nombreux et riches pour payer, les retraités se retrouvent sans rien alors qu'ils ont cotisé pendant toute leur carrière. D'ores et déjà par exemple vous achetez 12 euros un point de retraite dont on vous  reversera la valeur au prix de 1 euro, quarante ans plus tard. C'est pas beau çà ?

Sympa non ?  Mais  riez de bon coeur, c’est la loi et cela se passe en France. Cela plombe les bulletins de paie et c’est un modèle social que toute la planète nous envie, dixit les organismes mixtes paritaires qui le gèrent et les journalistes, qui eux ont un régime séparé bien à eux..
Les 54 milliards de l'escroquerie MADOFF volatilisés ? Tout ce que l'on sait c'est qu'ils ne sont pas perdus pour tout le monde, mais c’est tout ce que vous saurez.
Pour la titrisation des créances c'est encore plus drôle que la chaîne de Ponzi. Des établissements financiers prêtent  (je sais, chez nous cela ne peut pas arriver) à des personnes insolvables et les banques se refinancent en créant un véhicule boursier (un titre) qui représente une part des créances de la banque auxquelles sont attachées tout ou une partie des intérêts en rémunération du titre. Génial. Sauf que les emprunteurs  ne rembourseront pas et que votre titre boursier n'a plus de valeur. De quoi vous plaignez- vous ?  C'est le gérant du fond auquel vous avez souscrit à qui vous avez donné mandat pour valoriser votre épargne, qui en toute indépendance, a investi. Idem pour des parts de fonds d'investissement dans l'immobilier. Votre fonds a été fusionné avec un autre fond. Ah, pas de chance.  Ce fonds a  acheté  un immeuble à une société qui allait pas bien et à qui un lease-back a été  consenti justement par votre banquier. Pas de pot, la boîte se casse la figure et l'immeuble se révèle être une usine amiantée. Votre part du fonds placé dans l'immobilier de luxe ne vaut plus rien ou presque après la fusion antérieure à l opération de lease-back de l'usine amiantée. Oui la société qui a déposé le bilan a remboursé avec l'argent du fonds qui a acheté son usine ses dettes à sa banque qui est aussi la vôtre et vous a conseillé l'achat de parts du fonds originel qui finira par fusionner avec celui qui a acheté l'usine. Votre fonds a financé les promoteurs clients de votre banque. Vous avez emprunté pour investir dans l'immobilier.Votre épargne à venir ainsi constitué, vu le rendement annoncé, non seulement vous deviez à  terme rembourser les doigts dans le nez votre emprunt in fine, mais en plus vous retrouver avec un capital équivalent. Génial.  Sauf que la valeur des parts qui devaient vous permettre de rembourser l'emprunt en vous laissant un bénéfice équivalent au montant de l'emprunt est quasiment devenue nulle après la fusion des fonds d'investissement. Il ne vous reste rien sauf des dettes. Et pas de recours parce que chaque opération a été souscrite séparément et que les opérations sont menées par des gérants indépendants qui statutairement avaient le pouvoir donné par chaque souscripteur de gérer. En plus l’amiante n’a pas été déclarée par la société au moment de sa vente sous condition de lease-back posterieure a la fusioon des fonds d'investigation et que depuis elle a fait faillite. Tout a été cloisonné et personne ne se connaissait. c'est un concours de circonstances.
Bien sûr cette histoire est inventée de toute pièce et si une banque ou fonds d'investissement se reconnaît ce serait tout à  fait fortuit car c'est totalement une oeuvre de fiction.
Rassurés ?

Par gilles.huvelin le 20/08/15
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Comme pour faire suite à ce que j’ai commis dans le petit article précédent, le Professeur Bruno Dondero  (Ecole de droit de la Sorbonne (Université Paris 1), IRJS-Sorbonne Affaires/Finance, directeur), vient de publier un article tout à fait rassurant, publié le 30 juillet dans le n°31-35 de la revue Entreprise et affaires éditée par LexisNexis.

Partant du constat incontesté  de « la complexité de notre système juridique », l’auteur sous le titre « Un nouvel instrument de connaissance du droit pour la pratique : le projet SSRD » nous propose une solution fiable de réponse aux questions insolubles auxquelles les praticiens doivent toutefois répondre.

Partant de l’idée que les banques de données ne vous assurent pas de trouver la bonne réponse unique mais qu’il peut exister plusieurs propositions de réponse, comment les trouver puis comment élaborer la synthèse qui sera la solution juridique incontestable. Comment autrement dit être certain de ne pas avoir omis des éléments importants de réponse ?

Consulter un professionnel du droit est une précaution élémentaire mais insuffisante et monter une équipe pluridisciplinaire n’est pas une garantie.

Partant de ce postulat raisonnable en considération de l’aléa dans la recherche de la bonne réponse juridique l’auteur propose un travail statistique.

« Ne serait-il pas formidable de pouvoir disposer d’un sondage d’opinion des meilleurs auteurs ou des praticiens les plus réputés sur une question donnée ? »

Le Service Statistique de Réponse au Droit est donc la possibilité d’interroger un panel de professionnels du droit permettant de disposer d’un document de synthèse qui statistiquement serait défini comme fiable à partir du moment où il serait acquis que 70 ou 90% des praticiens interrogés donneraient un avis positif commun.

L’auteur donne des exemples pratiques de cas d’application de son système, et évalue le nombre et la qualité requise pour que le panel consulté soit pertinent.

Hormis le fait qu’il me parait incontournable que le Barreau proposera des panels de compétence et ouvrira des sites en ligne de consultation avec des professeurs de droit et des juristes d’entreprise, je suis absolument certains que d’autres professions réglementées du droit vont s’approprier le concept.

C’est l’évolution normale de notre démesure législative et de l’aberration de la complexité de notre société. Cela découle logiquement de la progression des instruments dont nous disposons. Nous utilisions avant 1960 des outils que nous étions capables de construire, ou à tout le moins réparer, car nous en comprenions le fonctionnement que nous maitrisions. Puis nous avons utilisé des instruments que nous n’étions plus à même ni de construire, ni de réparer. Et vint le temps béni des techniques que nous sommes plus à même de concevoir, ni même d’utiliser complètement.

« C’est génial » (Patrick Sébastien).

Par gilles.huvelin le 20/08/15
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C’est le nom d'une remarquable revue publiée par LexisNexis. J'attire ici l'attention des lecteurs sur le n°142, juillet-août 201 que liront tous les spécialistes du droit des sociétés.

Rappelons-nous qu’avant que les politiciens qui nous gouvernent complexifient le droit selon le principe « pendant que les citoyens sont englués dans la législation, ils nous fichent la paix » – traduction libre du "Prince" de Machiavel,  le droit des sociétés cela s’appelait « droit commercial », car il n’existait que la loi de 1966. Aujourd’hui même Monsieur le Professeur TRICOT, ancien président de la Chambre commerciale de la Cour de Cassation, accepte de convenir que c’est devenu un droit difficile et incertain.

C’est le comble car il s’agit tout de même de la vie quotidienne de nos entreprises !

Ce brillant ouvrage écrit par un collectif de 15 auteurs remarquables, sous la houlette d’une brillante « direction scientifique » bicéphale  (il fallait au moins cela), que je compte parmi les auteurs, traite d’un sujet devenu ubuesque : « Les conventions réglementées dans les groupes de sociétés » sur lesquelles une série d’aller-retour législatifs  augmentée d’une jurisprudence pour laquelle les mots me manquent, vient de subir une « simplification » comme notre législateur sait en produire.

On se demande ce que les organisations patronales fabriquent pour tolérer la législation qui pèse sur le fonctionnement des entreprises. Les bras m'en tombent le long du corps lorsque je lève le nez de mon guidon. Finalement il y a lieu de considéter qu'elles ne sont pas plus représentatives que les autres structures dans d'autres secteurs. Il s'agit d'une agglomération de caciques qui ne pratiquent plus ou pas au qutodien. Et vous connaissez la formule : quand vous ne pratiquez plus, vous contrôlez, et lorsque vous ne savez plus contrôler, vous enseignez, si vous ne savez plus enseigner, vous dirigez, puis faute de plus savoir le faire, vous présidez... Cela est l'application de principes qui malheureusement nous régissent. Et dont ne sommes pas près de cesser de souffrir...

Ça se voit que je suis fâché ?

Par gilles.huvelin le 20/08/15
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D’abord parce que le législateur se calme et cela fait du bien à tous y compris aux entreprises.

S’il pouvait ne pas reprendre ses travaux ce serait bien, sauf abrogation de la législation sociale devenue incompréhensible, sclérosée et sclérosante…

Ensuite parce que cela permet aux praticiens du droit de prendre un peu de recul.

C’est ce qu’a entrepris notre confrère Pauline Le More, du Barreau de Paris qui a rédigé un excellent article critique très pertinent que les politiciens devraient lire.

C’est dans l’hebdomadaire Entreprise et affaires n°31-35 publié ce 30 juillet 2015 dans la rubrique (pas à brac) intitulé « Echos de la pratique, 3 questions… »  sous le titre « L’action de groupe française et le recours collectif européen ».

Il apparaît de façon bien analysée que nos politiciens n’ont pas répondu aux souhaits de Bruxelles et  qu’ils  sont soumis aux pressions de nos industriels, et qu’en pratique dans le domaine de la concurrence comme de la santé, l’action de groupe n’est pas concrètement applicable.

Les associations de consommateurs agréées pour introduire les actions n’ont, par ailleurs, pas les moyens de le faire et c’est sans doute d’ailleurs pour cela qu’elles ont reçu cette mission de protection du public.

Au total c’est un véritable scandale d’Etat. Une usine à gaz pour surtout ne rien faire. Il n’y a pas de complot mais une indigence et la pesanteur du principe politique de précaution  qui peut  se définir par : « Pas de vagues ».

Et en application de ce principe dont notre société meurt à petit feu, cette réforme là comme les autres, est ratée, délibérément. Il faut mieux en rire. Un peu comme cela se passe dans les dictatures: puisque nous pouvons rien y faire, rions-en.

A lire.