gilles.huvelin

Par gilles.huvelin le 30/09/19
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21 octobre 2019 de 18h à 20h
Palais de Justice, Ile de la Cité, 4 boulevard du Palais 75001 Paris
Bibliothèque de l'Ordre (Salle Haute) Commission ouverte de droit commercial et économique. Revue d'actualité ! https://t.co/ZYkPNem4Zn

Par gilles.huvelin le 30/09/19
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"Mesdames et Messieurs,

D’abord, je vous remercie de cette invitation.

Même si, à cause de vous, j’ai perdu plein d’amis sans en gagner un seul.

Et même si je suis bien conscient que vous avez tout à gagner à ma présence, alors que moi j’ai tout à perdre à venir chez vous.

Cela dit, ç’aurait pu être pire. J’aurais pu rester chez moi.

J’aurais pu vous attaquer de loin, envoyer des tweets et dormir tranquille.

Mais j’ai préféré essayer quelque chose.

Quelque chose de coûteux pour moi et de déplaisant pour vous.

J’ai préféré, en acceptant cette invitation, rompre avec des habitudes confortables pour vous dire enfin ce qu’ordinairement je dis de vous.

Je suis venu parce qu’il est trop facile d’avoir peur de vous et d’élever des digues à distance en espérant que ça tienne.

Je suis venu parce que la diabolisation a le triple effet de vous rendre service, de vous faire trop d’honneur et de donner bonne conscience à celui qui diabolise. «Nous imaginons parfois, dit Albert Camus dans ses lettres à un ami Allemand, quelque heureuse barbarie, où la vérité serait sans effort.»

C’est exactement cela que font les gens qui vous diabolisent.
Je ne suis là ni pour cautionner votre démarche ni pour vous convaincre - encore moins pour vous faire la morale – mais, plus modestement, pour vous déconstruire

Et qui, en le faisant, vous permettent de penser que s’ils le font, c’est qu’ils sont incapables de vous réfuter. Or, pardonnez-moi, mais vous êtes aisément réfutables.

D’ailleurs, je ne suis là ni pour cautionner votre démarche ni pour vous convaincre - encore moins pour vous faire la morale - mais, plus modestement, pour vous déconstruire. Et vous dire, en tout cas, les quelques raisons pour lesquelles, à mon avis, ce que vous entreprenez, ce que vous esquissez aujourd’hui, ne marchera pas.

Attention: Je ne parle pas de la tentative d’OPA sur «La Droite». Ça, ça peut marcher.

Les Républicains achèvent de mourir sur les questions sociétales ; quant au Rassemblement National sous la forme qu’on lui connaît, c’est un vieux parti corrompu dont chacun sait que la patronne est une adversaire idéale pour le pouvoir en place… Il n’est donc pas impossible que, faute de concurrents, vous emportiez le morceau. Mais à droite. Et à droite seulement.

Ce qui ne marchera pas en revanche - et j’en prends l’avenir à témoin - c’est la tentative d’arriver au pouvoir et de «construire une alternative au progressisme» (sic) en passant par la droite. Et, qui plus est, la droite dure.

Et c’est à ceux qui pensent qu’une telle chose est possible (et je les sais nombreux dans cette assemblée) que je m’adresse ici, d’abord.

Ce qu’ils espèrent, ce que vous espérez, ne marchera pas.

Pour des raisons à la fois idéologiques, stratégiques et métaphysiques.

La première raison pour laquelle ça ne marchera pas, c’est ce que les pédants appellent la «caducité du paradigme droite-gauche.»

Ceux d’entre vous qui, comme moi, ont vécu (probablement dans le camp d’en face) la campagne de 1992 sur le Traité de Maastricht se souviennent peut-être qu’on a vu surgir à ce moment-là, autour de la question européenne, des couples idéologiques dont on n’avait pas l’habitude: Pasqua et Chevènement du côté du non. Fabius et Juppé du côté du oui, etc.

Je sais qu’il y a des gens dans cette salle pour penser que Pasqua, Juppé, Fabius, Chevènement, tout ça, c’était du pareil au même, c’était «l’UMPS»: le problème de cette analyse simpliste, c’est qu’en amalgamant l’UMP et le PS dans un gloubi-boulga libéralo-mondialisé, l’extrême-droite de l’époque a manqué le sens véritable de ces causes communes entre gens antagonistes. Et la leçon qu’il fallait en tirer.

Quelle était cette leçon?

Que lentement, à pas comptés, après la chute du mur, les démocraties occidentales sont passées du diptyque droite / gauche au diptyque que moi, j’appellerais «libéral contre souverainiste» et que, peut-être, vous préférerez nommer «mondialistes contre patriotes». Peu importe le nom qu’on donne à ce nouveau duo.

Ce qu’il est essentiel de comprendre, c’est que le clivage libéral / souverainiste, apparu en 1992, s’est affermi en 2005, et s’est définitivement installé dans le pays en 2017, avec la victoire d’Emmanuel Macron - qui n’est pas une victoire de la gauche, mais une victoire du libéralisme.

Pour le dire simplement: la question aujourd’hui - l’alternative - n’est plus «suis-je de gauche ou suis-je de droite?» mais «ai-je intérêt à m’ouvrir au monde ou bien à me replier sur mon pré carré?» (et dans cette nouvelle répartition, on trouve des deux côtés de l’alternative autant de gens de gauche, que de gens de droite).
Vous avez autant de chance d’arriver au pouvoir en passant par la droite qu’Olivier Faure, en passant par la gauche. Ce qui est peu dire.

Dès lors, en vous appelant «La Droite», en essayant de capter les déçus de la droite et en leur laissant entendre qu’avec vous ils ne seront pas déçus et trouveront un «avenir commun», vous vous engouffrez dans une impasse.

C’est une large impasse, trompeuse parce qu’elle est pleine de gens, mais c’est une impasse quand même. Dans la longue liste des scénarios possibles d’ici 2022, voire 2027, il n’y en a aucun où la droite l’emporte par la résurrection de son identité.

En somme, vous avez autant de chance d’arriver au pouvoir en passant par la droite qu’Olivier Faure, en passant par la gauche. Ce qui est peu dire.

Ou bien d’atteindre la Lune en montant sur une échelle.

Je sais bien que certaines d’entre vous, tout en reconnaissant ce nouveau clivage, persistent à le tenir pour «politiquement inopérant». En cela, vous avez exactement le même discours que le PS. A quoi tient cette étrange communauté d’analyse? Comment expliquer que la gauche et la droite pensent toutes les deux que l’affrontement de demain, c’est la gauche contre la droite? Non parce que c’est une analyse (tous les chiffres la démentent et pas seulement les sondages) mais parce que c’est une question de survie. Et une façon de présenter comme un diagnostic la certitude qui vous arrange l’un et l’autre.

En vous agrippant à la droite comme le PS s’agrippe à la gauche, vous vous condamnez au parasitisme politique (et à l’indécision sur la question européenne).

Aussi n’aurai-je qu’un mot à dire à cet égard: ne changez pas d’avis, car vous avez tort.

La deuxième raison pour laquelle, selon moi, «l’alternative au progressisme par la droite» n’a aucune chance de fonctionner, c’est que, à moins d’être en 1815 et de sortir d’une révolution mondiale puis d’un empire géant, la nostalgie ne fait pas un projet.

Le retour en arrière ne fait pas un avenir.

La restauration n’est pas un plat de résistance.

Le sentiment que tout s’est perdu, l’exhumation idéale de valeurs égarées dans le tourbillon de nos mœurs décadentes… Tout cela ne rassemble que des craintifs. Qui sont nombreux. Mais qui le sont de moins en moins. Et qui vieillissent.

La «défense de la vie» ou de «l’ordre naturel» dans un univers d’IVG, de PMA pour toutes, de GPA possible, de mariage gay, de légalisation du cannabis voire de la prostitution (on peut toujours rêver) ne sert qu’à consoler les gens qui ont le sentiment de s’y noyer.

Il ne faut pas s’y tromper: ce que vous êtes en train de construire n’est pas un paquebot. Du tout. C’est le radeau de la méduse! Ou l’arche de Noé si vous voulez, peu importe. Ce que je veux dire, c’est que c’est un bateau sans moteur.

Et que c’est une opération de survie.

Pas une opération de reconquête.

Le désir «d’ancrer dans un avenir commun des gens issus de toutes les sensibilités de la droite» (sic) ne recouvre, en réalité, que des retrouvailles entre militants innombrables qui communient dans la déploration - ce qui est très agréable, mais politiquement stérile.

Vous avez peut-être vocation à représenter la minorité qui ne retrouve plus ses petits dans la France mondialisée du XXI siècle, mais avec un tel cahier des charges, vous n’avez pas vocation à devenir majoritaires. C’est impossible. Arithmétiquement.

(Les personnes - tout à fait aimables - qui m’ont invité à cette convention ont pris soin de préciser que «ce n’était qu’une convention» et «en aucun cas, la naissance d’un mouvement.» Eh bien, on ne saurait mieux dire: il n’y a aucun mouvement dans ce que vous faites. Juste une addition de fixations.)

Bref. Parce que le paradigme a changé, et parce que la nostalgie ne fait pas un projet, vous avez seulement l’avenir politique d’une force d’appoint. Et à ceux d’entre vous qui espèrent davantage, je recommanderais, comme Descartes, de «changer {leurs} désirs plutôt que l’ordre du monde.»

Attention: je ne présume pas de la qualité des valeurs qui sont les vôtres.

Chacun croit ce qu’il veut et il n’est écrit nulle part que je serais plus que vous le détenteur de la morale.

Mais je parle de l’efficacité de vos valeurs dans un pays qui, majoritairement, leur tourne le dos. Car (et c’est la troisième raison pour laquelle, à mon avis, ce que vous faites ne marchera pas) la société elle-même est incurablement libérale.
On ne revient pas sur une liberté supplémentaire.

Comme elle est majoritairement attachée au droit de disposer de son corps.

Je n’entre pas ici dans le débat sur ces questions. Si vous me réinvitez un jour, on parlera ensemble de la PMA, de la GPA, de la peine de mort, du mariage pour tous, de l’IVG, de l’euthanasie, du porno, du cannabis... De ce que vous voulez.

Mais ça n’est pas mon sujet aujourd’hui.

Ce que je veux vous dire, c’est que ces mouvements-là sont irréversibles.

Pour une raison simple (qui dépasse nos opinions respectives, au-dessus desquelles je vous supplie de vous élever un instant, le temps d’entendre l’évidence transpartisane que je vous donne maintenant): on ne revient pas sur une liberté supplémentaire.

On ne retire pas aux gens le droit de se marier.

On n’empêchera plus jamais, en France, les femmes d’avorter si elles le souhaitent.

Et plus aucun assassin, jamais, n’y sera condamné à mort. «Grâce à vous, dit Robert Badinter, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises…»

A moins d’un changement de régime.

Si demain, les Hongkongais perdent l’ensemble de leurs droits, c’est parce qu’ils auront été mangés par une dictature.

Si demain - ce que je souhaite - après avoir autorisé la PMA pour toutes, la France autorise l’euthanasie, alors on ne reviendra jamais dessus, comme on ne reviendra jamais sur le mariage pour tous, ni sur l’IVG.

Ce qui m’autorise à être si sûr de moi, ce ne sont pas mes convictions. (A titre personnel, vous imaginez bien que je suis favorable à chacun de ses droits. Le «progressisme», c’est ça.) Ce qui me rend si certain de ma prédiction, c’est la nature humaine en personne!
Revenir sur l’IVG ? La PMA ? La GPA (si elle entre dans la loi) ? La peine de mort ? C’est aussi improbable que de retrouver un œuf intact en détournant une mayonnaise.

Ainsi faite que si vous lui donnez une liberté qu’elle n’avait pas auparavant, elle considèrera qu’en la lui retirant, vous l’amputez d’une partie d’elle-même.

C’est la raison pour laquelle on peut parfaitement appliquer la seconde loi de la thermodynamique au cas des libertés supplémentaires: aucun retour en arrière n’est possible!

Vous pouvez le souhaiter tant que vous voulez. Et même vous satisfaire de le souhaiter. Faites-vous plaisir! Mais revenir sur l’IVG? La PMA? La GPA (si elle entre dans la loi)? La peine de mort? C’est aussi improbable que de retrouver un œuf intact en détournant une mayonnaise.

Et pour cette raison, paradoxalement, votre conservatisme est, à mes yeux, une bénédiction… Ne commencez pas à devenir progressistes, s’il vous plaît! Continuez de croire qu’on peut prendre le pouvoir en France au XXI siècle en estimant que les enfants sans père ne devraient pas exister ou (pour certains d’entre vous) que l’IVG est un assassinat. Continuez de penser - si c’est le cas - que le mariage pour tous n’est pas un vrai mariage. Chaque jour, d’honnêtes citoyens (et peut-être parmi vous, je les salue) vous donnent tort. Et s’en trouvent bien heureux.

En vérité, je vous le dis (et je ne vous le dis que parce que je ne crains pas de vous faire changer d’avis en vous le disant): vous êtes beaucoup trop réacs pour gagner quoi que ce soit! Vous préférez le Bien (c’est-à-dire l’idée que vous en avez) à la liberté collective. Et - ce qui est plus grave que tout - vous brandissez des valeurs sans jamais questionner la valeur de ces valeurs.

Par exemple, je sais que beaucoup d’entre vous défendent l’idée d’une famille traditionnelle - comme si c’était un rempart contre le vice. Je sais que beaucoup (souvent les mêmes) considèrent également que la nature commande de faire les enfants et de les élever d’une certaine manière (parce qu’au commencement, c’est plutôt comme ça qu’on faisait).

Or, la nature s’en fout! La nature n’est pas une norme. Son fonctionnement n’est pas une intention. J’en veux pour preuve qu’on trouve la même proportion de crapules, d’incestes et de toxicomanes chez les enfants issus de familles dites «traditionnelles» que chez les enfants de couples homosexuels…

Si la famille traditionnelle protégeait de quoi que ce soit, ce serait parfait. Mais vous n’en faites un rempart que parce que vous en faites une valeur absolue, et qu’à ce titre vous déniez aux autres un mode de vie qui, en lui-même, ne produit pas plus de vices que le vôtre (pas moins non plus).

En un mot, votre conservatisme, si éloigné de ce que le monde est devenu, et tellement inadapté à l’obtention de libertés irréversibles, sera pour vous ce que ses propres atermoiements sur l’Europe ou bien sa nullité en débat ont été pour Marine le Pen. Votre fossoyeur. Alors, encore une fois: ne changez rien! Conservez votre conservatisme. C’est l’assurance-vie du camp d’en face.

Conservez également, s’il vous plaît, la façon que vous avez d’être patriotes. En tout cas pour certaines d’entre vous. Conservez l’illusion qu’on aime son pays quand on veut penser qu’il n’a rien fait de mal. Continuez de voir un exercice de masochisme (et non de lucidité) dans le fait d’assumer les «crimes contre l’humanité» qui ont été commis par la France.

Car en cela, vous donnez à la francité tous les attributs d’un communautarisme.

La façon dont vous êtes fiers d’être Français donne le sentiment qu’être Français est une valeur en soi. Or, l’être-français n’est pas un dispensateur magique de vertu. Et la France, dans l’histoire, s’est souvent conduite comme le féal et le collaborateur de ses conquérants.

Et on en vient à une question fondamentale, et (peut-être) une divergence majeure entre nous.
Dans ses Lettres à un ami Allemand, Camus écrit à un nazi : « Je voudrais pouvoir aimer mon pays tout en aimant la justice. Je ne veux pas pour lui de n’importe quelle grandeur »

Qui aime le mieux son pays?

Celui qui en accepte les zones d’ombre (et les pages sombres) ou celui qui les nie?

Qui, en France, est vraiment patriote?

Celui qui reconnaît que l’État français a profité de l’esclavage et de ses colonies, a organisé des rafles, et ordonné, entre autres, la torture en Algérie? Ou bien celui qui voit dans le rappel de ces faits (tous avérés) les accents de «l’anti-France» et la tyrannie de la pénitence? «Reconnaître les fautes du passé et les fautes commises par l’État, ne rien occulter des heures sombres de notre Histoire, c’est tout simplement défendre une idée de l’Homme, de sa liberté et de sa dignité.» disait Jacques Chirac le 16 juillet 1995, dans le discours magnifique où il a reconnu la responsabilité de la France dans la déportation de juifs.

Mais changeons de pays, un instant:

Qui aime le mieux la Turquie? Celui qui reconnaît le génocide arménien? Ou celui qui brûle des kiosques en France parce qu’il n’aime pas la Une du Point?

Qui aime le mieux la Russie? Celui qui réhabilite le stalinisme ou celui qui en détaille les crimes?

Et la Serbie? Celui qui reconnaît le génocide bosniaque ou celui qui nie l’existence des charniers? Et qui aime le mieux la Syrie? Celui qui reconnaît l’assassinat de sa population par un tyran, ou celui qui se couche devant les Russes?

Vous connaissez peut-être la belle nuance de Romain Gary selon qui le patriotisme est «l’amour des siens» et le nationalisme «la haine des autres.» A cela, j’ajouterais que le patriotisme est un amour exigeant qui regarde en face les crimes de son pays... Alors que le nationalisme - ce communautarisme étendu à la nation dont soudain tout est bien parce que c’est mien - relève, en vérité, de la haine de soi qui, pour ne pas assumer ses crimes, trafique la grande Histoire et jette un voile pudique sur des infamies.

La France n’est pas une vertu en soi.

La France n’est pas seulement un territoire, ou des traditions.

La France n’est pas un ego-trip. Un citoyen n’est pas un supporter.

La France est une histoire tragique et souvent honteuse, mais la France est aussi une ambition qui va plus loin qu’elle-même, ou qui dépérit, à l’inverse, quand elle se cache ses propres crimes et qu’elle cherche dans le confort de son terroir un refuge à sa mauvaise foi.

Dans ses Lettres à un ami Allemand, Camus écrit à un nazi: «Je voudrais pouvoir aimer mon pays tout en aimant la justice. Je ne veux pas pour lui de n’importe quelle grandeur, fût-ce celle du sang ou du mensonge.» Et le nazi lui répond: «allons, vous n’aimez point votre pays.» Mais c’est lui qui se trompe.

L’erreur de l’Allemand (du nazi) est de confondre l’amour de son pays avec l’amour du territoire qu’on nomme ainsi. C’est la même erreur que font tous ceux qui croient défendre la France en se contentant de défendre ses frontières ou d’embellir son histoire. En matière de patriotisme, la vérité qui dérange est de meilleure compagnie que l’omission qui réconforte.
Que les choses soient claires : je ne vous ferai jamais l’offense de penser que vous approuvez les gens qui considèrent qu’à Strasbourg on doit manger de la choucroute.

Pour l’anecdote: l’idée qu’un nationalisme étroit n’est en réalité qu’un communautarisme élargi m’est apparue lors du fameux «couscougate» de Florian Philippot. Vous vous souvenez, bien sûr, de cette affaire et de ces militants absurdes qui étaient tombés sur le pauvre Philippot parce qu’il avait organisé une couscous party à Strasbourg…

Que les choses soient claires: je ne vous ferai jamais l’offense de penser que vous approuvez les gens qui considèrent qu’à Strasbourg on doit manger de la choucroute (ou bien du cassoulet dans le Périgord). C’est trop bête.

Mais si je reviens sur cette histoire, c’est parce que les ennemis de Philippot, en la circonstance, sont des caricatures de ce que j’essaie de vous dire.

En dénigrant le couscous non pour son goût mais pour son origine, en réduisant l’identité au respect d’un folklore ou d’un menu obligatoire, et la France à des rites dont le Français devrait être le militant, ces crétins patriotes ont mis le Français sur le même plan que le noir, le juif, l’homosexuel ou le musulman, c’est-à-dire le plan communautaire. En faisant de «l’être-Français» une qualité en soi, on fait des Français eux-mêmes une minorité parmi d’autres: le patriotisme de la bouffe est un communautarisme!

D’ailleurs, comme par hasard, de l’autre coté de l’échiquier, les indigènes de la République se sont eux-mêmes indignés que Philippot mangeât du couscous, mais eux parce qu’ils y voyaient un symbole criant d’ «appropriation culturelle».

J’aimerais tellement trouver les mots pour attirer votre attention sur le fait que, même si le discours de l’extrême-droite et le discours des Indigènes semblent s’opposer frontalement, ils se ressemblent plus qu’ils ne s’opposent.

Quelle différence entre les adversaires de l’appropriation culturelle qui interprètent la consommation d’un couscous par un blanc comme une survivance de l’ère coloniale, et la droite de l’extrême droite qui choisit d’y voir un signe de décadence?

Quelle différence entre le communautarisme qui interdit au Blanc de manger du couscous, et l’identitarisme qui s’en indigne? L’un dénonce l’impérialisme Français, l’autre redoute «le grand remplacement», mais dans un cas comme dans l’autre, on racialise le débat, on communautarise le débat et, de part et d’autre, on vénère des souches. Or, la souche, c’est le prototype d’une fausse valeur! C’est le modèle de tout ce qu’on aime non parce que c’est aimable mais parce que c’est soi-même. Une souche, c’est un arbre sans tête. Comment peut-on se vanter d’être un truc pareil?
Le sentiment d’avoir une identité, et de se distinguer des autres par l’identité qu’on a, est une double illusion

De façon générale, c’est la notion même d’identité qui marche sur la tête.

Et puisque vous avez invité un prof de philo, on va faire un peu de métaphysique pour finir.

A titre individuel comme à l’échelle collective, l’idée d’identité n’a aucun sens.

A titre individuel, ce que nous appelons le «moi» n’est jamais qu’une addition de souvenirs et de qualités que la mémoire et l’ADN ont cousus ensemble pour nous donner l’illusion qu’en amont de toutes ces qualités, il y aurait un sujet. Mais quand on cherche le sujet lui-même, le sujet tout nu, séparément de toutes ses qualités, on ne trouve rien. Le moi, c’est comme le cœur de l’oignon.

A l’échelle collective, ce que nous appelons l’identitarisme (ou la pensée identitaire, qu’on retrouve indifféremment à la droite de la droite et chez les Indigènes de la république) n’est jamais que la sanctification arbitraire de coutumes ou de couleurs de peau dont on a décrété, un jour, qu’elles étaient un but en soi. Ou une valeur en soi.

Seulement, c’est la même erreur.

Qu’on additionne des qualités ou qu’on sacralise les rites d’un terroir, c’est le vide qu’on recouvre dans les deux cas.

Le sentiment d’avoir une identité, et de se distinguer des autres par l’identité qu’on a, est une double illusion:

1) nous n’avons pas d’identité (autre que nos souvenirs, nos habitudes et les particularités d’un ADN) et ce qu’on se représente comme une souche n’est qu’un tas de feuilles mortes.

2) Pour cette raison, la passion de l’identité n’est pas une passion de la singularité, mais au contraire une passion grégaire, une passion du troupeau. Pour croire à la fiction de son identité, il faut être nombreux (de même qu’il suffit à une sottise en ligne d’être likée 10 000 fois pour devenir une «vérité»).

Pour le dire simplement: c’est à l’illusion de se protéger quand il se replie qu’on reconnaît le tempérament de l’esclave. Ou plutôt: c’est au sentiment d’avoir une identité, d’être l’identité qu’il a, et d’avoir à défendre son identité contre d’autres identités que la sienne, qu’on reconnaît le mouton.

Voilà ce que, loyalement, je pouvais vous dire aujourd’hui, dans le temps qu’on m’a donné.

Et je suis heureux que vous l’ayez entendu.

Parce que vos credo sont désuets, parce que votre projet n’est qu’un rejet, parce que votre patriotisme est un communautarisme, que vos principes sont des fictions et parce que vous auriez l’impression de vous perdre si vous changiez d’avis, ce que vous espérez ne marchera pas… Et je suis bien obligé de reconnaître que, contrairement à ce que j’ai dit d’abord pour justifier ma participation à cette convention, votre projet politique ne m’inquiète pas du tout, car il se prive lui-même, tout seul, de l’ensemble des moyens d’action nécessaires à la conquête du pouvoir.

Merci de votre attention."

Par gilles.huvelin le 25/09/19
Dernier commentaire ajouté il y a 3 semaines 3 jours

Je plagie la formule de la Marine Nationale: "Notre défense commence au large." Et il faut que nous nous en donnions les moyens. Je fais un parallèle avec le slogan de "La Royale" pour affirmer qu'il ne sert à rien de défendre les droits dans le monde entier sans balayer devant la porte de nos Cabinets d'avocat.
Quand je dit "avocat" dans l'article ci-dessous, c'est un terme générique désignant la personne qui exerce le métier, homme ou femme, sans distinction. Petit florilège crescendo de notre quotidien:
Je vois un affichette au Vestiaire des 30 000 avocats de la Cour d'appel de Paris. "Vous devez prendre votre courrier dans votre case qui est sous votre nom." C'est comme cela depuis des lustres mais il y a des confrères de plus en plus nombreux pour se tromper, ne pas regarder ce qu'ils prennent, et ne pas se montrer diligents pour restituer le courrier du voisin embarqué par erreur. Un employé de l'Ordre me dit devant mon étonnement: " Vous savez, j'ai tout vu, mais depuis quelque temps, je reçois des avocats qui viennent chercher leur clé RPVA et ils ne connaissent même pas leur numéro de toque !"
Il est vrai que les mails sont devenus largement plus utilisés que le courriers postal ou du Palais. Mais tout de même. Un tout jeune avocat apporte une assignation à un de ses confrères pour lui confier le suivi du procès. Il lui dit: " Il y a un numéro à côté du nom de mon contradicteur. Je ne sais pas si c'est son numéro de vestiaire ou de sa toque." Son confrère a préféré lui répondre : -" Ne vous inquiétez pas, je vais me débrouiller."
Après tout, tous les avocats n'ont pas d'activité de processualiste et j'en connais d'éminents, populaires auprès des bobos du Barreau et actifs sur les réseaux sociaux qui ne font pas la différence entre contentieux et judiciaire. D'ailleurs, si on insiste sur la distinction, ils considèrent que "la procédure n'existe plus. C'est mort."
Je ne plaisante pas. Je suis atterré.
Passons sur ceux qui s'intitulent avocat conseil et ceux qui ne sont pas à même de dire la différence entre avocat à la Cour et avocat au Barreau. Je vous jure que ça existe. Ne croyez pas que je noircis le tableau. Ça va assez loin tout seul: Un confère a appelé son postulant pour lui demander: -"vous m'avez écrit que l'affaire est renvoyée pour une audience de procédure...Mais c'est quoi une audience de procédure ?" Ne croyez pas que j'invente. Un élève avocat vient à la Barre d'un Tribunal de Commerce avec un pouvoir de...son maître de stage, éminent également confrère d'un Cabinet prestigieux. Un confrère bienveillant lui explique qu'il ne peut pas représenter son avocat de patron. -"Revenez quand vous aurez une robe." conclut-il. 10mn plus tard il voit revenir le stagiaire avec une robe sur le bras. -"Qu'est-ce que vous faites avec cette robe ?" et l'élève de l'EFB de Paris de répondre: -" Mais vous m'avez dit de revenir avec une robe."
Les juridictions consulaires offre des surprises. Un confrère arrive dans une série de dossiers, robe au vent, en fermant son col à l'appel des causes. Il explique qu'il a conclu dans chaque procès connexe et qu'il a communiqué ses conclusions à ses confrères. Le greffier lui dit qu'il n'a pas ses "écritures" (pas la peine d'expliquer qu'il n'y a pas de conclusions devant le Tribunal de Commerce avec les effets de droit que cela peut avoir dans la procédure dont beaucoup de confrères ont perdu de vue qu'elle est orale). Réponse "- Mais je les ai adressées à mes contradicteurs il y a 48 heures." Un confrère habitué des lieux lui dit que les écritures doivent être remises au Tribunal. Réponse cinglante :-" Pour quoi faire ?" (mais il est vraisemblable qu'il ait dit "pourquoi faire"). Un blanc meuble quelques secondes l'espace. Le Président avec beaucoup de tact lui dit: -" Pour nous permettre d'en prendre connaissance." Le vieux confrère présent intervient gentiment: -" un renvoi pour le dépôt des 'conclusions' de notre confrère..."
Je ne suis pas le seul à m'émouvoir de la situation de nos pratiques professionnelles. Une rapporteure (ça se dit) de la Cour Nationale du Droit d'Asile témoigne durement:
https://www.dalloz-actualite.fr/node/cour-nationale-du-droit-d-asile-avo...
Et en "off", de nombreux juges et magistrats ne sont pas plus tendres avec les membres du Barreau, même si on peut relativiser en constatant qu'ils ne sont pas forcément très tendres entre eux.
Si 65 % des sondés ont une bonne image des avocats, 75% de leurs clients disent qu'ils ont été déçus.
"Je viens d'apprendre que mon client est décédé il y a six mois. Qu'est-ce que je fais de son procès ?" À décharge, la procédure n'est plus enseignée dans les facultés de droit. Sans doute la raison pour laquelle les rares Cabinets qui en font, ont reconstitué de fait les missions des avoués de première instance et d'appel ainsi que la fonction d'Agréé devant les Tribunaux de Commerce. Faire et défaire, une éternelle histoire.
Cependant, avant de voter des résolutions pour la défense des droits en Moldavie et d'y envoyer une mission, je suggère à nos institutions de prendre en considération la façon dont ils sont traités devant notre porte. Je dis cela parce que ça fait mal tout de même un petit peu beaucoup trop...
Je relève que nous n'avons rien à envier au fonctionnement de notre Justice en général. Il suffit de lire le "thread" ci-dessous publié et actualisé sur twitter. Mais cela n'éveille pas plus que cela notre profession sur les comportements humains des acteurs de la Justice.
Cependant, qui ne va pas avoir malaise à la lecture de ce threard ? @NBelloubet, notre Justice pense à quoi au juste ? https://t.co/7zjukcdKSM

#LePremierQuiDitLaVeritéSeraExécuté

Par gilles.huvelin le 23/09/19
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Imposer les GAFAM, ça s'impose. Ils font leur chiffre d'affaires sur notre pays où ils n'ont pas de siège social et par conséquent ne paient pas l'impôt sur les sociétés. Donc il a été voté, en attendant que l'E.U. et l'OCDE se bougent, que les entreprises du numérique qui font plus de 750 millions d'€ de chiffre d'affaires dont 50 millions en France paieront trois pour cent non pas de leur bénéfice mais de leur C.A. réalisé chez nous en impôt. Oh, la bonne idée. Les espagnols et les italiens pourraient nous emboîter le pas. La Commission européenne non, ce qui peut semble-t'il mettre en cause le fondement légal de notre taxation. Un problème de conventionnalité en somme. Pour ne pas froisser les américains, la taxe est payable par toutes les entreprises du numérique, et bien sûr, les nôtres. Égalité devant l'impôt. Sauf que nos entreprises paient déjà l'impôt sur les sociétés. D'où une évidente distorsion de concurrence à venir. Me dites pas que nos grosses têtes sont passées à côté... Un peu comme pour les Compagnies aériennes. Les françaises paient des taxes que leurs concurentes ne subissent pas. Ce qui est particulièrement sensible dans le "low cost". XL Airways face à Norvegian que l'on a aussi semble-t'-il laissé le gouvernement d'Oslo aider financièrement, est un exemple cuisant. Ne parlons pas des compagnies nationales de pays producteurs qui ne leur facturent pas le kérosène tandis que nos crétins veulent le taxer à nos compagnies aériennes qui paient leur carburant (voir taxe sur chaque fauteuil passager selon la distance)... Le premier adversaire de la politique de redressement de notre économie est Bercy et la haute administration qui veut garder le pouvoir de faire n'importe quoi ou je me fais des idées ? Parce qu'ils ne peuvent par être aussi stupides que cela tout de même ? On a un Ministre de l'économie et un du Budget. Pourquoi faire ?

Quand les politiques sont capables de laisser faire des choses pareilles, c'est qu'ils sont au moins faibles.
Le bonus pour l'achat d'une voiture électrique demeure, mais essayez de trouver une prise électrique à charge rapide ! Le malus pour les voitures neuves s'envole mais les ventes des voitures d'occasion plus polluantes sont sans malus et déjà 2 fois plus nombreuses que les voitures neuves. Et en plus, les batteries sont fabriquées en Asie, ce qui revient à la désindustrialisation de notre pays. Et personne se pose la question de la pollution issue de la fabrication des batteries et ce qu'elles deviendront en fin de vie.
C'est quoi cette politique ?

Pensez, dans le même registre, que le Préfet de Police limogé pour, lors de l'acte 18 des gilets jaunes, avoir été incapable d'empêcher les dégradations et incendies sur les Champs-Elysées, se retrouve, à 66 ans, non pas mis à la retraite, mais recyclé, nommé par le Gouvernement  Conseiller d'Etat Extraordinaire, donc mieux payé pour un temps illimité; c'est que quelque chose est pourri depuis longtemps, très longtemps, dans le fonctionnement de l'Etat. J'avais cru que ces méthodes odieuses de démission des politiques devaient prendre fin... 

Dans un pays où il faut six mois pour changer une porte dans un hôpital ou une imprimante dans un Commissariat, et deux ans pour reboucher un trou dans la voirie, on ne peut guère espérer.
Évidemment que la première chose qui aurait dû être faite depuis 1936 est l'adoption des règles de management du privé par le secteur public. Et pendant ce temps nos politiques n'ont cessé de regarder ailleurs.
Depuis le début de la rédaction de cet article un fonctionnaire européen qui se demandait comment justifier son existence a dû rencontrer un homologue français voulant résorber le déficit budgétaire évalué à 4,5 milliards d'euros pour 2020, vient d'avoir l'idée, après des banquiers suisses et allemands, de "taxer" les dépôts bancaires, "l'argent qui dort". Sauf que normalement votre banque le prête, votre argent. C'est même son job mais les taux sont faibles. Personne n'est choqué par l'idée d'avoir à payer sur de l'argent déjà soumis à l'IRPP et l'inflation, un revenu à sa banque pour un compte bancaire sur lequel nous supportons déjà des frais. Maintenant, il serait envisagé que l'Etat prenne sa part, déjà que les ressources de votre Établissement financier sont soumis à TVA...

Par gilles.huvelin le 15/09/19
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Souvent nous avons abandonné nos alliés un peu partout dans le monde après la défaite. Il y a eu aussi des personnes et des familles qui ont été sauvés. Ils ont été plus nombreux que l'on peut le penser.

Des Hmong, monarchistes, auxiliaires dans les armées française puis americaines, dans les montagnes du Laos, sur la frontière vietnamienne ou au Cambodge, ont continué le combat contre les communistes, avec des appuis de ce que l'on ne nommait pas chez nous publiquement encore de "forces spéciales" et de la CIA, parachutages compris. Mêlés aux tractations diplomatiques et du fait de la guerre civile, des milliers de Hmongs sont arrivés en France, des dizaines de milliers sont surtout aux États-Unis et en Australie. Une partie de cette minorité composée de plusieurs peuples, a rallié les communistes, Mais d'autres sont restés sur leurs terres et ont dû continué un combat cette fois pour leur survie . Ils ont été aidé comme c'était possible bien après, la fin des hostilités officielles dans la région. Beaucoup de Hmong vivent dans des conditions déplorables aujourd'hui dans les montagnes. Gardons une pensée pour ceux qui ont risqué ou même donné leur vie, ont été blessés, dans ces opérations d'assistance aux Hmong. Que ceux qui ont eu la dignité et le courage y compris politique de maintenir pendant cette lointaine période ces aides soient remerciés. Ils sont l'honneur de notre pays. Tous resteront anonymes. Souvenons-nous que les États-Unis ont fait beaucoup dans l'action et ont contribué à aider cette minorité largement après la guerre jusqu'au milieu des années 1970. Ceux que le sujet interessent trouveront des résumés de la guerre civile sur internet.
Retenez que depuis 1975 le gouvernement du Laos a décidé l'extermination des Hmong qui ont combattus avec les français et les américains contre les communistes et depuis le génocide continue contre leurs descendants.
Gregoire Deniau (prix Albert Londres) dont le père, Jean-François Deniau a servi en 1949 dans une unité d'auxiliaire de montagnards, a réalisé un reportage en 2005 dans la jungle pour retrouver la minorité Hmong cernée par l’armée laotienne... La force du témoignage et la rareté des images ne peuvent pas laisser indifférent : https://dai.ly/xhty9
Les autorités concernées par l'appel au secours relaté dans ce reportage n'ont acheminé ni vêtements, ni vivres, et n'ont entrepris aucune démarche de rapatriement des ces populations vers d'autres pays. La Thaïlande a expulsé vers le Laos malgré les protestations internationales les Hmong qui vivaient dans ses frontières. Aujourd'hui, l'extermination des Hmongs par la faim, les maladies et les armes, se poursuit toujours au Laos, abandonnés de tous, et notamment par toutes les bonnes consciences, ONG et associations humanitaires qui ne sont que des relais d'opinion d'obédiences communistes constituant ce que je dénonce comme étant l'Orchestre Rouge du 21e siècle à finalité unique de déstabiliser l'Occident et ses alliés, sous l'alibi des grands principes et des droits de l'homme, qui ne sont pas appliqués ailleurs, et sont souvent manipulés ici comme des armes politiques par des militants pervers et des idiots utiles.

Par gilles.huvelin le 13/09/19
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parce que c'était de bon coeur et sans penser à mal. Nous habitions de grandes maisons. Elles réussissaient trois, parfois, pendant peu d'années, quatre générations. Des lopins de terre permettaient de la polyculture, un peu de vigne, des fuitiers, et d'élever une dizaine de vaches laitières. Elles avaient chacune leur nom marqué à la craie sur une ardoise au dessus de leur place dans l'étable. Les dernières s'appelaient Madeleine, Marguerite, Mercedes...Deux boeufs, l'un s'appelait Bijou...ils passaient la tonne chacun à la sortie de l'hiver et ne rentraient plus dans les brancards de la charette. Les premiers labours de printemps arrangeaient cela. Le dernier chien était un berger allemand qui a fait une carrière dans l'armée avec un cousin lieutenant dans l'infanterie. Tradition. Impossible pour les enfants de jouer à cache-cache avec ce chien, il les ramenait un par un. Puis ils sont entrés un peu près tous dans l'administration et sont partis. Bien entendu, il n'y avait pas l'eau courante, il y avait un établi, de vieux outils, quelques vieilles photos sous verre, et des lampes à pétrole. Le médecin de famille était celui du village et du canton. Il a accouché trois générations de femmes à la maison. Lorsqu'il a ouvert un lit de travail derrière son Cabinet, cette modernité a abasourdi tout le monde. Je lève mon verre aux derniers survivants de cette époque dispersés par les avions sur les cinq continents. Ma visite du musée de Philadelphie est virtuelle. J'ai un écran à résolution d'image inégalée. Le son est parfait. Le télétravail, le mariage pour tous, le célibat de la moitié des parisens au famille de un ou deux enfants, dont les grands parents finiront leur vie en institution... La dématérialisation, les robots, je sais que la génétique, le post-humanisme, la GPA, les naissances à partir d'embryons après la mort d'un ou des deux parents, l'abandon de tout rapport avec le droit romain, l'emporteront. On travaillait du matin au soir mais au pas des chevaux. On aiguisait la faux et les vaches n'étaient pas nourries avec des granulés même l'hiver. Les 35 h ont apporté le stress. Rien ne changeait. On se met à jour tous les matins et nous sommes à flux tendu comme nos nerfs soumis à l'immédiateté. La complexification est renouvelée quotidiennement. Ce qui sépare notre société en deux mondes et fonde une nouvelle aristocratie dans une démocratie où le Saint-Simonnisme n'est pas la philosophie dominante pour tous les scrutins et un avenir en recomposition permanente. Ma génération n'est pas nostalgique. Ce monde et nos jours sont extraordinaires, d'un luxe incroyable. Elle se souvient simplement qu'il y avait quatre saisons tranchées, s'émerveille d'écouter Vivaldi, et s'est habituée à avoir de l'eau chaude au robinet, et à la perte de l'usage du point virgule.

Par gilles.huvelin le 09/09/19
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Nouvel angle d'attaque: "mon pays fabrique des armes". La guerre fait rage au Yemen. Par tribus interposées, les chiites et les sunnites s'affrontent, les uns soutenus par l'Iran et les autres par l'Arabie Seoudite. Le premier, allié du régime syrien, de la Turquie, du Hezbollah et de la nouvelle URSS, est soutenu sur les réseaux sociaux par L'Orchestre rouge du 21e siècle, sur fond de conflit israélo-palestinien. L'autre est l'allié des États-Unis et d'Israël. L'Iran en menant la guerre au Yemen veut déstabiliser son adversaire régional en le prenant en tenaille. Selon la pratique habituelle, des belligérants débordés s'abritent derrière des civils. Comment soutenir l'Iran en difficulté au Yémen trouve des appuis médiatiques pour défendre sa politique contre Israël, pour les palestiniens, et contre les saoudiens. Les soutiens habituels du chef de la mafia du Kremlin sur nos reseaux sociaux sont aux créneaux. Les ressorts usés sont toujours les mêmes depuis la dialectique et la rhétorique pratiquées par Lénine. Il s'agit de prétendre que notre pays est dirigé par des gens abjectes qui assassinent des enfants. Pas moins. Depuis des lustres, les pacifistes sont à l'Ouest et les missiles, les violations du droit international et des droits de l'homme sont à l'Est. Américains, actuels soviétiques, Britanniques, Israéliens, Allemands, Suisses, Brésiliens et beaucoup d'autres,y compris la Chine, fabriquent et vendent des armes. Si l'un ne fournit pas des armes, un autre prendra le marché. Mais depuis quelques mois, les soutiens de Poutine en France se préoccupent uniquement du fait que notre pays fabrique des armes et ils le dénoncent drapés dans leur indignation sentencieuse sélective. On fait des reportages qui montrent aux militants d'extrême gauche où se trouvent les sites de production et ce que l'on y fabrique. On interroge des employés en leur suggérant qu'ils devraient avoir des cas de conscience. Des ONG bien pensantes, des médias dans lesquels il y a surtout des journalistes militants (comme si c'était compatible) tissent des lauriers à leurs confrères ennoblis par la hauteur de l'humanisme qui les submerge puisqu'ils dénoncent en réalité que nous livrons des armes à l'Arabie Saoudite et pas à l'Iran. Qui lui est armé par l'actuelle URSS, dont la moralité depuis le dépeçage de la Géorgie et de l'Ukraine, est au-dessus de tout soupçon, comme les assassinats de journalistes et d'opposants le justifient également. Moralité démontrée aussi par son soutien à l'Iran, dictature religieuse, qui veut disposer de l'arme nucléaire, qui soutient le Hezbollah palestinien contre Israël. C'est donc parfait. Bien sûr, tout le monde sait que si nous voulons disposer d'une défense nationale indépendante, il faut avoir une industrie de l'armement. Si nous voulons cet outil industriel pour maintenir une défense nationale, il doit être capable de s'exporter car le notre marché intérieur est insuffisant. Seule la concurrence permet de fabriquer des outils de défense qui soit a minima au niveau des armes de nos "adversaires". C'est à cela que les soutiens de la nouvelle URSS s'attaquent: les armes vendues à l'Arabie Séoudite servent à combattre l'Iran au Yemen. Et je vous le donne en mille, il y a des victimes civiles et parmi elles, des enfants derrière lequel les alliés de l'Iran s'abritent. Conclusion: arrêtons de fabriquer des armes, car c'est un crime contre l'humanité. Le fait que le potentat syrien, les alliés de l'Iran usent d'armes russes dans les mêmes conditions ne posent pas de questions, bien sûr, ce n'est pas le sujet. Si nos alliés font la guerre, ce doit être avec une main attachée dans le dos et en dentelle. Personne n'a jamais rien dit des bombardements aux crayons incendiaires de Dresde par les américains, du largages des bombes atomiques sur le Japon, pour la bonne raison qu'il fallait abattre des régimes dictatoriaux en mettant fin au conflit mondial dans lequel les soviets avaient mis la main sur la moitié de l'Europe qu'ils étoufferont pendant des décennies. Mais, dès qu'ils s'agit des soviétiques anciens ou contemporains, de ses dictatures alliées, et plus précisément l'Iran, tout le monde est vigoureusement sommé de dénoncer uniquement les armes que nous exportons si jamais elles troublent leur marigot. On se paie notre tête. Reste à savoir si ces discours ont un effet repoussoir ou peuvent faire illusion. Je vous donne un exemple de l'article type relayant l'intox dans lequel on ne parle surtout pas de la Russie, et au nom duquel la guerre doit être éthique...pour l'Ouest. Les guerres qui ont dépecé la Géorgie et l'Ukraine, annexé la mer d'Azov, massacré les civils en Syrie sont hors champs des sentences morales de l'ONG complaisamment cité: "Une enquête d'Amnesty dénonce l'absence d’éthique des industriels de l’armement - Economie - RFI" http://m.rfi.fr/economie/20190909-amnesty-etude-denonce-absence-ethique-...

Que pensent à Moscou les ONG soviétiques ?

On nous refait le coup du pacifisme et du désarmement angélique d'avant la seconde guerre mondiale face à la montée évident du conflit. Les nazis nous disaient que là où ils y avait des allemands, c'était l'Allemagne, et on se souvient des annexions qui ont suivi. Aujourd'hui le Kremlin dit la même chose pour la Russie. L'arc chiite au Moyen-Orient est une menace pour les intérêts stratégiques des Occidentaux. Le Kremlin le sait. C'est un second front. Et la Russie a déjà consolidé ses bases en Syrie.

Par gilles.huvelin le 09/09/19
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que j'ai co-fondé avec notre Confrère Martine Leboucq Bernard, autour de laquelle est constituée une équipe très professionnelle avec sa consoeur Charlotte Hilderand. Le coeur de l'activité de ce Cabinet commercialiste est notamment la représentation devant les Tribunaux de Commerce de l'Ile de France, la potulation devant la Cour d'Appel et le Tribunal de Grande Instance de Paris.

www.scphuvelin.com

Par gilles.huvelin le 06/09/19
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« On a trois ou quatre fois dans sa vie l'occasion d'être brave, et tous les jours, celle de ne pas être lâche. » (Réné Bazin). Il faut toujours regarder au-delà de l'effet d'annonce et de l'alibi moral invoqué. Le plus bel exemple est le Glyphosate. Tous les laboratoires du monde y compris le CNRS ont conclu à l'innocuité du produit s'il est utilisé normalement sur sol non labouré. La présence du Glyphosate dans l'organisme humain est un bobard que les laboratoires des hôpitaux ont dénoncé. Le Glyphosate est dans le domaine publique et utilisé depuis des lustres. Son usage permet la production agricole et tous les ingénieurs agronomes nous disent que sans le Glyphosate on ne sait pas comment nourrir actuellement la planète. De temps à autre une étude ou un résultat de labo bidonnés ou déficients sont distillés à destination du public pour relancer la campagne contre le Glyphosate. En fait on aurait pu éradiquer les champs de coca des pays andins avec. La campagne contre le Glyphosate est née à ce moment là, lorsque les premiers épandages par avion ont été victorieusement réalisés et se développaient au point de malmener la production de la cocaïne. Depuis les autorités ont contraint l'armée à l'arrachage à la main des pieds de coca pour ne pas heurter la vague soudaine internationale de la bienpensance d'écologistes indignés par des reportages montrant des paysans, otages des cartels, sous la pluie de Glyphosate sur leur culture de coca.
Les surfaces cultivées de coca ont naturellement explosées bien au delà de ce qui était avant les épandages aériens. La cocaïne est déversée depuis par dizaines de tonnes partout sur la planète. Bravo aux mafias et aux idiots utiles. Merveilleuse époque dans laquelle l'opinion publique peut être manipulée dans l'ensemble du village mondial. Paniquée par son ignorance, elle impose aux politiques sous la pression médiatique et des relais d'opinion frelatée des solutions contraires à l'intérêt général au profit des trafiquants de drogue disposant de moyens colossaux d'influence.

Par gilles.huvelin le 06/09/19
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L'OCDE désigne la France championne du monde de la taxation de l'immobilier et de celle des entreprises. La France est devenue devant le Danemark championne d'Europe du taux de prélèvement sur le PIB. Nous sommes le Pays qui a le moins de propriétaires de leur habitation, derrière la Belgique, l'Allemagne et l'Espagne notamment. Nous sommes le pays dans lequel sur 25 milliards de fraude à la Sécurité Sociale, et autres aides sociales sont possibles. 90% du montant des fraudes à la Secu. sont constitués par 30% des malversations. Elles sont commises par les professionnels de Santé.
Nous nous félicitons d'avoir de plus en plus d'apprentis. Mais nous sommes très loin derrière la Suisse qui connaît 2,4% de chômage, très loin derrière l'Allemagne qui connaît deux fois moins de chômage que nous. Et surtout, il ne faut pas rappeler que c'est sous Mitterrand que l'apprentissage a été maltraité, désigné comme "l'école du patronat".
Nous découvrons avec stupeur que la Sécurité Sociale a mis en circulation 110 millions de Cartes Vitales valides, 57 millions sont activées. Autant de malades sur 67 millions d'habitants laisse songeur.
Ce scandale et celui du fonctionnement de notre corps médical qui commet 30% d'actes inutiles, contraint les hôpitaux à recourir à l'interim dont une part fondée par des professionnels de la Santé, démontre une chose: Ce n'est certainement que la partie apparente de l'iceberg de l'état de notre pays détruit par l'incompétence, la corruption, les prébendes et une malhonnêteté quasi générale. Nous dépensons plus que les autres pays pour avoir des résultats moins bons dans de nombreux domaines. L'Education Nationale entre autres. Les millefeuilles administratifs, le manque de décentralisation au profit des Maires sont des calamités. Le recentrage de la mission de l'Etat sur ses missions régaliennes et y faire le ménage va relever des 12 travaux d'Hercule. De vrais tours de force. La raison d'une situation globale catastrophique est la conséquence de l'existence d'une Administration pléthorique qui fait ce qu'elle veut. Pas de "spoil system", un statut de la fonction publique, autant de causes de sclérose qui empêchent les politiques de gouverner, imposant la perte de l'autorité et la disparition autant du sens responsabilités que de celui de l'efficacité. Sans compter que pendant des décennies, le vote du Budget de l'Etat consitait uniquement à reconduire les dépenses antérieures, et de voter que des dépenses supplémentaires. Chose inouïe !
Il revient à notre gouvernement de refonder notre pays de fond en combles.
Pour s'y opposer, nous pouvons concevoir que tous les moyens et procédés seront utilisés. La guerre de harcèlement et d'obstructions est commencée.