gilles.huvelin

Par gilles.huvelin le 23/07/19
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Je vous communique ci-dessous une affiche vue dans le métro. Il s'agit vraisemblablement d'une campagne nationale. L'été espace les rames et laisse le peu d'esprit que nous avons sous la canicule et dans l'atmosphère saturée de pollution du réseau ferroviaire souterrain, un peu en repos et en roue libre, veille de vacances. Du coup nous avons le temps de lire ce que l'on nous donne à voir. Habituellement, nous n'avons pas le recul, ni la concentration nécessaire. Nos pensées sont dispersées. En cette fin juillet, entre les 40° de la surface, les 17 fois plus de particules et de toxicité du Métropolitain que sur le bitume, une affiche est un refuge visuel pour une forme de vacuité estivale. Celle, située de l'autre côté de la voie, est restée 6 minutes plantée devant mes yeux. Autre moment, en mode ordinaire, je ne l'aurai pas vu. Là, je l'ai regardée. Une association dont la dénomination bien trouvée, a la consonnance approximative d'un nom de plante, très popularisée, elle est maintenant un enseigne moralement inattaquable. De quoi s'agit-il ? D'une merveilleuse idée de santé publique et originellement caritative si ma mémoire est bonne. Nous étions et sommes invités à rapporter en pharmacie les médicaments que nous n'utilisons pas, afin qu'il puisse être donnés à des populations qui n'en n'ont pas, du moins à l'origine et autant que je m'en souviens, à destination de l'Afrique. Mais depuis, la coopération et l'ONU, les fournisseurs de génériques, sont passés par là. Qu'est-ce que cette idée humaniste tout bonnement géniale de bout en bout, cette idée de récupération des médicaments qui encombrent les salle de bains, est devenue ? Ça vous évite des tentatives d'auto médicamentation qui peuvent être désastreuses. Vous évitez aussi de jeter vos fonds de boîte n'importe où. La Tamise par exemple aurait une dose élevée d'antibiotiques et de corticoïdes. La Seine contraindrait une quantité tout aussi remarquable de contraceptifs. Cependant la présence de ces substances dans ces fleuves proviendraient majoritairement des W.C.. Jeter nos médicaments périmés ou pas dans nos poubelles est tout aussi problématique. L'affiche nous invite donc à devenir tous "tri-athlète du tri de médicaments", à rapporter à la pharmacie, sans la parapharmacie, ça ne les intéresse pas. C'est une idée extraordinaire. D'abord parce que cette saine action oblige moralement tous les pharmaciens et leurs fournisseurs à mener une action de service public bien entendu désintéressée et citoyenne. Le client lui a l'image d'un performeur social. Il est visuellement incarné sur l'affiche comme un homme jeune en bonne santé qui est complimenté d'être un tri-athlète depuis 3 ans. Vous entendez les applaudissements dans votre cortex ? Ça fait 3 ans que ce malade se voit prescrire des médicaments en trop grande quantité, remboursés par la Sécurité Sociale , qu'il rapporte à son pharmacien. C'est bien cela que vous voulez devenir ? En pratique, si vous voulez vider votre armoire à pharmacie, ce qui en ce qui me concerne consisterait à me séparer d'une boîte de "Baume du tigre" rapportée d'une activité ancienne sur le Mékong à l'époque où la France n'avait pas abandonné les hmong dans les montagnes du Laos, vous devez virer les boites et les notices comportant les modalités de prescription et les contre indications. Il ne faut rapporter que le contenu sans les emballages et le reste. Une question vous interpelle: comment font-ils pour redistribuer ce qu'ils recyclent sans emballage ? Débrouillez-vous avec le tri sélectif. Les médicaments ont des codes couleurs pour le spectre que couvre le principe actif contenu dans la gellule, la dragée ou la pillule. Le reste, c'est du baratin. Et à ce niveau d'utilisation on est plus dans la médecine de guerre d'arrière-garde en brousse ou dans la jungle que dans le merchandising commercial ? Par ailleurs, la date de péremption n'a aucune importance. Tiens donc... Donc, la date en question, c'est uniquement pour vous faire acheter de nouveaux médicaments ? Nous savons que 30 % des actes médicaux sont prescrits inutilement, que les médicaments homéopathiques ne sont pas les seuls placebos dans le commerce et en plus les pharmaciens ne nous vendent pas le nombre de médicaments nécessaires pour un traitement mais des boîtes qui finiront dans votre armoire. Dès que l'on se pose des questions on en trouve de bonnes. Au 21e siècle, on ne soigne pas comme à l'époque du Docteur Schweitzer. Donc cette opération a évolué assez rapidement pour ressembler maintenant à la mission de parvenir à un seul but impliquant toute la profession des pharmaciens, leurs fournisseurs, leurs répartiteurs, et leurs imbéciles de clients: le renouvelement accéléré du contenu des armoires à pharmacie prise en charge par la Sécu. Je sais, j'ai mauvais esprit. Évidemment qu'il ne s'agit pas de pomper plus de fric à la sécurité sociale, d'ailleurs, la preuve en est, cette campagne ne vise absolument pas la parapharmacie qui, elle, n'est pas remboursée par l'assurance santé. Ah,ah,ah... En réalité, ces médicaments non utilisés, dits "MNU", sont voués dorénavant à être détruits et plus à être redistribués comme à l'origine. Toute la filière, officines, répartiteurs, labo, concentrent leurs efforts pour parvenir à récolter plus de 10 tonnes de MNU par an un peu partout en France qui permettent de "fournir de l'électricité pour 8 000 foyers". En matière de recyclage, lorsque nous ne produissons pas de l'électricité, on fabrique des matériaux de construction, du revêtement routier... Et cette filière logistique n'a cure de la parapharmacie ( ce n'est pas son objet ) qui elle finit une fois consommée dans nos poubelles, uniquement sous la forme de ses contenants et flacons. Pas de retour à l'envoyeur. La vraie question est de savoir pourquoi en France, pays de la pompe à finances et de la gabegie budgétaire, les médicaments ne sont toujours pas vendus à l'unité. En UK, le pharmacien vous vend le nombre exact de gellules, dragées etc...nécessaire a votre traitement, depuis des lustres, ce qui n'empêche les pharmaciens britanniques de reprendre les non consommés. En France, on est les meilleurs, on ne traite pas les causes des problèmes, sinon il faudrait bannir la ligue des droits de l'homme et le défenseur des droits, mais on dépense à tout va pour traiter les conséquences, pas toutes et pas complètement, parce que cela permet de se plaindre de ne pas avoir assez de budget. Non, pas de budget, c'est vulgaire. On dit "plus de moyens". Si ces actions toujours hautement morales, sociales ou sportives, avaient trop d'effet on pourrait craindre de voir fermer un peu les robinets en considération de l'énormité des tonneaux des Danaïdes des frais de fonctionnement que cela représente. Imaginez, la totalité des subventions aux associations, c'est 42 milliards d'euros par an et cela ne finit jamais. Donc il est important d'être dans un échec relatif mais constant pour faire perdurer le dispositif, et surtout ne pas détruire les causes, origine des désordres qui permettent prébendes et honneurs. Je suis allé demander à un pharmacien de mon quartier à qui j'achète mes brosses à dents, ce que devenait les médicaments que ses clients lui rapportaient et s' il ne serait pas mieux de pouvoir les donner à une population qui n'a pas les moyens de les payer. Outre le fait qu'il m'a confirmé ce que je pensais, il m'a dit qu'il ne les prenait plus mais qu'il avait oublié de retirer le sticker qui fait joli sur sa vitrine. Sinon, j'image que pour collecter et redistribuer, il faut des subventions ou des aides déductibles fiscalement ? Et puis, une si belle idée, aussi belle et moralement encore plus belle, humaniste et désintéressée, ça doit au moins valoir une pelletée de médailles de la légion d'honneur et autres colifichets républicains, ou je me trompe ?

Par gilles.huvelin le 22/07/19
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Sa complexité sans utilité est évidemment faite pour une seule conséquence pratique: Une nette augmentation de la sinistralité de la profession d'avocat. ( Lire Benoît Henry, Avocat. https://t.co/TL08pYIamz )
On peut en finir avec cette procédure d'appel idiote, inutilement piégeuse et avec la plateforme de recours aberrante, la plus mal pensée possible pour la mettre en oeuvre. Sans compter que cette dernière fait supporter aux avocats le travail de saisine qui revient au Greffe. En plus le RPVA est une brouette numérique.
Je vous prie Mmes @feral_schuhl et @NBelloubet de refonder tout cela.
Les confrères sont d'accord avec ces critiques mais la profession se tait ! @Avocats_Paris @Conf_Batonniers etc...vous allez accepter cette situation sans rien dire encore combien de temps ?
Qu'est-ce qui vous rend taisant ?
Comment avez-vous pu à l'époque accepter une telle reforme, une telle solution numérique, puis la laisser en activité aussi longtemps ?
Faut-il que nos institutions soient incarnées par des élus qui ne travaillent pas avec la contrainte de tels textes, d'aussi navrants outils, mais fassent travailler et délèguent sans avoir les contraintes du quotidien de leurs électeurs ? Essayons de ne pas nous arrêter à une critique qui ne doit concerner qu'une petite minorité de nos élus. Et après tout, nous les avons élus.
Le fléau de notre Société est-il résumé à ce constat: ceux qui nous représentent ne délibérent pas sur les sujets de la réalité de la profession. Évidemment, c'est devenu insupportable parce qu'ils sont statutairement hors sol et dans une théorisation du métier sans cohérence avec le vécu qu'ils ne semblent plus fréquenter, phagocytés par la trajectoire stratosphérique de nos institutions. La situation est devenue telle que la déontologie du métier qui était entièrement contenue dans un serment et des usages de bon aloi, a fait l'objet d'un décret. Vous lisez bien. Un décret. Et sur cette injure; fallait-il que nous soyons tombés bien bas ou qu'il était nécessaire de nous inscrire dans une modernisation dont nous n'avons pas encore compris les perspectives; il a été édifié un empilement de textes reunis par les éditions Dalloz dans un "Code de l'Avocat" qui n'a pas grand chose à envier à nos Codes fiscaux. Et de ce fait, notre déontologie est devenue protectrice des crapules et des malhonnêtes, voir de nos commerçants qui sont l'avenir du métier. Les informations qui sont à ma disposition sont sur ce sujet consternantes pour ceux qui se souviennent avoir été des artisans du droit.

Mais en ce qui concerne la procédure d'appel, maintenant, chers élus, vous comptez vous emparer du sujet quand ?

Le sujet a tout de même une autre urgence pour la profession que le sort philosophique des droits de l'homme avec lequel on nous aveugle et nous bâillonne pour ne pas traiter nos problèmes quotidiens, nos lacunes, et les turpitudes du fonctionnement numérique et procédural de notre Justice.

Il n'y a de grand que de bien pratiquer son devoir. "Le bon ouvrier a de bons outils", m'a enseigné devant l'établi un bon Maître. Et la première chose que nos anciens faisaient, étaient de réaliser leurs outils pour une vie. Ils nous les léguaient. Bien sûr, cela n'a plus de sens dans notre monde que pour quelques merveilleux artistes.
Je me pose la question de savoir toutefois s'il ne serait pas utile aujourd'hui d'enseigner le bon sens par celui du travail du bois. L'établi est une excellente discipline.

Par gilles.huvelin le 20/07/19
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En U.K. la retraite complète prise à 68 ans est de 750 €. Ici le minimun vieillesse est de 868,20 €. La réforme prévoit une pension minimum de 1000 € pour tous ceux qui auraient insuffisamment cotisé pendant le temps nécessaire à un retraite à taux plein...

Les salariés cotiseront 40% du taux à 28,12%. Le reste (60%) est payé par l'employeur.
Ce qui veut dire que les avocats supporteront 11,25% sur la tranche à 40 000 euros de recette nette car le rapport expose que les libéraux ne payeront que la part égale à celle des salariés jusqu'à 40 000 euros et 12,94 % au-delà (jusqu'à 120 000 euros).
Sachant que pour 100 euros cotisés, il est acquis 5,50 euros de pension annuelle, vous pouvez faire votre simulation.

Par gilles.huvelin le 18/07/19
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C'est inacceptable ! L'extrême gauche et donc les écologistes sont vent debout. Un vaste projet éco responsable végétalisé qui associe galeries commerciales, divertissements, loisirs et séjours va bétonner des centaines d'hectares de bonnes terres agricoles alors que les centres commerciaux environnants sont à la peine et les centres villes meurent. Et le pire, le projet est d'autant plus pharaonique qu'il contiendra la réalisation d'une piste de ski indoor qui contribuera à détruire notre atmosphère, comme à Dubaï, affreux pays pétrolier et donc sans scrupules. Sauf que des pistes de ski indoor, il y en a partout et de très nombreuses en Europe, dont trois en Belgique, et ce projet dans notre region ne sera donc pas un projet dément en concurrence avec un émirat. En France, il y a une piste de ski indoor à Amneville (dans les Ardennes à 350 km de Paris) et c'est tout, pour 67 000 000 d'habitants. Or si tous les habitants de la péninsule arabique n'ont pas les moyens de skier dans les Rocheuses, en Autriche ou en Suisse, tous les habitants de la région parisienne n'ont pas les moyens de se payer 8 jours dans les Alpes en hiver, ou au Canada en été. Et c'est ce qui gêne en premier lieu les "amis du genre humain". Si le niveau de vie des gens modestes augmente, comment leur vendre la Révolution ? Dorénavant, ils vont connaître les joie de la poudreuse toute l'année. Inacceptable. Et en plus, faire du ski à côté de chez soi pour un bassin de population de 10 millions d'habitants, ça produira moins de CO2 que d'aller en faire (et damnation) dans les Alpes. Il est vrai que les centres commerciaux des années 60 et 70 voient leur activité régresser et il est vrai que les centres ville sont désertés. La méthode stalinienne consisterait à contraindre les consommateurs à s'en contenter. L'autre formule consiste à leur permettre de se rendre en train dans un site inspiré de ce qui fonctionne bien déjà notamment aux États-Unis depuis plus d'une décennie. Un vaste complexe touristique qui offre tous les services et produits. Au lieu de passer deux ou trois jours à Bruxelles ou à Londres, venez vous divertir, vous détendre et faire vos courses à côté de Paris, et vous consommerez moins de CO2. Le niveau du scandale majeur est clairement atteint par " les amis du peuple". Nos nouveaux Marat bouent : le monde change et le mode de vie, les attentes et les désirs aussi, pas question ! D'autant que de nombreux hectares de terres arables vont disparaître avec ce projet. La même chose avait été avancée pour le Parc Disney dans l'est de Paris, avec l'Usine Center, ses commerces et les villes nouvelles. Pour le Parc Asterix, je ne me souviens pas avoir entendu de bruit de bottes vertes. La réalité est que la population a explosé, et qu'il faut pourvoir aux infrastructures et répondre aux demandes sur place. Pour Disney, c'est le seul parc en Europe, c'est moins loin qu'Orlando ou la Californie. Pour le site commercial prévu dans l'Oise, c'est moins loin par exemple que Manchester ou Atlanta et nos voisins bruxellois ou londoniens penseront la même chose. En plus c'est français et comble de l'horreur, cela procurera des emplois. Les "marabouts" perdent de vue la réalité sociologique et économique. En premier lieu, la perte de surface agraire ne changera rien à notre production agricole. C'est epsilon. La seconde est la disparition de la classe moyenne dans tous les pays post-industrialisés modernes et qu'il faut répondre à la demande sur place. L'écologie ne peut pas se développer sans être rentable dans un marché solvable. Si elle est subventionnée, elle produit des déficits qui conduisent à l'augmentation des impôts qui augmente les prix. Tout cela conduit in fine à la faillite du type vénézuélien. Je sais bien que c'est le but recherché mais personne n'est tenu d'accepter de tomber dans le panneau pour assurer le chaos qui conduit à une dictature marxiste et à la misère au profit de gangsters et leur mafia. L'écologie ne peut pas non plus arrêter la croissance mais doit en faire partie. Seule la croissance crée de la richesse qui permet le développement de l'éducation et l'amélioration de la Santé. Ce qui est aussi certain c'est que le mode d'alimentation de demain; du fait de la disparition économique de la classe moyenne en Occident, et bientôt ailleurs, du fait du numérique, des mutations technologiques déjà engagées, ainsi que la croissance exponentielle de la démographie; est acté. Il y aura l'excellence pour les producteurs comme seule issue à forte marge ou le bas de gamme. Pour cette dernière il est clair que la qualité ne sera pas plus au rendez-vous que maintenant. Si aujourd'hui on nous annonce l'importation de viande bovine alimentée avec des farines animales, tous les auteurs de sciences fiction vous garantissent que demain nous mangerons directement ces farines en tablette. Par contre, nos ayatollahs verts ne vous parlent pas de la réalisation d'une forêt de 1350 hectares sur le territoire de la Plaine de Pierrelaye (Val d'Oise) pilotée par le Maire de Frépillon, depuis 2004. On est en France, tout est plombé par les contraintes que seul un militaire finirait par pouvoir nous débarrasser. Après 14 ans de paperasses et procédures, les premiers arbres pourraient être plantés cet hiver. Quant à la viande bovine canadienne produite avec des farines animales, personne n'est encore contraint de la manger. La provenance sera toujours étiquetée et elle devra respecter les normes sanitaires européennes et françaises. Ce qui veut dire que sauf fraude, la viande bovine canadienne élevée contrairement à nos normes ne parviendra pas à nos assiettes. Ce ne sera peut-être pas le cas dans l'avenir pour les tablettes de protéines.

Par gilles.huvelin le 15/07/19
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Regarder comment l'extrême gauche procède, leur modèle vient directement de celui des États-Unis. En fait les mécanismes de domination, quelque soit la couleur du parti est toujours le même. Cette vidéo nous dit tout sur le mécanisme de domination. Vous allez reconnaître toutes les méthodes utilisées actuellement en France par des minorités dont le but est de piétiner l'aorte de la majorité, ainsi que la sociologie qui accompagne la prise de pouvoir médiatique. Que du bonheur. Bonne pause café ! https://t.co/MvF2tnz6tw Avec un peu de recul, vous allez vous s'apercevoir que c'est là même méthode qui est utilisée de facon plus ou moins subtile par des partis politiques populistes , les syndicats marxistes, au travail, au Barreau, dans la magistrature, ou dans l'Education Nationale pour s'opposer au ministère, etc... Le but est le contrôle du pouvoir et rien d'autre. Fascinant.

Par gilles.huvelin le 09/07/19
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Coup de tonnerre dans le ciel du microcosme parisien des dîners en ville et des rédactions bienpensantes de complaisance et d'ambitions médiocres des égos stériles. L'affaire Tapie n'existait pas. Tous les prévenus sont relaxés. Ce qui était impossible car les médias pensaient le contraire. La chute du Crédit Lyonnais, les incendies de ses archives et de son siège social, sa structure de défaisance, le goufre financier supporté par les contribuables, les causes de ce scandale masquées par un écran de fumée de plus de 20 ans: l'affaire Tapie ! Et qui se souvient que des fonctionnaires ont été payés plusieurs mois avec des lettres-chèques tirées sur le Crédit Lyonnais alors nationalisé ? Personne n'en a parlé. Que devient l'arrêt qui a annulé la sentence arbitrale pour cause de fraude, dont il est acté qu'elle n'a pas existé ? La Justice est aussi victime de son millefeuille que les autres administrations. Son bras droit ignore ce que fait son bras gauche. Par ailleurs ses deux ordres de juridictions, exception française, se concurrencent, peuvent se contredire et subsistent à de seules fins de complications. Revenons à notre affaire: Autre temps, autres moeurs, le roi en tenue de chasse et le fouet à la main aurait rendu un Lit de Justice pour nettoyer les écuries d'Augias. Des magistrats auraient été exilés à Epinal. Aujourd'hui, une requête en révision me paraît incontournable, autant pour Madame Lagarde, condamnée avec dispense de peine pour imprudence par une juridiction d'exception, la Cour de Justice de la République. Plus le titre est pompeux, plus il y a d'hermine et de pourpre, plus c'est suspect à mes yeux, mais j'ai mauvais esprit. Le Garde des Sceaux; je n'arrive pas à user du féminin pour cette fonction, qui imposerait de dire avec un minimum de respect de la langue française, la Gardeuse des Sceaux, mais encore là, je suis vieux jeu, annoblirait sa fonction politique en ordonnant au Parquet de rédiger et de déposer cette requête. Ce serait décent; je n'imagine pas le ridicule d'un appel du Parquet contre le jugement correctionnel qui vient d'être rendu. Outre que ce serait contraire aux usages lorsque les prévenus sont relaxés, ce serait perçu comme une manoeuvre de bas étage de la part d'une Justice qui n'a pas déjà une image très flatteuse au même titre que beaucoup de nos institutions pour lesquelles la qualité des femmes et des hommes est la seule force qui inspire le respect, lorsqu'elle existe, ce qui est malheureusement pas toujours le cas, dans notre époque de médiocratie militante qui estime que rien n'est au-dessus d'elle.

Par gilles.huvelin le 08/07/19
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La corruption judiciaire ordinaire a-t'elle reculé alors que la corruption dite en col blanc a progressé selon des enquêtes récentes de plus de 20 % dans notre pays ? Pouvons-nous nous poser simplement la question ? Ceux qui ont connu les années 70 sont les témoins d'une triste évolution. Nous déplorons de ne peut pouvoir rencontrer les magistrats et les juges, qu'ils usent de coursives pour éviter les membres du Barreau. Nous devons systématiquement leur écrire pour toutes les choses. La convivialité de la buvette du Palais a disparu. Nous ne risquons plus de croiser le Président de la Cour d'Appel au détour d'un couloir. Mais regardons d'où nous venons pour constater que la confusion des genres était devenue insupportable. D'abord il y a une tradition qui est en passe de disparaître au pénal, celle du droit de raconter n'importe quoi au Tribunal sous prétexte que le prévenu a la droit de mentir. D'ailleurs on se demande bien pourquoi cela existe chez nous. À une époque où les avocats étaient tous généralistes et donc pénalistes, ils passaient de la Chambre Correctionnelle aux Prud'hommes, par exemple, avec les mêmes travers. Aujourd'hui le mensonge est devenu insupportable. Là où nous plaidions, tout est devenu écrit, le recours au travestissement verbal n'est plus de mise. Tout doit être démontré, étayé et justifié. Ce n'est pas seulement un juste retour de bâton, c'est aussi une nouvelle exigence de rigueur qui est imposée à tous les participants à l'oeuvre de Justice. Peu importe que la Cour de Cassation ait pu dire dans un moment d'égarement que le principe de loyauté n'existe pas, plus aucun avocat dans sa pratique professionnelle ne peut penser pouvoir espérer raconter "l'histoire de la petite biquette" à un un juge ou à magistrat en espérant lui faire prendre "des vessies pour des lanternes". Certes, lorsque nous étions 4000 avocats au Barreau de Paris, dont une quarantaine à fréquenter par exemple quotidiennement le Tribunal de Commerce, nous étions sous "la foi du Palais". Il est vrai que dans le domaine procédural, la formule correspondait à une réalité. Nous n'avions pas à justifier ou écrire nos demandes pour le bon déroulé du procès. Cette confiance réciproque existe encore entre les quinze cabinets habituellement présents à l'audience du Tribunal de Commerce de Paris et ses juges. Mais en considération de trop de déviances comportementales de beaucoup d'autres dont le nombre assurait l'impunité à leur manque de parole, ils doivent aussi se soumettre à un formalisme procédural qui eût été pris comme une insulte à une autre époque: " Maître, tenez, voici une feuille, écrivez- le moi, c'est pour le dossier." Un vieux confrère devant une autre juridiction, avait dit à un jeune juge qui lui demandait de lui écrire trois lignes pour acter une demande de renvoi, "Monsieur, je n'ai pas l'habitude que l'on mette ma parole en doute...mon devant est comme mon derrière." Et le juge de répondre: " Mon Dieu, quelle horreur." Nous sommes aujourd'hui, pour la première fois, 30 000 avocats parisiens. Soit 1 confrère pour 71 habitants. Inutile de vous dire qu'il y a des confrères que vous ne reverez pas deux fois dans votre carrière. L'habitué des excuses bidonnées pour avoir oublié une audience ou une échéance, qui fait ses communications d'écritures ( on ne conclut pas devant les tribunaux de commerce car la procédure est orale et il n'y a pas de postulation) ou de pièces systématiquement en retard, a toutes les chances d'échapper aux foudres disciplinaires. De fil en aiguille, il me revient des anecdotes appartenant au siècle écoulé, concernant un confrère et deux magistrats. Dans une affaire de contrefaçon, un avocat flamboyant se vantait dans son Cabinet et devant moi d'avoir obtenu en appel la relaxe de sa cliente en ayant fait disparaître le modèle sous scellé. C'était parfaitement crédible à l'époque. Maintenant, c'est difficilement concevable. Il faudrait un incendie ou un dégât des eaux pour y parvenir. Dans une affaire pénible, un juge pour enfant refuse une mesure de protection et l'avocat apprend par son associé qu'il l'aurait obtenu, s'il avait su qu'il était son associé. Un haut magistrat promet à un autre une promotion dans l'administration et une légion d'honneur pour son gendre s'il considère autrement sa position qui gêne le gouvernement. J'en ai, rien que personnellement, des tonnes du même accabit et quelques unes de pires. Admettons que le cloisonnement entre les magistrats, les juges, les greffiers et les avocats, l'indépendance de la Justice avec ses abus, ait permis de faire disparaître des liaisons dangereuses en temps ordinaire dans les enceintes des juridictions. Mais qu'en est-il lorsque tout ce petit monde adhérents et militants de syndicats se retrouve sous plus de banderoles que de participants pour des menées polititocardes ? Qu'en est-il ailleurs de leurs liens dans des partis politiques ou des cercles philosophiques, voir religieux ? Je suis pour l'interdiction pour les agents de l'Etat de se syndiquer, à partir du moment où les syndicats de fonctionnaires ne font que de la politique, entendons, pour s'opposer aux choix du corps électoral, sortis des urnes. S'ils ne sont pas d'accord avec le gouvernement, qu'ils démissionnent. Remplir une mission régalienne ou pas d'ailleurs, de l'Etat, c'est l'honneur d'avoir des devoirs. Finalement l'idée de supprimer le statut de la fonction publique pour des contractuels et instaurer le "spoil system" serait une révolution copernicienne qui remettrait en cause nos lourdeurs intellectuelles et nos millefeuilles ainsi que notre principe d'irresponsabilité des agents de l'Etat. Notre mode de fonctionnement administratif doit être complètement repensé. Je suis contre l'idée que des agents de l'Etat puissent adhérer à un parti politique où des réseaux d'influence. Avocats ou Magistrats, ces fonctions devraient être des sacerdoces, comme l'exercice de la médecine ne l'est plus apparemment non plus. Je suis tout autant contre des syndicats de professionnels libéraux. S'ils existent, c'est que leurs institutions représentatives ne remplissent pas leurs fonctions. Plus clairement si possible, si les syndicats existent, c'est que les Ordres professionnels et les organismes qui gèrent les services de l'Etat sont défaillants. C'est toute la société qu'il faut recadrer. Et il faut repartir du basique... Exemple: Une question à un auditoire d'adultes: devez-vous informer votre patron que vous n'avez plus rien à faire ? Réponse unanime : non. Fascinante mentalité dans laquelle le principe de loyauté (qui est dans le Code du Travail) est évidemment inacceptable. Tout est à l'avenant . Ici où les rues sont dégueulasses , nous sommes à des années lumières de ce qui se passe au Japon où la propreté est enseignée dans les écoles. Les élèves nettoient leur classe et leur établissement. Idem après tout au long de la vie et partout. Résultat ? Le pays du soleil levant est propre. On a mis 20 ans de plus que Tokyo pour seulement commencer à se préoccuper de limiter le gasoil dans la Capitale, là où les japonais l'ont éradiquer en 10 ans. Alors pour mettre au programme scolaire la propreté nippone, il va falloir combien de temps ? Une génération de grèves des enseignants-chercheurs et une génération de plus, le temps se sortir les doigts de quelque part pour se les mettre dans le nez ? Nous, on est les meilleurs. C'est toute la différence. Nous sommes le pays des droits et pas des devoirs. On a par conséquence le droit de nuire, de piétiner l'aorte de ses contemporains mais pas le devoir de se bouger pour notre pays à l'Etat duquel on demande tout. S'attaquer à cet état d'esprit pour ne pas dire de mentalité est la réforme culturelle de fond qu'il faut entreprendre partout et tout le temps. On se traîne, comme il est dit pudiquement par l'excellent Dominique Seux à propos du comportement économique de nos concitoyens, une "paresse démocratique"...qui en réalité touche l'ensemble des aspects du fonctionnement de notre société.

Par gilles.huvelin le 03/07/19
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Pont Sully: des manifestants coupent la circulation en occupant la chaussée, ce qui constitue un délit, au cours d'une manifestation menée hors du parcours de sa déclaration, ce qui est une contravention, et refusent d'obtempérer. La force publique fait partie de l'application de la loi. Son usage est conforme à l'Etat de droit. Tous les manifestants auraient dû faire selon la loi l'objet d'une comparution immédiate si la loi avait été appliquée. Le problème en France est que la loi n'est pas respectée au nom du droit notamment que la gauche s'arroge de nuire et elle n'est pas appliquée au nom de la démission de l'autorité comme variable d'ajustement social, par pure lâcheté. Nous n'avons eu droit qu'à une guerre de communication à charge des forces de l'ordre avec manipulation pure et simple de l'image sur fond de commentaires outranciers, menée en rangs serrés par toute ce que la gauche comporte de multi-cartes militants sur les réseaux sociaux, à qui les médias et la Presse ont servi d'amplificateurs. Puisque la guerre de la com' existe, la Police doit maintenant tout filmer et la justice doit poursuivre et condamner tous les auteurs de délit et de contravention. Ça s'appelle la tolérance zéro. Il faut en finir avec le droit de nuire des militants, des supporters et des manifestants car ce droit n'existe pas.

Par gilles.huvelin le 29/06/19
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L’auteur des « lettres persanes » était prolixe. Sa correspondance a été dispersée et des fragments ont subi les avanies des évènements. Une lettre encore inconnue du public a été retrouvée dans un vieux grenier d’un manoir flanqué de deux tours rondes, pompeusement appelé château. Cette demeure contemporaine de Montesquieu me fait penser par son architecture au château de Monthyon. N’y voyez pas là un aveu ou une piste pour révéler l’identité du dernier détenteur de cette correspondance romanesque parvenue jusqu’à nous par les méandres de l’histoire. L’authenticité du texte, dont malheureusement l’introduction s’est perdue, ne permettant pas d’identifier la ville de l’immersion du scripteur, n’est pas contestée par les érudits qui se sont penchés dessus. Dans une version moderne, il m’est donné d’en porter connaissance au plus grand nombre car je le trouve édifiant pour nos mœurs contemporaines, la nature humaine ne changeant pas à travers les âges. Toutefois, en le relisant, je le trouve chaque fois plus transposable au fonctionnement d’une autre institution dans les couloirs de laquelle il m’arrive encore de me promener pour me rendre dans la vénérable Bibliothèque dont l’accès m’est autorisé car il est lié à mon état. Plus je lis ce texte et plus je me dis qu'il est descriptif des effets de "la réforme Magendie" en l'état des moeurs et de leurs effets, sur le fonctionnement de notre Cour d'Appel. Je me fais la réflexion que l'auteur a commis des textes qui sont contemporains à toutes les époques, tant les hommes sont de tous les temps et partout les mêmes et reproduisent en chaque occasion l'application de leurs constantes qualités.
Je vous souhaite bonne lecture, gens de bonne intelligence et de réflexion sur notre époque.

« Il s’agissait d’un hôpital. Pas un petit hôpital, un grand hôpital, même un hôpital capital .. mais sans une capitale au début de son nom, contrairement à l’Hôpital contigu. Cet hôpital était installé dans des locaux très anciens; régulièrement modifiés de nombreux ajouts alambiqués accumulés à travers les âges; qui ont subi autrefois un grand incendie détruisant beaucoup, mais restés aussi prestigieux que peu fonctionnels et très vastes au point de ne plus savoir quoi faire des espaces au moment où survenait la fermeture de lits ainsi que le regroupement des services sanitaires dans des constructions neuves d’empilement excentrées édifiés à la gloire de potentats dispendieux. De fait, ce lieu chargé d’histoire était tristement vide, depuis que les premiers soins avaient été déménagés dans l’amoncellement un peu pharaonique que j’ai décrit, façon astucieuse sans doute de soigner leur éventuelle peur d’être regardés de haut ou de les entraîner à avoir moins peur du vide conceptuel de l’inanité de la fonction de soigner des gens qui doivent un jour mourir quoiqu’il arrive. Cet hôpital pourtant « capital », ainsi vu par tous en ce pays, ne soignait pas n’importe qui. Ne pouvaient prétendre à s’y faire soigner que ceux sur qui les premiers secours déménagés avaient échoué, sauf à ce qu’ils soient mécontents des soins donnés ou qu’ils souhaitent des soins plus radicaux ou plus simplement qu’ils aient pris goût à l’odeur de la bétadine. Il y avait aussi des malades relevant de rares spécialités qui ne pouvaient donc dépendre d'hôpitaux régionaux. Une partie de l’hôpital n’était accessible qu’aux patients accompagnés d’un brancardier spécialisé, tout de noir vêtu à l’exception d’une forme de jabot plat, parfois jauni à la pliure du col. La complexité du brancardage avait même conduit à la pratique de brancardier spécialisé évitant aux patients et aux brancardiers amateurs de se perdre dans les couloirs formés de dédales sur plusieurs étages de l’hôpital. Ce métier avait ensuite été supprimé, au grand dam des patients qui devaient payer le coût de brancardage sans avoir de brancardier aguerri. Et on ne comptait plus les accidents de couloir générés par des amateurs, plus branquignols que brancardiers. Ce n’est un secret pour personne, les hôpitaux sont encombrés. Les médecins locaux avaient donc élaboré des examens préalables extrêmement efficaces pour expulser les patients. Avant même de commencer à étudier la maladie du patient, un examen attentif de la couleur, du format, des agrafes et reliures de son dossier permettait de le renvoyer chez lui, avec une bonne ordonnance qui en général ne le soignait pas, mais le guérissait de l’envie de revenir. On avait amélioré la technique du “dites trente-trois " en un terrible “dites neuf cent et un chiffre de votre choix », histoire de voir si la victime potentielle des Diafoirus avait son autonomie mentale. S’il ne proférait pas le bon nombre ainsi composé de neuf cent et du chiffre auquel le Docteur pensait, le malade était éconduit. Il pouvait toujours se plaindre de l’ineptie du procédé, le recours était porté devant un collège qui usait de la même façon, de sorte que le hasard appelé chance permettait d’accèder à l’étape suivante du parcours hospitalier, car c’est de cela qu’il s’agit. Car malgré cette barrière d’entrée, certains patients arrivaient encore à entrer dans le couloir des consultations. Du coup, une seconde technique était mise en place. Elle consistait à les entasser dans des lits superposés pour un ou deux et les laisser mûrir deux ou trois ans, en leur disant de loin en loin que leur tour surviendrait. Premier avantage, le patient pouvait mourir en attendant. Second avantage, pour peu qu’il vieillisse un peu, il aurait oublié de quoi il était malade. Et comme certains pharmaciens se faisaient un plaisir de lui faire payer la location du lit, il y avait aussi ceux qui avaient la bonne idée de rentrer chez eux tous seuls. Pour en dissuader d’autres, on pouvait aussi leur prescrire de coûteuses réunions avec un psychologue chargé de les convaincre à leurs frais qu’ils n’étaient pas malades. Une troisième technique était mise en place, consistant à considérer qu’un patient qui n’avait pas sonné ou hurlé qu’il avait mal depuis deux ans était sans doute mort. Son lit pouvait être libéré à la demande de tout autre patient debout. Du coup, les patients astucieux s’étaient munis de coucou-clocks qui sonnaient “aie” à intervalles réguliers. Mais malgré tout, tous les patients ne mourraient pas en route. Bien que certains qui s'étaient perdus dans les couloirs à la recherche du sort de leur dossier médical avaient été retrouvés morts et desséchés. Ce qui arrivait aussi à des brancardiers qui ne trouvaient pas la sortie. Et soigner sans arrêt des patients qui viennent perturber les moments de tranquillité, en se plaignant tous des mêmes maladies et en s’obstinant à ne pas suivre le traitement préconisé par les premiers soins .... disons le tout net, c’était fatigant. Alors pour délester un peu le travail, l’hôpital engageait chaque semestre une armée d’internes. Cette population, jeune et inexpérimentée, était chargée de déshabiller le patient, de l’ausculter, de lui faire les analyses nécessaires, de mettre au propre son histoire et éventuellement de préconiser des traitements. Elle se relayait d’année en année, trop contente d’apprendre comment soigner si elle rêvait de devenir médecin ou d’apprendre comment patienter si elle rêvait de devenir patient ou brancardier. Ces hordes de jeunes évitaient à ceux des médecins qui n’ont pas une passion pour le contact avec les patients de risquer d’attraper une maladie en approchant desdits patients. Les internes en question ne semblaient pas trop se plaindre de leur sort. Ils étaient certes rémunérés au tarif de celui qui travaille et qui ne sait pas, très inférieur au tarif de celui qui - notamment - sait. Mais ils pouvaient en profiter pour parfaire leur bronzage sur les marches de l’hôpital et assister à des opérations, ce qui leur permettait pour plus tard de s’entraîner à souffrir ou à charcuter selon le camp qu’ils choisissaient. Et c’était particulièrement utile car à devenir brancardier, avant de bien maîtriser leur métier dans la circulation des couloirs tordus, au parquet dangereux, à la lumière défaillante, il y avait toujours des bras cassés. On parlait à demi-mots de médecins qui, en fréquentant trop les patients, avaient attrapé des tours de reins, des insomnies, voire même une terrible maladie, l’empathie. Mais heureusement, la mise en place de cabinets de consultations avec vitre de protection, et la quasi-interdiction aux malades d’ouvrir la bouche en présence des médecins avait rapidement mis fin à tout risque que l’un fracture les oreilles de l’autre en essayant de lui expliquer ce qu’il ressentait. D’autres mesures dissuasives avaient été mises en place. Notamment l’obligation de fournir un certificat de vie de celui qui vous avait rendu malade et qu’on souhaitait assassiner. Au cas où le responsable serait mort de mort naturelle, cela faisait un cas de moins. Cette procédure permettrait avec régularité de vider les lits. Deuxième mesure astucieuse, obliger le patient à rapporter l’entier de son dossier médical, imprimé sur des feuilles dont la couleur était soigneusement choisie, et attaché avec des pansements dont le format était imposé. Et tant qu’à faire obliger le patient à apporter son dossier deux semaines avant tout espoir de consultation afin de pouvoir pendant la consultation lui fermer le bec d’un sec “ la faculté a lu votre dossier, finissez”. Troisième mesure encore plus astucieuse, d’autant plus que ne figurant dans aucun traité de médecine, obliger le patient à apporter un échantillon de son sang et de ses urines dans une petite fiole transportable. Pourquoi faire alors que leurs analyses étaient disponibles dans le volumineux dossier obligatoire ? Ah bah oui mais le dossier était bien lourd à transporter et les médecins souhaitaient parfois se dispenser d’avoir à le porter et préféraient renifler les urines eux-mêmes. Certes, la plupart du temps, les précieuses fioles scellées à la cire étaient retournées aux patients, non ouvertes, mais c’était néanmoins devenu une coutume. On raconte que l’expression “il se paye ma fiole” vient de là. Les médecins n’étaient bien sûr pas les seuls à travailler à l’hôpital. Il y avait aussi les infirmières. Les deux corporations, bien que travaillant ensemble avaient une forte propension à rappeler régulièrement qu’elles n’avaient pas gardé les microbes ensemble et que chacun avait sa place et sa fonction dont il convenait de ne pas sortir. Les unes étaient sous l’autorité d’une direction des soins infirmiers dont la principale préoccupation était l’absence de bruit dans les couloirs et d’éviter à tout prix une élévation de température. Une méthode imparable avait été développée, casser le thermomètre ce qui évitait tout coup de chaud. Quant aux médecins, ils dépendaient plus ou moins d’un médecin chef, mais avec une grande habitude d’autonomie, issue pour certains d’entre eux du fait qu’il était quasi-impossible de les changer de salle d’opération contre leur gré. L’hôpital est toutefois un milieu éminemment dangereux et où les médecins auraient pu attraper les pires maladies. Pour éviter cela on s’efforçait de les changer régulièrement de spécialité car la compétence acquise pouvait se révéler nuisible à ceux qui ne l’avait pas atteinte. On les changeait aussi de lieu afin qu’ils ne copinent pas inutilement avec les malades ou les brancardiers. Du coup, certains habitant un peu loin de leur salle d’opération commençaient de réfléchir à la bonne technique opératoire de chez eux, et continuaient la réflexion dans le train. Ainsi de trois jours de présence obligatoire à l’hôpital, il en faisait une après-midi, puis une journée complète et une matinée, de sorte qu’ils pouvaient prétendre être bel et bien trois jours à l’hôpital. De toutes les façons, chaque trimestre, une période de sanatorium était organisée pour s’assurer qu’ils ne s’habituent pas inutilement à voir passer des patients. Et pourtant, tous n’en mourraient pas même si tous étaient frappés.
Pour les soins qu'ils recevaient, soyons honnêtes. Si l’on se donnait le mal de regarder le détail des sutures et des coups de bistouris, on y voyait au microscope la trace d’un travail extrêmement soigneux et extrêmement technique quelle que soit la complexité de la pathologie. Et finalement, si les patients se plaignaient de n‘être pas assez bien traités, ils n’avaient qu’à s’en prendre à leur absence de syndicat. Les médecins avaient un syndicat, les infirmiers avaient un syndicat, les brancardiers avaient plus ou moins un syndicat, et les patients, bien que rémunérant directement ou indirectement l’ensemble des trois autres corporations n’avaient pas de syndicat. Avec philosophie, m’a-t-on dit, un Docteur appelé Choron aurait énoncé .. « qu’ils crèvent.» La Cour des Aides qui autrefois avait siégé dans les lieux vénérables, constatait amèrement qu'il n'existait aucun outil pour mesurer l'efficacité des hôpitaux principaux et encore moins de celui capital, ce qui paraissait à la Cour des Aides un privilège extraordinaire ..."

Ainsi se termine le texte de ce récit persan du correspondant de l’illustre auteur, disponible aux yeux de son inventeur qui a bien voulu m’en rapporter la substance quelque temps après sa découverte. Un morceau de page qui semble pouvoir se rattacher aux extraits ci-dessus, révèle toutefois un usage assez constant dans ce pays aux moeurs étranges selon lesquelles le directeur de l'hôpital capital est destiné à devenir le grand coordinateur des prescriptions à destination des hôpitaux principaux et centraux,ces-derniers appelés ainsi parce qu'ils sont situés au coeur de chaque provinces du pays. Rarement ces fonctions ont été accordées à une femme. Il semble selon des archives, cependant parcellaires parvenues jusqu'à nous,  que deux d'entre-elles soient arrivées à ce poste.

juin
26

Folon

Par gilles.huvelin le 26/06/19
Dernier commentaire ajouté il y a 7 mois 4 semaines

Qui ne se souvient pas des dessins de Folon ? Il était du plus grand chic dans le milieu du show bizz dans les années 70 d'avoir une aquarelle, un dessin ou une peinture de l'artiste dont l'oeuvre a été popularisée par la chaîne de télévision FR3 qui se servait d'un dessin animé représentant l'homme volant aux bras en croix dans un manteau trois-quarts illustrant deux génériques de la chaîne. Cet homme sombre volant lentement sans but, souvent en troupeau dans un décor pastel sur fond de musique lénifiante préfigurant notre démission contemporaine de toute autorité , élevé au rang de gloire artistique nationale, m'était convenablement insupportable. L'engouement de nos intellectuels du microscosme parisien n'y était pas sans doute pour rien. Un jour je me rendis chez un confrère qui pratiquait de fait le métier d'impresario, 40 ans avant que nos instances représentatives en ait l'idée. Il avait une très belle clientèle dans le monde du cinéma qui l'avait coopté. Il faisait rédiger les contrats de production de film avec le talent incomparable qui fait de chacun de nous dans sa discipline, une référence. Il n'avait pas son pareil pour obtenir du ministère de la Culture les subventions à fonds aussi perdus que ceux d'investisseurs à l'affût de déficits fiscaux, au profit d'une clique d'artistes et de professionnels connus de ceux qui font l'actualité culturelle et le lobbying snob qui lui fraie le chemin. Ce petit monde avide faisait partie des admirateurs de l'artiste belge rendu populaire par la chaîne régionale de la bienpensance qui se doit toujours d'être de gauche et le soutien des artistes. Arrivant; jeune avocat, sherpa et faire valoir de confrères facturants; chez notre impresario, j'accroche dans l'entrée à la pénombre organisée autour d'un plafond devenu borgne, mon imperméable à une paterre. Depuis le petit bureau -salon sur lequel était largement ouvert la double-porte à petits carreaux bisautés, me parvient le rire préparé, débonnaire, du confrère, auquel un autre, glapissant, d'une actrice sûre de sa notoriété répond, tandis qu'en fond sonore un homme rondouillard, chroniqueur dans un quotidien à grand tirage émet sans pouvoir s'arrêter un "oh oh oh oh" condescendant. J'avais accroché mon vêtement sur la paterre fixée au milieu d'un homme volant illustrant un tableau crée par Folon, créateur de cette oeuvre inspirée par René Magritte. Et j'entends "Ceci n'est pas une paterre, mon cher ami, mais tout le monde se méprend." J'ai laissé mon imper à sa place. Se moquer des gens était une chose qui les amusait le plus. Il y a beaucoup de façon de montrer son mépris à ceux qui n'appartiennent pas aux coteries et réseaux des marigots. La leçon valait bien cette saynète. Depuis je reconnais ces médiocres à leur suffisance et leur pratique de l'entre-soi de salon. Ce ridicule va généralement avec l'incompétence et l'usage d'un vocabulaire abscon dont nos diafoirus usent dès que l'on fait du fric avec du vent.