Par gilles.huvelin le 13/11/20

Les publicités nous interpellent. Quand vous achetez des marchandises vous devriez penser à l'environnement et où va votre argent. Donc, elles sont réalisées avec des matières premières renouvelables, en bois ou en plastique d'origine végétale par exemple et en tout état de cause, le matériau doit être recyclable. La fabrication doit s'intégrer dans une stratégie de marché équitable. Les "p'tits nenfants" bénéficient ainsi d'une formation selon le mode de l'apprentissage. Ils sont rémunérés correctement selon le mode de vie et le pouvoir d'achat local et travaillent dans des normes sanitaires établies dans le respect de la législation locale. Voilà, on nous vend des produits bas de gamme idéologiquement pur à des prix pas toujours intéressants avec des coûts de fabrication qui maintiennent les marges du marché habituel d'avant le bourrage de mou. Mais vous avez bonne conscience et c'est en fait ce qui vous est vendu. Toute discussion est une injure faite à l'humanisme et une attaque personnelle à l'endroit des personnes impliquées. C'est aussi interdit que l'était de discuter le génie de Boulez tapant sur une aile de DC3. C'était s'attaquer aux mécanismes des subventions du Ministère de la Culture, la création d'une Cité de la Musique déficitaire, la technocratie intellectuelle prébendière aux cocktails dispendieux surfant sur la mode qui était, et reste, la déstructuration des Arts majeurs, de la culture.en général, de notre histoire et de notre langue au nom de l'avènement d'une société du bonheur fondée sur l'ignorance, la destruction de l'Éducation Nationale et le collectivisme. Dans la Douane de Mer à Venise, le musée d'art moderne vous montre trois étrons en plastique sous globe et vous êtes invités à crier au génie, sinon vous êtes un cuistre.
Le commerce équitable, c'est simplement moralement inattaquable puisqu'on aide les "ptits nenfants" ou des pauvres paysans défavorisés des pays corrompus qui crèvent de faim. En plus on vous chuchotte à l'oreille que cela participe à tarir l'immigration en Europe en fournissant du travail au tiers monde. Sauf que ce baratin ne permet pas à celui-ci de passer le cap de la transition démographique puisqu'elle nécessite pour exister pour une population donnée de parvenir à des seuils politiques, économiques et culturels qui n'ont rien à faire de l'exploitation de la main d'oeuvre pour l'exportation. Et l'œuvre dictatoriale sur la musique contemporaine de Pierre Boulez, elle est passée dès son décès à la trappe, plus vite que les autres délires post-soixante huitards de la pensée déstructurante de Foucault et consorts que des psychanalystes ne pouvaient renier sans se remettre en cause. Elle fait encore des dégâts. La féminisation des noms de métiers et l'écriture inclusive font partie par exemple de ses multiples conséquences "sociétales" de la bienpensance imposée, comme toujours par une minorité piétinant l'aorte des autres, avec l'aide des médias complaisants trouvant l'information du jour à promouvoir dans le caniveau des réseaux sociaux. L'étalage du voyeurisme autour de l'affaire Daval est un modèle du genre. Plus c'est lamentable ou débile et plus les médias flattent la bassesse ou la bêtise de leur public.
Évidemment on pourrait faire fabriquer ici avec des produits renouvelables ou recyclables en réduisant les marges, les impôts et les prélèvements sociaux pour avoir des prix compétitifs. Mais il faudrait s'attaquer à l'incompétence, la gabegie, la fraude, et ça depuis 50 ans, c'est chaque jour de moins en moins possible. Notre élite de penseurs psychanalytiques abscons anti Etat/Nation (mais qui ne comprennent rien à la mondialisation qu'ils vomissent également) et les technostructures en vivent. Ce n'est pas un complot, c'est simplement le résultat de la somme d'intérêts s'auto-congratulant qui réclament pour financer leur incompétence toujours plus de dépenses, ce qui écrase les revenus, d'où la nécessité de trouver des prix bas en gardant les marges. La survivance de ce système passe par la construction d'une médiocratie manipulable dépendant toujours plus de la redistribution de subsistance et de prébendes, le tout sous anti-depresseurs.
Elever le débat moral en faveur de la mobilisation de l'effort de chacun dans l'intérêt général est exclu.

Pour sortir de la spirale des prix bas pour sauver les marges par le nombre d'articles vendus mais fabriqués par les pauvres d'ailleurs, là ou soudainement, ça devient légitime, il faudrait d'abord réformer l'État dont le poids s'alourdit tous les ans un peu plus depuis le Front Populaire.
Autant que je me souvienne, Emmanuel Macron a été élu pour cela. Et personne sur l'échiquier politique n'est capable de le faire. Il faudrait un dictateur avec les pleins pouvoirs. Pour cela il faudrait que la démocratie se rende compte qu'elle est stérile et impuissante. Dans notre Histoire que l'on cherche à ne plus nous apprendre, la remise du pouvoir à un dictateur ou la mise en place d'un régime pour le moins autoritaire a toujours été la transition nécessaire pour remettre le pays sur les rails dont les idéologies sorties des événements qui ont suivi 1789 l'ont, par leurs faillites à répétition, fait sortir régulièrement.
On a eu Bonaparte, Napoléon III, Adolphe Thiers, la remise par le Parlement de la IIIe République des pleins pouvoirs à Pétain, puis à De Gaulle en 1945, puis en mai 1958, avec par la suite "le coup d'État permanent". Si nous voulons éviter un nouveau dérapage de l'Histoire, les démocrates doivent regarder leurs dégâts et se donner les pouvoirs de les réparer pour éviter de laisser à un dictateur l'autorité dont ils n'ont pas su se doter. Mais est-il encore temps de faire une réforme libérale pour éviter une dictature de droite ou une tyrannie de gauche (l'inverse historiquement n'existant pas) ?