Par gilles.huvelin le 19/07/20

Je me souviens du Campus de la faculté de droit d'Orléans La Source. La campagne.
La Source avait un endroit de pavillons dans de grands jardins. Les habitants après un changement du P.O.S devenu P.L.U. avaient agrandi leur maison, pour recevoir leurs grands enfants et leurs amis pendant les week-ends au milieu du calme, la verdure et le chant de plein d'oiseaux. Il ne restait qu'un vaste terrain herbeux occupé par les ruines d'une vieille usine abandonnée, abri pour de petits animaux de toute sorte, hérissons, chauves-souris et chouettes dont les abords auraient fait la joie de Jean-Jacques Rousseau herborisant au mileu des papillons et des sauterelles, criquets et grillons, dans les hautes herbes où se cachaient de petits rongeurs à la vie courte que l'on ne trouve que dans les jachères subsistantes.
Et puis plusieurs décennies après, au lieu de pouvoir convertir le site en Parc, la législation, autant que le clientélisme, l'affairisme bétonnier et la bienpensance démissionnaire, diront des commentaires, a transformé cette friche industrielle qui ne gênait personne en Cité HLM pour population venue du magreb et de l'Afrique sub saharienne. Les pelouses ont été transformées de fait en un clin d'oeil en terrain de jeux et en site pour picnics. Les déchets les ont transformées en dépotoir et le calme du quartier a disparu sous les bruits des musiques, des cris, chamailleries, de jour comme de nuit, avec l'activité habituelle des quartiers devenus, on se demande pourquoi, difficiles. Une réussite totale qui vide ce coin des habitants d'origine qui ont les moyens de partir: leur patrimoine a perdu 2/3 de sa valeur. Je vous laisse imaginer la suite et l'avenir de ce site pavillonnaire. Ça me rappelle la question d'un ami néanmoins socialiste qui résume tout:
-"Ben...qu'est-ce qui se passe ?"
Enfin une bonne question. Et quelque sujet que ce soit, c'est encore et toujours la même question qui revient. C'est beau comme du Ségolène Royale.
Le problème est que des hommes, des femmes, des enfants sont les munitions politiques dont les droits de l'homme sont des armes idéologiques. Les manipulateurs actuels et les prébendiers des conséquences des causes qu'ils ont appelées de leurs voeux agitent les mêmes principes qui ne servent à rien pour solutionner les conséquences de leur application. Et nous, juristes, avocats et magistrats nous nous sommes enfermés dans cette situation intellectuelle. Sel de la Terre que nous sommes. Bonnes consciences, nous passons les "patates chaudes", conséquences de nos idéaux, à la génération suivante ou à ceux qui doivent trouver des solutions plus immédiates, que nous traitons de fascistes pour ne pas pouvoir les trouver matériellement ou avec des moyens que notre conception de l'État de droit réprouve, ce qui permet de ne rien résoudre. Mais nous sommes pas, nous responsables. Je crois néanmoins que nous sommes coupables.

Par gilles.huvelin le 15/03/20

Ils n'ont pas réussi. Depuis 2017 et alors que par trois fois les urnes les ont désavoué, tous les mouvements, d'extrême gauche coalisés, syndicats communistes et associations, ont tenté de saboter l'économie et ont appelé au chaos social sous tous les prétextes y compris écologistes, "racialistes" et en usant d'alibis culturels.
Les gilets jaunes, à qui il ne fallait rien céder puisque les milliards accordés se sont retrouvés placés à la Caisse d'Épargne, les mouvements de grèves contre la pérennité de la retraite de base et le redressement des comptes de la Nation, la violence dans les rues, rien n'y a fait. Ce pays projeté dans le décors de la désindustrialisation car le travail était dénoncé sous Giscard d'Estaing par la CGT comme "le travail nuisible" et l'apprentissage comme "l'école du Patronat", a résisté. Mitterrand qui a flingué les entreprises et les hôpitaux avec les 35 h a poussé le bouchon jusqu'à créer un Ministère du temps libre ! Nous avons été la rigolade de la planète. Mais qui savaient que nos partenaires européens se payaient notre tête ? Qui lit leurs journaux ? Où trouvez-vous une revue de Presse économique ? Si nous commençions à donner des notions juridiques dans nos écoles, collèges et lycées ? Il n'en sera rien, même d'un enseignement même basique d'économie par l'Éducation Nationale. D'ailleurs nos syndicats s'y opposeraient si cet enseignement n'était pas marxiste. C'est comme pour apprendre l'hygiène publique à nos enfants selon l'usage au Japon où les enseignants et les élèves nettoient leur écoles. Ici, ce serait un scandale. En attendant nos rues sont dégueulasses, nous employons une armée de services publics d'entretien alors qu'au Japon comme à Singapour vous mangeriez par terre sans suspicion. Nous avons passer 50 ans à exiger de moins travailler, à éviter toute responsabilité, à mettre en avant le principe de précaution pour ne rien changer. Nous avons tout exigé de l'État qui s'est systématiquement déchargé sur les entreprises. Nous avons exigé 80% de passage de chaque tranche d'âge à l'Université et une prise en charge sociale sans faille, sans que ce soit assez. Le pays globalement n'a jamais collecté autant de prélèvements de toutes les sortes. Jamais ce pays n'a autant redistribué.
Il est impossible de faire plus sans couler la barque dans laquelle nous sommes.
Mais peu importe, toute la gauche demande plus de moyens et en réalité de fonctionnaires pour moins d'efficacité. On dépense toujours plus depuis 20 ans pour le secteur de la Santé et sa part dans notre PIB est au niveau des pays membres de l'U.E. Mais la médecine de ville ne fait plus le job. Un numerus clausus imbécile a été aussi maintenu trop lontemps. Les hôpitaux publics sont mal gérés. Curieusement le secteur privé s'en tire mieux. Surtout ne comparons pas notre système social avec ceux de la Suisse ou du Portugal. D'ailleurs si vous n'en discutez pas avec un ressortissant de l'un de ces pays, vous n'en saurez rien. Vous ne voudriez pas que les journalistes fassent le boulot qui leur fermerait les portes de leur facilité quotidienne qui consiste à commenter les dépêches et commenter les commentaires entre eux.
Comment avons-nous pu en arriver là ? D'abord, c'est le résultat très lentement progressif de 80 années de collectivisme rampant qui s'est peu à peu transformé en sclérose. Et pour acheter la paix sociale depuis 1968, on a fait par lâcheté toutes les concessions possibles. Même la petite délinquance a fini pas être considérée comme de la redistribution sociale. Maintenant c'est une véritable plaie.
Et depuis 1974 nous accumulons des déficits sans discontinuer. C'est devenu notre modèle de gestion. Toujours plus de moyens pour financer sans contrôle ni de la qualité de la réalisation des investissements ni de l'efficacité des services publics. Les rapports de la Cour des Comptes sont restés sans effets avec une belle constance. Depuis 16 ans nous avons, et pour cause, une balance commerciale constamment lourdement déficitaire, sans que personne ne se remettent en cause. C'est dans ce contexte qui appauvrit le pays, laminant les salaires et les revenus, méthodiquement, que le pays s'est enfoncé. Tout le monde sait que plus il y a d'impôts, plus il y a de lois. C'est une règle d'airain. Plus il y a de prélèvements et de contraintes et moins il y a de création de richesse, de brevets d'invention et moins le pays est compétitif, plus il y a de chômage. Le recul culturel et la perte de terrain du français est le résultat de ce naufrage.
Seule la croissance permet l'amélioration de la Santé et de l'Éducation. Or la croissance est en panne. Notre Éducation se trouve rétrogradée dans le classement mondial. Les meilleures performances chirurgicales comme la transplantation du coeur et des poumons ensemble, du pancréas, ou l'opération de certaines tumeurs cérébrales ne s'effectuent pas en France, par exemple.
Depuis 2017, la gauche a tout fait pour empêcher la reprise économique, les réformes structurelles qui remettraient le pays au travail, rémunérant mieux, permettant l'épargne, l'investissement, l'inventivité et le retour à la compétitivité de notre économie.
La gauche insurrectionnelle actuelle est une rente de situation pour des politiciens qui fournissent un doctrine anti libérale à leurs idiots utiles.
Après le communisme soviétique, le maoïsme, le retour du trotskisme. Il faut toujours aux inadaptés une justification idéologique à leur ignorance et leur incompétence.
La médiocratie devient une culture de refuge d'une opposition aigrie défendant farouchement au nom de leur droit de nuire érigé au rang de principe de liberté publique, de minables prébendes et des capacités de racket sociales. Les extrémistes de tout bord se rejoignent dans leur combat de déstabilisation de la société. (Une dictature de droite ou de gauche ont pour différence que leurs alibis dogmatiques et les mafias qui les ont inspirées puis les dirigent.) Le but commun de nos extrémistes est uniquement la perception d'avantages et pas forcément une prise de pouvoir dont ils ne sauraient pas quoi faire. La meilleure façon d'y parvenir est de prendre l'économie du pays en otage. Aujourd'hui l'épidémie prive nos racketteurs de leur objectif puisqu'elle met le pays à genoux sans qu'ils interviennent. Ils se retrouvent sans objectif autre que d'ajouter au bazar en usant abusivement du droit de retrait pour le substituer à l'échec de leur grève dans le transport public, en ajoutant de la surenchère dans la protection sociale également, donc financière de leurs ouailles, en appelant toujours à plus de solidarité sur le dos des entreprises et des classes moyennes déjà largement plombées par les prélèvement et les impôts, pour satisfaire à la charge de la redistribution. N'oublions pas qu'elle est en France la plus importante du monde en pourcentage du PIB produit. Cependant le soutien à l'économie rend indispensable toutes les formes d'aides aux salariés, aux entreprises face aux conséquences de l'épidémie actuelle.
Et comme le budget est exsangue pour les raisons que nous avons passé en revue, faire massivement appel lourdement au déficit (on parle de 45 milliards d'aides aux entreprises et avec le plan de relance de sortie de crise, au total: 300 milliards ! ) sans perspectives arrêtées d'annulation des dettes, c'est faire le lit à une inflation vénézuélienne et à la remontée des taux. Si la BCE ne s'engage pas massivement, le dérapage est garanti et l'embardée assurée. Les trotskistes adoreraient Sauf que la forme de l'État d'urgence actuelle et ses conséquences vont peut-être électriser les citoyens et disqualifier une bonne fois pour toute nos collectivistes, en rétablissant le sens de l'effort, de la responsabilité et de la réussite.
Le retour à la méritocratie et au Saint simonisme est-il annoncé ? On peut toujours rêver à une remise en cause intellectuelle. Mais pourquoi pas après tout, alors que le 1er tour des élections municipales a éliminé toute l'extrême gauche qui fait un score dérisoire, laisse peu de perspective de succès à l'extrême droite (sauf à Perpignan peut-être) ni aux communistes (qui rêve de triompher au Havre). La France Insoumise a même complètement disparu des résultats des urnes, ne s'étant présentée que dans 250 communes, tirant ainsi un trait sur le scrutin emblématique de la vie politique du quotidien des français. Y aura-t-il un sursaut et pour autant le retour légitime des coups de pied aux fesses ?

En tous les cas regardons que la crise du coronavirus n'est pas une crise uniquement sanitaire.
Elle porte la lumière sur tout ce qui se dégrade en France depuis 50 ans au moins: le civisme, la responsabilité individuelle, le niveau intellectuel, la confiance en la science, l'éducation et le régalien.

Par gilles.huvelin le 03/05/19

"Fais attention à Rome, il y a des pickpockets." "Rome est sale, ils n'ont pas de local poubelle dans leurs immeubles et il y a des dépôt d'ordures partout qui stagnent même dans la chaleur de l'été, et là-bas, ça tape." "Les rues sont défoncées, il y a des fondrières partout." "L'économie italienne est en chute libre et ça se voit."
Désolé mais, je rentre de la Ville éternelle, et j'ai vu tout autre chose. D'abord, Rome dispose de l'aéroport international le mieux noté d'Europe. Il y a du personnel, souriant et efficace y compris pour enregistrer vos bagages. Le cadre est agréable. On s'y sent bien. Un bémol, une musique d'ambiance de lavabos. La ville est propre, en tous les cas plus que Paris. Pas de tags, pas d'affichage sauvage, pas de parfum de cannabis dans les lieux publics, une population plus homogène que dans notre Capitale, on se comporte à Rome comme les romains. Les adultes admonestent les enfants ou les adolescents indisciplinés comme si c'étaient les leurs, et c'est normal, ici ce serait un scandale. Ayant perdu mon portable dans un voiture de golf dans le parc Borghèse, je l'ai retrouvé 4 heures plus tard entre des mains romaines qui attendaient mon retour, surpris que je puisse penser devoir les gratifier. Peu de SDF, qui se réfugient sous le portail des églises, et pas de dépôts sauvage d'ordures, pas d'embouteillage derrière les véhicules de la voirie. La circulation automobile est réglementée dans le centre de la ville et fluide partout. Les rues y sont défoncées mais ce n'est pas une catastrophe. La municipalité hérite d'une situation difficile sur ce point, mais moins apocalyptique qu'on me l'avait racontée. Les habitants sont souriants, si par mégarde vous bousculez un romain, il s'excuse. Quand vous entrez dans un magasin, vous n'avez pas le sentiment de déranger. La mode à Rome est talentueuse, gaie et accessible, comme les arts, et les touristes mieux traités. Les taxis sont nombreux et moins chers qu'ici, comme le reste d'ailleurs. Les samedis et le 1er Mai romains sont un vrai bonheur, et les magasins ouverts, et pas tous fermés le dimanche. Il n'y a pas comme à Paris un couvre-feu économique à 21 heures.
Pas de schizophrènes en liberté dans les transports publics. La police romaine et les Carabiniers sont visibles et bien présents partout, et ne nous assourdissent pas avec le volume maximum de leur deux tons pour montrer qu'ils roulent, par contre les habitants n'ont pas de sentiment d'insécurité, quant à vigie pirate, il est autrement plus également présent que chez nous. On ne construit pas moche à Rome sous prétexte de faire dans le social. Et on n'y construit pas un immeuble outrageusement moderne entre deux constructions anciennes. On n'y a pas bâti un horrible empilement de trois containers, en criant au génie, pour élever un Tribunal. L'air est léger, et il y a beaucoup moins de poussières à Rome. Bref, Paris s'enfonce dans l'autosatisfaction alors que les autres Capitales européennes progressent. Mais nous, on est la Capitale du pays des droits de l'Homme et pas des coups de pied aux fesses. Et depuis plus de 50 ans, la complaisance, la lâcheté et l'inefficacité sous couvert de tolérance et de multiculturalisme ont fait le reste, pour acheter la paix sociale, complaire au communautarisme, en refusant de faire régner l'ordre et le respect de la loi. Nous avons entretenu l'idée que la liberté de nuire était légitime lorsque le mobile étaient syndical ou politique, que la prévention et la dissuasion permettaient de se dispenser de réprimer. De même lorsque la sanction après d'innombrables rappels à la loi, peines avec sursis, alternatives, voire oubliées, on arrive à une peine de prison ferme, personnalisée, aménagée, exécutée à moitié, pour accéder à la réinsertion et à la réhabilitation, on a exclu du Code Pénal que la prison était faite pour protéger la société. Personne ne jette de détritus par terre, tague un mur ou pisse dans les rues à Rome. Cherchez les erreurs accumulées sur lesquelles nos politocards n'oseront même pas avoir le courage de les regarder en face, et encore moins les traiter. On s'enfonce dans la médiocratie des gens qui font carrière sans aucune expérience professionnelle en sortant d'écoles chausse-pied en venant directement de l'Université, dont l'avancement à l'ancienneté, dépendra largement de leur appartenance syndicale, militante ou philosophique.

J'ajoute que lorsque je suis aller à Rome, il était possible d'admirer depuis le restaurant panoramique de l'Hôtel Adler en haut de la Place d'Espagne, tous les édifices de Rome éclairés...sauf la Villa Médicis, trou noir dans la nuit. La visite de ce lieu emblématique de la France dans la Ville éternelle a été décevante à tous les points de vue. Même les jardins sont dans un état lamentable. Quand à l'Ambassade de France qui est logée dans un palais extraordinaire, aucune visite de ses fabuleux salons n'est possible pour le commun des mortels en visite à Rome. Ville ou contrairement à Paris, les fontaines sont en eau toute l'année alors que dans notre Capitale, elles sont souvent asséchées pour des raisons de défaut d'entretien depuis des années comme celle de l'ancien cimetière des Saints Innocents près des Halles, pourtant due au sculpteur Jean Goujon. Bien entendu l'été nos fontaines et nos bassins sont systematiquement secs sous prétexte de pénurie d'eau, que les Romains de l'Antiquité avaient su, eu prévoir en construisant des aqueducs depuis le Latium.
Mais nous, nous sommes les meilleurs ! Toujours et pour tout.