Par gilles.huvelin le 19/10/16

Force est de constater que dans certaines structures les collaborateurs sont des machines outils qui rapportent les honoraires pour des associés gestionnaires avant que ceux-ci se consacrent à la représentation commerciale de leur Cabinet ou postulent au Bâtonnat ou au vice-Bâtonnat au terme d'un parcours passant obligatoirement par le syndicalisme, le Conseil de l'Ordre et le CNB  Il s'agit de fusées à trois étages en somme. Ceci étant, si l'on peut déplorer la cooptation syndicale pour devenir MCO ou membre du CNB, et la quasi obligation de sortir du pré-carré des Cabinets d’anciens Bâtonniers pour prétendre sérieusement au Bâtonnat, force est de constater que nos élus, sont élus.

Pour l'appartenance à un Cabinet d'ancien(s) Bâtonnier(s) ce n'est pas le cas de notre Confrère Olivier COUSI personnellement, mais c'est celui de son binôme, notre excellent confrère RORET. Pour nos confrères tout aussi estimables PEYRON et ADER , c'est encore plus criant.

Reconnaissons aussi à certains de nos élus, du talent, une force de travail indéniable, un attrait pour le bien public qui n'est pas toujours pervers ou fondé exclusivement sur un ego démesuré. Certes, ce vase clos finit d'une part à légitimer la forte abstention des électeurs, et d'autre part à nourrir un rejet du conformisme de nos institutions que consolide une forme d'entre soi incontestable..

Le dernier chapitre sur lequel nos élus ne sont pas montrés prolixes est le tour de passe-passe qui a permis aux syndicats professionnels d’exclure la possibilité pour les « petites » listes de candidats indépendants d'avoir des élus au Conseil National des Barreaux si elles n'obtenaient pas au moins de 7% des voix. Quand on sait que l’ensemble des petites listes représentent plus de la moitié des avocats de France, on a bien compris l’enjeu.

Lorsque Jean-Louis BESSIS prétendit lors de la présentation des candidats au Bâtonnat devant les avocats honoraires que s’il avait fait partie d’une des côteries qui mènent le  Barreau, il aurait été élu depuis longtemps,  personne ne l'a contredit….

De même constatons qu'il peut être affirmé que si nos élus savent tout sur les considérations qu'il faut avoir sur le sort des avocats prisonniers en Turquie, cela fait plus de quarante ans que nous attendons la pose de patères dans les toilettes des vestiaires.

Je sais que le terre à terre du quotidien de nos confrères est peu passionnant et que par conséquent ce qui se passe par exemple dans les salles d'audience non pénales ne l'est pas davantage, relevons que c'est leur peine et pain quotidien qui font le budget de notre Ordre.

C'est la raison pour laquelle j'apprécie particulièrement que SICARD#ATTIAS s'y intéressent alors qu'ils sont élus... Qu'ils en soient remerciés.