Par gilles.huvelin le 28/01/20

C'est une blague américaine, de celles que nos confrères racontent sur la profession entre eux. Les avocats sont détestés outre Atlantique. Ils prennent des d'honoraires que notre clientèle ne peut honorer et pourtant nous avons un droit aussi complexifié en permanence avec aussi une jurisprudence qui sait rédiger à sa guise les textes. Nos obligations avant, pendant, après et à côté de chaque dossier sont capables de nous empêcher de travailler dessus. Il suffit de relire le décret qui fixe notre déontologie pour s'en rendre compte.
Alors que le Code de l'avocat est aussi lourd que celui des impôts nos institutions ne sont plus capables de faire respecter les règles élémentaires de confraternité. Un jour, il reviendra aux magistrats de faire la police dans notre métier comme cela est déjà le cas aux États-Unis si la profession ne fait pas à temps sa révolution économique et sociale copernicienne.

Donc au comptoir d'un bar de nuit du Bronks un confrère yorkais confie:

"Une vieille femme vient voir son avocat car elle doit lui payer une note d'honoraires de 500 $. Elle lui remet un billet de 500 $, mais ne se rend pas compte qu'un autre billet du même montant est resté collé au premier. Le soir même, l'avocat se rend compte de l'existence de ce second billet, et est alors tourmenté par une très grave question éthique:

- "Dois-je en informer mon associé ?"

Par gilles.huvelin le 20/05/16

Cela conduirait à des exigences concernant le respect le plus strict de la déontologie par les membres du Barreau, la qualité de la formation initiale et de la formation permanente. 

Un respect sans faille des qualités cardinales énoncées dans notre serment.,c'est sur ce terrain que nous devons asseoir notre légitimité.

Après la dictature à laquelle les avocats brésiliens s’étaient opposés, ils ont acquis une réputation égale à celle des infirmières et des sapeurs-pompiers. Aux Etats-Unis, la popularité de nos confrères est dans l’échelle des professions les mieux appréciés, « quelque part entre les vendeurs de voitures d’occasion et les politiciens, qui arrivent juste avant les gangsters ». Ce n’est pas qu’une blague de cabaret. Mais les avocats américains sont aussi craints que détestés. En plus, beaucoup de ceux qui sont sortis des meilleures universités font des carrières politiques. L’ENA, qui nous vaut au fil des décennies d’avoir atteint cette année 57% du PIB de charges,  n’existe pas aux U.S.A.

Au Brésil, les avocats sont 800 000, chaque Etat a un Ordre, et ils sont représentés au niveau fédéral, pour une population de 200 000 000 d’habitants. C’est la seule profession qui se voit constitutionnellement reconnue. Elle a le droit de saisir le Conseil Constitutionnel, et les avocats ont le droit de visiter n’importe quand les édifices publics, d’avoir accès à un juge qui ne peut se dérober, de se faire remettre tout document administratif.

Dans d’autres Etats, qui ne sont pas communistes ou d’ancien pays communistes gouvernés par les ex-membres de leur police politique, le droit constitutionnellement reconnu d’avoir un avocat existent aussi.

En France, la jurisprudence a réduit à pratiquement rien le secret des communications des avocats avec leurs clients, et des propositions législatives visent directement la fin du secret de la défense, prévoyant même l’impunité pour des lanceurs d’alerte au sein des Cabinets…

A une autre époque, des avocats seraient morts sur des barricades…mais aujourd’hui bien que notre image dans le publique n’est pas mauvaise, à défaut d’être excellente, le « leadership » qui emmènerait la profession d’élever le ton manque au niveau national.  Il faut dire que dans un pays économiquement sinistré,  où la pratique de l’Aide Juridictionnelle et son financement sont autant d’épines dans le pied du métier, où que quoique l’on en dise le financement de la formation professionnelle et des actions ordinales par les revenus des fonds des clients n’est pas d’une légitimité intellectuelle sans équivoque, il n’est peut-être pas très aisé de relever le menton. Ce qui explique peut-être, sans être une excuse, que la campagne actuelle de communication « Jamais sans mon avocat », si elle justifie l’existence du Conseil National du Barreau, n’est pas un combat à la hauteur politique des enjeux. On en est même très loin.

Le pays des droits de l’homme n’est pas à la hauteur dans ce domaine comme dans bien d’autres, faute de se donner déjà les moyens moraux, intellectuels et politiques qui permettraient d’accéder aux moyens matériels. C’est une société de gribouille où rien n’est affirmé, rien n’est clair, où l’on veut tout et son contraire. L’avocat est respecté mais un coup de matraque dessus s’il s’avise à protester contre un texte inique pour sa profession, pourquoi pas ? Le droit à l’avocat, oui absolument, cependant on ne l’inscrit pas dans la Constitution, et il ne faut pas que cela dérange plus que cela le déroulement de la fonction administrative de la justice, et si c’était gratuit, ce serait mieux, en plus le secret de l’avocat au profit de son client, c’est gênant pour les enquêtes, le mieux ce serait de pouvoir prendre connaissance directement des éléments du dossier de l’avocat…d’ailleurs si sa secrétaire pouvait dénoncer ses clients, ce serait bien.

Cela suffit.

Par gilles.huvelin le 20/05/15

J’ai pu assister hier soir à un débat  autour d’interventions d’une rare élévation d’idée que je ne peux ici que résumer, sur le thème de l’avocat et la technologie.

Comme l’a dit Laure LAVOREL, juge consulaire, ancienne avocate et juriste d’entreprise, la «digitilisation» des professions juridiques s’est naturellement imposée pour les conservations des données, leur communication, puis la gestion des dossiers. Puis pour les produits industriels, jusqu'à la personnalisation de leur ergonomie. Charles BEIGBEDER a démontré qu’aujourd’hui le monde des robots augmente les capacités, non seulement physiques mais  aussi intellectuelles de l’homme dans le travail comme dans son espace quotidien. F. WAECHTER a témoigné de  l’application des technologies comme de la pertinence des programmes dans le traitement des données et la réponse aux questions posées selon des mots clés. Dominique ATTIAS a fait la synthèse de ces  exposés pour dire que la profession qui a  adopté l’informatique devait s’approprier les nouveaux outils et que cette approche se devait d’être volontariste. Frédéric SICARD  a expliqué que la mutualisation de la documentation notamment et des moyens comme l’accompagnement au regroupement , étaient la voie pour aider à la migration des Cabinets notamment vers la dématérialisation nécessaire.

Tout le monde est tombé d’accord pour dire avec Frédéric SICARD et Dominique ATTIAS que le contact humain avec le client comme avec le juge restait un impératif. Ces derniers ont rappelé que la garantie du respect de la confidentialité des échanges entre l’avocat et son client va  avec la garantie constitutionnelle qui doit s’imposer, du libre recours à l’avocat pour tous.

Le débat a naturellement porté sur les sociétés commerciales qui permettent sur internet d’accéder à une documentation juridique ou des formulaires types y compris de saisine de juridictions devant lesquelles la postulation n’est pas obligatoire. Nos deux confrères ont estimé que bien entendu les braconniers du droit qui donnent des consultations devaient être poursuivis et qu’ils ne pouvaient pas être confondus avec les simples fournisseurs de documentation ou de formulaires qui eux devaient être labellisés, par exemple, par le Barreau   pour s’assurer qu’au-delà de l’information qu’ils reçoivent les justiciables ou les clients voulant une consultation juridique puissent trouver auprès d’un avocat les réponses que seul un membre du Barreau peut fournir avec le sérieux, la compétence et le respect de la confidentialité.

Cette réflexion d’ensemble ouvre des perspectives sécurisantes pour notre métier et la perspective d’un « Barreau en Ordre de bataille » comme je le dis souvent, pour permettre de bénéficier des meilleurs outils est un objectif cardinal. Je ne doute pas que ces idées soient reprises ( private joke !)  et je souhaite que ce blog puisse permettre ci-dessous d'alimenter la réflexion sur les perspectives qui s'offrent à la profession.

Par gilles.huvelin le 24/02/15

N'est-il pas là justement pour déranger, l'avocat.

Ce qui n'est pas toujours sans courage. Il en va de la défense comme la liberté d'expression, cela nécessite avant tout de ne rien avoir à perdre. Sinon cela rappelle la légende d'un excellent dessinateur donc j'ai oublié malheureusement le nom...peut-être était-ce Konk, montrant un journaliste inquiet tapant à sa machine à écrire et disant à un collègue également en sueur : "J'ai un scoop sur la liberté de la Presse, mais je n'ose pas le divulguer".

Avocat dans un dossier pénal et financier très politique il m'est arrivé d'aller interroger le membre du conseil de l'ordre de permanence pour lui demander d'intervenir auprès du Président de la Chambre d'Accusation pour avoir accès à la totalité des innombrables cotes de la procédure et de pouvoir les étudier dans des conditions de temps avec un minimum de confort compatible avec l'énormité de la tâche. Revendication toute nouvelle à l'époque où les confrères pénalistes acceptaient depuis des lustres de consulter les dossiers sur un coin de table sous une faible ampoule jaune et  tremblotante. Mais j’étais commercialiste et j’ignorais l’usage. De même, l’époque n’autorisait curieusement pas à mes yeux qu’une question qui dérange  soit  posée et si elle était  finalement posée après force incidents,  que l’on puisse éluder la réponse ou la dicter au greffier à la place de la réponse de l’interrogé.  Encore était-il normal que la totalité des pièces ne fussent pas accessibles avant l’interrogatoire. La défense pénale était encore affaires d’artistes et d’arrangements qui ne m’avaient même pas effleuré,  je tombais de Mars dans une affaire entendue.  Ce qui m’avait fait écrire à mon bâtonnier de l’époque qui bien entendu ne m’a jamais répondu que les avocats n’avaient rien à faire dans une procédure où il leur était manifestement demandé de servir d’alibi à l’institution judiciaire.

Vous me direz qu'en toute chose, la justice a changé et que les pratiques de tous également. Bien entendu il n'a jamais existé de juge sous influences, d'ailleurs c'est un sujet en règle générale qu'il convient de rejeter avec véhémence, de façon autoritaire et pourquoi pas injurieuse comme cela se faisait en Perse, et c'était une autre époque, avant Montesquieu, qui avait l'esprit d'ailleurs particulièrment mal tourné à l'égard des institutions perses.

Je vous joins un dessin très drôle.