Par gilles.huvelin le 15/09/17

On ne dira pas merci à Jean-Louis Bessis sans lequel rien ne serait sorti des  dérives financières de l'entre-soi ordinal ... On est a peine autorisé à le penser. En fait, c'est totalement hérétique.
D'autant que rien ne changera au Barreau de Paris.
D'abord parce qu'il faudra à l'Ordre établi  cautionner ce qui s'est fait avant. Il ne peut pas y avoir de rupture de la part de ceux qui sortent du même sérail et des mêmes organisations. Et si une révolution copernicienne arrive ce ne peut-être que par le respect strict de la seule mission légale fixée dans la loi et les décrets au Bâtonnier et au Conseil de l'Ordre.  Ce qui est impossible car l'institution ordinale appartient à 3 à 4000 confrères qui gravitent dans et autour des "grands Cabinets" qui vivent aussi du rayonnement international du Barreau de Paris et l'alibi intellectuel de ses actions humanitaires et philanthropiques qui ne sont pas de la compétence d'un Ordre. Il y a assez d'associations militantes et d'organisations internationales auxquelles les avocats adhérent pour mener ces combats.
Le tour de passe - passe sur le Brexit dessillera tout ceux qui ont cru que le statu quo n'est pas l'objectif de nos élites. Ce n'est pas l'imbrication économique qui justifie mon constat. C'est le fait que beaucoup de colloques, de prébendes, de cocktails, de remises de décoration, sont en jeu pour des Chambres de Commerce et des institutions consulaires mais pas que là. Les Cabinets d'affaires de cent avocats et plus en servant de chevaux de Troie à ce que rien ne change dans le traitement du monde marchand international , y trouveront en plus, une perspective de croissance. "Paris place du droit" est un espace réservé. La procédure du Tribunal de Commerce y est vantée pour sa rapidité et son faible coût, mais les avocats qui l'assument ne sont pas conviés, par exemple.
Tout cela s'inscrit aussi dans la mise en application du traité "CETA" et de la mise en perspective du traité TAFTA  qui libéreront le commerce entre l'Atlantique-nord et l'Union Européenne, début de la constitution d'une plaque économique techtonique auquel seront ralliés les pays de l'ASEAN et d'autres face à la Chine et l'Inde.  Être dans ou en dehors de l'Union Européenne n'a plus beaucoup de sens dans ce contexte, le reste, politique ou culturel, c'est du niveau de l'intendance qui suivra ou pas, appartenant à l'écume des jours.
Dans ce schéma, personne n'a intérêt à ce que le métier bénéficie comme les huissiers, les notaires, et les autres professions libérales d'une organisation pyramidale. L'Etat a tout intérêt à une représentation éclatée de la profession et maintenir une opposition d'exercice professionnel entre Paris et la Province. L'esprit de chapelle est toujours fortement ancré et je ne suis pas sûr de la volonté de la Chancellerie de bousculer cet état d'esprit pour libérer la profession de ses carcans.
Le CNB, qui n'est pas près de remplir ses habits tant que l'on considerera que "l'excellence parisienne" doit se distinguer, et la Conférence des Bâtonniers, accusée d'être avide d'immobilisme, font la part belle au  Barreau de Paris fort de 42% des membres de la profession...mais à quel prix. 30% des confrères dispensés de payer leur cotisation ordinale et 30% de collaborateurs libéraux précaires; avocats  temporaires,  ou jetables après 5 ou 8 ans de Cabinet.  Le rapport de notre confrère Kami Haeri qui est devenu le credo de notre confrère Marie Aimé Peyron, Bâtonnier élu, qui se révèle ce que j'avais dit pendant sa campagne électorale: la défenseure des Cabinets de culture anglo-saxonne, ne dit pas comment les petits Cabinets généralistes pourraient bien survivre dans le maelström annoncé sans se regrouper...ce qui implique des moyens juridiques et matériels qui ne sont pas prévus dans leur vision d'avenir du métier. Ils pourraient en effet constituer une concurrence notamment dans le domaine du contentieux.
Cela concerne 70...75% du Barreau de Paris...Sachant que 50% ne votent plus aux élections  professionnelles et que  25%, soit un sur deux des votants, soutiennent des candidats de rupture.
La prochaine élection du Bâtonnier va se dérouler entre ceux qui veulent rester avocats et ceux qui veulent les transformer en épiciers du droit "présents partout " mais ubérisés . Les tenants du monde digital  deviendraient les mandants de gérants pourvu d'un carnet d'adresses d'oligopoles de réseaux commerciaux avec legaltechs intégrées, construits sur un proletariat dépendant et soumis à la justice prédictive et robotisée. Notre monde passe de celui d'Orwell  (1984) à celui de Fleischer (Soleil Vert). Aux manettes, ils seraient les dirigeants nominaux  de conducteurs peu nombreux mais sauvegardés des tractopelles. Si nous ne refutons pas ce projet il faut réviser notre serment en y supprimant le mot "humanité". 
Aujourd'hui la rupture culturelle et
politique entre les "grands Cabinets" et le reste du Barreau n'a jamais été aussi évidente sauf pour ceux qui bénéficient d'une activité de sous-traitance, appelée aujourd'hui : externalisation. C'est plus smart.
Le reste est du niveau du baratin de bon aloi avec un slogan: "Il faut changer pour que rien de change."...en omettant de dire pour qui ? 
La réalité est qu'il faut refonder la profession et ses instances.  Cela passe par l'éviction de ceux qui nous ont jusqu'ici gouverné pour que rien ne change justement à leur mesure. Cela passe évidemment et nécessairement par la suppression des subventions aux Syndicats professionnels.
Il en va ainsi de ceux qui demandent plus de moyens pour maintenir une formation initiale aberrante qui n'est qu'un fromage pour les uns, une source d'exploitation de stagiaires pour d'autres, et un lieu de recrutement pour syndicats, et plus grave, une perte d'énergie et de temps pour nos futurs confrères.
Pour tous les sujets, et je dis bien tous, vous trouverez ainsi les mêmes effets pour les mêmes causes: la satisfaction d'egos, autant que la recherche ou le maintien de pré carré, entraînent des dépendances budgétaires sans rapport avec la fonction du Bâtonnier et de celle du Conseil de l'Ordre.
Il faut faire du dégagisme,  et disposer d'un Bâtonnier refondateur. J'affirme que si un prochain candidat à la tête de notre Ordre n'est pas élu sur un programme de refonte, notre Barreau n'existera plus culturellement ni comme entité intellectuelle, pour être détenu par une minorité encore plus réduite réunie autour de ses seules convenances, idéologie et postures.
Rencontrez les justiciables, je parle des quidams, et recevez l'image que le Barreau de Paris véhicule de la profession. Ce qui est malsain, c'est que nos élus, de bonne foi, ne se rendent pas tous compte qu'ils reflètent collectivement ce que beaucoup pensaient de la classe politique nationale avant les dernières élections présidentielles. Les petits arrangements et les dépenses hors fonction légale stricto sensu de l'Ordre, c'est terminé. La représentation de ceux qui ont les mains dans le cambouis par des élus qui ne connaissent pas le sujet concrètement au quotidien, il faut arrêter aussi. Notamment en ce qui concerne le RPVA, la dématérialisation également, autant que les réalités des relations avec les magistrats et les juges, le fonctionnement des juridictions. Mais c'est vrai pour là encore tous les sujets, la sécurité informatique notamment et par exemple. Être élu donne une légitimité, pas une compétence ni une pratique. Il faut arrêter de parler pour les autres sous prétexte que l'on est élu comme le font des politiciens qui ne connaissent pas les réalités et prennent des décisions, en plus d'un conformisme bélant ou selon le mode de pensée du jour.
Le Barreau de Paris a beaucoup de talents et de compétences dans tous les domaines. Il faut cesser de s'en rapporter au sort des urnes pour aborder et résoudre les problèmes du quotidien des avocats de façon toujours hors sol.
Commençons par avoir un budget 2018 établi par mission avec une comptabilité analytique pour chaque mission consultable en ligne par les membres du Barreau.
Pour voir...
On pourrait comprendre quelles missions, pourquoi et comment en sachant qui fait quoi et à quel prix. C'est tout de même les membres du Barreau qui paient les 40 000 000 de Budget annuel, non ?

Par gilles.huvelin le 23/11/16

Les avocats sont d’accord sur tous les constats concernant leur métier et sur tous les sujets abordés par les candidats au Bâtonnat ou au Conseil de l’Ordre du Barreau de Paris.

 Ce serait fastidieux d’en faire l’inventaire et ce n’est pas mon propos. C’est devenu insupportable de tous les voir sur les réseaux sociaux faire assaut de bons sentiments et de propos indignés mais convenus sur les mêmes « problématiques ».

Ce qui me navre c’est que les problèmes de fond de la profession ne sont pas abordés par ceux qui mobilisent les réseaux sociaux.

Il faut  trouver du travail aux 10 000 confrères du Barreau de Paris à la peine.

Il faut  mettre en place la lutte contre les abus à l’encontre des collaborateurs libéraux.

Il faut donner à la Commission de la Qualité de Vie au Travail les moyens de son action pour secourir les confrères en difficulté avant même qu'ils le soient.

Sur ces trois points il y a deux solutions immédiates qui découlent directement du mode de fonctionnement du Bâtonnier que nous allons élire les 29 novembre et 1er décembre prochain.

Car le sujet de ce scrutin, ne l’oublions pas, c’est de choisir un Bâtonnier et non pas un catalogue de promesses, ou celui qui a tenu le plus grand nombre de grandes messes sur des sujets sur lesquels tout le monde est d’accord, ou encore celui qui a invité au plus grand nombre de cocktails, voire encore celui qui a fait la campagne la plus tapageuse sur les réseaux sociaux.   

D’ailleurs ces campagnes sont contre-productives : Non seulement elles sont indécentes mais en plus comme elles sont le fait de candidats issus de Cabinet d’anciens bâtonniers où on le devient d'associé en associé, sinon de père en fils, depuis plusieurs générations de bâtonniers et (rarement ou) de structure d’exercice géante, qui n’ont rien à voir avec la pratique quotidienne de leurs confrères, elles démontrent que la perception que ces prétendants ont de la profession est comparable à ce que voit un passager dans un jet privé d’un bidonville à 8000 m d’altitude.

Ils sortent de ce que j’appelle pour faire court, de « la cuisse de Jupiter ».

Le comble c’est qu’ils n’ont aucune idée et qu’ils ont le culot ou la totale inconscience de vous soutenir le contraire.

Il y en a parmi les candidats, un qui appartenant à un Cabinet anglo-saxon et prétend n’avoir aucun conflit  même simplement intellectuel d’intérêts à être Bâtonnier de Paris au moment du Brexit  et de la négociation du traité transatlantique (TAFTA) sur la libre circulation des prestations juridiques, pour défendre Paris Place du Droit !

Force est de constater que 16 000 avocats sont invisibles par notre Ordre. Ils n’ont pas voté jusqu’à maintenant. Seuls dans leur activité, isolés du reste du Barreau où ils n’ont pas de relation ni d’appui, ils ont « le nez dans le guidon » pour subvenir au simple fonctionnement de leur Cabinet.

Pour affronter les trois problèmes listés, il faut un candidat qui ait conçu comment il se comporterait s’il était élu Bâtonnier.

Il faut qu’il ait réfléchi à la façon de mettre fin à ce qu’il faut bien appeler l’exploitation que certains Cabinets font des collaborateurs libéraux qui ne le sont que de nom.

Et traiter cette question de fond qui aborde tous les aspects de la façon dont le Barreau fonctionne, conduit aussi à trouver du travail à nos confrères. Je vais m’en expliquer.

J’ai suivi toute la campagne.

Et je relève que le seul candidat qui propose s’il est élu de respecter une Charte du Bâtonnier, d’une rare exigence, qu’il soumet par le fait à notre approbation lors du prochain scrutin, c’est notre confère Jean-Louis BESSIS. 

C’est logique : il connait la pratique de notre métier comme avocat libéral individuel.

Pour le coup, il est indépendant, et non seulement lui peut l’affirmer sans être contredit, mais en plus il le paraît bel et bien pour reprendre une formule qui s’applique au juge : il ne suffit pas d’être impartial, il faut le paraitre ! Lui l'est.

Ce n’est pas le cas de ses compétiteurs qui sortent soit de la « cuisse de Jupiter » ou sont les émanations d’association professionnelle lorsque ce n’est pas les deux.

Comme il est aussi Professeur des facultés de droit, il a une approche logique de la question posée par la raison même du scrutin : « Quel Bâtonnier vous faut-il ? »

Le reste, ce sont clairement des arguments de campagne et de la com'.

En y répondant comme il le fait (voir son site de sa modeste campagne) il répond à des exigences précises qui correspondent à ce que nous attendons, collaborateurs libéraux compris.

Tolérance zéro, promptitude et certitude de la sanction en matière déontologique pour tous, pour les puissants comme pour les inconnus, invisibles de notre Ordre, à qui sa porte sera toujours ouverte.

Les économies faites sur le renoncement des deux tiers de la rémunération du Bâtonnier et aux actions qui ne relèvent pas de la mission de l’Ordre seront reversées à la solidarité.

Les engagements pris par notre Confrère Jean-Louis Bessis pour les collaborateurs sont en parfait accord avec les objectifs de nos confrères Matthieu BOURDEAUT et Fabien COURVOISIER, animateurs du Syndicat des Avocats Collaborateurs (SCL). 

Normalement, cela devrait convenir autant au M.A.C. qu’à l’U.J.A. , sauf s’ils sont dans une posture politicienne à des fins obscurs, ce que je ne peux pas admettre. Le but commun est normalement la défense des collaborateurs libéraux sur le fondement de la loi, qui doit, à minima, être respectée.

Faites-le ensemble !  Vous avez un candidat qui n’attend que de vous en donner les moyens.Lui a pris l'engagement, sans complaisance, de faire respecter la déontologie: tolérance zéro, certitude et promptitude de la sanction.

Les collaborateurs libéraux verront bien rapidement qui sont les tartuffes.Ceux-là auront des comptes à rendre.

En sa qualité de Professeur des facultés de droit, Jean-Louis BESSIS est le seul qui a une compétence incontestable pour édifier un projet pédagogique pour l’EFB et la formation continue.

Nous percevons bien que le recentrage de l’action du Bâtonnier sur ce qui occupe notre quotidien professionnel et la rigueur de la Charte qui sera le moteur de celle-ci ne peut que générer plus de transparence, de démocratie, et beaucoup d’économies qui se transformeront en plus de budget pour la solidarité.

Trouver du travail aux avocats en mettant en place le partage, c’est une action de solidarité.

Personnellement, je trouve que la réalisation d’une plateforme qui permettrait pour ceux qui ont besoin d’un partenariat ponctuel ou dans la durée de rencontrer ceux qui ont du temps et de l’énergie disponible est une bonne idée. Que cette plateforme soit consultable par les entreprises qui veulent avoir des avocats pour des missions pour contrôler leur conformité dans les domaines juridiques ou une expertise, voire pour recruter, pourquoi pas ?

Bien sûr il faudra une Charte afin que les rémunérations et les modalités de disponibilité, d’exécution soient fixées.  

Le Bâtonnier pourra s’inspirer de la plateforme que la SAS AVOCAP 2.2 fondée par notre confrère Arnaud LIZOP a fait dans ce domaine. Le modèle peut s’adapter pour permettre la recherche ou le partage de locaux et de tous les services possibles.

Elire Jean-Louis BESSIS la veille des discussions des conclusions des Etats Généraux de la Collaboration qui doivent se dérouler en Janvier prochain aura un impact certain sur leur déroulement.

Vous abstenir, et vous êtes 16 000 a le faire jusqu’ici, les 29 novembre et 1er décembre prochain, c’est laisser se perpétuer un Ordre qui ne vous connait pas, ne répond pas à votre demande, qui continuera de tourner sur lui-même, pour lui-même, pour son image, son entre- soi et ses prébendes.

Vous voulez que ça change : tweetez cet article.

Par gilles.huvelin le 26/10/16

Autour d'un café au comptoir de la Brasserie " Les deux Palais" que mes confrères parisiens qui connaissent le Palais de Justice fréquentent entre deux audiences, un juge et moi échangeons sur des anecdotes professionnelles. Par courtoisie je ne reproduis pas celles qui me viennent à l'esprit à propos de ses collègues. En revanche, je trouve édifiant pour notre profession de rapporter ci-dessous celles qui m'ont été racontées concernant nos confrères. Il arrive qu'un avocat se présente à la barre au Tribunal de Commerce en se placant du mauvais côté prenant la place du demandeur alors qu'il est en défense. Plus difficile est le sort de celui qui fait une erreur du même acabit lorsqu'il soutient son dossier en audience de Juge chargé d'instruire l'affaire:

Juge :  "Maître, vous êtes vraiment sûr que vous maintenez, outre les autres demandes, la demande de condamnation à payer un loyer pour le local d'habitation attaché au bail commercial"

Avocat : "M. le Président, j'en fais une question de principe."

Juge : "Alors si c'est une question de principe, le fait que l'occupant sans titre soit votre client  .. et le bailleur votre contradicteur ne sera donc pas un obstacle"

Il existe bien une vieille histoire de production de fausse jurisprudence qui circule dans les vestiaires, commis par un confrère égaré et renégat. L'erreur dans l'interprétation d'une jurisprudence  est tout autre :

Avocat : "M. Le Président, je m'en rapporte à l'arrêt de cassation que j'ai versé aux débats et qu'en tant que juge de pemier instance vous vous devez de respecter" .

Juge : "Mais ce sera fait, Maître, d'autant plus qu'il ne vous a pas échappé que votre thèse est exactement identique à celle des moyens du pourvoi et qu'il s'agit d'un arrêt de rejet .. ."

En fait le confrère n'avait pris en considération que les termes du pourvoi dont les moyens étaient selon l'usage repris sous l'arrêt auquel il avait omis de se rapporter...Travailler dans l'urgence est périlleux, mais souvent notre lot.

Tout le monde se souvient de cette blague à propos des blondes passant du tippex sur les écrans, les avocats, eux en mettent parfois sur leurs conclusions s'apercevant au dernier moment d'une erreur : ...

Juge : "Maître, quelle conclusion je dois tirer du "ne laissez pas ça dans les conclusions, malheureuse, sinon on est mort", distinctement lisible sous un coup insuffisant de typex sur le paragraphe ...?"

Avocat :  "M. le Président, puis-je récupérer mon original que mon assistante vous a remis à tort et vous laisser à la place la copie qui vous était destinée ? "

Quel sang froid...

Relever d'office est parfois une tentation à laquelle un juge peut succomber surtout lorqu'un contradicteur, non assisté, se présente face à un avocat, mais parfois ce n'est pas nécessaire :   ...

L'avocat : "je demande la condamnation à payer de mon contradicteur pour les factures versées aux débats."

Le juge : "M'enfin Monsieur X... vous êtes le client du demandeur et ça vous arrive souvent de laisser traîner aussi longtemps des factures à payer ?"

Le débiteur non assisté :   "..."

L'avocat :    "...."

Le juge : "Mais Maître ça vous arrive souvent de mettre aussi longtemps à recouvrer ?"   

L'avocat, excédé : "M'enfin M. le Président, dites lui directement , à mon contradicteur, que c'est prescrit".

Le Juge : "Ah maître puisque la prescription, que je ne peux pas relever d'office, est mise aux débats par vos soins ..."

On comprend mieux que la procédure orale est un excercice particulier, et que l'art de la parole doit être maîtrisé.

Ces petites histoires nous imposent de considérer que si l'erreur est humaine, certains d'entre nous sont plus humains que d'autres. Mais l'égalité n'existe pas et il faut par conséquent prendre sur soi.

 

Par gilles.huvelin le 11/07/16

 

En 1998 Kodak avait 170'000 employés et vendait 85% du papier photo au monde
En quelques années leur modèle d'affaire a disparu et ils sont tombés en faillite.
Ce qui est arrivé à Kodak va arriver à de nombreuses compagnies dans les 10 prochaines années et la plupart des gens ne le voit pas venir.
Les magnétoscopes ne sont plus produits en 2016 alors qu'ils 'en vendait plus de deux millions par an dans les années 90.En 1998 auriez-vous pensé que 3 ans plus tard vous ne prendriez plus jamais d'images sur du papier film?
 
Les cameras numériques ont été inventées en 1975. Au début elles avaient une résolution de 10'000 pixels, elles ont maintenant plusieurs millions de pixels.
Comme avec toutes les nouvelles technologies, elles furent décevantes pendant longtemps, avant qu'elles deviennent de beaucoup supérieures et chef de file en peu d'années.
Le même phénomène se produira avec l'intelligence artificielle, dans le monde de la santé, les autos électriques et autonomes, l'éducation, l'impression 3D, l'agriculture et le monde du travail. 
 
Bienvenue dans la 4° révolution industrielle.
Dans les 5 à 10 prochaines années, les logiciels vont transformer la plupart des industries traditionnelles.
Uber est tout simplement un outil logiciel, même s'ils ne possèdent aucune voiture, ils sont devenus la plus grosse compagnie de taxi au monde.
Airbnb est présentement la plus grosse chaine hôtelière au monde, même s'ils ne possèdent aucun établissement.
 
À propos de l'intelligence artificielle: les ordinateurs sont meilleurs, de façon exponentielle, pour comprendre le monde.
Cette année, un ordinateur a battu le meilleur joueur de Go au monde, 10 ans plus tôt qu'on s'y attendait.
 
Aux États-unis, de jeunes avocats ne trouvent pas de travail.
Ceci parce que l'ordinateur Watson de IBM peut donner un avis légal en quelques secondes, pour des causes plus ou moins compliquées, le tout avec 90% de justesse en comparaison de 70% pour les humains.
Donc si vous étudiez le droit, laissez tomber à l'instant.
À l'avenir, il y aura 90% moins d'avocats, seulement ceux qui sont spécialisés survivront.
 
L'ordinateur Watson aide déjà à diagnostiquer le cancer avec 4 fois plus de précision que les humains.
Facebook a déjà un logiciel de reconnaissance des visages supérieur aux humains.
En 2030 les ordinateurs seront devenus plus intelligents que les humains.
 
Voitures sans conducteur: en 2018 les gens auront accès aux premières autos sans conducteur.
Vers 2020, toute l'industrie automobile sera bouleversée.
Vous n'aurez plus à posséder une automobile. Vous n'aurez qu'à appeler une voiture avec votre téléphone, celle-ci arrivera où vous êtes et vous conduira à destination. 
Vous n'aurez pas à stationner, vous n'aurez qu'à payer pour la distance parcourue et pourrez être productif pendant le trajet.
Nos enfants n'auront jamais besoin de permis de conduire et n'achèteront plus jamais d'automobile.
Tout ceci va transformer nos villes parce que nous aurons besoin de 90-95% de voitures en moins.
On pourra transformer les stationnements en parcs.
Chaque année dans le monde, 1,2 Million de personnes meurent dans des accidents d'auto.
Actuellement il y a un accident tous le 100'000km. Avec les autos sans conducteur, il y aura un accident tous les 10mkm.
On sauvera ainsi 1m de vies chaque année.
La plupart des fabricants d'automobiles feront faillite.
 
Les compagnies traditionnelles cherchent à évoluer et fabriquent de meilleures voitures. Pendant ce temps, les nouveaux Tesla, Apple, Google ont une approche révolutionnaire et construisent des ordinateurs sur roues.
Nombre d'ingénieurs chez Volkswagen et Audi admettent être complètement terrifiés par Tesla.
 
Les compagnies d'assurance se retrouveront dans un immense pétrin. Sans accidents, les assurances vont devenir 100 fois moins dispendieuses. Leur modèle de commerce d'assurance-automobile va disparaître.
 
L'immobilier va changer. Parce que vous pouvez travailler pendant que vous voyagez, nombreux sont ceux qui vont s'éloigner pour vivre dans un meilleur environnement.
Les autos électriques arriveront en tête d'ici 2020. Les villes deviendront moins bruyantes.
 
L'électricité va devenir incroyablement propre et peu dispendieuse.
Depuis 30 ans, la production solaire se développe de façon exponentielle. On commence seulement a en voir l'impact.
L'an passé, dans le monde, il y a eu plus d'énergie produite de source solaire que de source fossile.
Le prix de l'énergie solaire va devenir si bas que toute les mines de charbon vont cesser d'être exploitées d'ici 2025.
 
L'électricité à bas prix signifie de l'eau abondante et à bas prix.
La désalinisation n'a maintenant besoin que de 2kWh par mètre cube.
Dans la majorité des cas, l'eau n'est pas rare, c'est l'eau potable qui est rare.
Imaginez ce qui serait possible si tous pouvaient avoir de l'eau propre à volonté pour presque rien.
 
Domaine de la santé: on doit annoncer le prix du Tricorder X cette année.
Il y a des compagnies qui produiront un instrument médical appelé Tricorder X qui sera contrôl é par votre téléphone qui prendra un scan de votre rétine, analysera votre respiration et votre sang. Il analysera 54 marqueurs biologiques pouvant identifier presque toutes les maladies.
Ce sera peu dispendieux et ainsi dans quelques années tous sur la planète auront accès presque gratuitement à une médecine de pointe.
 
Imprimantes 3D: en 10 ans, le prix des imprimantes 3D de base est passé de 18'000$ à 400$. En même temps elles sont devenues 100 fois plus rapides.
Tous les grands fabricants de chaussures ont commencé à imprimer des chaussures.
Dans les aéroports, des pièces de rechange sont déjà imprimées en 3D.
La station spatiale a une imprimante qui élimine le besoin d'avoir un grand nombre de pièces de rechange comme avant.
À la fin de l'année, les nouveaux téléphones intelligents auront des possibilités de numériser en 3D. Vous pourrez alors numériser vos pieds et imprimer vos chaussures parfaites à la maison.
En Chine, ils ont déjà imprimé en 3D un édifice de 6 étages complet.
En 2027, 10% de tout ce qui sera produit le sera en 3D.
 
Monde du travail: dans les 20 prochaines années, 70-80% des emplois disparaitront.
Il y aura beaucoup de nouveaux emplois, mais ce n'est pas sûr qu'il y en aura suffisamment en si peu de temps.
 
Agriculture: il y aura un robot agriculteur de 100$ dans l'avenir. Les fermiers du tiers monde pourront alors gérer leurs champs plutôt que d'y travailler à longueur de journée.
La culture hydroponique nécessitera beaucoup moins d'eau.
La viande de veau produite en labo est déjà disponible et deviendra moins dispendieuse que la naturelle dès 2018.
Actuellement 30% de toutes les terres agricoles servent au bétail. Imaginez si nous n'en avions plus besoin.
Plusieurs nouvelles compagnies mettront bientôt des protéines d'insectes sur le marché. Elles sont plus riches que les protéines animales. Elles seront étiquetées source de protéines alternative.
 
Il y a une application appelée moodies qui peut déjà dire dans quelle état d'esprit vous êtes.
D'ici 2020 il y aura des applications qui pourront établir par vos expressions faciales si vous dites la vérité. Imaginez un débat politique où on démontre si on dit la vérité ou non.
 
Durée de vie: actuellement l'espérance de vie augmente de 3 mois par année. Il y a 4 ans, l'espérance de vie était de 79 ans, actuellement elle est de 80 ans.
En 2036 l'espérance augmentera de plus d'un an par année. Aussi nous vivrons probablement bien plus de 100 ans.
 
Education: les téléphones intelligents les moins dispendieux sont déjà à 10$ en Afrique et en Asie.
D'ici 2020, 70% de tous les humains auront leur téléphone intelligent. Ce qui signifie que tout le monde aura le même accès à la même information totale !
 

Bon, ceci étant dit , je retourne boire ma bière devant ma TV pour regarder après  la finale de L'Euro, le Tour de France avant de terminer l 'été avec les Jeux Olympiques ! Après ..? Le championnat de foot  en Ligue 1 avec l' ASNL et le FC METZ m' occupera jusqu 'au printemps 2017.

 Tiens , au fait , il faut que j 'aille racheter 1 pack de bières avant que la technologie m' en empêche... !  Et des pizzas...      

 

 

 
 

Par gilles.huvelin le 04/07/16

D’abord parce qu’elle s’est montrée rétive à incorporer les Conseils Juridiques à leur métier.  Puis à se considérer comme composée d’entreprises, appellation pour des Cabinets jugée par trop mercantile. Ensuite elle nie encore la réalité d’un marché du droit. Mais comment pourrait-il en être autrement alors qu’elle a résisté au-delà du raisonnable contre la possibilité pour les avocats de faire de la publicité et du démarchage… Et qu’aujourd’hui encore il existe des répugnances consternantes de conservatisme contre l’idée même d’avocats en entreprise.

Cet aveuglement constant se double d’un sentiment las que les Ordres ne font pas respecter la déontologie assez rapidement et fermement, et que lorsqu’ils exercent leur mission c’est lieu de copinage, de prébendes et de favoritisme.  Notre Ordre parait se perdre dans des actions internationales de défense de la défense dans le monde tandis que le quotidien des confrères est de plus en plus difficile. L’incompréhension est totale.

En même temps il y a dans le monde deux mouvements généraux. L’un va vers la reconnaissance par les Etats, dans leur Constitution ; poussé par la jurisprudence des plus hautes Cours Suprêmes ; de l’Avocat indépendant, défenseur incontournable des justiciables. L’autre tend à dispenser les avocats d’adhérer à un Ordre, et d’étendre la protection qui leur est due à tous les juristes.

Et notre organisation professionnelle est redondante, dispersée et s’égaye dans des actions toutes à son honneur mais  hors de toute cohérence dans la méthode ou la stratégie, du moins largement en apparence.

Elle est redondante parce que forte de 164 barreaux, elle est chapeautée par la Conférence des Bâtonniers, qu’elle est représentée pour un peu moins de la moitié de la profession par le Barreau de Paris, qui enfourche tous les chevaux de bataille qui se trouvent à moins de 5 000 lieues à la ronde, et un Conseil National des Barreaux perdu dans un habit encore trop grand.

Ajoutons que le Conseil Consultatif des Barreaux Européens s’est arrogé le rôle de représenter les avocats du continent dont certains lui contestent la direction, et l’Union International des Avocats dont l’œuvre de droit comparé, les travaux préparatoires aux grandes réformes législatives et conventions internationales ne lui suffisent pas car on ne compte pas ses efforts également pour la défense des confrères menacés à travers le monde. Un  observatoire a été créé à cet effet avec également le Barreau de Paris.

Toutes les institutions génèrent des administrations, des technostructures et des dogmes. Chacun par la force des choses étend son pouvoir ou son apparence de pouvoir au-delà de ce qu’il ou elle devrait atteindre. Et tout cela donne un paysage confus, une politique de gribouille, un manque d’unité, de direction.

Faute d’un Barreau national, organisé de façon pyramidale, nous disposons d’un amas de superpositions qui s’est écrasé sous son propre poids auquel celui des egos s’ajoute et divise.

D’éminents confrères ont été élus pour représenter les avocats à la tête de leur Ordre, auprès de la CARPA, la CNBF, au sein de syndicats et d’organisations professionnelles diverses, dont ils sont devenus pour certains des permanents.

Ils ont une haute opinion de leur mission, souvent bénévoles, qui ne sont faites que de devoirs.

De sorte qu’ils sont persuadés trop souvent d’une légitimité et d’une autorité qui les portent à des niveaux où une remarque devient un grief ; une suggestion, une attaque personnelle ; une critique, une injure ; et une discussion vous rend l’objet d’un procès en sorcellerie.

On ne touche pas impunément au temple, à la robe devenue toge, et la haute idée que tous doivent, de façon unanime, se faire du rôle que s’est forgé  votre interlocuteur portant au-delà de toute attente l’élévation de nos institutions loin de la perception de la vie quotidienne des avocats dont beaucoup sont modestes, ou à l’opposé, ne doivent rien au métier tel que notre profession le conçoit.

D’où pour les premiers le sentiment d’une rancœur doublée de soupçons qui conduisent à l’expression de malveillances ou de ragots, et pour les seconds l’expression d’un mépris et d’un éloignement de nos institutions, ainsi que de tout ce qui tournent autour.

Tous appellent à plus de pragmatisme, de rigueur et d’humilité.

A titre principal, de façon générale, les confrères souhaitent, au-delà des fonctions statutaires comme par exemple l’établissement du tableau pour les Ordres, qu’ils se contentent, au moins mais pour bien le faire, de veiller à la saine application sans faillir de notre déontologie, de la qualité de la formation des avocats, d’un minimum de solidarité lorsqu’elle est nécessaire, d’assurer les bonnes relations avec les juridictions de leur ressort et une défense sourcilleuse du périmètre du droit.

Ce n’est qu’au prix d’un recentrage sur des priorités acceptées qu’il n’apparaitra plus que les candidats aux fonctions ordinales ne le sont pas que dans l’intérêt de leur carrière, aux yeux de ceux qui estiment que les réunions, les cocktails, les remises de médailles favorisent d’abord l’entre soi et ensuite l’autosatisfaction.

Si nous percevons bien que nos élus font beaucoup, leur communication reste déplorable. La publicité des réunions du Conseil de l’Ordre du Barreau de Paris a disparu depuis le 24 mai. C’est uniquement pour des raisons de changement de prestataire, ce qui est totalement méconnu, et laisse donc à penser que la censure est revenue.

Les Etats Généraux de la Collaboration est une chance pour élever le Barreau de Paris autour du partage et du partenariat intergénérationnel plutôt que de rester dans la conception étriquée de « collaborateur libéral »  qui peut l’être que de nom. Que les "E.G.C." deviennent les Etats Généreux de la Collaboration en faisant du partenariat intergénérationnel  la base du développement des Cabinets !

Je gage que le rendez-vous ne sera pas manqué car souvenons-nous : « La vie est trop courte pour être petite » !

Cela vaut pour les confrères installés comme pour les collaborateurs.

Par gilles.huvelin le 01/07/16

Deux colonnes du Barreau de Paris animées par des MCO multi-rôles débordés de missions diverses ont été convoquées en même temps dans la salle de la bibliothèque de l'Ordre.  J’avais pensé que les MCO devaient s’entourer de confrères pour les aider à préparer leurs travaux. J’ai toujoursconsidéré aussi, sans esprit de lucre, que des délégations devaient pouvoir être confiées à des confrères pas forcément MCO ou AMCO. L’idée ne doit pas être bonne, mais je ne sais pas pourquoi.

Je croyais qu'il s'agissait d'une obligation déontologique d'assister aux réunions de Colonnes. En plus il était prévu d'allouer deux heures de formation continue  aux confrères qui viendraient participer à la séance de psychothérapie collective. Une poignée a fait le déplacement…consternation ?

Il est aisé de constater qu'aucun des grands Cabinets de la place n'a fait le déplacement. Les confrères venus sont des individuels.

Divers sujets sont abordés. Si le périmètre du droit attaqué impunément par les Compagnies d'assurance regroupées en GIE avec impudence est une préoccupation des avocats, le peu de chaleur manifestée à  étudier sérieusement le dossier et même d'en prendre connaissance de la part des élus est déconcertant… mais est-il pour autant l’annonce d’un empressement las à l'enterrer ? Reste à savoir quelle est la part qu’il convient de faire entre la préoccupation de ne pas faire de vagues  et d’un éventuel conflit d'intérêts quelque part, tellement c'est sur le coup, choquant.  Ne désespérons pas cependant de leur bonne volonté. Cependant l’idée de demander au confrère qui a saisi la CRED d’autres pouvoirs donnés à la barre  pour pouvoir justifier qu’une personne morale exerce illégalement notre métier démontre une méconnaissance au moins partiel du fonctionnement des greffes…Il va lui falloir trouver des complaisances…

Je ne doute pas que les assureurs puissent faire du lobbying auprès de leurs conseils habituels. L’indépendance des avocats est bien celle d’un Barreau, pour paraphraser le titre de la célébration du 95ième anniversaire du CNA qui a eu lieu  ce 1er juillet à la Maison de l’Avocat, notamment devant un aéropage de Bâtonniers.

Le RPVA est toujours un sujet d'actualité. Le 1er août la postulation des confrères du Barreau de Paris s'étendra à tous les TGI du ressort de la Cour. Il est annoncé que l'informatique sera prête. Il resterait un arrêté à paraître. Personne n'aborde la réforme de la procédure prud'homale devant les Cours d'appel, or le décret pose des problèmes d'interprétation. Il est fait état de "constitution" et de "postulation" dans le texte. Ce qui voudrait dire que les représentants syndicaux pourraient se présentaient devant toutes les Cours d'appel et que les avocats ne pourraient comparaître que devant la Cour d'appel du ressort de leur Barreau alors qu'ils pouvaient suivre leurs procédures en appel sur tout le territoire.
L'Ordre n'a rien à dire à l’occasion de cette réunion de Colonne et ne trouve rien à redire… Apparemment aucun « prud'homaliste » n'a fait le déplacement pour cette réunion de Colonne.

 

Vient sur le tapis le RPVA et les tribunaux de commerce. Personne ne connaît la question ni les problèmes techniques et procéduraux et les intervenants peuvent énoncer des âneries sans que les MCO ne bougent sauf pour botter en touche en disant que les choses vont évoluer avec le temps.

Un confrère raconte que devant le Tribunal de Commerce de Versailles  (qui a un greffe pilote en matière d'informatisation) les deux avocats ont adressé un fax pour demander un renvoi et scandaleusement la procédure a été radiée.  Évidemment ils auraient pu envoyer un mail ou un pigeon voyageur cela aurait été tout aussi inopérant. La procédure est orale. Cela veut dire qu'on n’écrit pas au tribunal. Il dit que c’est un scandale…Le scandale réside peut-être dans sa méconnaissance de la procédure orale qui est pratiquée, excusez du peu, devant toutes les juridictions de première instance sauf le T.G.I.

Les RPVA ne change pas les règles de procédures. Ce n'est qu'un outil de communication. Il est possible de l'utiliser devant les juridictions orales que dans les cas où le Code de Procédure Civile le permet.

 Cela n'arrête pas la vindicte, on s’attend à voir dresser un bûcher sur place en entendant un réquisitoire fait de bêtises et d’absurdités déversées pêle-mêle contre les avocats commercialistes autant que contre le greffe du Tribunal de Commerce !

La méconnaissance du Code de Procédure Civile n’est pas  déjà acceptable en soi et l’absence de pratique devrait conduire à moins de simplifications et d’outrances.

Mais il est vrai que ni l’AVCO qui est l’association des avocats praticiens des procédures commerciales, ni le greffe du Tribunal de Commerce de Paris ne font de communication, ni de formation pour faire toucher du doigt la réalité.  Reste que les contestataires ne veulent rien d’autre que de contester…

A propos d’incompréhension, je peux faire un parallèle avec l’action internationale de l’Ordre en faveur des avocats menacés, parfois tués… ou embastillés comme nos confrères turcs par exemple.

Souvent des confrères membres également de l’U.I.A ou du CCBE, bénévoles, se chargent des missions d’observation autant que des protestations et du lobbying.

Le problème c’est que ces actions finissent par dominer dans la communication d’une part les autres actions de notre profession et notamment de notre Ordre à propos des problèmes matériels ou déontologiques quotidiens de milliers de confrères à la peine dans leur vie professionnelle, d’autre part trop de com’ tue la com’ et finit par détourner les confrères jusqu’à engendrer un rejet.

Par ailleurs les menées les plus tapageuses aussi légitimes soient-elles peuvent entraîner des réactions rigides jusqu’aux dérapages les plus graves pour affirmer des pouvoirs contre la résistance des confrères opprimés qui luttent pour le respect du droit de défendre dans leur pays.

Il faut rappeler que la fin de la seconde guerre mondiale a trouvé son véritable épilogue le 7 mai 1945 dans une école de Reims, celle de  Corée sous une tente, et celle du Vietnam dans une rizière…Et plus d’un confrère a été sauvé d’un sort peu enviable par une démarche personnelle d’un Président du CCBE, dont beaucoup d’entre nous garde le nom en mémoire, où l’entremise d’un militant charismatique d’Amnesty International.

Ceux qui ont vu le film  « Quai d’Orsay » se souviendront des illustrations de ce commentaire.

Je sais que cela ne fonctionne pas toujours mais les postures sont souvent des impostures.

J’ai eu le tort d’évoquer sur les réseaux sociaux ce que j’avais entendu sur l’incompréhension d'un bon nombre d’avocats à propos de l’ omniprésente de l’action de l’Ordre à l’international et que trop de com’ commencer à devenir contreproductif vis-à-vis des confrères que leur quotidien tient loin de ces préoccupations.

Sur tweeter, une remarque devient immédiatement une attaque personnelle. Une suggestion est considérée comme une insulte. La discussion tourne en quelques échanges en procès en sorcellerie.

Sur ce média, il n’y a place que pour le slogan, l’anathème et la vérité immanente. Le pire étant l’entre soi qui y sévit. 

Par gilles.huvelin le 03/06/16

 (Retour d’enquête sur les poncifs pour les Etats Généraux de la Collaboration)

Sous l’auvent du Bar de la Mairie…

-Ouh, tu sais que le zouave du  pont de l’Alma à Paris, il a de l’eau jusqu’à la poitrine qu’ils disent que la crue passera les 6 mètres…

-Même que j’ai vu un reportage qui montrait une journaliste faire du canoë dans une rue de Nemours…note qu’elle ne risquait pas grand-chose à cet endroit-là, parce que le cameraman a fait un zoom arrière au moment où des piétons passaient avec des cuissardes…ils avaient de l’eau jusqu’aux chevilles…Et l’autre qui pagayait derrière…

-Tu sais que l’on reparle de la collaboration ?...Hé Patron, le jaune là…tu en profiterais pas pour ajouter de l’eau sous prétexte d’inondation par hasard ?

-Ah l’anniversaire du débarquement et de la création par le Général de Gaulle du Conseil National de la Résistance…Oh, Patron, assez pour les glaçons…

-Ah, non, pas ça, je te parle des collaborateurs du Barreau de Paris…. Cela va très mal…

-Et dire qu'en 14-18, un tiers seulement du Barreau de Partis est revenu de la Grande Guerre…C’est triste ce qui s’est passé après…

-Mais, tu mélanges tout, non, je te parle des collaborateurs d’aujourd’hui dans les Cabinets.

-Ah…parce qu’ils ont des collaborateurs dans leur cabinet…

-Tu le fais exprès, ma parole…enfin tu sais bien que mon beau-frère est avocat. La vieille école, un généraliste comme il dit, il sait tout faire…

-Comme mon médecin alors…il soigne la chute des cheveux jusqu’aux corps au pied, et entre les deux il me donne des arrêts de travail, mais pour 23 euros la consultation, il ne faut pas non plus être trop exigeant. Je dis cela parce qu’en Allemagne c’est 40 euros et ils ont moins d’arrêt de travail.

-Non mais ici c’est le stress, nous sommes les plus gros consommateurs européens sinon mondiaux de tranquillisants. En plus il y a des psy à tous les coins de rue, même dans les petits villages entre le druide et le rebouteux.

-D’accord mais ni l’un ni l’autre n’ont soigné qui que ce soit. Si la psychanalyse soignait, il y aura belle lurette qu’il n’y aurait plus de psychanalystes. Pareil pour les psychotropes. Plus tu en prends, plus t’en consommes, plus tu vas voir un psichtt…un psy.

-Et bien justement, c’est ce que dit mon beau-frère, il n’en peut plus, il est au bord du « burn out », il dit tout le temps, parce qu’il fait deux fois 35 heures, qu’il me dit à moi comme cela, avec la tête qu’il a, on a pas envie d’en faire autant.

-Pourquoi il ne se fait aider s’il a tant de travail ?

-Figures-toi qu’il a essayé et c’est de cela que je voulais te parler. Il dit comme cela que les jeunes, ils font six ans d’université, ils ont des Masters à plus savoir quoi en faire, ils ont fait H.E.C. ou Sciences-Po. en même temps ou en décalé, et il dit qu’ils sont comme les ingénieurs : « bons à tout et bons à rien ». Il faut repasser derrière eux et finalement c’est plus de travail. En plus ils font passer leur vie personnelle avant le travail, à 18 h 30, ils quittent leur bureau, ils ne veulent pas travailler le week-end, et en plus ils ont des prétentions….Tu sais qu’ils sont mieux payés que nous ! En plus si c’est une femme, elle fonde une famille et si c’est un homme, il prend un congé parental...Les grossesses sont pathologiques maintenant, il me dit comme cela, après deux semaines, les médecins les arrêtent…Après le troisième enfant, il me dit qu’il a compris Hérode…il m’a pas expliqué, je n’ai pas compris ce qu’il a voulu me dire. En plus les collaborateurs, ils font de la concurrence déloyale parce comme ils n’ont pas de frais et ils cassent les prix….en plus ils ne savent rien faire en sortant de l’Université, qu’il faut tout leur apprendre en fait…A ce moment-là, il a repris un whisky avec ses cachets….Tu vois c’est l’enfer le privé…Ici le Maire qui est un retraité de l’Administration, il ne voit pas les choses comme cela…

-C'est vrai aussi que lorque l'un d'entre-nous a un problème on peut badger pour lui. Là regarde, avec le retard de ce matin, on a laissé nos badges et personne ne s'en plaint.. Et son collaborateur il en dit quoi ?

-Et justement, je l’ai rencontré un jour en lui apportant des papiers de ma sœur…tu sais qu’elle a ouvert un bar près de l’église et c’est lui qui a fait les formalités… Il n’avait pas bonne mine…c’est son deuxième enfant, il ne dort plus. Et comme il travaille jusqu’à 22 heures, et le samedi quand ce n’est pas le dimanche parce qu’il a des audiences le lundi…il est au bord du divorce et de tomber malade.

-Je croyais que ton beau-frère disait que les collaborateurs partaient à 18 h 30, qu’ils prenaient des vacances…

- Oui, d’ailleurs il ne les a pas gardé, Il avait beau les harceler, il n’a pas réussi à les faire travailler comme il voulait… c’est comme celle qui était enceinte, il l’a virée… non celui-là, c’est un bon, il travaille comme lui, qui dit que c’est comme cela qu’il travaillait au même âge.

-Il va l’associer ?

-Ah ben non, il ne va pas lui refiler sa clientèle qu’il a eu tant de mal à garder en plus…Non, il va rejoindre un gros Cabinet…un nom américain…ils sont 250 avocats…Ce qui fait que quand il y a un collaborateur est malade, on peut refiler le travail aux autres…Il m’a décrit les locaux…tu peux garer ta voiture dans le Hall, du marbre partout, un agent de sécurité comme à la Maison Blanche avec une oreillette...des hôtesses d’accueil en deux huit…, de la musique dans l’ascenseur qui arrive directement dans le jardin d’été… les collaborateurs tournent en deux fois douze heures…avec les décalages horaires, ils ne s’arrêtent pas de travailler avec les USA, Dubaï, Hong-Kong …Pas un gramme de poussière, climatisation...places de Parking…Chaussures obligatoirement impeccablement cirées, costumes que tu croyais avoir affaire à un ministre…des ordinateurs partout… Ceci dit, je n’ai pas compris, il m’a dit que le « point mort », c’était le 15 décembre…Enfin lui il va devenir "Collaborateur Sénior" qu'il m'a dit...il avait l'air content...

-Tu vois, il y a une justice…Ils n’ont pas la chance de pouvoir prendre leur apéro en attendant le plat du jour de Ginette, comme nous à la terrasse du Café de la Mairie… Alors, Ginette, Elles arrivent ces paupiettes ? Non parce que si ça continue, comme on est arrivé en retard ce matin on va devoir compenser en partant plus tôt cet après-midi…

Par gilles.huvelin le 24/05/16

Un accident de la route. Ce dimanche en fin d'après - midi.  Il pleut lourdement. La route départementale du Vexin est détrempée. Dans le sens inverse une voiture aborde un virage. Une bosse ou un trou sur la chaussée un peu devers et bombée...La courbe mal négociée au moment de croiser un premier véhicule.  ...je ne sais pas... et le conducteur sort du virage...il donne un coup de volant trop accentué à droite sous les rideaux de pluie que les essuis glace ont du mal à chasser ?... Sa voiture monte sur le bas côté. Le conducteur redresse, son véhicule en roulis, descend du talus,  percute l'arrière d'une seconde voiture au milieu du virage, il redresse et heurte de face la troisième voiture. Le choc est violent. L'enquête de la Gendarmerie constatera ultérieurement que les pneus de la voiture étaient lisses et que le contrôle technique n'avait pas été fait.

 Au volant de cette troisième voiture, une jeune femme qui allait chez une copine terminer ses révisions pour l'oral d'un examen fixé au lendemain matin. Elle a la cheville gauche éclatée avec une fracture ouverte avec perte de subtance, le poignet droit, la cheville droite brisés. Et un traumatisme crânien. Pour l'instant, elle ne ressent que la douleur de son fémur droit fracturé en plusieurs parties. Après elle ne se souvient de rien. Le conducteur de l'autre voiture a quelques contusions sans gravité. Sa passagère, sa fille mineure se plaindra de douleurs abdominales  mais n'a rien non plus en définitive et c'est heureux. On ne sait pas qui a appelé les secours. Ils mettront une heure à arriver. Ce soir là, il y a des accidents partout, les gendarmes et les pompiers sont saturés.Le SMUR arrive  sur place. La victime est désincarcérée par les pompiers. Sous une pluie battante.  Sa voiture est une véritable épave. A regarder sa photographie on ne comprend pas comment la conductrice est encore en vie. Elle sera transportée par hélicoptère dans un hôpital parisien. Elle y arrive au service des urgences  à 20 heures. Elle sera opérée pendant 9 heures entre 22 h et 7h. Lundi matin elle est en salle de réveil pafaitement consciente, percluse  de douleurs que la morphine et un puissant analgésique ne jugulent pas totalement. L'après-midi elle rejoint une chambre individuelle de l'hôpital dans le même immeuble dans laquelle elle restera bloquée sur son matelas anti-escares dans l'attente d'une première consolidation avant d'autres interventions  chirurgicales.  Le chemin vers un retablissement complet sera long. Tous les intervenants, nombreux, ont été d'un parfait professionnalisme et d'une totale humanité. Et ils seront là autour d'elle et d'autres après, encore longtemps. Dans les statistiques on ne nous nous parlent que des morts.

Vous êtes en France.

Comptez les pays dans lesquels vous pouvez avoir une telle prise en charge. J'ai fait le compte. 8 et encore pas sur toute leur étendue pour certains.

Maintenant pensez à elle.

Arrêtons de nous plaindre.

Et maintenant au boulot.

Cela s'adresse à tout le monde. Si vous voulez que ça dure il faut que l'économie soit prospère. Pour cela il faut se sortir les doigts du nez sans se poser la question de savoir où se les mettre...donc la remarque vise aussi tous les politiciens.

Par gilles.huvelin le 14/03/16

n’est pas la meilleure aux Etats-Unis où sur l’échelle de la popularité ils se situent quelque part entre les vendeurs de voitures d’occasion et les politiciens.

La plus illustratives des histoires qui courent sur le compte des confrères d’outre atlantique est celle qu’un avocat de l’Illinois un peu déprimé m’a narré sous la forme de la question suivante : « Savez-vous comment on reconnaît un avocat d’un coyote écrasé sur une autoroute ? …Et bien c’est simple devant le cadavre du coyote, il y a des traces de freinage… »

Comme Byron White le déclarait, « le crime ne paie pas sauf les avocats »... et un justiciable américain anonyme accoudé à son bar préféré que « votre avocat ne vous lâche pas tant que vous n’êtes pas ruiné. »

Ce qui ne veut pas dire que l’image de l’avocat de ce côté-ci de l’Océan est vraiment meilleure, et nous pourrions prendre conscience qu’elle est sur une mauvaise pente.

Les brèves de comptoir à la « Brasseries des deux Palais » à Paris sont édifiantes. Ainsi j’entendis rouler une conversation sur le réchauffement climatique et l’étonnante douceur de la saison, lorsqu’un des consommateurs déclara : « C’est vrai que les temps changent : Je me souviens d’un hiver tellement froid que j’ai même vu un avocat qui avait les mains dans ses poches. » Je me suis étranglé avec mon café.

Un autre matin à propos des attaques de bijouteries et devant son petit blanc, un quidam qui discourait sur le dernier fait divers, relativisait la situation : «  Un avocat avec une mallette peut voler beaucoup plus qu’une bande armée équipé de kalachnikovs. »

Et le barman répondit distraitement « Pas faux » avant que je puisse demander la marque de la mallette.

« Tout le monde sait qu’un avocat est capable de dire n’importe quoi pour gagner un procès, même parfois de dire la vérité » (Patrick Murray) est une affirmation qui pèse lourdement dans la balance des préjugés.

Mais les avocats peuvent aussi se surestimer, ainsi Steven Wright a écrit : « lorsque que l’on casse un miroir, on dit que ça fait sept ans de malheur, mais mon avocat pense qu’il peut réduire la peine à cinq ans. »

Pas mieux...si, peut-être quatre ans

Par gilles.huvelin le 30/10/15

Je  vous engage à lire le journal de Joseph SCIPILLITI. 245 pages accablantes.  Au terme de ce qu'il lui semblait être la fin de sa vie, sujet qu'il aborde avec beaucoup de pudeur, il aurait pu s'immoler en robe devant le Palais de justice pour protester, à la manière des bonzes, contre toutes les hypocrisies et les petites manipulations sordides que nous affrontons quotidiennement. Mais c'eût été un simple fait divers trop personnel. Il a tiré sur son Bâtonnier et s'est donné la mort. Il a tiré sur la profession. Je dois dire que j'ai reconnu dans son témoignage notre exercice professionnel. J'ai reconnu des comportements. Des mécanismes inadmissibles auxquels nous avons tous été confrontés. Vous trouverez le texte de son journal sur le blog de notre confrère Bernard Kuchukian que j'ai "tweeté". Ce texte est accablant pour la profession dans ce qu'elle est devenue, comment elle vit, les rapports entre les avocats, nos rapports avec les autres acteurs non seulement du milieu judiciaire mais plus largement du juridique, les institutions de toute sorte, et le dégoût qu'il l'a envahi de devoir contempler la mascarade de l'Etat  de droit. Vous reconnaîtrez tout ce qu'il a écrit. Il n'a rien laissé passer. Je n'ai pas pu en terminant ma lecture, et tant pis pour les précautions d'usage, ne pas considérer que son journal était à  notre métier ce que "Décombres" de Lucien Rebattet était pour la société française. Terrible.

Plus terrible, un silence sur ce journal que je qualifié de censure confraternelle.
Si ce témoignage avait été écrit par une autre personne, il aurait eu un succès de librairie. Le pire de ce double drame est ce troisième drame qui est à la fois intellectuel, social et professionnel.
Il nous interroge sur la capacité de réformer ce métier qui nie encore l'ubérisation du droit par exemple. Si cette incapacité à voir la vérité en face est à l'image de notre société, ce n'est pas rassurant du tout.