Par gilles.huvelin le 03/05/10

Evidemment avec une décote. Grâce à ses énormes réserves de devises la Chine peut se permettre de devenir un acteur primordial des marchés monétaire et financier. Elle dispose d'autant de bons du trésor américain que le Japon sans avoir le déficit de son budget, ni son endettement.

Soulagés ? Et bien non car la Chine n'a rien décidé de tel.

Bon maintenant, la mauvaise nouvelle : Vous avez reçu votre déclaration d'impôts. Rien d'anormal mais avez lu la lettre circulaire illustrée des chiffres du budget de notre pays ? Pour deux euros de recettes nous avons trois euros et même plus de dépenses. Je vous laisse regarder le total du gouffre pour atténuer le choc.

Bonjour la Grèce...

Par gilles.huvelin le 29/04/10

Les professionnels savaient dès mars 2007 que la crise du marché hypothécaire américain se transformerait en vagues déferlantes successives. Nous avons eu droit en Avril 2007 à de rares articles dans les rares publications financières aux tirages quasi-confidentiels. Aujourd'hui encore les médias généralistes se focalisent sur les dettes publiques et parlent d'effet dominos en annonçant qu'après la Grèce le Portugal et l'Espagne voient leur cotation baisser. Or ce n'est pas parce que la Grèce ne peut plus rembourser ses dettes (comme ce sera difficile pour notre pays en 2012-2015) que le Portugal, l'Espagne, l'Irlande n'arriveront plus à le faire à leur tour. Le sort de la dette du Japon est le double de celui de la France mais il est compensé par autant de bons du trésor américain. C'est simplement la fin d'une époque. L'effet immédiat sera la chute de l'euro; à moins que le dollar dévalue de fait plus vite que lui et à défaut de déclarer le cours forcé des monnaises; avec les conséquences habituelles sur le prix des matières premières importées, la hausse des prix qui s'en suivra, et une capacité à l'exportation améliorée. Cependant les Etats-Unis commencent à peiner pour emprunter sur le marché international. Ils en sont à se préoccuper de réduire les missions de l'Etat fédéral en cherchant des économies à réaliser dans tous les secteurs (ce que nous n'arrivons toujours pas franchement à concrétiser face aux syndicats de fonctionnaires). C'est une faillite générale. Comment se sort-on d'une faillite ? En se déclarant en cessation des paiements et en ne payant pas ses dettes. La conséquence est bien entendu que vous ne trouvez plus de crédit. Pour un Etat cela revient à dire la vérité à la nation qu'il structure : « Vous avez tout voulu, sécurité, justice, assurance médicale, écoles et université, retraite, la prise en charge de l'immigration, les droits de l'homme, la politique européenne agricole, les aides, les subventions, les allocations familiales et j'en passe... C'est terminé, vous allez devoir vous prendre en charge car il n'y a plus d'argent. » C'est déjà ce qui se passe aux Etats-Unis, où les retraités ont déjà perdus leur pension, et qui ne savent pas comment ils vont bien pouvoir trouver les milliards de l'assurance santé prublique récemment votée. La solution sera monétaire et tout aussi globale. Après BRETTON WOODS les monnaies ont perdu leur contre-valeur en or ou en argent. La monnaie est une convention. C'est un jeu d'écritures en quelque sorte. Rembourser une dette publique en cas de faillite générale peut se comparer au paiement fait par la banque à la place d'un joueur au jeu de Monopoly si l'on veut continuer la partie parce qu'il pleut dehors. Pour en arriver là il faut bien évidemment que les participants à la partie de Monopoly soient d'accord pour continuer à jouer. Dans l'économie mondiale c'est un peu la même chose sauf qu'il n'est pas fondamental que tout le monde soit d'accord, mais il faudra aussi rééquilibrer le jeu. C'est donc égalemt l'échec de l'O.M.C. et de la mondialisation du commerce, mais cela tout le monde le savait par avance aussi. Nous aurons donc en perspective la constitution de plaques économiques. Le Japon, l'Inde, les pays de l'Asie du Sud-Est (Australie, New-Zeland etc...), l'E.U. et la Russie d'un côté, les Etats-Unis et les pays de l'Amérique du sud et du Canada de l'autre,... et en troisième lieu la Chine. Ce bouleversement programmé est en marche et donnera un rôle prépondérant au F.M.I. et à la Banque Mondiale. Qui veut des jetons de Monopoly ? En attendant que vont devenir les créances des Banques qui ont prêté aux Etats ? Les économies drastiques en vue, l'augmentation vertigineuse des impôts locaux incontournables vont diminuer très fortement le pouvoir d'achat des contribuables et un ralentissement des activités en sera la conséquence. Personne ne nous dit que la sortie de crise est pour demain.

Par gilles.huvelin le 31/07/09

C'est terminé...

Nous changeons d'histoire et la crise financière n'y est pour rien, la lutte pour l'environnement non plus. C'est de l'habillage, de la lecture à courte vue. La réalité est plus crue : nos sociétés développées n'ont plus les moyens. Et elles découvrent qu'elles ne les ont plus depuis longtemps. Les journalistes, uniquement financiers, commencent à nous expliquer que les britanniques vont voire le déficit budgétaire de leur Etat doubler en cinq ans et que d'ores et déjà ils sont contraints d'abandonner des pans entiers de leur défense nationale, dissuasion, avions de chasse, porte-avions pour tenter de colmater les brèches les plus visibles. La Home Fleet n'est pas mieux lotie que la Royale ce qui n'est pas gênant à court terme dans un contexte de conflits locaux asymétriques coûteux en fantassins. Plus significatif la situation budgétaire d'une douzaine d'Etats des Etats-Unis dont la Californie dont les petits écrans nous parlent parce que son gouverneur a décidé de frapper un grand coup les esprits en libérant 27 000 prisonniers faute d'argent pour garder « ouverts » les pénitenciers. Je sais c'est facile d'être drôle sur ce thème. Tous les autres services publics ont déjà fait l'objet de fermetures temporaires, de réduction d'effectifs y compris les services de santé et scolaires. Pendant ce temps les U.S.A. embauchent des policiers à tour de bras.

Depuis des lustres nous avons demandé à l'Etat d'intervenir dans tous les secteurs bien au-delà de ses missions régaliennes fondatrices. La chute des régimes communistes en ruine ne nous a pas un instant dessillés. La faillite du toujours plus annoncée notamment par Galbraith aux U.S.A. et François de Closets chez nous est arrivée. Nous voilà submergés par une marée de dettes qui s'accumulent chaque jour davantage pour l'Etat mais aussi les collectivités territoriales, les assurances sociales, toujours plus de dettes. Malgré les coupes sombres cela fait 300 euros par seconde pour la Californie. Et il n'y a pas d'autres perspectives que la hausse des impôts, le retour de l'inflation, et si l'Etat arrive à maintenir les services publics pour assurer la police, la justice et la défense se sera bien beau.

Nous n'avons pas voulu la rigueur, la discipline, le travail, la responsabilité, la certitude et la promptitude de la répression de la délinquance. Il nous fallait du laxisme, moins de travail, rejeter la discipline, ne pas être responsable, avoir des excuses pour tout et pour tous, et pas de prison, des emplois fictifs, des adminisrations pour n'importe quoi et des textes, des normes, des réglements. Mais bien entendu nous avons exigé de la prévention, la santé, la sécurité et nous avons refusé toutes les réformes de l'éducation, exiger que nos enfants passent tous en 6ième et qu'ils reçoivent tous le bac. Nous avons refusé toute réforme de structure et nous avons préféré succomber à toutes les modes intellectuelles.

Voilà l'addition vient de tomber.

Nous allons devoir nous prendre intégralement en charge. 82 000 peines de prison non exécutées ? Ce n'est rien à côté de ce qui se prépare. Des prisons vétustes ? Même des camps seront trop beaux. Et ceux qui seront dedans au moins seront logis et nourris. Nous avons vu "1984", nous verrons "Soleil Vert."