Par gilles.huvelin le 18/09/15

Sous le vocable d'uberisation nous appréhendons une somme d'activités qui n'entre pas dans les statistiques ni dans la part imposable des ressources, ni l'assiette des cotisations sociales. Les médias en parle et en font une forme de promotion de revenus complémentaires au moment où les retraites diminuent pour une génération qui a connu le chômage mais aussi comme une complément de salaire, voir un substitut.
Il est parlé d'abord d'économies possibles avec le covoiturage, des échanges de services. Puis lesdits échanges donnent droit à la réception de bons d'échange de services sous des formes et des appellations qui ne cachent pas qu'il s'agit d'émission de monnaie, de travail au noir, et en fraude de t.v.a. complètement tolérée par les pouvoirs publics; mais il est possible selon des modalités difficiles à mettre en oeuvre que cela change,car c'est là que le bât blesse. Vendre un repas réalisé chez soi, louer sa voiture, son appartement ou une chambre, même en passant par une plateforme informatique, c'est une activité économique qui fait concurrence aux professionnels qui ont pignon sur rue. A tout le moins il peut s'agir de travail dissimulé. Ils n'ont pas tort de prétendre qu'il ya là une concurrence déloyale. Sauf que les clients des plateformes ne viendraient pas chez eux si elles n'existaient pas, faute d'un pouvoir d'achat suffisant. Est-ce si vrai ? Ne s'agit pas plutôt l'émergence d'une autre forme de rapports sociaux et économiques ?  Sans doute les deux. Et ce qui prive de parts de marché les professionnels patentés prive l'Etat et les collectivités locales de taxes; 14 milliards, dit-on, rien que de t.v.a., pour l'Etat. Le droit a son mot normalement à dire. Cette forme d'économie à la marge est sans doute également une soupape de sécurité sociale. Cela ressemble bien à  une réponse spontanée à  ce que Franz - Olivier Girsbert appelle la "soviétisation" de notre économie qui supporte 57% du PIB en dépenses publique. Je recommande la lecture de son éditorial paru dans le numéro du point de ce jeudi qui appelle dans sa conclusion à une réforme de notre société à la façon de SCHRODER, ancien Chancelier d'Allemagne qui conduirait à un allègement sinon à  la suppression du Code du travail. Concrètement le monde dans lequel nous vivons aura disparu dans 20 ans. Celui que nous a promis les auteurs de sciences fiction le remplacera. L'Humanité et l'humanité comme les humanités avec lesquelles nous avons grandi auront été remplacées par une organisation sociale dont les ressorts sont déjà en action dont les fondements culturels sont annoncés par la réforme des collèges. Nous devons appréhender notre époque actuelle comme la fin d'une forme de civilisation qui nous procure un luxe inimaginable bien différent de celle  en cours d'élaboration. Elle ne sera pas pire ou meilleure mais complètement construite sur des bases culturelles et des organisations de la société en mutation permanente loin des fondements de notre quotidien. Il faut s'y faire car les mécanismes irrésistibles sont à l'oeuvre et les enjeux à venir considérables. Demain, le cerveau sera collectif (ce qui est déjà réalisé en laboratoire avec des macaques et des rats dont électroniquement les cortex ont été reliés)  et à bien y regarder, c'est déjà un début avec internet. Il est vraisemblable que le pouvoir sera tout autant plus collectif  à moins que l'on se borne dans le deux cas à nous le faire croire. Internet ressemble pour l'heure à un début de système nerveux dont notre société s'est peu à peu pourvu. Former des réseaux neuronaux, permettra autant de résoudre des problèmes mondiaux que de permettre un contrôle accru du meilleur des mondes dont le devenir se dessine sous nos yeux. Les défenseurs des droits auront du pain sur beaucoup de planches.
" C'est épatant".

Par gilles.huvelin le 07/08/14

Tout se tient. Si un pays n’a pas de bons résultats économiques,  il n’a pas de bons résultats sociaux possibles.  Les keynésiens pensaient le contraire : il fallait augmenter les salaires pour augmenter la demande intérieure qui permettaient aux entreprises de se développer et d’embaucher. Ce qui avait pour corolaire d’accroitre l’inflation, ce qui était un atout pour le remboursement des crédits tant des particuliers que de l’Etat.  Sauf qu’un taux élevé d’inflation peut parfaitement coïncider avec un taux de chômage record, notamment en période de ralentissement de l'activité économique. Trouver un équilibre entre inflation, croissance et chômage n’est pas forcément possible en jouant uniquement sur les taux appliqués par les banques centrales. Depuis le premier choc pétrolier, le chômage s’aggrave durablement. En effet, il n’y a plus de concordance entre le nombre d’emplois disponibles et le nombre de chômeurs.  Lancer une politique d’investissement ne répond pas par conséquent au problème posé, et l’inflation  par l’augmentation des salaires ne fait pas fondre le chômage. Que s’est-il donc passé depuis 1974 ? Le marché du travail ne trouve plus de réponse dans la qualification des chômeurs, et l’outil de production a moins recours au travail salarié. Les chômeurs restent inadaptés au marché du travail et c’est un défaut structurel permanent qui se développe d’autant plus que les nouvelles technologies trouvent à s’appliquer dans la production, la création, la recherche et la gestion. La question de savoir comment rendre le marché de l’emploi  dans ce contexte de progrès technologiques constants plus efficient n’est pas résolu, tandis que le tissu industriel est délocalisé. Une idée avait prévalue. Elle consistait à fournir une allocation chômage  autofinancée par des cotisations calculées sans proportionnalité permettant aux salariés sans emplois de faire face à leurs dépenses quotidiennes tout en leur permettant de se mettre à niveau du marché.  C’était utopique : Cette assurance ne peut être autofinancée et l’employabilité par la formation professionnelle est souvent inaccessible. Du moins en France. Tout cela résulte en grande partie de la négation des faits économiques .Dépenser davantage pour créer de l’emploi  est une absurdité pratiquée qui provoque un endettement sans fin dans lequel nous continuons de nous enfoncer. Il est constant qu’à partir d’un certain taux de de dépense publique par rapport au P.I.B. , l’action publique devient contre-productive pour l’emploi. La croissance est plombée.  Grossièrement, le taux de dépense publique doit se situer au minimum dans la fourchette de 20 à 25 % et ne jamais dépasser entre 35 à 40 % du P.I.B. selon les pays, le type d’économie, la taille de la nation, le type de dépense. Cependant il y a une constante universelle : plus un Etat prélève d'impôts et plus il crée de lois, plus il est  obligé d’embaucher des gens pour les écrire (personnels des ministères parlementaires et attachés …), les faire appliquer (Ecoles, postes de juristes, autorités administratives indépendantes, tribunaux, syndicats)  qui sont des postes non marchands et non productifs, et plus les lois complexifient le système y compris productif. Le système juridique finit par devenir si lourd qu’il paralyse l’économie et le marché du travail. La législation finit par paralyser l’Etat et ses collectivités territoriales.  Et pour gérer cette complexité l’Etat change les règles en permanence.  Afin de justifier les emplois stériles ainsi créés ceux-ci  incitent  en permanence à l’accroissement des règles pour gérer cette complexité, qui n’est plus maîtrisée, et pour justifier de nouveaux postes. Nous voyons bien comment  trop d’impôt tue l’économie et comme trop d’impôt levé pour développer les services de l’Etat génère trop de réglementation qui alourdit en même temps le secteur non marchand du droit, le tout plombant les entreprises, le marché du travail, la puissance publique elle-même. Dans certains pays développés les juristes et surtout les avocats sont détestés et le droit est considéré comme le responsable de tous les maux. La question est  posée : le droit pour quoi faire ?  Comment rétablir les fondamentaux d'un équilibre économique sans s'attaquer à ce qui bloque le système et remettre en cause ceux qui font la législation, ceux qui l'appliquent et ceux qui en contrôlent l'application? Autant de parasites pourrait dire Montebourg, qui ne regarde cependant que vers les professions réglementées. Alléger l'Etat c'est diminuer la charge de l'Etat, c'est couper les vivres à ceux qui légifèrent; simplifier le droit, et à la suite alléger les contraintes qui pèsent sur les entreprises, et libérer le marché du travail, c'est le combat à la tête duquel les avocats doivent se trouver pour ce XXI ième siècle.