Par gilles.huvelin le 05/02/15

Les entrepreneurs les plus optimistes sont contraints de faire avec des risques potentiels, et prévoir ce n’est pas seulement gouverner, mais aussi gérer, mais aussi trouver les réponses immédiates qu'il faut donc préparer. Encore faut-il en avoir les moyens.

Dans notre pays le premier risque cité par les chefs d’entreprise est…le burn –out, et tous les risques psychosociaux  qui peuvent frapper les dirigeants, les cadres, les employés. Seules les grandes structures  sont capables de fournir des services à la personne, conciergerie et autres moyens de cocooning, séances de relaxation, massages au bureau; Mais  toutes doivent savoir qu'elles sont responsables de leurs employés  à tous les niveaux, et prévoir de suppléer à leur mal être et leur absence.

En deuxième position, le risque de catastrophe naturelle est complétement anxiogène pour les responsables des entreprises, puis en trois, et cela concerne directement notre activité professionnelle : la « compliance » autrement dit en français : les contraintes réglementaires, c’est moins sexy, mais cela peut virer au cauchemar pour les entreprises et pas seulement pour celles qui exportent du fait de leur activité à l’étranger. Les contraintes aberrantes, multiformes, sociales, administratives, fiscales et les innombrables normes hexagonales sont suffisantes pour détourner n’importe quelle volonté de créer une entreprise.

Et puis il y a la corruption. La France, notre beau pays est devenu… le 27ième pays le plus corrompu sur 175 pays…nous avons perdu 4 place ( personnellement je croyais que c'était bien pire)  dans le classement annuel de l’ONG TRANSPARENCY INTERNATIONAL sur la perception de la corruption (faite auprès de 500 responsables des achats ndlr du journal LES ECHOS).

En cinquième position : EBOLA et les grandes pandémie qui permet à la Direction Générale du Travail ( dont j’ai déjà dit tout le bien que j’en pensais sur ce blog à propos de la grippe H1/NI1– taper DGT sur le moteur de recherche du blog)  de lâcher des circulaires de circonstance , relevant de la fameuse technique de l’ouverture du parapluie,aussi  inapplicables par les entreprises que les autres diverses réglementations n’ont pas encore réussi à les empêcher de fonctionner.

En 6ième position : la fraude. Comptable indélicat ?  Non concurrence déloyale, contrefaçon de toutes les sortes : marques, brevets, dessins et modèles.

Et en 7ième : Les ennuis en chaîne. Comme Jacques CHIRAC le disait : «  les emmerdements volent en escadrille ». Ce qui se dit de façon docte ainsi : il s’agit de faire face aux imbrications des risques. Exemple : une inondation entraîne une perte d’exploitation, la destruction de matériels, des réseaux d’alimentation d’énergie, de communication, les chaînes d’approvisionnement, de distribution…

Bien entendu le risque politique, 8ième risque, qui peut entrainer une modification des règles fiscales, sociales, la paralysie du marché du travail donc le chômage et la perte de pouvoir d’achat ainsi que  la  récession en France ( la GGT propose le passage aux 32h...), la chute du  cours des monnaies ou l’inverse en Suisse, une guerre civile dans un pays dans lequel l’entreprise exporte..

En 9, les entreprises  (celles qui produisent des produits  alors qu’une bonne gestion implique des stocks minimums avec une fabrication en flux tendu) craignent la rupture de la chaîne logistique.

En dernier lieu et en 10ième position, les règles financières prudentielles. Elles sont pour les Banques comme pour les compagnies d’assurances un frein aux prêts et à la couverture de certains risques, impliquant un alourdissement des procédures pour identifier les expositions des instituts financiers, quel que soit leur activité.

A cela, et par-dessus tout, la moindre activité économique redoute le cauchemar de la cyberattaque.  « La sécurité de l’information est un devoir de l’entreprise ».

Pour en savoir plus lire le Journal les Echos de ce 5 février 2015 qui fournit un dossier complet.

Par gilles.huvelin le 28/08/14

Interrogé  par un journaliste qui découvre en même temps que nos hommes politiques que les entreprises n’en peuvent plus des contraintes multiples et variées de toutes les sortes, qui pèsent sur elles, un dirigeant d’une PME de l’industrie du bois dans le Jura explique que dans ce secteur d’activité, arrivées à 9 ou 20 salariés maximum les entreprises refusent de croître. D’où la question du journaliste : « Ben, pourquoi ? » La réponse évidente (pour un membre de la société civile mais inaccessible à quelqu’un issu de l’autre et souvent énarque), de la part de l’entrepreneur : « Si nous nous développons nous devons engager un directeur financier, un directeur juridique, un directeur des ressources humaines, c’est absurde : Nous sommes des forestiers et des meneurs d’hommes. »  Sous-entendu : nous n’avons pas envie de nous coltiner tous les jours  de faux problèmes qui sont faits uniquement pour nous empêcher de travailler. Autre cause de l’absence d’embauche : le millefeuille social. Au-delà de 10 employés vous avez à charge financière des délégués du personnel, au-delà de 20 de nouvelles contraintes, au-delà de 50 un comité d’entreprise, mais pour autant les délégués du personnel demeurent, plus un CHSCT alors que le C.E. suffirait et  en plus des délégués Syndicaux, des suppléants, et éventuellement des élus au CPH local en plus, un contentieux électoral, des procédures obligatoires de concertation, d’information, des expertises-comptables demandés par les C.E. d’établissement, centraux, européens, des risques pénaux multiples de délit d’entrave, j’en passe et sans doute des meilleures, comme les interminables discussions dans les branches avec 75 délégués syndicaux payés avant, pendant, après les réunions qui se bornent à tourner en rond sur la fixation d’un calendrier de négociation … Bien entendu, en parallèle les obligations en droit des sociétés s’accumulent aussi. Rien que du bonheur. La seule perspective annoncée : déplacer les effets de seuils, ce qui prouve que la révolution économique n’est pas pour demain. Quant aux 35 heures, comme il s’agit d’un mausolée dédié à la bêtise, il n’est pas question d’y toucher ainsi que nous l’avons entendu encore ce matin. Et cela implique que pour travailler quatre  heures de plus par semaine  à la place d’un salarié qui ne fait plus 39 heures depuis la réforme AUBRY, l’entrepreneur d’une PME de plus de 20 personnes va devoir trouver une personne non pas pour la faire seulement travailler quatre heures le vendredi après-midi ou une heure les quatre premiers jours de la semaine le soir ou le matin, ce qui est concrètement impossible à trouver même avec des C.V. anonymes (le contrat de travail n’étant plus intuitu personae), mais obligatoirement 24heures par mois minimum, grâce à une géniale récente réforme. En considération de la fiscalisation des heures supplémentaires et du surcoût pour l’entreprise, celle-ci préférera stagner, de toutes les façons si vous embauchez à l’heure actuelle, vous ne pourrez pas débaucher.Bien sûr nous pouvons nous attarder sur la formation professionnelle, l'apprentissage qui a été démoli pendant des années comme étant " l'école du patronat", l'industrie décrite comme le lieu du "travail nuissible" avec le résultat obtenu que nous connaissons. 

Le chômage s’accroit.

« Ben qu’est-ce qui se passe ? »

Par gilles.huvelin le 08/08/14

Les courbes des économistes sont aux entreprises ce que les théories des psychologues sont au fonctionnement des neurones. Les mathématiciens ne sont pas des entrepreneurs  comme les psychiatres ne sont pas des neurologues. Plus précisément, les analyses mathématiques globales ne permettent pas décrire une structure économique pérenne valide, et si les équilibres instables de l’économie sont analysables à posteriori, c’est comme décrire les causes de la mort d’un patient après une autopsie. Concrètement une économie c’est comme un navire, il faut quelqu’un à la barre.

Le reste permet de créer des postes universitaires, des articles de presse, et des symposiums. Je ne dis pas que c’est inutile, je prétends que la direction d’une économie composée de 99 % de TPE et de PME dans un monde ouvert nécessite une bonne fois pour toute d'avoir une loi fiscale claire, un droit social simple et libéralisant le marché du travail, de règles juridiques pour les entreprises comme pour les particuliers que ne soient pas affaires de spécialistes, et de budgets en équilibre.

Comme tout le monde est d’accord, une fois les caméras et les micros coupés, sur ces buts, il est évident que cela ne peut pas se faire dans la lumière. Comme beaucoup de sujets d’ailleurs qui ne supportent pas les éclats.

A défaut, il faudra proposer par voie de référendum l'approbation d'un bloc de réformes inclus dans une Ordonnance. Ce va-tout n'est convebable politiquement qu'une fois attient le seuil de l'écrassement de l'économie de notre pays.

Par gilles.huvelin le 04/07/14

A lire.

Ci-joint.

Le moins que l'ont puisse dire c'est bien que les rédacteurs ne se sont pas foulé le poignet et que la sclérose du marché du travail  a encore de beaux jours devant elle.

Ce n'est pas un modèle de courage politique pour ne pas dire plus. A part le titre, force est de constater que tout cela manque cruellement d'intérêt.

Par gilles.huvelin le 20/06/13

Vous savez que tout devient simple. La méthodologie, les outils et la bonne pratique des directions juridiques sont confrontés au quotidien à des obligations nouvelles mouvantes et la complexification confinant à l'absurde des règles inconnues pourtant applicables. N'importe quel salarié de chez Orange ou de la Poste se serait déjà suicidé. Ajouter une dose de gouvernance de la prévention des risques si le juriste d'entreprise qui est devant vous hésite. S'il résiste à ce crash test, il pourra lire l'édifiant ouvrage publié chez Larcier ( 286 pages seulement) sous la direction de Charlotte Karila Vaillant, prix recommandé 50 euros, ISBN -2-8044-5170-0. La vingtaine de contributeurs a planché sur quatre sujets : Se positionner au niveau stratégique, organiser la fonction juridique, réussir le marketing de sa fonction juridique, manager la fonction juridique.

Comment faire travailler les autres en valorisant son image en exerçant l'apparence de la fonction pour mieux se vendre. Ou comment éviter le suicide.

Par gilles.huvelin le 21/06/12

De gros revenus sont sources de lourdes impositions au profit de l'Etat et donc de nous tous. IRPP bien sûr, TVA également, CSG, impôts sur les produits de l'épargne, I.S.F.

Un dirigeant bien payé rapporte plus au Trésor public que l'imposition de la même somme restant dans les comptes de la société.

Mais ce n'est pas politiquement correct de voir pour une rémunération pharaonique lorsque l'on n'est pas un gladiateur du stade qu'il sera difficile de taxer les revenus à 75% au-delà d'un million d'euros...car beaucoup sont déjà résidents dans un paradis fiscal...sauf à dénoncer les conventions internationales ou instaurer un impôt mondial comme les américains à qui il n'est prélevé que 30 % de leurs revenus au titre de l'IRPP.

Du pain et des jeux. Après Rolland Garros, le championnat européen de foot, le Tour de France, nous aurons les Jeux Olympiques et la loi de finances rectificative, la rentrée et les réalités de la dette abyssale des finances publiques comme des déficits chroniques du Budget de l'Etat comme celui de notre système de santé.

Nous sommes dans la droite ligne de l'exemple même donné par la chute de l'empire romain :

Les patriciens et les politiciens amusent la plèbe pour les contenir. Mais les promesses et l'assistanat par la distribution de pains et des divertissements coûtent beaucoup trop cher d'autant plus que les frontières de l'empire sont devenues des passoires. Tout le monde veut venir à Rome et tous deviennent citoyens romains. L'élite de la société qui constituait les forces armées (elle payait son équipement) n'est plus assez nombreuse alors que la guerre est partout aux marches de l'empire. L'armée passe à la charge de la république romaine et des provinces qui deviennent de plus en plus autonomes. Elle n'est plus composée de citoyens de Rome. Le peuple demande que les richesses soient distribuées, les riches sont dénoncés, leurs biens sont confisqués. Fin de partie.

En France du XXI siècle le dirigeant de la société VINCI est poursuivi pour abus de biens sociaux pour être rémunéré à un niveau qui ferait encore rire les chefs d'entreprise anglo-saxons, russes ou chinois.

Le tribunal correctionnel relaxe pour la simple raison que ce dirigeant méritant, ce que personne ne conteste, a travaillé beaucoup pour obtenir d'excellents résultats et que sa rémunération n'est rien par rapport aux performances financières de l'entreprise.

Le Parquet fait appel en modifiant devant la Cour le fondement des poursuites. Il est maintenant prévenu d'abus de pouvoir. Le hic est que le dirigeant n'a pas le pouvoir de fixer sa rémunération. Cela est de la seule compétence du conseil d'administration. Il faut donc tordre le coup à la définition de pouvoir pour en avoir une acception la plus large pour donner une consistance aux poursuites. C'est donc l'influence et l'abus de pouvoir qui est en jeu. Plus concrètement il lui est reproché d'avoir renouvelé le comité des rémunérations qui ne partageait pas son point de vue sur ce que doit être la rémunération d'un chef d'entreprise aussi importante avec de tels résultats. Il est également constaté que le Conseil d'Administration n'a pas disposé de tous les éléments d'information lui permettant d'appréhender l'importance de la rémunération et avantages accordés et que par conséquent sa décision a été prise sans que les administrateurs soient assurés d'avoir pu comprendre concrètement l'ampleur de la rémunération.

Le chef d'entreprise est condamné. La Cour de Cassation a confirmé.

La décision est politiquement correcte. Elle est conforme à l'exigence de transparence, et du respect du principe de conformité aux dispositions mis en place pour moraliser les revenus.

Et la morale sera sauve : En définitive ce n'est pas la rémunération qui est en cause, mais le fait de ne pas l'avoir obtenue avec l'approbation d'un comité des rémunérations opposé et de ne pas avoir veillé à ce que le conseil d'administration puisse être considéré de l'extérieur comme ayant pu statuer après avoir été informé clairement et totalement.

Demain nous disposerons enfin du même niveau de qualité de chefs d'entreprise ( sous réserve que les siéges sociaux restent ici) que celle dont nous disposons depuis des décennies pour la classe politique, et nos entreprises fonctionneront aussi bien que notre justice.

Le paradis.

Par gilles.huvelin le 20/04/12

Ce colloque mérite attention: Objet : « Emprisonnement et éloignement de étrangers».

Le sujet est d'actualité alors que nous apprenons aujourd'hui qu'un algérien sans papier doit être expulsé du territoire alors qu'il est le responsable d'une entreprise qui fait plus de 500 000 euros de C.A. et employant plus de dix personnes nous disent les médias ce matin. Entreprise exemplaire qui embauche des jeunes de la banlieue sensible après les avoir formés. On se moque du monde sans vergogne et ça marche. J'adore : la question n'est pas de savoir comment il a pu entrer sur le territoire, ni même s'y maintenir ce qui implique de trouver du travail sans avoir de papier, de se loger, de s'abonner à EDF, ou avoir un téléphone. Arrêtez avec tout ces propos racistes. Je ne parle pas de l'accès aux soins, à l'école pour ses éventuels enfants....tout cela est normal et correspond à l'application des grands principes et des conventions internationales humanistes. Comment a-t-il pu s'inscrire au R.C.S. et faire fonctionner une entreprise sans que les impôts, l'urssaf etc ne se posent aucune question ? Heuresuement c'est possible ce qui tant à démontrer que toute la paperasse que nos administrations nous font remplir ne sert à rien. D'ailleurs la question dans les médias n'est pas celle-là mais uniquement comment peut-on songer à expulser cet entrepreneur qui réussit si bien ? En effet c'est injuste. C'est la preuve que l'immigration vient directement au soutien de notre économie. Personnellement je trouve tout cela épatant ! L'incurie de l'Etat de a à z serait-il le terreau des droits de l'homme ?

Par gilles.huvelin le 07/03/12

A nouveau force est de constater que l'extension de la confidentialité des avis juridiques au profit des juristes d'entreprise malgré le dépôt du rapport Prada sur le renforcement de la compétitivité juridique de notre pays se heurte à des réticentes. L'AFJE semble considérer que cela résulterait du lobbying des forces les plus conservatrices du barreau. Comment peut-on dire cela alors que notre profession n'a aucune préoccupation de défense corporatiste et a démontré la permanence de sa modernité militante dans tous les domaines. ...

J'entends de mieux en mieux.

J'entends même le silence.