Par gilles.huvelin le 20/08/16

que nous ayons un système politique approprié aux circonstances politiques que nous traversons. Jusqu 'ici et les deux siècles passés nous le démontrent, la France a adapté sa loi fondamentale aux contraintes du moment. Aujourd'hui,  nous sommes le seul pays d'Europe dans lequel le chef de l'Etat qui incarne la nation, est le responsable du management du pays. Une dizaine d' Etats ont des monarques constitutionnels tenus à la neutralité politique et les autres ont un chef de l'Etat qui ne gouvernent pas. Nous souffrons d'un pouvoir bicéphale qui est fondé sur la nécessité de recueillir une majorité absolue des électeurs pour désigner le Président de la République. Cette désignation est fondée sur l'affrontement idéologique, dogmatique, sur fond de symboles réducteurs, par définition. Les contre-pouvoirs, l'inertie d'administrations et l'opposition systèmatique ont raison de tout pouvoir présidentiel ou sémi-présidentiel et entache l'incarnation de l'unité nationale. Cette situation fait du citoyen un  schizophrène qui est forcément respectueux  de la fonction et peut destester l'homme politique. D'où  ĺes tentatives de désacraliser en permanence l'incarnation de la nation en la dénonçant comme une "monarchie républicaine". En plus le chef de l'Etat ne doit donc pas être l'incarnation de la nation en France, car la nation renvoi à un schéma fondateur bien connu: un peuple, une terre, un roi. Ce qui est le creuset de l'histoire du peuple homogène culturellement, d'une langue commune, qui fondent  une nation. Or la nation est une honte  morale pour les chantres de la globalisation économique autant que pour ceux qui annoncent toujours  le bonheur du genre humain international. Pour ces derniers  l'idée même de nation est le cheval de Troie de la xénophobie, du racisme et n'est que le paravant d'une tentation nazie. On reconnaît ici,  la dialectique marxiste dont le procès ne sert à rien tant il est constant qu'il faut toujours et encore avoir tort avec ceux qui en use comme Sartre l'a fait, plutôt que d'avoir raison avec lucidité et pragmatisme comme Aron. Pour les autres,  l'abolition des frontières est la porte ouverte à un plus vaste marché qui n'a pas à tenir compte du désir de chacun de se sentir bien dans son pays  plongeant ses racines dans son histoire, l'évolution de ses institutions, de sa culture humaniste, de sa  democratie avec un peuple unis autour de principes fédérateurs. C'est le débat sur l'identité nationale qui a été escamoté pour se réduire à l'association de deux condamnations à son encontre et injustes, à la fois de racisme et de repli sur soi. La nation est forcement raciste parce que des minorités qui ne s'intègrent pas, exigent, au nom d'une interprétation passée à  la moulinette du matérialisme historique  marxiste des droits de l'homme,  l'acceptation de leur communautarisme politique, à laquelle la nation doit culturellement  s'assimiler sauf à être qualifiée de fasciste. La nation se replit sur elle parce qu'elle conserve sa littérature et ses arts, le socle culturel de son histoire de ses institutions et de sa pensée politique alors qu'elle devrait avoir pour bonheur de boire du coca cola, manger des hamburgers, et pour références politico-culturelles,  les réseaux sociaux; pour langue universelle l'anglais que même la désinformation télévisuelle russe utilise ... Concrètement les deux forces qui s'attaquent à  l'idée de Nation en se nourrissant l'une de l'autre, sont des groupes  protéiformes de  réseaux mafieux d'intérêts en partie communs, qui ne se combattent qu'à fleuret moucheté dans le but de prendre, qui un pouvoir politique et moral, qui le pouvoir économique, les deux pouvoirs étant symbiotiques superposables, relativement équitablement partagés sur des fondements de violence pas seulement intellectuelle. L'avocat dans ce monde globalisé là est un imbécile utile ou un complice. Dans les deux cas il ne peut être innocent.

L'évolution de notre humanité peut être perçue comme une mécanique de type quantique faite d'interactions nombreuses et incontrôlables, peu évaluables sérieusement mais orientables. Il est donc difficilement imaginable qu'elle puisse éviter de courir à sa perte.