Par gilles.huvelin le 07/12/16

Les caisses du Barreau sont vides parce que la CARPA n’a plus de ressources du fait du retournement de l'évolution des taux financiers (et avec l’évolution du dispositif SEPA – Merci à notre Confrère Pierre Saurel pour l’information- ) n’importe qui peut savoir que c’est mort définitivement pour 2017 et personnellement je ne vois pas pourquoi les taux se relèveraient en 2018 en l'état de la logique des banques centrales et la nécessité de relances monétaires car économiques) ou que l’EFB, c’est 2,5 millions de déficit annuel ? Non, ce ne sont pas des informations nouvelles car en regardant les vidéos du Conseil de l’Ordre vous le saviez déjà. Les Cabinets anglo-saxons s’organisent dans le cadre du BREXIT pour capter les marchés du droit sur le Continent ? Pareil, notre confrère BENICHOU pour le CCBE a fait une communication à notre Conseil de l’Ordre ce 18 novembre, dont on peut regretter qu’elle n’ait pas été diffusée avant les élections de nos futurs Bâtonnier et Vice Bâtonnier…mais je vois le mal partout.

Non, par ces temps moroses, j’ai une nouvelle plus drôle. Enfin, vous jugerez…

J'ai terminé mon avant dernier article (en date du 5/12) aux chiffres préoccupants concernant notre profession en le terminant par la question de fond: "Et ?", suggérant des commentaires et des propositions.

 

La surprise ne vient pas de l'absence de réponse.

Mais je compte bien soulever la passion en communiquant un scoop:
Le barreau de Paris se met au yoga du rire !...à  l'occasion de "La Journée du Bonheur" qui se tiendra le 21 avril prochain qui sera sans doute un succès. La dernière fois l'amphithéâtre de la Maison de l'Avocat était plein; 400 confrères dont une centaine allant mal. Au trois-quarts l’amphithéâtre était rempli de consoeurs.
La respiration réparatrice et la parole intérieure feront avec peut-être le saut à l'élastique l'objet d'exposé par des coachs labellisés pour le bien être au travail, l’évaluation des compétences, la quête de l’harmonie dans sa vie personnelle et au travail...et autres sujets de la même veine qui permettent de solutionner les conflits par exemple au sein des Cabinets. 
Vous qui n'avez pas le temps de lire ne serait-ce que la documentation de base, qui êtes au bord de la dépression ou du burn out, sachez que l'Ordre a une  Commission de la Qualité de la Vie (dites QVT !) et que la profession dispose d’un Observatoire qui démonbrent les suicides, les dépressions et dépôts de bilan, bref qui pensent à vous.

Notre Ordre constate que beaucoup de nos confrères sont seuls, isolés, sans appui et que beaucoup sont dépourvus de ressources suffisantes. « La ligne Bleue »,  le RSI, voire la CNBF ou une assistante sociale peuvent-être votre premier interlocuteur. En fait la quasi - totalité des confrères parisiens ignorent qu'ils peuvent être aidés. N'attendez pas que l'on vienne vous prendre par la main.

Il y a bien des signaux faibles que l'Ordre sait identifier qui pourraient servir d'alerte avant que des confrères sombrent dans la cessation des paiements ou la dépression, et des signaux  forts quand c'est trop tard pour faire quoique ce soit.

Anticipez avant que l'on vous adresse à un psy. Reste qu'il est impératif que sous l'égide de notre Bâtonnier et de notre Vice Bâtonnier bien aimés une campagne sur tous les réseaux sociaux puisse porter à tous nos confrères pour chaque type de problème rencontré dans leur vie quotidienne, une proposition de réponse institutionnelle avec une adresse une numéro de téléphone, un ou des noms, un ou des liens permettant de s'informer.

C'est indispensable pour apporter l'Ordre à chaque membre du Barreau dont plus de la  moitié passe sous le radar de cette institution.

Mais rien ne peut résoudre les problèmes si nous nous attaquons qu'à leur conséquences et non à leurs causes.  C'est un peu comme pour le racisme. A ne s'attaquer qu'aux effets nous ne faisons que de pérenniser les prébendes politico-médiatiques éventuellement    subventionnés et  pourvoyeurs  de décorations,  ad vitam aeternam.

Vous voyez à quel point je suis fâché et vous avez remarqué comme j'ai des facilités à  me faire des amis ?

C'est bien d'apprendre le yoga du rire à nos confrères mais leur donner du travail et rompre leur solitude c'est mieux. Dans ce domaine aussi, gouverner c'est prévoir.

Pour avoir participé à la campagne de SICARD#ATTIAS, je sais qu’il avait été évoqué l’idée d’une plateforme qui mettrait en rapport ceux qui ont trop de travail et ceux qui n’en ont pas assez, soit ponctuellement, soit pour une période ou une mission déterminée, ou un partenariat pérenne. Ce qui peut ne pas concerner que les jeunes collaborateurs, et peut parfaitement permettre aussi aux entreprises de trouver pour des missions, audit ou enquête en interne, des confrères disponibles et compétents, voire pour recruter dans nos rangs leurs juristes.

Bien sûr il faut prévoir un tarif unique à la demi-journée pour les collaborations occasionnelles et une charte d’utilisation.

Il est possible de rassembler sur cette plateforme aussi les locations de bureau, des cessions de Cabinets par exemple.

Rompre la solitude des confrères, c’est leur permettre de se regrouper, que ce soit dans des structures comme AVOCAP 2.2 ou en  leur permettant de trouver des financements pour y parvenir. Un lobbying est indispensable pour réformer le droit des baux afin de permettre de donner congé sans pénalité financière avant leur terme dans le cas de regroupement de Cabinets.

En cas de problèmes, le confrère est peu enclin à les révéler à d’autres avocats. Il existe des associations qui aident les entrepreneurs commerçants et industriels, artisans ou agriculteurs pour une écoute, un suivi, un accompagnement. Ces associations sont ouvertes en général à considérer que les avocats sont des entrepreneurs.

Le Barreau peut mutualiser avec elles les moyens dont il dispose et proposer l’aide de parrains, tuteurs et conseils, recommander aussi des coachs ou des évaluateurs de compétence avec lesquels, il oeuvre déjà.

Reste à décider que nous pouvons fédérer nos efforts et accepter de nous ouvrir à d’autres structures qui partagent les mêmes buts à atteindre, en amont et en aval des problèmes, s’ils n’ont pas pu être éviter.

Ceci étant, je n’ai rien contre le yoga du rire si cela peut faire plaisir.