Jun
26
"Un régime de retraite universel, vous êtes pour ?"

Seriez-vous pour un système de retraite unique pour tous, plus juste, égalitaire et plus fort ? 96% des sondés ont répondu oui avec enthousiasme. Je trouve le procédé merveilleux. "Une lessive plus efficace !" Vous êtes pour ? Le slogan devrait obtenir 100% d'approbation, parce que c'est ce qui est demandé, approuver ou pas un slogan sur un produit de consommation le plus large. Finalement 96% d'approbation sur un slogan pour une réforme de la retraite, cela démontre que 4% peut-être savent de quoi on leur parle...
Sommairement, il y a 4 catégories de régimes de retraite. Le régime des salariés, celui de la fonction publique, ceux des régimes spéciaux (RATP, SNCF...) et ceux des professions libérales. Ce sont des dizaines et dizaines de caisses de retraite différentes dont une bonne part sont déficitaires. Évidemment, c'est aux déficits et aux déséquilibres financiers structurels des caisses de retraite auxquels le gouvernement doit s'attaquer tout mettant fin aux régimes de retraite qui servent des pensions insuffisantes, faute de cotisants, car ces situations financières et sociales ne peuvent pas perdurer. Tout le monde le comprend. Sauf que ce simple constat est justement trop simple. Il masque six problèmes majeurs, il y a en d'autres mais, arrêtons-nous déjà à ceux-là:
Il faut savoir que si les fonctionnaires paient des cotisations comme le font les salariés, les primes qu'ils perçoivent et qui peuvent constituer une part importante de leur traitement n'entrent pas dans l'assiette sur laquelle est calculée leur cotisation pour leur retraite. Il faut savoir aussi que l'Etat en qualité d'employeur ne verse pas de cotisations de retraite. Aussi, à raison de 60 milliards par an, l'Etat verse à ses fonctionnaires en retraite une pension dont le financement est assurée à 50% par l'impôt. Évidemment si nous passons à un régime de retraite universel avec une caisse unique, cela veut dire que 30 milliards de retraite dus aux fonctionnaires seraient supportés par les cotisations et non plus par l'impôt. Abracadabra !
Toutes les caisses ne sont pas déficitaires structurellement. Il y a des caisses qui ont un déficit technique mais elles ont des réserves qui leur permettent de servir les pensions normalement à leurs adhérents. Elles ont la possibilité d'augmenter aussi le montant de leurs cotisations pour retrouver l'équilibre.
Les caisses bénéficiaires existent. En particulier la Caisse Nationale des Barreau Français. Elle verse une retraite de base de 17 000 euros par an, bien supérieure au régime des salariés, dispose d'une assurance complémentaire de retraite par capitalisation par tranche bien géré, dispose de deux milliards de réserve garantissant 40 ans d'équilibre, et offre une aide sociale d'assistance aux avocats en cas de difficulté. Elle participe à la solidarité en versant aux régimes déficitaires dont notamment le régime agricole, un peu plus de 1300 euros par avocat par an, sachant qu'il y a 60 000 avocats environ, c'est grosso modo 85 millions d'euros reversés par le Barreau au titre de la solidarité, chaque année.
Il est facile de considérer dans ce contexte que les avocats s'opposent à la réforme. Elle impliquerait de contribuer à la prise en charge de la part de l'Etat dans le financement des retraites de ses fonctionnaires, mais aussi de payer plus de cotisation en s'alignant sur le régime général, c'est le doublement à minima des montants qu'il faut prévoir. Et puis, et ce n'est pas rien, le coût de gestion de la CNBF, bien géré est de très loin inférieur à celui du régime général. Toute proportion gardée si les frais de gestion étaient les mêmes, le régime général pourrait économiser 3,5 milliards. Excusez du peu.
Le coût annuel de l'ensemble des retraites est de 306 milliards par an. Soit 14 % de PIB de la France. Soit un peu près le PIB de l'Autriche. Nous avons 1 retraité pour 4 actifs aujourd'hui dans notre pays. Que propose la reforme ? Il est dit que chaque euro cotisé donnera à tous le même montant de retraite. Ce qui est d'emblée inexact. Car le nouveau système n'est pas un système universel par capitalisation mais un regime de répartition. Ce qui veut dire que le prix d'achat du point sera le même pour tout le monde, soyons clairs, mais le prix de revente du point sera déterminé chaque année par la masse des cotisations qui flucturera chaque année, divisée par le nombre de points souscrits. On est toujours dans le mécanisme qui est concrètement une chaîne de Ponzi. On ne comptabilisera plus des trimestres mais des points. C'est plus juste mais la réforme ne fait que retarder les effets de la chaine de Ponzi en mutualisant le risque d'insuffisance de cotisants ou/et des cotisations, en augmentant lourdement à terme le montant des cotisations avec le projet toutefois de prendre en compte les cotisations des retraités actifs pour leur pension contrairement au dispositif actif.
Il est dit également que les métiers pénibles, les handicapés, par exemple, les mères de famille,.etc... auront des compensations pour leur permettra d'obtenir une retraite à taux plein . Comme toujours le principe énoncé, très vendeur, est un principe. Il y a le principe et les exceptions, les aménagements. Par ailleurs les régimes spéciaux vont subsister. Les militaires ne partiront pas plus tard par exemple à la retraite. Donc à somme égale cotisée, les droits acquis à la retraite ne seront évidemment pas les mêmes. La péréquation avec les régimes déficitaires et les compensations de carrière, considérées globalement vont forcément désavantager ceux qui sont adhérents à des caisses de retraites bénéficiant d'une démographie en hausse, prudentes et bien gérées, au profit des cotisants de caisses qui voient le nombre de leurs membres diminuer et dont éventuellement la gestion n'a pas été des meilleures. C'est donc un tour de passe-passe, au détriment notamment de la CNBF que l'on annonce, mais à bien y regarder, il peut même s'agir d'un hold-up.
Il peut même être double. D'abord que deviendront les droits acquis ? Il est affirmé que les retraites liquidées ne seront pas diminuées. Retenons que déjà l'augmentation des cotisations et de la fiscalité les ont entamées. Constatons que ces retraites n'ont pas été indexées sur l'inflation aussi minime qu'il est dit, et encore moins sur les salaires. On le promet, mais cela n'engage que ceux qui l'on entendu. Le gouvernement n'a pas pris l'engagement de ne pas convertir les points acquis de notre régime de base et complémentaire en points du nouveau système universel par répartition, dont on sait que la valeur de vente dépendra chaque année du volume des cotisations versées qui pourra grandement évoluer s'il y a une crise économique, financière ou monetaire, par rapport au nombre de points acquis.
Les réserves de la CNBF sont évidemment vouées à tomber dans le régime global. Ce sera confiscatoire et une atteinte au droit de propriété de la Caisse. Mais si elle est absorbée par la volonté de la loi dans le nouveau régime universel, qui sera le propriétaire des réserves de la CNBF ?
La réforme pose le principe que les caisses de retraites des professions libérales doivent se prémunir des conséquences de la baisse de la démographie de leurs cotisants. Il est vrai que plusieurs d'entre elles sont sur le déclin notamment parce qu'elles ont salarié leurs membres. Pour les avocats, la profession est dans le déni. Statistiquement, nous ne sommes pas assez nombreux. Les avocats allemands, italiens etc...sont proportionnellement plus nombreux que nous le sommes. Apparemment la hausse démographique de notre profession est assurée pour longtemps. Si on y regarde de plus près, rien n'est moins sûr. Le statut de collaborateur libéral est une impasse. Il est exceptionnel dans le paysage du droit social. Le salariat finira par lui être imposé. Les avocats en entreprise seront salariés. Bruxelles ne veut plus de monopole. Il veut que les justiciables puissent s'adresser directement à leurs juges. Les réformes dans ce sens progressent partout. Si les avocats libéraux qui exercent dans le domaine judiciaire resteront vraisemblablement dans le giron d'un Ordre, ceux dont l'activité est dans le domaine juridique seront confrontés directement à terme à une concurrence commerciale déjà en marche qui les en dispenseront, basculant dans d'énorme structures professionnelles dans lesquelles le statut libéral n'a pas de sens. C'est sans doute en pensant à cela que le gouvernement considère que notre profession et la CNBF connaîtront le même sort que les agriculteurs et leur caisse de retraite. Aujourd'hui, les avocats en moyenne accède à leur première inscription au Barreau à l'âge de 30 ans.
Dans ce contexte, alors même que la CNBF a la maitrise de la revalorisation de son régime d'assurance complémentaire, elle devrait disposer de ses réserves avant que l'on les lui confisque.
Cette reflexion en conduit à d'autres sur le sort réservé à la capitalisation dans la réforme envisagée.
En considération de l'augmentation des cotisations dû à la prise en charge de la part qui était réglée par le Budget de l'Etat pour les retraites de ses fonctionnaires et l'égalité du coût d'achat du point de retraite, les cotisations des avocats vont devoir s'aligner sur celles des salariés. C'est carrément au doublement des cotisations auquel il faut s'attendre. Nos syndicats prédisent des dépôts de bilan sachant que 30% de la Profession vont mal. Les avocats feront-ils comme les experts comptables et deviendront-ils les salariés de leur structure d'exercice ? Entre ceux qui déposeront leur bilan et ceux qui préféreront passer avec armes et bagages dans le salariat, est-on sûr que notre Caisse de retraite a un avenir ?
L'idée du gouvernement serait d'user des réserves de la CNBF pour permettre au membres du Barreau aux revenus les plus faibles d'y puiser une aide proportionnée pendant une période de transition qui se terminerait avec l'épuisement desdites réserves. Je ne suis pas très content de ce projet de détournement qui est une véritable politique de gribouille. En effet, ces réserves, j'ai contribué à les constituer en 42 ans de cotisation. Je trouve "fort de café" qu'il soit décidé de m'en spolier.Par ailleurs la constitution des réserves d'une Caisse de retraite est faite pour garantir le paiement des retraites et pas pour subventionner les cotisants défaillants ! Le montant des cotisations aura une assiette calculée par tranche égale au montant du plafond S.S., dans la limite de 3 fois le plafond de la Sécurité Sociale, soit plus de 9 000 euros de revenus mensuels. Concrètement, ceux qui cotiseront le plus paieront pour ceux qui cotiseront le moins. Ce qui veut dire également que la capitalisation ne sera accessible dans le nouveau système qu'à ceux qui pourront cotiser sur la part de leur revenu au-delà de 9 000 euros. Soit 1% de la population active. Parallèlement, une défiscalisation de l'épargne serait la bienvenue...on peut vouloir un régime posant le principe de responsabilité pour les assurés, mais il faut le permettre.
Il me paraît évident que cette réforme est d'ores et déjà ficelée. Elle est certainement dans les cartons depuis des lustres au même titre que le destin de la Profession est ficelé depuis longtemps tandis que nous perdons notre temps à faire de la psychothérapie de masse depuis la loi de 1971 sur une évolution de la Profession qui nous ne maîtrisons pas.
La preuve que la réforme des retraites est actée, c'est que les directeurs des Caisses de retraite ont reçu une lettre les informant que dorénavant c'est la Sécurité Sociale qui sera en charge du recouvrement des cotisations. Et la loi n'est pas encore votée. Ce qu'elle contiendra s'en remportera en totalité à des décrets dits "techniques". En clair, les énarques vont s'en donner à coeur joie...
Cependant, il est évident pour moi que cette réforme globale est un pas de plus vers la disparition des statuts et pour l'avènement généralisé du salariat. Ce qui en soit n'a rien extravagant. Comme je le disais, les experts-comptables ont sauté le pas depuis longtemps.
Ci-dessous, une photographie prise pendant le "petit déjeuner de la CNA", en pointe sur ce sujet brûlant pour les avocats, consacré pendant toute une matinée à ce dossier en présence de la députée en charge du rapport, Mme Vignon. Le "slide" , ci-dessous photographié pendant la séance de travail organisée par la CNA, montre les chiffres clés de la réforme.
Il vient d'être communiqué que la réforme des retraites pourrait ne venir devant le Parlement qu'après les élections municipales et pourrait même être enterrée. Ce serait une erreur. Il va bien falloir réformer le dispositif actuel reposant sur 41 caisses au régime différent. A terme, la réforme de la répartition à points en capitalisation sera facilité. Cette refonte à venir est indispensable. L'échéance de la chaîne de Ponzi créée en 1945 au profit d'une génération qui n'avait jamais cotisé arrive à son dénouement, celui de la charge insupportable des cotisations. Ce qui est certain, c'est que cette annonce de réforme structurelle va provoquer un mouvement psychologique de départ à la retraite avant 2025 ou 2029 selon la date d'effet qui sera fixé pour l'application du régime universel.
En attendant, la seule question qui vaille est de savoir ce que la CNBF va décider de faire pour ses retraités avec ses réserves avant le vote de la réforme qui interviendra début 2020 qui va les confisquer au profit du nouveau régime général universel annoncé.

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Jun
01
Amnisty international

May
23
Le M@g des avocats

Réunion hier soir du Comité de rédaction du M@g des avocats pour le bouclage du prochain numéro à paraître en juin.
Vous pouvez adresser vos articles avant la fin juillet pour le numéro à paraître en septembre à notre confrère Jacqueline Socquet Clerc Lafont, notre dynamique rédactrice en chef.
À vos claviers !

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May
21
Rappeler les fondamentaux fait perdre des abonnés.

C'est la dure loi des réseaux sociaux, mais j'en ai des nouveaux en publiant des photos de petits chats. Les articles de fond ou qui dérangent les habitudes de la pensée convenue ne sont pas populaires, comme les femmes et les hommes politiques qui sont en avance sur leur temps, ceux qui sont en retard étant considérés comme des visionnaires. Le choix du tempo et ce qui flatte l'immédiateté et la légèreté sont indispensables pour être populaire.
Il y a aussi la polémique mais aborder un sujet tabou comme le fait que des minorités ont le droit de vous piétiner l'aorte ou que l'origine et la responsabilité de la misère incrustée dans le Nord-Est de Paris vous mène à l'excommunication majeure, des poursuites judiciaires et la mise sous surveillance de la meute bienpensante perverse.
Les sujets d'intérêt sur lesquels vous pouvez avoir une vie sociale en dehors des réseaux sociaux deviennent tout aussi rares. Il y a la science si vous admettez que la Terre est plate, ce qui suffit d'ailleurs à notre vie quotidienne plutôt que de parler de la disparition du grand K. Il y a l'Art, sujet génial si l'Oeuvre est chère et payée sur les deniers publics. Les antiquités sont suspectes car défiscalisées et n'ont de légitimité dans une conversation que si elles ont été volées pendant la guerre. Heureusement il y a l'Europe. C'est un sujet de café du commerce aussi efficace qu'une chanson à boire, 3 électeurs sur 4 ignorant le fonctionnement de nos institutions.
La politique est abordable si vous êtes communiste, contre le Glyphosate avec les producteurs de coca, ne sachant rien des cycles et désordres climatiques et leurs raisons depuis 400 000 ans, mais féru sur les 30 derniers, anticapitaliste mondial, militant contre le fascisme de l'Etat bourgeois, vert en cachant que vous avez lu les conclusions du Club de Rome en 1979, et végane, défenseur de toutes les autres espèces vivantes, et contre tout en général, ce qui emporte la défense des acquis, une méconnaissance crasse des principes économiques de base, pour l'immobilisme avec plus de moyens car vous faites partie des forces de progrès qui nécessitent plus de déficits, la dette n'existant pas réellement. Si en plus vous êtes contre la prison et la guerre, vous êtes le phénix des droits de l'homme pour dîner en ville. J'attire votre attention sur le fait que la démographie humaine n'est pas un sujet de conversation car ce n'est pas un problème. Reste le foot, la météo, et l'euthanasie, mais surtout ne révélez pas que vous êtes avocat ! Jouer au plus con et vous trouverez des personnes d'accord avec vous. Le charme de la conversation de bon aloi consiste à ne parler de rien. Et c'est déjà quelque chose. En tous les cas je peux vous assurer, pour plagier Raymond Devos, que ce n'est pas rien. Cela nécessite vigilance, talent, présence d'esprit et humour. Et surtout, n'ayez aucune opinion, et ne donnez pas de conseil. Jean d'Ormesson était certainement l'un des plus doués de sa génération pour cet exercice. Il nous a montré que cette place n'est accessible qu'à ceux qui ont acquis avec intelligence, une vaste culture générale, en quatre langues, au minimum, bien entendu, et sans que cela se voit. Réussir une conversation consiste à faire briller son interlocuteur. C'est seulement plus difficile sur les réseaux sociaux. J'ai déjà abandonné sur Facebook dont je me suis désinscrit car, vraiment je ne suis pas à la hauteur, malgré des efforts sincères.

"On a le choix entre être heureux ou avoir raison."

#CommentSeFaireDesAmis

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Mar
20
Quartier Madeleine, Bureaux à louer.

La SCP Huvelin & associés loue dans un petit immeuble indépendant fond de cour, au calme, situé 19 rue d'Anjou - 75008 Paris, un bureau fermé d'environ 15 m² et un bureau ouvert contigu de 5 m² environ. Ces bureaux se situent au rez-de-chaussée lumineux avec mobilier intégré. Situés à proximité du Métro Madeleine et à 5 minutes à pieds de la Gare Saint Lazare ou des métros Concorde et Saint Augustin.  Poste carré pro à proximité immédiate. Prestations comprises : Ligne téléphonique, Accès internet/électricité, Photocopieur multi-fonctions,Ménage, Cuisine commune, Réception de courrier simple et recommandé, Assurance des locaux. Possibilité de louer le grand bureau au tarif de 1.500 € HT ou les 2 bureaux à 2.000 € HT  Contact : Charlotte Hildebrand 01.53.53.04.30

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Aug
31
"J'aime la vie."

J'ai aimé travailler et j'ai beaucoup travaillé. J'aime écrire. Un écrivain écrit pour soi. J'ai beaucoup écrit pour mon seul plaisir. Je n'en fait pas grand cas. La transparence ne me paraît pas devoir être absolue. Je ne crois pas avoir grand chose à cacher même si au cours d'une vie nous ne pouvons pas être tous fiers de toutes nos actions. Cependant j'ai des opinions et des pensées que je souhaite garder pour moi. Et en les adaptant à mon parcours, vous avez reconnu en ces mots, ceux que disait en substance Jean d'Ormesson. J'ajoute comme lui: j'aime la vie. J'ai aimé, passionnément.
Il est évident à mes yeux que nous suivons un peu près tous la même parabole de l'existence. D'abord nous apprenons puis nous croyons que nous pourrons nous servir de ce qui nous a été enseigné. Nous avons cru modestement, non pas changer le monde, mais avoir une conduite qui soit un exemple de ce qui nous paraissait proche d'une forme de bien fondé social en aimant les arts, en lisant beaucoup les bons auteurs et en étant démocrate. Bien sûr, nous nous sommes souvent trompés. Nous en avons eu conscience trop tard.
Et puis peu à peu nous nous apercevons que notre monde ne fonctionne pas en dehors du jeu de conventions dont il faut avoir simplement les codes. Que toute idée de vouloir faire bouger les choses est condamnée plus vite que celle qui favorise l'implacable immobilisme fomenté sous les habits d'un progrès qui se paie de mots pour ne rien changer. Assez vite la mesure de la médiocratie aristocratique de notre classe politique fait que vous êtes conduit à considérer que la démocratie est fondée sur le choix d'esprits assez étroits qui font semblant de gouverner, faute pour les rares qui en auraient la volonté de trouver le soutien des corps intermédiaires subventionnés dont les prébendes sont fondés sur le conservatismes du plus grand monde d'irresponsables, sachant par ailleurs que les médias ont un niveau de conscience ramené au taux de l'audimat. Vous finissez rapidement par douter de l'intelligence collective puis de celle de vos contemporains. Vient le moment où vous ne savez plus si vous avez affaires avec des gangsters ou avec des imbéciles, au profit de mafias.
Je croyais que les gens le faisaient exprès, puis je me suis rendu compte qu'ils faisaient ce qu'ils pouvaient. Ma vie en a été changée. "Je suis devenu gentil un peu par indifférence, je ne donne plus de conseil, et si je parle beaucoup, c'est pour me cacher. Je suis devenu spectateur d'un monde" qui feint d'ignorer sa perte par une démographie galopante et sa courte vue sur chaque chose, donnant à ceux qui ont le droit de nuire, toujours au nom des principes les plus élevés le soin d'imposer les modes de penser et leur détestation notamment des contraintes pour l'intérêt général. La tentation de Venise vous prend par la main. Car soyons juste, notre société s'invente des excuses: ni le néo-libéralisme, ni le socialisme existent, c'est un vocabulaire de polititocards complexés. Reste que "Libéral" est une injure chez nous, tandis que "communiste" demeure un compliment auréolé par la Révolution. Mais le communisme engendre partout et de tous les temps la misère et les dictatures les plus effroyables. Le libéralisme a toujours apporté la liberté et le progrès pour la santé, l'éducation, ainsi que le développement de la solidarité que permettent les bénéfices, là où les collectivistes préfèrent les déficits et la pauvreté qu'ils engendrent. L'effort, la responsabilité, gardent mauvaise presse face à la prise en charge collectiviste. Au delà, c'est du baratin d'éditorialistes en mal de copie.
Nous savons que les communistes au pouvoir confisquent les fonds publics et la liberté. L'économie libérale est la pire à l'exclusion de toutes les autres, comme la démocratie est le pire système politique à l'exclusion de tous les autres. Rien n'est parfait dans le monde de la matière vivante. Nous pouvons nous fatiguer assez vite de défendre la lucidité et le pragmatisme contre les dogmes, ainsi que les symboles réducteurs de tête et les slogans qui les véhiculent. La dernière idée de génie est de faire croire que l'écologie peut prospérer sans être rentable, et sans un marché solvable, tout en garantissant un développement social. Encore la quadrature du cercle. Il n'y a plus qu'en politique que l'on peut avoir le culot de prétendre y parvenir.
Je suis sûr que si dieu devait m'apparaitre après ma mort, qui est aussi inéluctable que la vôtre, il me dirait que j'ai bien fait de ne pas croire en lui. Venise est encore le dernier refuge d'une civilisation perdue et j'aime m'y promener hors des quais et des canaux parcourus par les touristes, encore, me direz-vous, dans les pas de Jean d'Ormesson, que décidemment nous pouvons retrouver partout car nous avons tous un peu de lui en nous. "Ne vous enfermez pas dans les musées." disait-il. Il avait raison. A le relire, l'âge venant, je n'arrive pas à lui donner tort y compris sur Venise. De la même façon il m'est difficile de dire le contraire d'Albert Camus à propos de cette citation: "Le temps qui nous reste à vivre est plus important que toutes les années écoulées."
Et d'un autre auteur dont je n'ai pas retenu le nom, je garderai, cette merveilleuse réflexion:
"Nous avons le choix entre être heureux ou avoir raison."

Sep
24
"Technique et droit: penser l'humanoïde en 2017"

Le CNAM et l'université (www.univ-paris13.fr )  dans l'amphithéâtre  11 -Jean Prouvé ont tenu un colloque jeudi dernier sur les robots humanoïdes. Faut - il légiférer dessus ? Stephen Hawkins nous promet que les robots seront autonomes, intelligents, et qu'ils pourront bien dominer notre société. Notre confrère Alain Bensoussan suggère non seulement d'y réfléchir mais aussi de se doter d'une législation pour encadrer cette évolution. Universitaires et ingénieurs ont fait le point. Un anthropologue a rappelé que les hommes ont toujours donné aux dieux  des figures humaines ou d'animaux connus. Les masques des sorciers ou les totems ne font pas exception. Les premières voitures empruntaient la forme des coches et diligences et les premiers avions celle des oiseaux. Il est donc normal que nous demandions aux robots appelés à partager nos vies de nous ressembler un peu et parfois aujourd'hui beaucoup, réserve faite du droit des dessins et modèles et du droit à l'image. Reste qu'unanimement les intervenants ont démontré ou témoigné les limites actuelles des robots. Ils ne sont pas autonomes du tout. Le fait qu'ils peuvent exécuter des tâches de plus en plus complexes ne sont cependant  que des tâches d'exécution qui sont encore souvent dans le domaine des prestations de service à la personne limitées. L'aide a l'élaboration d'une décision de justice est ici encore très peu performante.
Certes et pour exemple, les cartes à puce les plus sophistiquées ne peuvent plus être réalisées par un humain et la description complète de la plus moderne n'est contenue actuellement que dans un seul cerveau humain et demain ce ne sera même plus concevable. Nous sommes à  la croisée des chemins dans le domaine de la mémoire assistée . Déjà l'exécution de travaux par des robots nous est indispensable dans beaucoup de domaines. Nous pourrons leur demander plus lorsque nous aurons accès à des ordinateurs quantiques à mémoire photonique. Leur capacité de calcul vont exploser et leur vitesse passera de celle du son à celle de la lumière. Mais quid de la conscience qui sépare l'homme de la machine ?  D'abord nous l'avons nié aux autres mammifères par mépris, facilité et confort intellectuel. Nous savons aujourd'hui par leur fréquentation sociale habituelle autant que par l'observation scientifique que les animaux ont conscience d'eux - même et des autres. Nous sommes  bel et bien des animaux nous - mêmes. Nous sommes parvenus en ce qui concerne les robots à  leur donner des récompenses pour des résultats de choix conforme à nos objectifs programmés.  Bien sûr il s'agit d'un programme qui intègre l'octroi de récompense en terme d'énergie par exemple ou de nouveaux accès pour un résultat conforme à un modèle préétabli de mode de pensée dans un cadre d'objectifs prédéterminés. On a bien compris que tout est donc artificiel et que le robot n'a aucune autonomie. On se fait plaisir en canalisant l'activité du robot par des "barrières programmées infranchissables" mais en réalité l'activité est entièrement programmée, c'est à dire écrite, il n'y a donc pas lieu à une vraie récompense répondant à un effort particulier. Une récompense pour un choix incontournable et donc un leurre pour un spectateur idiot.  Nous sommes en  ce qui concerne les robots qui plus est humanoïdes dans un total abus de langage pour vendre autant les programmes de recherche que le produit. A commencer par les mots "intelligence artificielle" qui associés sont encore du domaine de la science- fiction.
Le jour est arrivé où comme les grands singes, les robots sont capables de faire le tri entre des photos de différents animaux. Au moment de classer son portrait le singe classe généralement celui-ci avec ceux des humains. Les robots le font non pas par identification mais parce qu'ils sont programmés. Il n'est donc pas utile de créer un nouveau régime de responsabilité pour les robots, pas plus que pour les ordinateurs ou autres  objets. La perspective est que les humanoïdes seront loués ou vendus à des utilisateurs soumis à un régime d'assurance obligatoire comme le sont les automobilistes. Pour le reste à venir, donnons - nous le temps. Ce qui est certain, c'est que nous donnerons par fainéantise et facilité autant que par recherche du moindre coût, toujours plus de place aux ordinateurs et aux humanoïdes. C'est une révolution sociale qui est en marche. D'ores et déjà la prospective admet que les personnes dotées de diplôme jusqu'au niveau bac + 2 inclus, seront au chômage. Autre perspective, le formatage et la normalisation des prestations robotisées, ce qui aura pour conséquence un impact encore plus important du mode de pensée dominant et surtout sur le mode de vie de chacun. Vous avez aimé Orwell avec 1984 ? Vous allez adorer Soleil Vert de Fleischer. Il n'avait cependant pas imaginé que les tractopelles fonctionneraient automatiquement...

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