Jun
13
démocratie, vousavez dit!

Sansdoute jamais au cours de l'histoire,les verus de la démocratie, ne se sont fait voir à l'échelle mondiale qu'aujourd'hui. Vérifions:
 
En un an que de surprises électorales. Rien n’est joué d’avance. Aucune élection n’est imperdable. Aucune élection n’est gagné d’avance. Le peuple est souverain et il l’a signifié à ses représentants.
 
Il y a un an, le 23 juin 2016, ce fut le BREXIT. En novembre, l’élection aux Etats-Unis de Donald Trump. En mai, en France, celle d’Emmanuel Macron. Et puis dernièrement, ce sont les élections législatives au Royaume Uni et en France.
 
Arrêtons-nous sur les résultats britanniques. Comme tout premier ministre britannique peut le faire, et l’a souvent fait, Mme Theresa May a convoqué les électeurs pour essayer d’avoir une majorité plus importante. Il y a deux ans, le parti conservateur obtenait une majorité absolue de 330 sièges sur 625 députés. Mme. Theresa May souhaitait un soutien parlementaire plus, substantiel pour pouvoir négocier en position de force le BREXIT avec Bruxelles. Elle sollicitait un « mandat clair » pour négocier le BREXIT.
 
On peut indéfiniment discuter sur la pertinence du raisonnement. En quoi 350 ou plus de députés conservateurs lui auraient-ils permis d’être en meilleure position vis-à-vis de Bruxelles ?
 
Résultat des courses, ils partirent 330 et arrivèrent 318. Les Tories emportent les élections législatives, mais perdent leur majorité absolue.
 
Après le référendum déclenché et perdu par M. David Cameron, Mme Theresa May perd des élections auxquelles personne ne s’attendait.
 
A quelques jours de l’ouverture des négociations sur la sortie de l’Union européenne, prévue pour le 19 juin, 1es conséquences sont nombreuses.
 
Tout d’abord, compte tenu de l’objectif des élections anticipées, Mme Theresa May qui devrait vraisemblablement se maintenir, sort affaiblie alors qu’elle voulait avoir plus de marges de manœuvre.
 
Elle sort d’autant plus affaiblie que, pour atteindre la majorité de 326 sièges, elle devrait faire alliance avec le Parti unioniste démocrate, les protestants conservateurs irlandais, qui sont pro-européens. Ils craignent que, demain, dans un Royaume Uni sorti de l’Europe, la frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud, Etat-membre de l’Union européenne, ne soit renforcée et ralentisse les relations entre les deux parties de l’ile.
 
Ayant besoin de cet appoint parlementaire, la Première ministre sera bien obligée de trouver des positions consensuelles, et pas aussi tranchées qu’elle l’aurait souhaité.
 
Une des questions posées par cette élection, et sur laquelle il est difficile de répondre par la positive : les électeurs britanniques ont-ils remis en cause le vote pour le BREXIT ? Ont-ils rejeté un « BREXIT hard » ? D’une certaine façon, il est très difficile d’interpréter le message envoyé par les électeurs britanniques, et cela rendra encore plus difficile la mission de Mme Theresa May.
 
Parmi les personnalités battues, il faut noter M. Nick Clegg, ancien leader du Parti lib Dem et surtout europhile qui, avec 12 sièges, en gagne 3.
 
Autre conséquence négative des résultats, le gain de 31 sièges pour les travaillistes. Alors que Mme. Theresa May voulait profiter de la contestation du leader travailliste, M. Jeremy Corbyn pour l’affaiblir un peu plus, c’est le résultat inverse qui s’est produit. Avec 261 sièges, il n’est pas en mesure de pouvoir prétendre à constituer un gouvernement. Mais, il sort renforcé de cette élection, et peut même aller jusqu’à contester le maintien au 10 Downing street de Mme. Theresa May.
 
Selon les études d’opinion, le succès travailliste repose en grande partie sur le million de nouveaux électeurs de moins de 25 ans, ce qui dénote une véritable capacité d’attraction prometteuse pour les futures élections.
 
Autre surprise de taille, le Parti national écossais (SNP) n’obtient que 35 sièges, et en perd 19. Cette défaite écarte un peu plus la perspective d’un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse pro-européenne. Le spectre d’un éventuel éclatement du Royaume-Uni ne semble pas d’actualité.
 
Au-delà de ces considérations, la livre sterling s’est dépréciée par rapport au dollar, et les conséquences négatives du BREXIT se manifestent lentement mais surement.
 
Il est urgent pour le Royaume-Uni d’ouvrir et conclure rapidement les négociations avec l’Union européenne pour atténuer les effets collatéraux de la sortie.
 
Il est urgent pour l’Union européenne d’ouvrir et conclure rapidement les négociations avec l’Union européenne pour se consacrer aux autres sujets fondamentaux pour l’avenir de l’Union.
 
Vive la démocratie.
 
Bravo aux électeurs d’utiliser leur bulletin de vote et de signifier leur volonté à leurs dirigeants.

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