Jan
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Il était une fois dans l'Ouest ou la naissance d'une nation

En 1966, après le succès de son film Le Bon, la Brute et le Truand, Sergio Leone ne songe qu'à s'éloigner du western pour réaliser son adaptation du roman d'Harry Grey, The Hoods, qui ne deviendra que quinze ans plus tard Il était une fois en Amérique. Pourtant, un grand studio hollywoodien s'intéresse au cinéaste. La Paramount, en effet, qui veut produire le prochain Leone, demande à celui-ci de réaliser un nouveau western.

Le cinéaste développe ainsi avec Bernardo Bertolucci et Dario Argento un scénario qui se veut une vision personnelle de l'histoire de l'Ouest américain. Comme il l'a déclaré à Noël Simsolo dans un livre d'entretiens essentiel, Conversations avec Sergio Leone (éditions Stock) : " J'ai voulu faire un ballet de mort en prenant comme matériau tous les mythes ordinaires du western traditionnel : le vengeur, le bandit romantique, le riche propriétaire, le criminel homme d'affaires, la putain... A partir de ces cinq symboles, je comptais montrer la naissance d'une nation. "

FIN DU FAR WEST

FRANCE 4 20.45 | FILM |Un opéra funèbre, intensément mélancolique

Et c'est effectivement ce que fit Leone d'Il était une fois dans l'Ouest, un opéra funèbre, intensément mélancolique, composé d'une stratification de longs blocs d'espace-temps, acharné à livrer une somptueuse métaphore sur la fin du Far West.

Inspiré par le souvenir du western hollywoodien, Il était une fois dans l'Ouest revisite une mythologie avec laquelle il prend des distances en en inversant certaines données (Henry Fonda, emblème de l'humanisme démocrate hollywoodien, incarne un tueur froid) et en privilégiant la sensation pure d'un temps présent s'étirant à la faveur de séquences à la fois autonomes, sensuelles et mystérieuses.

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