Nov
09
L'acquittement du dirigeant nationaliste renforce sa position au sein de la coalition gouvernementale

Acquitté, exonéré des accusations de fraude et d'abus de confiance : ainsi en ont décidé, unanimement, mercredi 6 novembre, les trois juges du tribunal de Jérusalem. Quel retour, et quelle revanche ! Sur la presse d'abord, qui n'a cessé de le clouer au pilori depuis 1997, lorsque Avigdor Lieberman a fait l'objet d'une première enquête policière. Sur la justice ensuite, qui, par le biais de fuites et de bribes d'informations, a presque instruit son procès par avance, de telle sorte que personne ne doutait de sa culpabilité.

Sur les partis politiques composant le gouvernement de Benyamin Nétanyahou enfin, qui supputaient déjà les conséquences de sa disparition de la scène politique et du coup ainsi porté à son parti, Israël Beitenou (" Israël, notre maison "), lequel ne pouvait qu'imploser avec la disparition d'un leader aussi autocratique que charismatique. In fine, le retour d'Avigdor Lieberman est aussi un cadeau empoisonné pour le premier ministre, qui, certes, retrouve un partenaire stable, mais aussi un rival encombrant, qui n'a jamais caché qu'il attendait son heure pour lui succéder.

Avigdor Lieberman revient en majesté, blanchi par la justice, et donc plus puissant que jamais, plus déterminé à imprimer sa marque, à rafler, lui, le leader populiste et ultranationaliste, une bonne partie des voix de la droite et de l'extrême droite. Et à capitaliser sur une vox populi qui approuve la colonisation des territoires palestiniens occupés et jette l'anathème sur le désir de paix des dirigeants palestiniens.

Les juges ont estimé que l'accusé Lieberman avait agi de manière inappropriée et peu éthique, mais non criminelle, et sans qu'il soit établi qu'il se fût rendu coupable d'un conflit d'intérêts.

Sombre histoire : en octobre 2008, Zeev Ben Aryeh, ambassadeur d'Israël en Biélorussie et ami de M. Lieberman, fournit à son ministre de tutelle une note confidentielle détaillant l'enquête de police diligentée contre lui pour une affaire de financement occulte de ses campagnes électorales. Est-ce unservice rendu ? Toujours est-il que M. Ben Aryeh devient le conseiller diplomatique du ministre, avant d'être nommé au poste d'ambassadeur en Lettonie.

Il y a un témoin à charge, et non des moindres : Danny Ayalon, membre important d'Israël Beitenou et vice-ministre des affaires étrangères. Mais c'est un témoin suspect depuis que M. Lieberman l'a écarté de la liste des candidats ayant reçu l'investiture d'Israël Beitenou aux élections parlementaires de janvier 2013. C'est en tout cas le sentiment de la justice, qui s'est saisie avec des pincettes des accusations portées par M. Ayalon contre son ancien patron.

Sauf si le procureur général, Yehouda Weinstein, fait appel de la décision du tribunal de Jérusalem - ce qui paraît peu probable vu l'unanimité des juges -, Avigdor Lieberman, qui avait démissionné en décembre 2012, devrait donc retrouver, dès lundi 11 novembre, son poste de ministre des affaires étrangères, dont M. Nétanyahou assurait l'intérim.

" Je suis heureux de votre retour au gouvernement, qui va nous permettre de continuer à travailler ensemble pour le bien d'Israël ", a commenté le premier ministre. A l'exception notable de Shelly Yachimovich, chef du Parti travailliste, qui a stigmatisé un " homme corrompu " ayant nui à l'image d'Israël, les dirigeants israéliens ont fait chorus avec M. Nétanyahou, manifestant leur prudence face à l'influence politique retrouvée du chef d'Israël Beitenou.

" Travailler ensemble " certes, mais pas forcément en tandem. Le Likoud, le parti de M. Nétanyahou, et Israël Beitenou ont formé une alliance électorale pour les élections législatives. Le Likoud a obtenu vingt sièges (sur les cent vingt de la Knesset, le Parlement israélien), contre onze pour le parti de M. Lieberman. Or il n'est pas sûr que le très controversé " numéro deux " du gouvernement israélien souhaite que ce mariage purement politicien perdure. S'il estime préférable que chaque formation retrouve son autonomie, il va de facto affaiblir le premier ministre, lequel cessera d'être le chef detrente et un députés, soit la plus importante formation politique de la Knesset.

Mais le retour de M. Lieberman va avoir des conséquences plus immédiates, à coup sûr, pour l'image et les relations diplomatiques d'Israël avec ses principaux partenaires, et sans doute aussi sur le processus de paix avec les Palestiniens, qui, une nouvelle fois, semble sur le point de dérailler. M. Lieberman, qui n'a cessé, tout au long de sa carrière, de refuser le principe de la création d'un Etat palestinien et qui traite Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, de " terroriste diplomatique ", de " menteur et lâche ", ne s'occupait pas directement de ce dossier (pas plus que des relations avec les Etats-Unis), préférant se concentrer sur les pays de l'ex-URSS (il est d'origine moldave), de l'Afrique et de l'Amérique latine.

M. Nétanyahou gérait personnellement les affaires palestiniennes et, depuis la formation de l'actuel gouvernement, en mars 2012, c'est Tzipi Livni, ministre de la justice, qui est chargée du processus de négociations avec l'Autorité palestinienne. Mais on peut compter sur M. Lieberman pour renouer avec sa propension à se livrer à des déclarations incendiaires, lesquelles provoquent inéluctablement la colère des dirigeants palestiniens.Revenant en force au gouvernement, Avigdor Lieberman va retrouver à la fois une capacité de nuisance qui va peser sur le processus de paix, et une position stratégique lui permettant de cristalliser sur son nom et au bénéfice de sa formation le " lobby des colons ", lequel reconnaît l'un des siens dans l'ancien et nouveau ministre des affaires étrangères : M. Lieberman, qui est censé être la voix d'Israël à l'étranger, habite la petite colonie juive de Nokdim, protégée par l'armée israélienne, qui est située au sud de Bethléem.

Enfin, c'est peu dire que le retour de M. Lieberman ne va pas provoquer des transports de joie à Washington et dans les principales capitales occidentales, où les prises de position extrémistes de l'ultranationaliste ministre des affaires étrangères faisaient de lui un quasi-pestiféré diplomatique.

Après l'acquittement d'ehoud Olmert, l'ancien 1er Ministre, c'est le 2ème camouflet du bureau du procureur qui, sous l'emprise des élites judiciaires bien pensantes en Israël,Ehoud Barak et co, c'est livré ces dernières décennies à une véritable chasse aux sorcières antidémocratique qui a mise à mal le concept même de démocratie en Israël au lieu de s'occuper du grand banditisme, qui constitue, aujourd'hui même le véritable danger en Israël où les groupes mafieux prolifèrent sans vergogne.Dans l'affaire Lieberman, rappelons que cet acquittement vien au bout de 17années de procédures qui ont clouées le bec à une grande partie de l"électorat russe, nouvellement montée en Israël. c'est dire à quel point ces nouveaux pontes de l'oligarchie judiciaire en Israël entendent se substituer aux électeurs dans ce pays, tout comme, ils l'ont déjà fait vis à vis de l'électorat séfarade dans ce pays! ou comme le disaitl'Abbé Sieyès en France (3 mai 1748 - 20 juin 1836)dans sonEssai sur les privilèges: 1 - Qu'est-ce que le Tiers-Etat ? - Tout.

2 - Qu'a-t-il été jusqu'à présent dans l'ordre politique ? - Rien.

3 - Que demande-t-il ? - A être quelque chose.

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