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LA CATASTROPHE RUSSE

A la différence des autres partenaires du groupe des BRICS, la Russie n’est pas en ralentissement économique, mais en récession, et ce depuis l’automne dernier. Après une baisse de 0,5 % du PIB en novembre, l’année 2014 se terminerait avec une croissance nulle, et 2015 pourrait enregistrer une baisse du PIB de 1 à 3-4 %, selon les prévisionnistes. Les investissements pourraient chuter de 13% et la production industrielle de 1,6%.
 
La Russie avait mis deux ans pour effacer la récession de -7,8% de 2009, grâce à une croissance de 4,5% en 2010 et de 4,3% en 2011. Mais la croissance a faibli à nouveau en 2012 avec 3,4%, et seulement 1,3% en 2013.
 
La diminution régulière du taux de croissance depuis 2011 démontrait déjà l’essoufflement du modèle économique russe dont les principales causes sont
 
-       la difficulté de transformer une économie basée sur la rente des matières premières en une véritable économie diversifiée
 
-       un effort d’investissement insuffisant
 
-       une faible productivité du travail qui handicape, selon le FMI, la croissance structurelle du pays
 
-       un climat des affaires marqué par les interventions répétées des autorités. En 2015, la Russie est au 64ème rang du classement doing business établi par la banque mondiale
 
-       une démographie déclinante
 
Alors que les performances intrinsèques de l’économie russe déclinaient, survient la baisse du prix des matières premières, et notamment du gaz dont la Russie est un des principaux producteurs et exportateurs. L’effondrement des ressources générées par les matières premières va créer des difficultés à tout ce secteur et accentuer les difficultés économiques.
A ce contexte défavorable, se sont rajoutées, à l’été 2014, les sanctions financières occidentales dont les effets collatéraux sont nombreux :
 
-       la diminution des investissements étrangers, et la diminution des entrées de devises
 
-       les sorties de capitaux d’opérateurs souhaitant protéger leurs épargne et ressources. Elles ont atteint en 2014 un niveau record depuis la fin de l’Union soviétique à 150 Mds$, et atteindraient en 2015 115 Mds$
 
-       pour soutenir le rouble, le gouvernement a obligé certaines entreprises détentrices de devises, comme les opérateurs gazier et pétrolier de les vendre
 
-       de leur côté, les banques russes ont de plus en plus de difficultés pour se procurer des devises.
 
L'agence Standard & Poor's de classer la dette de la Russie en catégorie "spéculative".
 
La Russie est confrontée à une véritable catastrophe. La Russie est en train de retrouver ses tourments des années quatre-vingt-dix, et de perdre une bonne partie des acquis obtenus au cours des quinze dernières années.
 
La Russie est entrée dans une spirale de dépréciation du rouble qui a valu jusqu’à 80 $ à la mi-décembre. Tous les agents économiques, ménages et entreprises, se souviennent encore de l'hyperinflation, dans les années 1990 puis de la grande crise du rouble de 1998. Cela va conduire à des comportements de précaution et à l’attentisme.
 
La monnaie russe reste très affaiblie et fragile, obligeant la banque centrale à dépenser ses réserves de change pour défendre sa devise sur les marchés. Ces dernières sont tombées à 370 milliards de dollars, leur plus bas niveau depuis début 2010.
 
Pour enrayer ce mouvement, la banque centrale devrait augmenter fortement, très fortement ses taux d’intérêt. Mais si elle le faisait, elle risquerait de fragiliser les banques russes, et de pénaliser un peu plus l’activité économique. Contre toute attente, la banque centrale a dernièrement abaissé son taux directeur de 17% à 15%, demi-mesure qui ne ralentira ni la baisse du rouble, ni la baisse de l’activité.
 
Dans cet ensemble d’éléments négatifs, trois bémols :
 
-       une balance commerciale excédentaire. Malgré la baisse des exportations, tant en volume qu’en valeur, la baisse des importations est plus forte du fait de la réduction de la demande
interne et de l’embargo sur les produits agricoles, décrété en représailles aux sanctions occidentales
 
-       une inflation encore contenue à 10-12%
 
-       des mesures de relance prises par le gouvernement.
 
Pour de favoriser l’activité économique, les autorités utilisent les ressources accumulées dans le fonds du bien être national, plus de 80 Mds$ à la fin de l’année 2014, pour financer de grands programmes d’infrastructures, comme la modernisation de la ligne ferroviaire Transsibérienne et de la ligne Baïkal-Amour ainsi que de la construction d’un périphérique dans la région de Moscou. 
 
Pour soutenir le pouvoir d’achat et la demande interne, le gouvernement a revalorisé les retraites, et n’envisage pas de toucher aux salaires des fonctionnaires.
 
Pour conforter la création de valeur ajoutée, le gouvernement accorde des aides à l’agriculture et aux industries de la défense, deux secteurs essentiels en dehors de celui des matières premières.
Cela suffira-t-il pour enrayer la catastrophe ? L’avenir nous le dira

Commentaires

L’EI a revendiqué l’attaque contre le musée du Bardo à Tunis, annonçant de cette façon sa présence dans le pays. Un changement dans le mode opératoire de l’organisation, qui compte des milliers de Tunisiens dans ces rangs. Décryptage.

"Les Tunisiens constituent le plus grand contingent de jihadistes de l’EI, avec environ 3 000 combattants", rappelle à ce sujet Wassim Nasr, qui n’est pas surpris de la nationalité des assaillants. "On sait que certains jihadistes tunisiens occupent des postes important, à la fois dans Aqmi et dans l’EI, et qu’ils sont très présents en Libye voisine", poursuit-il.

Nom: 
Cela suffira-t-il pour enrayer la catastrophe ? L’avenir nous le dira

que la Géorgie et l'Ukraine. n'auront pas retrouvé leur intégré territoriale complète, les "Occidentaux" doivent renforcer les sanctions.  Relâcher l'étranglement économiqsue serait une erreur fatale.

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