Sep
05
Le second Israël

Léon Blum, Président du Conseil et dirigeant du Front populaire sous la 3ème République, était décrit par Maurras comme « l'évadé de Palestine » ou encore, par Jouhandeau comme « Asiatique », « Palestinien », « Oriental », faisant partie des hordes barbares venues des steppes et des déserts et qui ont envahi l'Occident. Venu de Judée, Canaan, Palestine, Egypte, Orient, Bulgarie, il est levantin, oriental, asiate et il promène, selon Henri Béraud, son « doux regard d'enchanteur oriental ».

Quelques années plus tard, un journaliste israélien, Arieh GELBLUM, dans le très respectable journal Haaretz, écrivait :

« Une sérieuse et menaçante question est posée par l'immigration d'Afrique du Nord. C'est l'immigration d'une race que nous ne connaissons pas jusqu'à présent. Il s'agit là d'un peuple dont le primitivisme atteint les plus hauts sommets, dont l'intelligence est proche de zéro [...] Ces juifs n'ont même pas de racines juives. Ils sont, au contraire, le jouet de leurs instincts primitifs et sauvages. Ce sont des paresseux chroniques et ils détestent le travail [...] C'est un élément asocial. Le Bureau pour l'immigration de la jeunesse refuse de prendre en charge des enfants marocains et les kibboutzim ne veulent pas en faire entrer chez eux » (Haaretz 22 avril 1949).

Dans le même ordre d'idée, l'écrivain Chochana Boukhobza a évoqué cette déchéance, cette dignité perdue en Israël : « Et d'autres encore, renommés en Tunisie, mais séniles en Israël » (dans Un été à Jérusalem, Paris, Balland, 1986, p. 118).

Bien entendu, les juifs de France préfèrent oublier ces propos et ne pas trop entendre parler de cette réalité.

Pour eux, Israël constitue une « valeur refuge », un endroit touristique « agréable ».

Il est aujourd'hui à la mode de s'afficher sioniste, et peu importe, après tout, si la population juive d'origine séfarade est affublé du nom, peu flatteur, d'Israël Ha Chnia ou le second Israël.

Le refus récent des institutions juives ashkénazes de recevoir deux jeunes fillettes séfarades dans leur établissement scolaire, rappelle que la discrimination contre nos frères juifs séfarades en Israël existe toujours.

Le système judiciaire est totalement contrôlé et verrouillé par les élites ashkénazes.

Sur les 147 juges des Cour d'appel et Cour suprême d'Israël, 90% d'entre eux sont des ashkénazes, alors même que la population juive séfarade est majoritaire dans ce pays.

Tous les ans, 500 000 ordres d'interdiction de sortie du territoire ou d'emprisonnement pour dette sont issus par la justice israélienne contre les classes les plus faibles et les plus démunis, nos frères et nos soeurs d'origine séfarade en Israël.

Un système particulièrement pernicieux de course effréné vers la compétence du tribunal qui lui sera le plus favorable - tribunal rabbinique ou tribunal de famille - fait perdre tout repère à la famille juive d'origine séfarade autrefois si unie et si soudée.

Ici, c'est l'indifférence qui tue.

L'indifférence des Juifs de France envers leurs frères et leurs soeurs qui vivent en Israël.

Léon Blum lui-même s'étonnait de cette indifférence à l'égard du sort du plus démuni et du plus opprimé.

C'est ainsi, par exemple, qu'il écrivait « Tout compte fait, pour reprendre une vue exacte de l'état d'esprit que j'essaie d'écrire, il n'y a qu'à regarder autour de soi. Les Juifs riches, les Juifs de moyenne bourgeoisie, les Juifs fonctionnaires avaient peur de la lutte engagée pour Dreyfus exactement comme ils ont peur aujourd'hui de la lutte engagée contre le fascisme. Ils ne songeaient qu'à se terrer et à se cacher. Ils s'imaginaient que la passion antisémite serait détournée par leur neutralité pusillanime ». Et de conclure : « Je ne le comprenais pas alors, et je ne le comprends guère mieux aujourd'hui » (Ilan Greilsammer, Blum, éd. Flammarion, 1996, p. 333).

Quant à Bernard Lazare, il écrivait : « Prenons les juifs français, je les connais, ceux-là, et je sais ce dont ils sont capables, ils ne se sont pas bornés à repousser toute solidarité avec les Juifs étrangers, ils ont voulu encore les rendre responsables des maux que leur seule lâcheté engendrait. Ils ne se sont pas contentés de devenir plus chauvins que les Français de France, ils ont, comme dans tous les pays où les Juifs ont été émancipés, rompu volontairement la solidarité qui existait entre eux, à tel point que si on en a trouvé en France environ trois douzaines pour défendre un de leurs frères martyrs, on en eût trouvé des milliers pour monter la garde autour de l'Île du diable, avec les plus dévoués champions de la patrie » (L'Echo sioniste, 20 avril 1901).

Ces temps sont-ils révolus ? Sommes-nous véritablement devenus une nation qui prend enfin son destin en main et qui n'a pas peur d'affronter la réalité en face, comme toute autre nation ?

Rien n'est moins sûr !

Au nom de la sacro-sainte solidarité envers l'Etat d'Israël, les problèmes quotidiens de nos soeurs et nos frères d'origine séfarades sont complètement occultés, alors qu'ils vivent des vexations quotidiennes extrêmement graves.

Les dirigeants de la communauté juive française n'en parlent même pas, alors qu'ils savent pertinemment que des centaines de milliers de nos compatriotes ne peuvent quitter le territoire ou sont emprisonnés pour dettes.

L'Etat d'Israël quant à lui préfère signer des accords commerciaux avec l'Europe ou chanter à l'eurovision de la chanson ou alors envoyer ses joueurs jouer la coupe d'Europe de football ou de basket, mais en matière de libertés humaines, il refuse de signer la Convention Européenne des Droits de l'Homme qui interdit la prison pour dette et les interdictions de sortie du territoire.

Voilà pourquoi nous vous invitons à demander des comptes à nos dirigeants et aux représentants de l'Etat juif concernant la situation désespérée de nos frères et de nos soeurs.

Les Juifs séfarades doivent être représentés à tous les niveaux de l'administration israélienne, et spécialement dans le système judiciaire, qui est instrumentalisé pour brimer nos compatriotes.

Israël doit signer la Convention Européenne des Droits de l'Homme pour mettre son système judiciaire conforme avec les grands principes énumérés par cette Convention.

Vos témoignages et votre support nous sont indispensables.

Écrivez-nous pour manifester votre solidarité ou exprimer votre opinion.

Paix et Justice pour les Juifs Séfarades en Israël

Association loi 1901 - pjsi@hotmail.fr

Commentaires

Mais, moi qui ne suis pas juif, et qui paradoxalement, selon certains crétins, suis l'ami des juifs, je ne veux pas entrer dans cette bataille.

Je suis pied noir, et tout jeune, lorsque je suis arrivé à Marseille à 15 ans je savais par mes amis juifs et leurs familles nécessairement séfarades venus comme moi d'Algérie, cette animosité ahurissante aussi en France. Un petit témoignage.

Je me souviens que ma mère, bonne catholique, s'était fait une amie juive de Marseille, donc d'origine ashkhénaze,cadre d'une grande banque privée, mariée à un juif d'Algérie, qui appelait en souriant les soeurs de son mari, donc séfarades: "les régionales".

C'était tout dit en termes délicats.

Cela dit, pour un goy qui visite Israel comme je l'ai fait, on n'a pas le sentiment d'exclusion que vous dites. Mais après tout, un goy ne sait pas tout.

Nom: 
Guy Fitoussi
Site: 
http://

Votre qualité de "goy" ne vous enlève pas le droit d'exprimer votre opinion, bien au contraire.

Les principaux défenseurs de Dreyfus en France étaient tous des "goys", certains ayant même risqués leurs vies pour cette cause (Zola par exemple).

Les Juifs eux-mêmes ont refusé de défendre Dreyfus par craintes de représailles.

Bernard Lazare les qualifiait de "lâches" et Léon Blum disait "qu'il ne les comprenait pas" (voir mon article à ce sujet).

Aujourd'hui encore, la même indifférence caractérise, hélas, la communauté juive française à l'égard de la situation des juifs séfarades en Israël.

Pourtant, il y a beaucoup à faire en cette matière.

Nous avons, par exemple, assigné l'Etat d'Israël et le ministère de la justice israélien concernant la non-représentation de juges séfarades au sein des Cours d'appel et Cour suprême.

Ce combat est important pour protéger nos populations contre l'utilisation de la justice en Israël à des fins partisanes contre les classes les plus défavorisées, à savoir les juifs séfarades.

Mais là aussi, on nous barre la route en imposant une caution de 20000 euros.

Si 20000 juifs de France donnait chacun un euro, nous pourrions réunir cette somme et obtenir pour la première fois en Israël une décision à ce sujet.

Bien entendu, vous ne vous rendrez jamais compte de la réalité au bord des plages de Tel-Aviv mais une simple ballade dans les rues de Dimona, Sdérot ou Yérouham peut vous permettre de saisir et comprendre ce dont il 'agit.

Le cinéma israélien est également riche en enseignement, comme le film La dette d'Aaaron Cohen concernant les ordres d'emprisonnement pour dettes civiles en Israël

Je n'y comprends pas grand chose. Je croyais qu'il y avait des français juifs comme des français musulmans ou chrétiens. J'ai appris qu'il existait des musulmans de France et maintenant il y a des juifs de France. A vous lire il y a une nation juive en France. A défaut de chrétiens de France nous alors bientôt avoir des corses de France ? Cela fait plus de 4 000 ans que tous le monde se bat au nom de dieu et de la réligion. Pourrions-nous en finir avec dieu et la religion alors qu'il s'agit là de fondements communautarismes et/ou identitaires au sein même un nation qui plus est. Même les dieux sont mortels. Nous sommes mortels. Nous ne pourrions pas en profitez pour arrêter ces....(à définir)

Nom: 
eli binjamin
Site: 
http://par pour les cons

quand on vit a l\exterieur d'israel on doit etre honete envers la veritee.il y a eu envers .l'jmmigration des juifs sepharades des ratages comme il y a en eu envers l'immigration des aschenazes dans les annees 36/40 .les roumains et gorgiens eb 60/64 russe 90/98 ethiopienne actuellement.chaque immigration avec ses problemes propres et ses incomprehensions.

quans on a rien a faire il est facile de trouver des lacunrs envers israel.

monsieur fitoussi que je ne connais pas et ne veut pas connaitre lui propose venir vivre en israel avec ses freres qui vivent dans des mochavimes les armes sous le lit le long de la frontiere libannaise ou sous les katiochot a sderot.aulieu d\ecrire des betises.

un sheparade qui vit heureux depuis pluds de 50 ans dans son pays.

Nom: 
Guy Fitoussi
Site: 
http://

Mon Cher ami Eli Benjamin (si tant est que cela soit votre véritable nom),

Je suis heureux que vous soyez heureux.

beaucoup de gens sont heureux de leur vie personnelle et c'est très bien.

Après tout, qu'importe ce qui se passe chez le voisin.

Par exemple, en ce qui me concerne. sachez que je suis réserviste de l'armée israélienne, ayant effectué mes périodes militaires et mais milouim en Israël comme tout le monde, y compris dans des régions que vous ne souhaiteriez sans doute pas visiter.

Alors vos propos de vieux héros prétentieux ne m'impressionne pas.

Vous ne ferez sans doute jamais parti ni des panthères noires ni des mouvements de Wada saliv ni de tous ceux qui ont permis à des gens comme vous de vivre confortablement en se moquant de la misère de leur prochain en Israël et des centaines de milliers d'ordres d'emprisonnement pour dettes.

C'est pourquoi, à vrai dire, ni votre avis ni votre opinion de nous intéressent.

Néanmoins, nous vous souhaitons, encore une fois, de vivre heureux, la fleur au fusil, avec un sourire ravi au coin des lèvres en vous disant "chez moi, tout va bien".

Nom: 
guy Fitoussi
Site: 
http://

Shlomoh Sand dans son livre sur le peuple juif a effectivement démontré qu'il n'y a a pas de "peuple juif" d'un point de vue politique.

Tout juste peut-on parler aujourd'hui d'un peuple israélien mais ce peuple n'est lui-même pas composé exclusivement de juifs (puisqu'il existe des arabes israéliens (pour 20%), des Druzes, bédouins, chrétiens et autres minorités).

Le premier Ministre Israélien, Ariel Sharon, avait lui-même essayé de tirer parti d'actes soi-disant anti-sémites en France pour faire appel "au peuple juif de France" à venir en Israël, comme s'il y avait deux types de citoyens français.

Il y a donc sur ce point une instrumentalisation politique d'une notion qui n'existe pas, si ce n'est dans la bible d'un point de vue religieux, celle du peuple Juif.

Il est utile également de se référer à ce sujet aux travaux de Raymond Aron qui se demandait, à juste titre, qu'est-ce qui unit un juif allemand d'un juif français.

Et de répondre: rien.

Le décalage économique, politique et social aujourd'hui encore entre les ashkénazes et les séfarades en Israël démontre également que la notion de "peuple juif" n'est tout au plus qu'un mythe qui sert les classes dominantes à asseoir toujours plus leurs pouvoirs.

Nom: 
lulu
Site: 
http://

Cher Monsieur et Cher Confrère,

Peut-être ne connaissez-vous pas THE INTERNATIONAL ASSOCIATION OF JEWHISH LAWYERS AND JURITS ?

Je vous invite à écrire à son Président (en angliais) afin de lui exposer votre point de vue en le démontrant. En effet, un congrès doit se tenir en Israel du 2 au 5 février 2011 sur le thème Israel as a Jewish and Democratic State, ce qui me semble être une opportunité formidable pour votre lutte.

Si vous avez assez de force pour vous imposer et vous faire entendre vous aurez sans doute ici des alliés précieux. Cette association regroupe des jurists du monde entier et séfarades tant que achkenazes.

Demander l'adresse du Président à Mme Margalit Gordon : margalit@goldmail.net.il

Bonne chance et ouvrez une page pour nous raconter.

Kol touv

Nom: 
Guy Fitoussi
Site: 
http://

Merci à vous.

Je ne manquerai pas de le faire.

Bin à vous.

Guy Fitoussi

Nom: 
Guy Fitoussi
Site: 
http://

Hélas, il apparaît que cette adresse e.mail margalit@goldmail.net.il n'est pas la bonne.

Peut-être disposez vous de la bonne adresse?

Merci

Guy Fitoussi

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA