Mar
04
Sixième partie: le système.

Mais de quel système s'agissait-il? Le combat qu'il menait était-il digne d'intérêt? Ne perdait-il pas son temps?

A ce moment, le téléphone sonnât.

"Ne met pas Yaakov" dit la voix.

Yaakov! Il s'en souvenait comme si c'était hier. C'était bien lui, pourtant, la cause de tous ces tracas, de tous ses soucis. Il n'y avait aucun doute. Shalom Banin l'avait bien dit: ce Yaakov, il ne t'aime pas.

Comment expliquer qu'un juge crie à un avocat, en salle d'audience, "Maître Fitoussi, ça suffit d'introduire des appels contre moi". Et pour mieux le montrer, rendre une décision comme si son propre jugement n'avait pas été invalidé, le même exactement qu'il avait rendu avant son infirmation par la Cour d'appel, par le juge Rivlin, aujourd'hui vice-président de la Cour suprême à Jérusalem et alors juge à la Cour d'appel de Beer-Shéva.

Ne détenait-il pas aujourd'hui sa revanche, faire ce qu'il aurait du faire il y a huit ans déjà, se plaindre.

Mais lui n'était pas homme à se plaindre. Sa philosophie, il la tenait précisément de ces merveilleuses années de judo, où le courage, le sens de l'honneur, la vérité du combat digne et loyal ne permettait pas de solliciter les faveurs d'ue tierce personne. La plainte, c'était cette faveur que l'on sollicitait sans combat, c'était l'arme des peureux.

C'était pourtant la seule voie légale qui se présentait à lui.

Mais il l'avait refusée!

On ne se plaint pas, on combat.

Et le combat, c'était le duel des temps modernes, l'assignation en justice, l'un contre l'autre, à armes égales, et que le meilleur gagne.

C'était ce face à face des braves, des gens qui n'ont pas peur de mener le combat jusqu'au bout, pour leur honneur, tout simplement.

Mais lui, Yaakov, refusait le combat! Il demandait à s'abritait derrière son immunité de juge, il décidait de ne pas répondre de manière factuelle si les actions et omissions qui lui étaient prétaient étaient véridiques, oui ou non. Il avait choisi la fuite. Il se cachait derrière son immunité et avait refusé le combat des braves, le combat des hommes.

Mais à vrai dire, celà ne le surprenait pas! Un homme, un véritable homme, agirait-il de cette façon? Avoir une animosité particulière envers un avocat qui gagnait tous ses appels contre lui, et utiliser l'assignation de la femme de ce même avocat introduite devant lui pour régler ses comptes personnels avec ce même avocat, ou du moins lui faire sentir à présent qu'il, cet avocat, mangeait "entre ses mains" et lui devait donc obédience, y compris dans leurs relations de "travail". A savoir, ne plus faire appel de mes décisions, ce qui rsique de freiner ma promotion de simple juge de paix à juge de Cour d'appel et qui sait, juge devant la Cour suprême.

"Donnant-donnant", semblait dire Yaakov: je suis gentil avec toi dans ton dossier de divorce, tu es gentil avec moi concernant ma carrière, à savoir, tu ne fais plus appel de mes décisions. On est à Eilat ici, l'extrême sud d'Israël. La loi, c'est moi et tu aurais du le savoir.

Les choses étaient simples pourtant: Yaakov n'avait aucune compétence pour connaître de ce litige personnel!

Tout le conflit était traité devant le tribunal rabbinique; or, selon la législation en présence, il est interdit aux tribunaux civil de connaître d'un litige familial si le tribunal rabbinique a été précédemment saisi.

Règle de simple courtoisie, prétendait-on. Mais aussi du fait que des ordonnances contradictoires risquaient d'être rendues par deux juges différents. Comme le disait les australiens, de chez qui avait été puisé le système actuel, "one family, one judge", à savoir, "une famille, un juge", du début à la fin du proçès.

Ces règles de simple logique judiciaire n'interessaient pas, à vrai dire, le juge Yaakov.

Il pensait, à ce moment là, beaucoup plus à sa carrière de juge qu'au problème personnel de cet avocat.

Plus même, il allait utiliser ces problèmes personnels pour "museler" cet avocat décidément trop encombrant.

C'était du chantage mais lui n'en avait cure: la vie est un combat, certes, mais la fin justifie toujours les moyens. Il avait appris du philosophe allemand Nietzsche, qui reprenait La Fontaine sur ce point, que la raison du plus fort est toujours la meilleure, et peu importe les lois, peu importe les moyens: il fallait gagnait!

Il allait se déclarer seul compétent sur le dossier de divorce introduit par la femme de cet avocat.

Il allait causé un tort effroyable à cet avocat.

C'était là le début du combat!

Lecteur, je demande ton conseil.

Sur quoi?

Sois patient, je ne t'oublie pas.. nous en reparlerons par la suite.

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