Jan
24
sur la différence entre les “michetonneuses” et les" Star fuckeuses ". leçon de droit au tribunal correctionnel de Paris!

Franck Ribéry et Karim Benzema ne se sont pas présentés, lundi 20 janvier, devant le tribunal correctionnel. " Pour raisons professionnelles ", ont indiqué leurs avocats. Zahia Dehar, la jeune femme avec laquelle il leur est reproché d'avoir eu des relations sexuelles tarifées alors qu'elle était mineure, a elle aussi considéré qu'elle avait mieux à faire que de raconter son histoire à la barre. Restent les autres prévenus de cette affaire, deux gérants de bar parisien, une prostituée occasionnelle, un agent autoproclamé de joueurs et Abousofiane Moustaid, l'ami de tout le monde.

" Je suis un gars sympathique ", dit-il au président Denis Couhé. La vie d'Abousofiane Moustaid a basculé le jour où, explique-t-il, " j'ai été révélé par “La Nouvelle Star” ". Adieu la banlieue de Lyon et son job de steward, à lui les nuits parisiennes. Sa toute fraîche notoriété lui ouvre les portes des discothèques et des " afters " où les héros de la télé-réalité font le plein d'amis utiles entre deux coupes de champagne.

" Star fuckeuses "

Le sens aigu des relations humaines d'Abousofiane Moustaid y fait merveille, pour tous il devient " Abou " et le voilà promu " organisateur de soirées ". Son carnet d'adresses et son compte Facebook se remplissent de prénoms féminins en " a " - Zahia, Nadia, Dorra, Sashia, Sephora -, jeunes, jolies et peu farouches qu'il accompagne parfois à Cannes (Alpes-Maritimes), pendant le Festival. Et comme " Abou " aime rendre service, il présente volontiers ses amies à ceux qui s'ennuient seuls la nuit. " Des prostituées ? ", s'enquiert le président. Abousofiane Moustaid s'offusque.

" Pas du tout ! Il faut vivre dans le milieu de la nuit pour comprendre, Monsieur le juge. Il y a une nouvelle génération de filles. "

Et le voilà parti dans une longue et subtile explication sémantique.

" Il y a d'abord les, si je peux employer un mot, euh, un peu...

- Oh ! Allez-y ! Le tribunal en a entendu d'autres, soupire le président.

- Donc, les “star fuckeuses”. Star, comme star et “fuck”, c'est de l'anglais, ça veut dire qu'elles aiment, euh, avec les stars...

- Et ça leur sert à quoi ?

- Ben, c'est comme dans un CV, Monsieur le juge, Brad Pitt, Tartempion... "

Il poursuit.

" Et puis il y a les “michetonneuses”.

- Vous pouvez définir ?

- C'est une fille qui, contrairement à la star fuckeuse, est plus intéressée par... la matérielle. Par exemple, se faire offrir un sac Vuitton, un voyage... Avec la crise, rares sont les filles qui refusent. Bon, une star fuckeuse peut être aussi une michetonneuse. Mais ça n'a rien à voir avec une prostituée. Rien. Une michetonneuse, ça a du tact ! "

Placé sous surveillance pendant l'enquête, le portable d'" Abou " révèle qu'il était souvent sollicité par des " amis " qui lui passaient commande de filles et qu'il prélevait régulièrement sa part sur ces prestations tarifées. Le code pénal appelle cela du proxénétisme. " Je les présentais, elles me dépannaient parfois d'un petit billet, c'est tout ! Un proxénète, c'est quelqu'un qui force les filles et qui leur prend tout ! "

Le président lui lit la définition : " Avoir aidé, assisté, protégé, tiré profit de la prostitution d'autrui. " Il ajoute : " J'ai toujours pensé que l'audience pouvait avoir un côté pédagogique. "

Poursuite des débats mardi 21 janvier.

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