Feb
14
Trump ou tout le monde n'est pas beau et tout le monde n'est pas gentil.

La vie politique américaine est marquée par la morale, le bien et le mal, et donc par l’existence d’ennemis nationaux. Des bons et des méchants comme dans un western.
 
L’Union soviétique avait été en son temps qualifiée d’« Empire du mal ».
 
Du temps de Ronald REAGAN, il y avait les « Etats voyous » comme la Lybie du colonel KHADAFI.
 
Nous avons eu avec George BUSH junior « l’axe du mal » composé de la Corée du Nord, l’Irak de Saddam HUSSEIN et l’Iran. Nous avons peut-être oublié son concept de « l’avant­-poste de la tyrannie » avec la Biélorussie, la Birmanie de la junte militaire, Cuba, et le Zimbabwe.
 
En moins d’un mois, Donald TRUMP a confirmé cette tradition des ennemis nationaux, et il en a désigné de très nombreux en un délai très court. La liste est longue, très longue !
 
Il y a les pays visés pour des considérations internes ou des raisons géopolitiques.
Il y a eu très vite le Mexique avec le projet de construction du mur sur la frontière.
Il y a les sept pays Lybie, Irak, Iran, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen, dont les ressortissants ont été interdits d’entrée sur le territoire américain, avant que l’application du décret ne soit suspendue par la justice américaine.
 
Dans cette période d’incertitudes ouverte par l’arrivée de Donald TRUMP, certains pays testent son Administration, et jaugent sa capacité de réaction.
 
C’est le cas de la Corée du Nord. La menace a été suffisamment prise au sérieux pour que le secrétaire d’Etat fasse son premier déplacement à Séoul. Les déclarations américaines laissent présager le pire, même si la porte des négociations est ouverte.
 
Il y a eu les essais balistiques de l’Iran qui ont entrainé de nouvelles sanctions américaines. C’est probablement le sujet le plus préoccupant car nous sommes entrés dans l’engrenage de déclarations problématiques au plus haut niveau, qui risque, à un moment ou un autre, de déboucher sur un affrontement armé, et un embrasement du Proche Orient.
 
Il y a eu aussi la Russie qui a relancé les combats dans l’est ukrainien. Cela a conduit les Américains à prendre leurs distances à l’égard de Wladimir POUTINE, alors que le nouveau président a, à plusieurs reprises, marqué sa volonté de s’entendre avec la nouveau Tsar.
 
Tout cela fait craindre le pire. A force de créer des foyers de tensions, Donald TRUMP risque d’entrainer son pays dans une nouvelle guerre.
 
Un élément positif est intervenu, la conversation téléphonique entre les deux premiers américain et chinois. Au cours de l’entretien, Donald TRUMP a reconnu le principe de la Chine unique, ce qui revient à refuser tout contact diplomatique avec Taïwan, et à se déjuger après avoir eu un contact téléphonique avec son homologue de l’Ile. On finira par savoir si cette provocation était calculée, préméditée, ou seulement la manifestation d’une profonde impréparation. Les Taïwanais apprécieront.
 
Au-delà des dégâts importants vis-à-vis des deux pays, cela règle au moins momentanément un des trois problèmes avec la Chine, les deux autres étant l’expansionnisme chinois en mer de Chine et le déséquilibre des échanges commerciaux entre les deux pays.
 
Aux ennemis nationaux pour des considérations internes ou des raisons géopolitiques, le programme America first en crée logiquement d’autres.
 
L’année 2016 s’est terminée avec un exceptionnel déficit commercial de plus de 500 Md$, le plus important depuis 2012. Derrière ce déficit global, il y a quatre pays : la Chine avec un déséquilibre de 347 Md$, le Japon avec 146 Md$, l’Allemagne avec 70 Md$ (près de la moitié du déficit de 146,3 avec l’Union européenne), et le Mexique avec 63 Md$.
 
Donald TRUMP considère que le libre échange est la cause de ce déficit. Il sous-estime la faible compétitivité américaine. Ce déficit est structurel depuis longtemps, même en période de dollar déprécié. Croire que l’augmentation des droits de douane peut améliorer la compétitivité est une erreur fondamentale. Protéger une économie derrière des barrières tarifaires ne fait que créer des rentes et empêcher les indispensables ajustements.
 
Partant de son constat, Donald TRUMP va ouvrir des négociations commerciales bilatérales et pensent inverser les situations. Au-delà des perturbations induites par ces incertitudes, analysons chacun des quatre cas.
 
Comment Donald TRUMP peut-il croire que les Chinois vont accéder à ses demandes ? Il ne devrait pas oublier que les Chinois ont une pièce maitresse dans le rapport de forces entre les deux pays, les Etats-Unis ont besoin d’eux pour financer leurs déficits. Logiquement, le nouveau président en est arrivé à mettre en avant la sous-évaluation du yuan. Nous sommes logiquement face à un second engrenage, la guerre des changes en liaison avec les rivalités commerciales.
 
Le cas japonais est intéressant, notamment à la suite de la rencontre du weekend end dernier.  Le premier ministre japonais, M. Shinzo ABE, a anticipé et proposé la création de 700 000 emplois sur le sol américain. Il a proposé d’accompagner le programme d’infrastructures ferroviaires qu’envisage de lancer Donald TRUMP. Nous en sommes au grand marchandage avec les Etats comme avec les chefs d’entreprise.
 
La visite du premier ministre canadien à Washington démontre les difficultés de la remise en cause du libre-échange entre les deux pays.
 
Il n’est pas besoin de s’appesantir sur le Mexique compte tenu des relations déjà très compliquées entre les deux pays avec le sujet du mur.
 
Enfin, en ce qui concerne l’Allemagne, rien n’a été annoncé ou envisagé pour le moment.
 
Aujourd’hui, on peut bien se demander quels sont pour Donald TRUMP les pays amis sur lesquels il va appuyer sa politique étrangère. Pour Donald TRUMP, les alliances des Etats-Unis sont précaires, révocables, et les inflexions sont brusques. Cela pourra-t-il durer ? Espérons que la réponse ne passera pas par la guerre ! Mais parions tout de même que la théorie de Trump selon laquelle business is business se soldera par une alliance russo américaine dont l'axe tournera autour de "fuck the european" à part la grande bretagne bien entendu. Après tout l'Europe continentale n'a t'elle pas été trop ingrate vis à vis des américains comme le disait Michel Sardou dans sa célèbre chanson, si les ricains n'étaient pas là! C'est ce que j'aurai fait pour faire cesser l'hypocrisie européenne à cet égard! Non, tout le monde n'est pas beau et tout le monde n'est pas gentil. Trump n'aurait pas tort moralement de faire payer cash l'ingratitude et la couardise européenne. Business, as usual!  Ici la morale et le sens des affaires serejoignent et personne ne pourra le reprocher à Trump, surtout pas Poutine.  Cette réalité là, c'est nous qui l'aurons créée,.. Les Villepins et autres, apôtres des beaux discours et des effets de manchette à l'ONU contre les ricains.  Cessons de jouer les indépendants  quand nous devons tant à l'Amérique, durant les première, seconde guerres mondiales et même la guerre froide. L' Europe devra bien finalement créer cete fameuse défense européenne qu'elle tarde tant à réaliser, car protéger par le bouclier américain,mais pour combien de temps encore!? Fini,le temps des cerises!
Dans son discours au Congrès  du  1er mars 2017, Donald Trump a certes réaffirmé son soutien à la vieille institution de l'OTAN,en prenant soin toutefois de préciser que les Européens devront dorénavant mettre plus la main à la poche, car,dit-il,si les USA entendent maintenir leur leadership, son boulot à lui ne consiste pas à représenter le monde mais l'Amérique seulement. Je suis pour le principe de souveraineté,dit-il pour tous les pays, mais alors, américa first. Pas si con le Donald!
« Mon travail ne consiste pas à représenter le monde. Mon travail consiste à représenter les Etats-Unis », a-t-il lancé, se montrant cependant plus amène que par le passé vis-à-vis de l’OTAN, qu’il a promis de « soutenir fermement ».
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