guy.fitoussi

Par guy.fitoussi le 05/06/19
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Citation

Je voudrais que l'on discute ici de la faisabilité de cette opération à la place d'Overlord (en partant  du Sud de l'Italie sous controle allié, de la Crète, de Chypre et du levant, tout sous contrôle allié fin 43 début 44),

Les débarquements en Italie
Le débarquement en Sicile, l’opération « Husky », le 10 juillet 1943
Le débarquement sur île d’Elbe, l’opération « Brassard », le 17 juin
1944
Le débarquement à Salerne, l’opération « Avalanche », le 3
septembre 1943
Le débarquement d’Anzio-Nettuno, l’opération « Shingle », le 22
janvier 1944

Winston Churchill fut sans doute l'un des plus illustres chefs de guerre du XXe siècle. Puissant homme d'État et remarquable stratège, il est le héros, parfois malmené, de ces six jours qui précèdent le débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944.Tandis que les généraux Eisenhower et Montgomery préparent l'opération « Overlord », Churchill fait tout ce qu'il peut pour éviter l'offensive normande et dissuader les forces américaines. Lui qui, durant quatre ans, est parvenu à rassembler tout un peuple pour défier Hitler, lui qui prononça ces mots historiques en juin 1940 : « Nous nous battrons sur les plages. Nous nous battrons sur les terrains de débarquement. Nous nous battrons dans les champs, et dans les rues, nous nous battrons dans les montagnes. Nous ne nous rendrons jamais », craint à présent que le jour J ne soit un désastre. Il enchaîne les discours, va jusqu'à demander au roi George VI d'intervenir et se réjouit lorsque, pour des raisons météorologiques, le débarquement est ajourné...

Dardanelles et Dieppe font de Churchill, un chef d'État peu enclin à soutenir « Overlord », un homme hanté par les souvenirs de la Grande Guerre, traumatisé par l'échec de la bataille des Dardanelles (avril 1915-janvier 1916), qui se solda par une déroute et fit 180 000 morts côté allié, mais aussi par le fiasco du débarquement à Dieppe, le 19 août 1942. Pour l'historien Olivier Wieviorka, plusieurs facteurs expliquent la résistance de Winston Churchill : « Le vétéran de la Grande Guerre craignait une réédition de la grande boucherie à laquelle il avait assisté ux premières loges. De même, l'initiateur du débarquement raté de Gallipoli, monté dans le détroit des Dardanelles en 1915, redoutait la répétition de cet échec cinglant. Mais d'autres motifs pesèrent. Malgré sa pugnacité, le Royaume-Uni était une puissance modeste, dont l'armée ne rassemblait en 1945 "que" 4,5 millions d'hommes. Ce facteur incitait le Premier ministre à plaider pour une stratégie visant l'ennemi sur ses marges afin d'économiser ses troupes ; forte de ses 11 millions d'hommes, la puissante Amérique souhaitait en revanche en finir au plus vite, en frappant le Reich sur son point fort. Ajoutons enfin que Churchill tenait à contrôler la Méditerranée, qui, via le canal de Suez, commandait la route des Indes. À cette aune, le théâtre italien devait rester prioritaire. Le rapport des forces dictait cependant sa loi : au vu de leur puissance, les États-Unis pouvaient imposer leurs vues. » Si l'on croit tout savoir sur le débarquement en Normandie, grâce à des films comme Le Jour le lus long (1962), coréalisé par Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl F. Zanuck, ou Il faut sauver le soldat Ryan (1998), de Steven Spielberg, l'histoire de ce Churchill vieillissant, apporte un éclairage nouveau qui, confirme que, soixante-treize ans après les faits, des zones d'ombre demeurent. Enfin ce Churchill là, offre l'occasion de vivre le débarquement en coulisses, côté anglais, ce qui n'est pas si fréquent et se justifie d'autant plus que, sur les quelque 155 000 hommes engagés dans l'opération « Overlord », une moitié d'entre eux étaient britanniques.

L’image glorieuse d’Alliés indéfectiblement unis pour le Débarquement en Normandie de juin 1944 a donc balayé comme fétu de paille un fait pourtant important : Winston Churchill, le premier ministre du Royaume-Uni que l’histoire retient comme l’homme ayant mené son pays à la victoire, s’y est opposé avec virulence et raison au vue de l'effroyable et, à vrai dire, inutile tuerie sur les plages de Normandie.Si,  à 70 ans, Churchill est le plus vieux des dirigeants alliés – auquel s’ajoutent alcoolisme mondain et dépression, .L’entrée dans le conflit des Américains a réduit son poids dans le front antinazi : l’armée britannique ne rassemble que 4,5 millions de soldats contre 11 millions pour celle des États-Unis. Les divergences de vues découlent de ces forces déséquilibrées : Winston Churchill entend économiser ses troupes en attaquant l’armée allemande sur ses marges par des débarquements plus modestes à Bordeaux, ainsi qu’en Italie afin de contrôler la Méditerranée, étape sur la route des Indes ; le général américain Eisenhower(Ike), auquel se rallie pleinement le Britannique ­Montgomery, veut mettre au plus vite un point final à la guerre en attaquant le Reich sur sa ligne de défense la plus forte, mettant même sa démission en jeu, si Churchill persistait à s'y oposer.

.A un homme vieillissant, paralysé par sa responsabilité dans le catastrophique débarquement de Gallipoli le 25 avril 1915, à l’entrée du détroit des Dardanelles en Turquie, qui fit des milliers de morts britanniques, à un Churchill qui refuse le sacrifice de jeunes gens innocents, Eisenhower et Montgomery lui rappellent qu’il s’agit pourtant là d’un des fondements de la guerre et du prix à payer pour la victoire. Le premier ministre émeut lorsqu’il réclame, si débarquement il doit y avoir, de se trouver sur un navire britannique parmi ses soldats – il faudra l’intervention du roi George VI pour le faire renoncer.L'homme politique, capable dans ses discours de galvaniser tout un pays dans ses heures les plus sombres, s'est montré l'être le plus humain et le plus sensible à ces heures dramatiques.Ne l'oublions pas non plus en ce 75 ème anniversaire du D day, où de pauvres bougres se sont fait tirer comme des lapins,ce que seul Churchill voulait 'fort justement empêcher, nourri de la tragédie des dardanelles comme 1er Lord de l'amirauté et de la terrible débâcle de Dieppe, qui montrait les limites d'une opération amphibie et de la nécessité de protéger les hommes par des shermans buldozer flottant, animés de deux grandes hélices ( dit DD, duplex drive  ou Donald duck), qui ont coulé, néanmoins, à pique 6 semaines plus tôt lors d'un exercice, même en eau douce dans des lacs de la province anglaise.A fortiori, en mer, et c"est ce qui arriva hélas pour 27 d'entre eux . Ce ne fut qu'en 2004, qu'une plque commémorative mit à l'honneur ce dponal duck qui se prit pour un bateau mais n'en était pas un, à cause d'une mer démontée et d'un Eisenhower au tenpérarament plutôt fonceur, alors qu'il savait que ce char ne pouvait naviguer par un tel temps et avec une toile aussi fragile.Autant d'éléments qui ont constitué une plongée dans le néant, corps et âmes. Oui Churchill, encore une fois avait raison.Oui, le débarquement, dans ces conditions fut une folie et au lieu de le célébrer comme une belle fête, se devrait plutôt être un procès en incompétence des généraux Eisenhower et Montgomery qui, en tant que commandants en chef, doivent prévoir ces choses-là. Ce qu'ils n'ont pas faits! Non Paris ne fut pas une fête ce jour là, ni le débarquement d'ailleurs.Pauvre churchill, qui jusqu'au bout demandait à ses généraux, êtes vous sûrs que le sable de Normandie peut supporter  nos tanks, mais ne sut pas poser la bonne question: Arriveront-ils au moins sur les plages pour protéger nos soldats?

quand la femme de Churchill lui reproche de n'en faire toujours qu'à sa tête. "Te souviens-tu de la dernière fois où tu as écouté quelqu'un? De la dernière fois où tu as discuté avec moi?", lui demande-t-elle. Sur le ton de l'ironie, balayant le reproche d'un revers de la main, il lui répond: "Toutes mes excuses! J'ai dû être distrait par cette histoire de guerre à gagner…"

Ce qui ne l'empêcher pas de céder, après ces six jours. Aigri de ne pas avoir été entendu, mais conscient qu'il faut aller de l'avant, il ne ménagera pas sa peine en s'engageant aux côtés des Alliés: les grands hommes peuvent se tromper –et ils l'acceptent et le reconnaissent.lUI l'avait accepté par avance, comme résigné par le déclin inéxorable de la vieille Europe face à la montée du nouvel empire américain et Alors qu'il avait affirmer quelques jours plus tôt, Ce plan finira en massacre", à Dwight Eisenhower, commandant suprême des forces alliées, au général Montgomery, chef des troupes terrestres, et au roi George-VI, lors de leurs dernières réunions avant le Jour-J, lui, le Vétéran de la Première guerre mondiale,

Le Premier ministre est alors rongé par la culpabilité, lui qui fut l’initiateur du débarquement raté de Gallipoli, monté dans le détroit des Dardanelles en 1915 contre l'Empire ottoman, qui se solda par un échec cinglant et la mort de 250.000 hommes côté allié. Plus jamais ça, se dit-il. Il craint que le Débarquement prévu par les Américains n'envoie à nouveau des milliers de jeunes soldats à la mort (39000 exactement et 19000  disparus.Pauvre Churchill qui, en vieux lion, n'avait plus les griffes pour faire imposer son point de vue! Pourtant,

satisfait de la perspective d’un nouveau front en Italie, Staline n’a pas cillé. Mais, malgré les toasts échangés, Churchill a bien compris que la perspective de voir les Anglo-Saxons pousser jusqu’aux Balkans, et même au-delà, ne le remplissait pas de joie… Garder les mains libres en Europe orientale : voilà sa seule priorité, quitte à porter seul l’effort de guerre à l’est. Ce qu’il veut, c’est que les Alliés s’engagent à fond à l’ouest. Et qu’au sud, ils bornent leur progression à la plaine du Pô. Une vision qui convient parfaitement à Roosevelt, dont les troupes, débarquées en Sicile en juillet 1943, remontent avec les pires difficultés vers Rome, en raison de l’étroitesse et du relief de la péninsule, qui limitent les possibilités de percée. Le « vrai » second front, c’est par un choc frontal avec la Wehrmacht, dans les grandes plaines de l’Europe du Nord-Ouest, que l’Américain souhaite l’ouvrir. Parce que la manoeuvre y sera plus facile, mais aussi et surtout parce que le chemin à parcourir pour envahir le poumon industriel de l’Allemagne, la Ruhr, est bien plus court.

Churchill ayant finalement cédé au nom du principe « qui paye commande » (que ferait le Royaume-Uni sans les crédits accordés par Washington ? ), les Alliés tombent donc rapidement d’accord sur la Normandie. Stratégiquement idéale, la traversée du pas de Calais a été écartée d’emblée, justement parce qu’elle va de soi et que les Allemands ne peuvent pas ne pas s’y préparer. Plus à l’ouest, la Bretagne risquerait de se transformer en souricière pour les Alliés si la Wehrmacht parvenait à les bloquer sur une ligne Saint-Malo Saint-Nazaire. Quant au golfe de Gascogne, il se situe à la limite du rayon d’action des chasseurs, qui auront besoin de tenir le ciel de longues heures le jour J. Sans parler des batteries géantes du mur de l’Atlantique installées depuis plusieurs mois déjà sur le littoral aquitain…À Dieppe, en août 1942, les Alliés ont expérimenté, d’autre part, ce que pouvait être un débarquement dans un port transformé en forteresse : un carnage, dont les Canadiens ont payé le prix fort. Il faut donc que les libérateurs réunissent trois conditions : des plages très vastes, un port en eau profonde prenable à revers aussitôt la tête de pont établie, mais aussi un arrière-pays suffisamment plat pour effectuer au moins deux percées décisives puis un encerclement. Les plages seront celles du Cotentin et du Calvados, le port, Cherbourg, et la plaine pour emporter la décision, celle de Caen. Deux bons points sur trois : les Américains ne découvriront qu’après coup combien le bocage normand, avec ses haies et ses chemins creux, qui borne la plaine de Caen à l’ouest, est un enfer pour les assaillants et un avantage pour les défenseurs…En face, Hitler a vu juste très tôt… avant de ne plus rien voir du tout. Au début de l’année 1944, il en tient pour un débarquement massif dans le Cotentin, et Rommel aussi. En avril 1944, encore, celui-ci a prévenu ceux qui voyaient les Alliés débarquer à Calais, comme les Anglais pendant la guerre de Cent Ans : « Si vous pensez qu’ils arriveront par beau temps, en empruntant l’itinéraire le plus court et qu’ils vous préviendront à l’avance, vous vous trompez… Les Alliés débarqueront par un temps épouvantable en choisissant l’itinéraire le plus long… Le débarquement aura lieu ici, en Normandie… ».

Sur les plages d'Utah et Omaha doit aborder la Ire armée américaine ; Gold, Juno et Sword sont réservées aux troupes anglo-canadiennes. Au soir du 6 juin, toutes les plages ont été prises. Mais les Allemands résistent et les Britanniques butent sur Caen. A l’ouest, Bradley opère une difficile remontée du Cotentin. La situation bascule à la mi-juillet, après la prise de Saint-Lô : les forces américaines ouvrent la route de Paris.